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Les insolites de LPL

   Ils l'ont découronné - Partie IV : Le catholicisme libéral

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Partie IV : Le catholicisme libéral
Le remède au libéralisme : « Tout restaurer dans le Christ »


Résumé : La saine philosophie, celle de saint Thomas d’Aquin. La saine théologie, celle de saint Thomas, également. Le droit.

Aux grands maux, les grands remèdes ! Mais qu’est-ce qui pourra guérir le cancer ou le SIDA de l’Eglise ? La réponse est claire : il faut appliquer les remèdes que les papes ont proposés contre les erreurs modernes ; à savoir la philosophie thomiste, la saine théologie et le droit découlant des deux premières sciences.

La saine philosophie, celle de saint Thomas d’Aquin

Vous comprenez que pour combattre le subjectivisme et le rationalisme qui sont à la base des erreurs libérales, je ne ferai pas appel aux philosophies modernes, infectées précisément de subjectivisme ou de rationalisme. Ce n’est ni le sujet, ni sa connaissance, ni son amour, que la philosophie de toujours, et en particulier la métaphysique, prend pour objet, c’est l’être même des choses, c’est ce qui est. C’est en effet l’être, avec ses lois et ses principes, que découvre notre connaissance la plus spontanée. Et en son sommet, la sagesse naturelle qu’est la philosophie débouche, par la théodicée ou théologie naturelle, sur l’Etre par excellence, L’Etre subsistant par lui-même. C’est en effet cet Etre premier que le bon sens, appuyé, réconforté et surélevé par les données de la foi, suggère de placer au sommet du réel, selon sa définition révélée : « Ego sum qui sum » (Exo. 3, 14) : Je suis Celui qui suis. Vous savez en effet qu’à Moïse qui lui demandait son nom, Dieu répondit : « je suis celui qui suis », ce qui signifie : je suis Celui qui est par soi-même, je possède l’être par moi-même.
Réfléchissons alors sur cet Etre qui subsiste par lui-même, qui n’a pas reçu l’existence mais qui l’a par lui-même. Il est « ens a se »  : l’être par soi-même, par opposition à tous les autres êtres, qui sont « ens ab alio »  : être par un autre, par le don que Dieu leur a fait de l’existence ! On peut méditer là-dessus pendant des heures, tellement cela est saisissant, inimaginable. Avoir l’être par soi, c’est vivre dans l’éternité, c’est être éternel. Celui qui a l’être par soi ne peut jamais avoir été sans l’avoir ; l’être ne peut jamais l’avoir quitté. Il est toujours, il sera toujours, il a toujours été. Au contraire, celui qui est « ens ab alio », être par un autre, celui-là a reçu l’être d’un autre, donc il a commencé d’être à un moment donné : il a commencé !
Combien cette considération doit nous maintenir dans l’humilité ! Nous pénétrer du rien que nous sommes devant Dieu ! « Je suis Celui qui suis, tu es celle qui n’est pas » disait un jour Notre-Seigneur à une sainte âme. Que cela est vrai ! Plus l’homme se pénètre de ce principe de la plus simple philosophie, mieux il se met à sa vraie place devant Dieu.
Le seul fait de dire : moi, je suis « ab alio », Dieu, lui, est « ens a se »  ; moi, j’ai commencé, Dieu est toujours, quel contraste saisissant ! Quel abîme ! — Alors c’est ce petit être « ab alio » , qui reçoit son être même de Dieu, qui aurait le pouvoir de limiter la gloire de Dieu ? Il aurait le droit de dire à Dieu : « vous avez droit à ceci, mais pas davantage » ! « Régnez dans les cœurs, dans les sacristies, dans les chapelles, oui, mais dans la rue, dans la cité, non ! » — Quelle suffisance ! — De même, ce serait cet être « ab alio » qui aurait le pouvoir de réformer les plans de Dieu, de faire que les choses soient autrement que ce qu’elles sont, autrement que ce que Dieu les a faites ? Et les lois que Dieu, dans sa sagesse et sa toute-puissance, a préposées à tous les êtres et spécialement à l’homme et à la société, ces lois, le méprisable être « ab alio » aurait le pouvoir de les refaire à son caprice en disant : « Je suis libre » ! — Quelle prétention ! Quelle absurdité, que la révolte du libéralisme ! Voyez comme il est important de posséder une saine philosophie et d’avoir ainsi une connaissance approfondie de l’ordre naturel, individuel, social et politique. Et pour cela, l’enseignement de saint Thomas d’Aquin est irremplaçable ; je ne résiste pas à vous citer Léon XIII dans son encyclique Aeterni Patris du 4 août 1879

« L’angélique docteur a considéré les conclusions philosophiques dans les raisons et les principes mêmes des choses : or l’étendue de ces principes et les vérités innombrables qu’elles contiennent en germe fournissent aux maîtres des âges postérieurs une ample matière à des développements utiles, qui se produiront en temps opportun. En employant comme il le fait ce même procédé dans la réfutation des erreurs, le grand docteur est arrivé à ce double résultat, de repousser à lui seul toutes les erreurs des temps antérieurs, et de fournir des armes invincibles pour dissiper celles qui ne manqueront pas de surgir dans l’avenir ».

