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Les insolites de LPL

   Lyon, les 27 et 28 novembre 2004

 

Une théologie de l'Histoire autour de l'Immaculée Conception
Conférence
Abbé Guy Castelain, Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
Colloque marial, Lyon, les 27 et 28 novembre 2004

 

 

Plan de la conférence

Introduction à la théologie de l'Histoire.

I. Le fondement théologique de la théologie mariale de l'Histoire : le Protévangile.

A. Pie IX, dans Ineffabilis Deus du 8.XII.1854.
B. Saint Pie X aborde le Protévangile implicitement et explicitement. Implicitement, dans son encyclique mariale de 1904, et directement dans une prière publiée en 1903.
C. Pie XII dans Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950.

II. L'Immaculée intervient dans l'Histoire.

A. Au XVI° siècle à Manrèse.
B. Au XVII° siècle à Quito.
C. Au XVIII° siècle, le monde déclara la guerre à Dieu.
D. Au XIX siècle à La Rue du Bac, à Lourdes et à La Salette.
E. Au XX° siècle à Fatima.

III. Le Triomphe du Cour Immaculé.

Conclusion.

 

La conférence

Monsieur le Supérieur, chers confrères, mes révérends pères, mes très chers frères, chers fidèles et chers amis,

 

Dieu est maître de l'Histoire. L'Histoire, c'est ce par quoi Dieu atteint ses objectifs. Et pour cela, il a placé au cour, au centre de l'Histoire son Fils Jésus-Christ : C'est lui qui est la clé de l'Histoire. Avant Lui, tout converge vers lui, après lui tout découle de Lui : tout s'explique par lui et sans lui tout est inexplicable. Sans Jésus-Christ l'histoire se transforme, ou plutôt se déforme en un historicisme matérialiste, c'est-à-dire en un système philosophique qui ne perçoit que des phénomènes et qui masque la dimension surnaturelle de l'Histoire. Témoin cette description de la messe par Sartre : un homme boit du vin devant des femmes agenouillées à la lumière des bougies allumées. C'est absurde : sans le surnaturel, l'histoire devient absurde ! Il faut donc pour accéder à la véritable Histoire, y découvrir et l'élément humain, et l'élément divin. Et aujourd'hui, toute la difficulté réside dans la mise en évidence de l'aspect surnaturel de l'Histoire. Et cette difficulté s'est transformée en mentalité. Un exemple. L'abbé Berto (+1968), dans sa correspondance, nous livre, au sujet de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, une réflexion de théologien de l'histoire : il s'étonne que ce saint soit moins connu que Louis XIV :

« Figurez-vous que j'ai trouvé hier des enfants qui connaissaient mieux Louis XIV que le bienheureux Grignion de Montfort. Si c'est votre cas, mettez-vous vite au point juste. Les vraies vues sont les vues de Dieu. Or, au regard de Dieu, combien un saint qui ne fut qu'un pauvre missionnaire, mais aimant la Sainte Vierge, compte plus qu'un roi qui ne fut pas un saint ! Nous nous croyons chrétiens, et souvent nous ne sommes que des païens frottés de christianisme(1) »

Mais puisque Jésus et Marie sont inséparables et que « C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et [que] c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde(2) » , nous pouvons appliquer à Marie, en matière d'Histoire, ce que nous venons de dire de Jésus : avec Lui, la Vierge Immaculée est bien au centre de l'Histoire : avant elle tout convergera vers elle, et, après elle, tout découlera d'elle également. L'Annonciation et l'Incarnation, réalisées dans la plénitude des temps sont des mystères situés au centre et au cour de l'Histoire. Marie par son Fiat, va imprimer, à l'ordre providentiel divin, une modalité mariale. Et cela, non seulement parce qu'elle est la Porte du ciel par laquelle Jésus-Christ va entrer dans le monde, lui qui va modifier le cours des choses politiques des nations ; mais aussi parce que, Médiatrice de toutes grâces, elle va modifier le cours des choses dans la vie de chacun des prédestinés. Car :

« Une même mère ne met pas au monde la tête ou le chef sans les membres, ni les membres, sans la tête ; autrement ce serait un monstre de la nature ; de même, dans l'ordre de la grâce, le chef et les membres naissent d'une même mère ; et si un membre du corps mystique de Jésus-Christ, c'est-à-dire un prédestiné, naissait d'une autre mère que Marie qui a produit le chef, ce ne serait pas un prédestiné, ni un membre de Jésus-Christ, mais un monstre dans l'ordre de la grâce(3) »

