Lc 22,39-71 | Lc 23,1-53

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 22,39-71.23,1-53.
En ce temps-là , étant sorti, Jésus alla, selon sa coutume, vers le mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Lorsqu'il fut à l'endroit, il leur dit : « Priez afin de ne pas entrer en tentation. »
Et il s'éloigna d'eux environ d'un jet de pierre; et, s'étant mis à genoux, il priait, disant : Père, si vous voulez, détournez de moi ce calice. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la vôtre qui soit faite.
Et lui apparut, (venant) du ciel, un ange qui le réconfortait.
Et, se trouvant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient sur la terre.
S'étant relevé de (sa) prière, il vint vers les disciples, qu'il trouva plongés dans le sommeil à cause de la tristesse.
Et il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous n'entriez point en tentation. »
Comme il parlait encore, voici (venir) une foule, et le nommé Judas, l'un des Douze, les précédait. Il s'approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
Et Jésus lui dit : « Judas, c'est par un baiser que tu livres le Fils de l'homme ! »
Ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, dirent : « Seigneur, si nous frappions du glaive ? »
Et l'un d'eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui emporta l'oreille droite.
Jésus répondit : « Laissez (faire) jusque là ! » Et touchant l'oreille, il le guérit.
Et Jésus dit à ceux qui étaient venus contre lui, grands prêtres, commandants du temple et anciens : « Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons !
Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le temple, vous n'avez pas porté les mains sur moi. Mais c'est (maintenant) votre heure et la puissance des Ténèbres. »
S'étant saisis de lui, ils l'emmenèrent et le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Or Pierre suivait de loin.
Ayant allumé du feu au milieu de la cour, ils s'assirent autour, et Pierre s'assit parmi eux.
Une servante, qui le vit assis près de la flamme, le dévisagea et dit : » Celui-là aussi était avec lui. »
Mais il nia, en disant : « Femme, je ne le connais point. »
Un peu après, un autre, l'ayant vu, dit : « Toi aussi, tu en es. » Mais Pierre dit : « Homme, je n'en suis point. »
Et une heure environ s'étant écoulée, un autre affirma avec force : « Pour sûr, celui-là aussi était avec lui; aussi bien, il est Galiléen. »
Pierre dit : « Homme, je ne sais ce que tu dis. » Et à l'instant, comme il parlait encore, un coq chanta.
Et le Seigneur, s'étant retourné, arrêta son regard sur Pierre, et Pierre se souvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit : « Avant que le coq ait chanté aujourd'hui, tu me renieras trois fois. »
Et étant sorti, il pleura amèrement.
Et ceux qui le tenaient se moquaient de lui et le frappaient.
Et lui ayant voilé (le visage), ils l'interrogeaient, disant : « Prophétise ! Quel est celui qui t'a frappé ? »
Et ils proféraient contre lui beaucoup d'autres injures.
Quand il fit jour, se réunit le conseil des anciens du peuple, grands prêtres et scribes; et ils l'amenèrent à leur tribunal.
Ils dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur dit : « Si je vous le dis, vous ne le croirez pas;
et si je vous interroge, vous ne répondrez pas.
Mais dès maintenant le Fils de l'homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. »
Ils dirent tous : » Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous le dites : je le suis. »
Et ils dirent : « Qu'avons-nous encore besoin de témoignage ? Car nous l'avons nous-mêmes entendu de sa bouche. »
Alors toute l'assemblée s'étant levée, ils le menèrent à Pilate;
et ils se mirent à l'accuser, en disant : « Nous avons trouvé que cet homme détourne notre nation en l'empêchant de payer les impôts à César et en disant de lui-même qu'il est Christ-roi. »
Pilate l'interrogea, disant : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « Tu le dis. »
Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve rien de coupable en cet homme. »
Mais eux insistaient avec force, disant : « Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu'ici. »
A ces mots, Pilate demanda si l'homme était Galiléen;
et apprenant qu'il était de la juridiction d'Hérode, il le renvoya à Hérode, qui, lui aussi, était à Jérusalem en ces jours-là .
Hérode, en voyant Jésus, se réjouit fort, car depuis longtemps il avait le désir de le voir, pour ce qu'il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle.