Et c’est spécialement aux erreurs modernes du libéralisme que Léon XIII veut qu’on applique le remède de la philosophie thomiste

« L’immense péril dans lequel la peste des opinions perverses a jeté la famille et la société civile est pour nous tous évident. Certes, l’une et l’autre jouiraient d’une paix et d’une sécurité beaucoup plus grande si, dans les académies et les écoles, on donnait une doctrine plus saine et plus conforme à l’enseignement de l’Eglise, une doctrine telle qu’on la trouve dans les œuvres de Thomas d’Aquin. Ce que saint Thomas nous enseigne sur la vraie nature de la liberté, qui, de nos temps, dégénère en licence, sur la divine origine de toute autorité, sur les lois et leur puissance, sur le gouvernement paternel et juste des souverains, sur l’obéissance due aux puissances plus élevées, sur la charité mutuelle qui doit régner entre tous les hommes, ce qu’il nous dit sur ces sujets et autres du même genre a une force immense, invincible, pour renverser tous ces principes du droit nouveau, pleins de dangers, on le sait, pour le bon ordre et le salut public ».

La saine théologie, celle de saint Thomas, également

Outre la sagesse naturelle qui est la saine philosophie, celui qui veut se prémunir contre le libéralisme devra connaître la sagesse surnaturelle, la théologie. Or c’est la théologie de saint Thomas que l’Eglise recommande entre toutes pour acquérir une science approfondie de l’ordre surnaturel. C’est la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin, que les Pères du concile de Trente « voulurent qu’au milieu de la sainte assemblée, avec le livre des divines Ecritures et les décrets des Pontifes suprêmes, sur l’autel même, fût déposée, ouverte, pour qu’on pût y puiser des conseils, des raisons, des oracles »1. C’est à l’école de saint Thomas, que le concile de Trente dissipa les premières nuées du naturalisme naissant.
Qui, mieux que saint Thomas, a montré que l’ordre surnaturel dépasse infiniment les capacités et les exigences mêmes de l’ordre naturel ? Il nous montre (ici-bas ce ne peut être que dans le clair-obscur de la foi) comment Notre-Seigneur, par son Sacrifice Rédempteur, par l’application de ses mérites, a élevé la nature des rachetés, par la grâce sanctifiante, par le baptême, par les autres sacrements, par le saint sacrifice de la Messe. C’est en connaissant bien cette théologie, que nous augmenterons en nous l’esprit de foi, c’est-à-dire la foi et les attitudes qui correspondent à une vie de foi.
Ainsi, dans le culte divin, quand on a vraiment la foi, on a les gestes qui en découlent. Précisément, ce que nous reprochons à toute la réforme liturgique nouvelle, c’est de nous donner des attitudes qui ne sont plus des attitudes de foi, c’est de nous imposer un culte naturaliste et humaniste. C’est ainsi qu’on craint de faire des génuflexions, on ne veut plus manifester l’adoration qui est due à Dieu, on veut réduire le sacré au profane. C’est la chose la plus sensible pour les personnes qui ont contact avec la nouvelle liturgie : ils estiment qu’elle est plate, qu’elle n’élève pas, qu’il ne s’y trouve plus de mystères.
C’est également la saine théologie qui fortifiera en nous cette conviction de foi : Notre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu ; cette vérité centrale de notre foi : la divinité de Notre-Seigneur. Alors nous servirons Notre-Seigneur comme Dieu, et non pas comme pur homme. Sans doute est-ce par son humanité qu’il nous a sanctifiés, par la grâce sanctifiante qui remplit sa sainte âme ; c’est dire le respect infini que nous devons avoir pour sa Sainte Humanité. Mais aujourd’hui le danger est de faire de Notre-Seigneur un pur homme, un homme extraordinaire, certes, un surhomme, mais pas le Fils de Dieu. Au contraire, s’il est vraiment Dieu, comme la foi nous l’enseigne, alors tout change, car dès lors il est le maître de toutes choses. Alors toutes les conséquences découlent de sa divinité. Ainsi tous les attributs que la théologie nous fait reconnaître à Dieu : sa toute-puissance, son omniprésence, sa causalité permanente et suprême vis-à-vis de toute chose, de tout ce qui existe, puisqu’il est la source de l’être, tout cela s’applique à Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il a donc la toute puissance sur toutes choses, par sa propre nature il est Roi, roi de l’univers, et nulle créature, individu ou société, ne peut échapper à sa souveraineté, à sa souveraineté de puissance et à sa souveraineté de grâce

« C’est en lui que toutes choses ont été créées, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre… tout a été créé par lui et pour lui… toutes choses subsistent en lui… Dieu… a voulu réconcilier par lui toutes choses avec lui-même, celles qui sont de la terre et celles qui sont dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (Saint Paul aux Colossiens, 1, 16-21).