Ainsi donc, il y a une théologie mariale de l'Histoire. En effet, l'étude du cours de l'Histoire humaine reçoit son éclairage, non seulement de la christologie, mais aussi de la mariologie : Dieu a décidé qu'avec son divin Fils, la Très Sainte Vierge Marie aurait son mot à dire dans son gouvernement divin. Et si les hommes ne peuvent se positionner dans l'Histoire que par le Pour ou contre le Jésus-Christ, ils ne peuvent se positionner également dans le cours des choses que par la réponse au Pour ou contre l'Immaculée. Car : « C'est par Marie que le salut du monde a commencé, et c'est par Marie qu'il doit être consommé(4) » rappelle le père de Montfort. Cependant, pour bien nous placer dans l'esprit du père de Montfort : si nous établissons une théologie mariale de l'histoire, ce n'est que pour mieux établir la théologie de l'Histoire par Jésus-Christ(5) . Voyons donc immédiatement, le fondement scripturaire de la théologie mariale de l'Histoire.

 

I. Le Protévangile

Dieu avait prophétisé cette place historique de l'Immaculée dans l'Histoire dès le paradis terrestre, dans ce que l'on appelle le Protévangile :

« Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : elle te brisera la tête, et toi, tu lui tendras des embûches au talon . »

Pie IX et Pie XII l'ont solennellement rappelé en ces derniers temps à l'occasion de la définition des dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption. Au terme de toute la grande Tradition mariale, depuis le II° siècle, ces papes nous livrent le fondement scripturaire le plus ancien chronologiquement(6), le premier bibliquement, le plus élevé théologiquement, de cette théologie mariale de l'Histoire. Trois papes importants papes retiendrons notre attention : Pie IX, saint Pie X et Pie XII.

A. Pie IX, dans Ineffabilis Deus du 8.XII.1854

Il y parle plusieurs fois du Protévangile. Il s'exprime en ces termes :

« Il convenait qu'elle resplendît toujours de l'éclat de la sainteté la plus parfaite, qu'elle fût entièrement préservée, même de la tache du péché originel, et qu'elle remportât ainsi le plus complet triomphe sur l'ancien serpent(7). »

Et de nouveau, de manière plus précise encore :

« Les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes, n'ont rien eu plus à cour, dans les livres qu'ils ont écrits pour expliquer l'Ecriture, pour défendre les dogmes et instruire les fidèles, que de louer et d'exalter à l'envie, de mille manières et dans les termes les plus magnifiques, la parfaite sainteté de Marie, son excellente dignité, sa préservation de toute tache du péché et sa glorieuse victoire sur le cruel ennemi du genre humain. C'est ce qu'ils ont fait en expliquant les paroles par lesquelles Dieu, annonçant dès les premiers jours du monde les remèdes préparés par sa miséricorde pour la régénération et le salut des hommes, confondit l'audace du serpent trompeur, et releva d'une façon si consolante l'espérance de notre race. Ils ont enseigné que par ce divin oracle : Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne [Gen. III, 15], Dieu avait clairement et ouvertement montré à l'avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus-Christ, désigné sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé l'inimitié de l'un et de l'autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ [...] détruisit [...] l'arrêt de condamnation qui était contre nous et l'attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablement avec lui, fut, par lui et avec lui, l'éternelle ennemi du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête(8). »

Et, plus loin, il reprend le même thème :

« Les Pères, ont en propres termes et d'une manière expresse, déclaré que, lorsqu'il s'agit de péché, il ne doit, en aucune façon, être question de la sainte Vierge Marie [...]. Ils ont encore professé que la très glorieuse Vierge avait été la réparatrice de ses ancêtres et qu'elle avait vivifié sa postérité ; que le Très-Haut l'avait choisie et se l'était réservée dès le commencement des siècles ; que Dieu l'avait prédite et annoncée quand il dit au serpent : Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme ; et que, sans aucun doute, elle a écrasé la tête venimeuse de ce même serpent ; et que pour cette raison, ils ont affirmé que la même Vierge bienheureuse avait été, par la grâce, exempte de toute tache du péché [...] (9). »

Et enfin, il conclut :

« Nous avons la plus ferme espérance et la confiance la plus assurée que la Vierge bienheureuse [...], toute belle et tout immaculée, a écrasé la tête venimeuse du cruel serpent et apporté le salut au monde(10). »

Le grand théologien Scheeben souligna que le Protévangile est le premier et le plus important argument allégué par Pie IX en faveur du dogme de l'Immaculée Conception(11). Disons également que le Protévangile, datant des début de l'Histoire humaine, se présente à nous, d'ores et déjà, comme le grand principe de la théologie mariale de l'Histoire.