Il lui adressa beaucoup de questions, mais lui ne répondit rien.
Or les grands prêtres et les scribes se trouvaient là , l'accusant avec force.
Hérode le traita avec mépris, ainsi que ses hommes d'armes, se moqua de lui et, après l'avoir revêtu d'un vêtement de couleur éclatante, il le renvoya à Pilate.
En ce jour même, Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient en inimitié entre eux.
Pilate, ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple,
leur dit : « Vous m'avez amené cet homme comme détournant le peuple; or j'ai instruit l'affaire devant vous et je n'ai rien trouvé de coupable en cet homme quant aux choses dont vous l'accusez;
ni Hérode non plus, car il nous l'a renvoyé; c'est bien qu'il n'a rien fait qui mérite la mort.
Je le relâcherai donc après l'avoir fait châtier. »
Or il était obligé, à chaque fête, de leur relâcher quelqu'un.
Mais tous ensemble ils crièrent : « Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas ! »
lequel était en prison à cause d'une sédition qui avait eu lieu dans la ville et d'un meurtre.
Et de nouveau Pilate, qui désirait relâcher Jésus, s'adressa à eux;
mais ils clamaient, disant : « Crucifie ! crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, il leur dit : « Qu'a-t-il donc fait de mal ? Je n'ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Donc, après l'avoir fait châtier, je le relâcherai. »
Mais ils insistaient avec de grands cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs cris allaient grandissant.
Alors Pilate décréta qu'il serait fait selon leur demande.
Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et meurtre, qu'ils demandaient, et il livra Jésus à leur volonté.
Comme ils l'emmenaient, ils saisirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix, pour qu'il la portât derrière Jésus.
Or, il était suivi d'une grande masse du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
Se tournant vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants,
car voici venir des jours où l'on dira : Heureuses les stériles, et les entrailles qui n'ont point enfanté et les mamelles qui n'ont point allaité !
Alors on se mettra à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Recouvrez-nous !
Car, si l'on traite ainsi le bois vert, qu'en sera-t-il du sec ? »
On menait aussi deux autres, des malfaiteurs, pour être exécutés avec lui.
Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Calvaire, ils l'y crucifièrent, ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche.
Et Jésus disait : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » Et se partageant ses vêtements, ils les tirèrent au sort.
Le peuple se tenait là et regardait. Même les chefs raillaient, disant : « Il en a sauvé d'autres, qu'il se sauve lui-même, s'il est le Christ de Dieu, l'Elu ! »
Les soldats aussi se moquèrent de lui, s'avançant pour lui présenter du vinaigre, et disant : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !
Il y avait aussi au-dessus de lui une inscription en caractères grecs, latins et hébraïques : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
Or, l'un des malfaiteurs, mis en croix l'injuriait, disant : « N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et sauve-nous ! »
Mais l'autre le reprenait, disant : « Tu n'as pas même la crainte de Dieu, toi qui subis la même condamnation !
Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons faites; mais lui n'a rien fait de mal. »
Et il dit : « Jésus, souvenez-vous de moi, quand vous reviendrez avec votre royauté. »
Et il lui dit : » Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. »
Il était alors environ la sixième heure, et il se fit des ténèbres sur la terre entière jusqu'à la neuvième heure,
le soleil s'étant éclipsé, et le voile du sanctuaire se fendit par le milieu.
Et Jésus clama d'une voix forte : « Père, je remets mon esprit entre vos mains. » Et, ce disant, il expira.
Le centurion, ayant vu ce qui s'était passé, glorifia Dieu, disant : « Réellement, cet homme était un juste. »
Et toutes les foules rassemblées à ce spectacle, après voir regardé ce qui s'était passé, s'en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ceux de sa connaissance se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui l'avaient suivi depuis la Galilée, pour voir (tout) cela.
Et alors un homme, nommé Joseph, qui était membre du conseil, homme bon et juste,
— il n'avait donné son assentiment à leur résolution ni à leur acte, — d'Arimathie, ville juive, qui attendait le royaume de Dieu,
cet (homme) alla trouver Pilate pour lui demander le corps de Jésus;
il le descendit, l'enveloppa d'un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n'avait encore été mis.