Donc de cette première vérité de foi : la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, découle cette seconde vérité de foi : sa Royauté, et spécialement sa Royauté sur les sociétés, et l’obéissance que doivent avoir les sociétés à la Volonté de Jésus-Christ, la soumission que doivent réaliser les lois civiles à l’égard de la loi de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Bien plus, Notre-Seigneur veut que les âmes se sauvent, indirectement sans doute, mais efficacement, par une société civile chrétienne, pleinement soumise à l’Evangile, qui se prête à son dessein rédempteur, qui en soit l’instrument temporel. Dès lors quoi de plus juste, de plus nécessaire, que des lois civiles qui se soumettent aux lois de Jésus-Christ et sanctionnent par la coaction des peines les transgresseurs des lois de Notre-Seigneur dans le domaine public et social ? Or précisément la liberté religieuse, celle des francs-maçons, comme celle de Vatican II, veut supprimer cette contrainte. Mais c’est la ruine de l’ordre social chrétien, cela ! Qu’est-ce que Notre-Seigneur veut, sinon que son sacrifice rédempteur imprègne la société civile ! Qu’est-ce que la civilisation chrétienne, qu’est-ce que la chrétienté, sinon l’incarnation de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la vie de toute une société ! Voilà ce qu’on appelle le règne social de Notre-Seigneur. Voilà donc la vérité que nous devons prêcher avec le plus de force aujourd’hui, face au libéralisme.
Et puis, seconde conséquence de la divinité de Jésus-Christ, c’est que sa Rédemption n’est pas facultative pour la vie éternelle ! Il est la Voie, la Vérité et la Vie ! Il est la porte :

« Je suis la porte des brebis, dit-il lui-même. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ;mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera, et il sortira, et il trouvera les pâturages » (Jn 10, 7-9).

Il est la seule voie de salut pour tout homme

« Le salut n’est en aucun autre, proclame saint Pierre ; car il n’y a pas sous le ciel un autre nom qui ait été donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Act. 4, 12).

Or cette vérité est celle qui doit être la plus réaffirmée aujourd’hui, face au faux œcuménisme d’essence libérale, qui assure qu’il y a des valeurs de salut dans toutes les religions et qu’il s’agit de développer. Si cela était vrai, à quoi bon les missionnaires ? C’est justement parce qu’il n’y a de salut en aucun autre que Notre-Seigneur Jésus-Christ, que l’Église est animée de l’esprit missionnaire, de l’esprit de conquête, qui est l’esprit même de la foi.

Le droit

Outre la philosophie et la théologie, il est nécessaire qu’une troisième science vienne réduire les grandes vérités de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel en règles juridiques. Le libéralisme, en effet, même dans ses formes les plus modérées, proclame les droits de l’homme sans Dieu. Rien de plus indispensable, par conséquent, pour le juriste catholique, que de fonder à nouveau les droits des hommes vivant en société sur leurs devoirs envers Dieu, sur les droits de Dieu. De droits de l’homme, en vérité, il n’y a que ceux qui l’aident à se soumettre aux droits de Dieu ! On exprime la même vérité en disant que le droit positif, le droit civil, doit se fonder sur le droit naturel. Le pape Pie XII a insisté sur ce principe, contre l’erreur du positivisme juridique, qui fait de la volonté arbitraire de l’homme la source du droit.
Puis, il y a le droit surnaturel : les droits de Jésus-Christ et de son Eglise, les droits des âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ. Ces droits de l’Eglise et des âmes chrétiennes vis-à-vis de l’Etat forment ce que nous avons appelé le droit public de l’Église. C’est une science qui est pratiquement anéantie par la déclaration conciliaire sur la liberté religieuse, comme j’ai essayé de vous le montrer2. Rien de plus urgent encore, par conséquent, que d’enseigner à nouveau le droit public de l’Église, qui donne les grands principes qui régissent les relations entre l’Église et l’État3. Sur ce sujet je recommande spécialement la lecture des Institutiones juris publici ecclesiastici, du cardinal Ottaviani et de l’ouvrage Ecclesia et status, fontes selecti, de Giovanni Lo Grasso s.j. : ce dernier ouvrage, en particulier, fournit tous les documents les plus méconnus ou jetés dans l’oubli par les libéraux, du IVe au XXe siècle.
N’oublions pas enfin cette source inépuisable du droit de l’Église qu’est l’histoire ecclésiastique. Elle nous montre tantôt les premiers empereurs chrétiens mettant le glaive temporel au service du pouvoir spirituel de l’Eglise au IVe siècle, attitude constamment louée par l’Eglise, tantôt la résistance courageuse des évêques et des papes contre les princes usurpateurs du pouvoir spirituel dans la suite des âges. Précieuses leçons qui sont tout simplement le dogme réduit en pratique et qui représentent la plus radicale réfutation de tous les libéralismes : celui des révolutionnaires persécuteurs de l’Eglise comme celui, bien plus perfide, des libéraux dits catholiques.



  1. Léon XIII, Aeterni Patris.
  2. Voir chapitre XXVIII.
  3. Voir chapitre XIII.

 

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