B. Saint Pie X aborde le Protévangile implicitement et explicitement

Implicitement, dans son encyclique mariale de 1904, et directement dans une prière publiée en 1903.
1. Saint Pie X reprend donc, implicitement, à son compte la grande tradition du Protévangile à l'occasion de la rédaction de sa grande Lettre encyclique mariale(12) Ad diem illum, publiée le 2 février 1904 - il y a juste 100 ans -. Saint Pie X a révélé le 27 décembre 1908 qu'il avait tenu à relire le Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui repose tout entier sur le Protévangile(13) :

« Admis en audience privée le 27 décembre [...], le R.P. Gebhard, Procureur général de la Compagnie de Marie et des Filles de la Sagesse, a fait hommage à Sa Sainteté d'un exemplaire de la nouvelle traduction italienne du Traité de la Vraie Dévotion.Plein de confiance, le père Procureur présente alors un exemplaire italien de la Vraie Dévotion, relié en soie blanche. : - Le révérendissime père Lepidi en a entretenu Votre Sainteté qui, m'a-t-il dit, connaît depuis longtemps le traité du bienheureux de Montfort. - E vero - c'est vrai, dit le pape ; et, s'il vous a tout dit, il a dû vous apprendre que j'ai tenu à le relire avant de composer mon encyclique sur la sainte Vierge(14). »

C'est pourquoi M. Rigault ose affirmer dans son livre sur le missionnaire marial :

« Quand le pape Pie X composa en 1904, l'Encyclique pour le jubilé de l'Immaculée Conception, il relut le livre(15) du grand théologien de la Vierge, et on a pu dire qu'il s'en imprégna au point d'avoir conféré aux pensées et aux paroles de Montfort la souveraine autorité de son magistère(16). »

Il ne faisait, en cela, que suivre l'avis d'un théologien célèbre :

« Pie X surtout a mis, dans en relief saisissant, la doctrine de la médiation universelle de Marie et de sa maternité spirituelle dans sa belle encyclique Ad diem illum, qui n'est en substance qu'une transposition du livre de La vraie dévotion du bienheureux de Montfort : le saint pontife était d'ailleurs un admirateur fervent du célèbre petit traité. Aussi bien, trouve-t-on, dans cette encyclique mariale, non seulement les pensées les plus familières du grand serviteur de Marie, mais souvent même ses expressions(17). »

Saint Pie X assume encore indirectement la grande Tradition du Protévangile en bénissant les lecteurs du Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, et en tranchant la controverse à son égard. A l'occasion de cette même audience privée du 27 décembre 1908, le Procureur général des Montfortains adressa une supplique au pape Pie X en ces termes(18) :

« Très Saint Père, Moi, Hubert-Marie Gebhard, Procureur général de la Compagnie de Marie. aux pieds de Votre Sainteté, lui présente très humblement la première version italienne intégrale, fidèlement traduite d'après le texte original, d'un petit ouvrage peu volumineux il est vrai, mais qu'on peut dire de la plus haute importance. Il s'agit de l'opuscule intitulé : Traité de la Vraie Dévotion à la Très Sainte Vierge, ayant pour auteur le bienheureux Louis-Marie Grignion de Montfort. en quelque sorte une Somme Mariale dont la solidité théologique et la suavité mystique firent l'admiration de tous ceux qui en ont une fois goûté. le susdit suppliant ose demander très instamment, que Votre Sainteté ne dédaigne pas de recommander la lecture du traité en question et de bénir ceux qui se dépensent pour sa plus grande explication et diffusion. Rome, le 27 décembre 1908. »

Saint Pie X répondit à la supplique, par écrit, durant l'audience même :

« Avant même que le Père ait le temps de dire un mot, Pie X, achevant de la lire, a déjà posé la supplique sur son bureau et saisi sa plume. Lentement, de sa main si ferme il écrit : Accédant à vos prières, nous recommandons fortement le Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge si admirablement composé par le bienheureux de Montfort et nous accordons avec amour à ses lecteurs la bénédiction apostolique(19). »

Au témoignage des Montfortains(20), cette bénédiction de saint Pie X est une approbation définitive qui met fin à toute controverse :

« Il n'est plus le temps où il fallait, à grands renforts d'érudition, défendre une pratique qui déplaisait parce qu'elle était méconnue. Aujourd'hui, elle se montre au monde revêtue d'une suprême approbation, et elle peut continuer sa trouée la tête haute et fière. Le pape a parlé si clair que tout catholique comprendra(21). »

Notons tout de suite pour conclure, avant même de parler de Pie XII, que ce dernier, à l'occasion de la canonisation de l'Apôtre marial, affirmera que la dévotion du Traité n'est autre que la dévotion de l'Eglise catholique romaine :

« La vraie dévotion, celle de la Tradition, celle de l'Eglise, celle, dirons-Nous, du bon sens chrétien et catholique, tend essentiellement vers l'union à Jésus, sous la conduite de Marie. Formes et pratiques de cette dévotion peuvent varier suivant les temps, les lieux, les inclinations personnelles. Dans les limites de la doctrine saine et sûre, de l'orthodoxie et de la dignité du culte, l'Eglise laisse à ses enfants une juste marge de liberté. Elle a d'ailleurs conscience que la vraie et parfaite dévotion envers la sainte Vierge n'est point tellement liée à ces modalités qu'aucune d'elles puisse en revendiquer le monopole(22). »

Or, que trouvons-nous dans le Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort au sujet du Protévangile ? Nous trouvons un grand commentaire traditionnel du verset 15 du chapitre 3 de la Genèse, dans lequel il fait l'application historique de cette donnée scripturaire et dogmatique mariale. C'est un peu long, mais c'est splendide :

 

« C'est principalement de ces dernières et cruelles persécutions du diable qui augmenteront tous les jours jusqu'au règne de l'Antéchrist, qu'on doit entendre cette première et célèbre prédiction et malédiction de Dieu, portée dans le paradis terrestre contre le serpent. Il est à propos de l'expliquer ici pour la gloire de la très sainte Vierge, le salut de ses enfants et la confusion du diable. Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme, et ta race et la sienne ; elle-même t'écrasera la tête, et tu mettras des embûches à son talon. Jamais Dieu n'a fait et formé qu'une inimitié, mais irréconciliable, qui durera et augmentera même jusques à la fin : c'est entre Marie, sa digne Mère, et le diable, entre les enfants et serviteurs de la sainte vierge, et les enfants et suppôts de Lucifer ; en sorte que la plus terrible des ennemies que Dieu ait faite contre le diable est Marie, sa sainte Mère. Il lui a même donné, dès le paradis terrestre, quoiqu'elle ne fût encore que dans son idée, tant de haine contre ce maudit ennemi de Dieu, tant d'industrie pour découvrir la malice de cet ancien serpent, tant de force pour vaincre, terrasser et écraser cet orgueilleux impie, qu'il l'appréhende plus, non seulement que tous les anges et les hommes, mais, en un sens, que Dieu même. Ce n'est pas que l'ire, la haine et la puissance de Dieu ne soient infiniment plus grandes que celles de la sainte Vierge, puisque les perfections de Marie sont limitées ; mais c'est premièrement parce que Satan, étant orgueilleux, souffre infiniment plus d'être vaincu et puni par une petite et humble servante de Dieu, et son humilité l'humilie plus que le pouvoir divin ; secondement parce que Dieu a donné à Marie un si grand pouvoir contre les diables, qu'ils craignent plus, comme ils ont été souvent obligés d'avouer, malgré eux, par la bouche des possédés, un seul de ses soupirs pour quelque âme, que les prières de tous les saints, et une seule de ses menaces contre eux que tous leurs autres tourments. Ce que Lucifer a perdu par orgueil, Marie l'a gagné par humilité ; ce qu'Eve a damné et perdu par désobéissance, Marie l'a sauvé par obéissance. Eve, en obéissant au serpent, a perdu tous ses enfants avec elle, et les lui a livrés ; Marie, s'étant rendue parfaitement fidèle à Dieu, a sauvé tous ses enfants et serviteurs avec elle, et les a consacrés à sa Majesté. »

Ici, au terme du commentaire sur l'inimitié divine entre l'Immaculée et le démon, je me permets un commentaire : le démon trouve normal d'être humilié par la toute-puissance divine ; c'est désagréable, mais il se fait une raison ! Mais être humilié par une femme dont la nature est inférieur à la sienne, c'est insupportable ! Voilà pourquoi, le père de Montfort dit : « Satan, étant orgueilleux, souffre infiniment plus d'être vaincu et puni par une petite et humble servante de Dieu, et son humilité l'humilie plus que le pouvoir divin ». Reprenons la deuxième partie du commentaire qui traite maintenant des inimitiés entre les enfants de Marie et les suppôts de Satan :

« Non seulement Dieu a mis une inimitié, mais des inimitiés, non seulement entre Marie et le démon, mais entre la race de la sainte Vierge et la race du démon ; c'est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entres les vrais enfants et serviteurs de la sainte Vierge et les enfants et esclaves du diable ; ils ne s'aiment point mutuellement, ils n'ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres. Les enfants de Bélial, les esclaves de Satan, les amis du monde - car c'est la même chose - ont toujours persécuté jusqu'ici et persécuteront plus que jamais ceux et celles qui appartiennent à la très sainte Vierge, comme autrefois Caïn persécuta son frère Abel, et Esaü son frère Jacob, qui sont les figures des réprouvés et des prédestinés. »

Une parenthèse importante : notez bien que le Père Grignion dit - ce n'est pas un commentaire de ma part - : « les esclaves de Satan, les amis du monde [...] c'est la même chose ». Cette phrase est très importante pour notre sujet, car l'essence du modernisme, c'est de vouloir marier l'Eglise catholique et le monde, ce que l'on appelle l'aggiornamento. Je continue le commentaire du père de Montfort :

« Mais l'humble Marie aura toujours la victoire sur cet orgueilleux, et si grande qu'elle ira jusqu'à lui écraser la tête où réside son orgueil ; elle découvrira toujours ses mines infernales, elle dissipera ses conseils diaboliques, et garantira jusqu'à la fin des temps ses fidèles serviteurs de sa patte cruelle. Mais le pouvoir de Marie sur tous les diables éclatera particulièrement dans les derniers temps, où Satan mettra des embûches à son talon, c'est-à-dire à ses humbles esclaves et à ses pauvres enfants qu'elle suscitera pour lui faire la guerre. Ils seront petits et pauvres selon le monde, et abaissés devant tous comme le talon, foulés et persécutés comme le talon l'est à l'égard des autres membres du corps ; mais, en échange, ils seront riches en grâce de Dieu, que Marie leur distribuera abondamment ; grands et relevés en sainteté devant Dieu, supérieurs à toute créature par leur zèle animé, et si fortement appuyés du secours divin, qu'avec l'humilité de leur talon, en union de Marie, ils écraseront la tête du diable et feront triompher Jésus-Christ(23). »

Il ressort clairement de cette exégèse montfortaine traditionnelle et mariale de Genèse III, 15 que Dieu a creusé un fossé entre Marie et le Diable, entre l'Eglise et le monde. C'est pourquoi nous ne comprenons pas comment le dernier Concile ait pu croire que la réconciliation de l'Eglise avec le monde - c'est-à-dire l'Aggiornamento conciliaire - était possible.
Deux petites histoires authentiques pour prouver, a posteriori, que l'ouverture au monde est une illusion, et que cela ne marche pas. C'est un professeur de dogme d'un grand séminaire qui en a été le témoin . La première se passe au moment du concile : il fait un cours sur le mot monde dans l'Ecriture sainte à ses séminaristes. La liste des références bibliques pour le mot pris en bonne part - le monde en tant que créature de Dieu - est très courte ! Mais la liste des références bibliques pour le mot pris en mauvaise part - le monde en tant que royaume de Satan et foyer de péché - est interminable... Que s'est-il passé ? Les élèves ont changé de visage... et le professeur de conclure : « Ce jour-là, j'ai senti, qu'entre eux et moi, se creusait un fossé infranchissable ! ». Ces pauvres séminaristes étaient déjà imbibés de l'esprit de l'Aggiornamento et ne pouvait plus supporter la Parole divine révélée !
La deuxième histoire - également vraie - est aussi éloquente sur l'illusion de cette ouverture au monde conciliaire. Cela se passait en été 1962, à la veille du Concile. A la fin de la première retraite sacerdotale - 220 prêtres du diocèse étaient présents !- Monseigneur l'évêque transmet timidement une consigne qu'il n'avait pas envie de transmettre : « si vraiment vous aviez une raison grave... si... si... si... vous pourriez peut-être vous mettre en clergyman ou en civil... ». Eclats de rire de tous les curés ! Le lendemain, au petit déjeuner, en arrivant au réfectoire, le pauvre professeur se trouve devant un spectacle étonnant : tous les curés sont en civil ! « Mais qu'est-ce qui vous arrive ? » leur dit-il. « Mon Père, on va convertir le monde ! » répond l'un d'eux. En juin 1963, à la fin de la nouvelle année scolaire, on fermait le séminaire : plus de vocations ! Voilà qui en dit long sur la véritable valeur de l'Aggiornamento conciliaire.
Si seulement les Pères conciliaires avaient relu le Protévangile... ils auraient pu éviter ce genre de catastrophe. Mais grâce au père Grignion nous voyons mieux comment l'Immaculée Conception brise de son pied virginal cet Aggiornamento conciliaire illusoire qui n'a pas de place dans le plan divin. Et de même que l'apôtre Saint Jacques a écrit « Quiconque donc veut être ami de ce monde se fait ennemi de Dieu »(25) , nous pouvons dire en toute vérité : Quiconque donc veut être ami de ce monde se fait l'ennemi de l'Immaculée.
Nous espérons donc, que le Saint-Père, qui aime tant le père de Montfort -puisqu'il a tiré sa devise(26) du Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge ; puisqu'il est allé en pèlerinage au tombeau du père de Montfort (27); puisqu'il a célébré par une lettre spéciale(28), le 8 décembre 2003, le 160ème anniversaire de la publication du même Traité - nous espérons que le pape saura découvrir, grâce à l'Immaculée, les pièges de l'antique serpent et la solution à la crise de l'Eglise qui fait rage aujourd'hui dans l'Eglise, notre Mère bien-aimée.

2. Saint Pie X, reprend beaucoup plus explicitement le Protévangile
En publiant dès le début de son pontificat une magnifique prière qui traduit dans un acte de piété le verset 15 du chapitre 3 de la Genèse :

« Vierge très sainte, qui avez plu au Seigneur et êtes devenue sa Mère, Vierge Immaculée dans votre corps, dans votre âme, dans votre foi, et dans votre amour, de grâce, regardez avec bienveillance les malheureux qui implorent votre puissante protection. Le serpent infernal, contre lequel fut jetée la première malédiction, continue, hélas ! à combattre et à tenter les pauvres fils d'Eve. O Vous, notre Mère bénie, notre Reine et notre avocate, vous qui avez écrasé la tête de l'ennemi dès le premier instant de votre Conception, accueillez nos prières, et, nous vous en conjurons, unis en un seul cour, présentez-les devant le Trône de Dieu, afin que nous ne nous laissions jamais prendre aux embûches qui nous sont tendues, mais que nous arrivions tous au port du salut, et qu'au milieu de tant de périls, l'Eglise et la société chrétienne chantent encore une fois l'hymne de la délivrance, de la victoire et de la paix(29). »

Cette prière est, en quelque sorte, un résumé de piété du commentaire du père de Montfort. Dans cette prière, Saint Pie X nous fait demander à l'Immaculée conception d'accomplir sa mission - prophétisée en Genèse III, 15 - dans notre vie, dans notre famille et dans notre cité... Il est bon de la connaître par cour et de la réciter souvent pour nous assurer la victoire au cour de nos combats contre le démon... Il est surtout bon de la réciter pour demander à l'Immaculée de voir clair dans la crise de l'Eglise... Car toute vraie dévotion, authentique, à l'Immaculée peut donner aux âmes la lumière et leur faire comprendre la nécessité du retour à la Tradition catholique pour le bien de l'Eglise entière. Car, selon l'enseignement marial du Père de Montfort :

« Jamais un fidèle dévot de Marie ne tombera dans l'hérésie ou illusion du moins formelle ; il pourra bien errer matériellement, prendre le mensonge pour la vérité, et le malin esprit pur le bon, quoique plus difficilement qu'un autre ; mais il connaîtra tôt ou tard sa faute et son erreur matérielle ; et quand il la connaîtra, il ne s'opiniâtrera en aucune manière à croire et à soutenir ce qu'il avait cru véritable(30). »

C. Pie XII dans la Constitution apostolique Munificentissimus Deus.

Définissant l'Assomption - le 1er novembre 1950 - il reprend cette tradition mariale du Protévangile. Commençons par préciser que Pie XII souligne la connexion du dogme de l'assomption avec le dogme de l'Immaculée Conception :

« Ce privilège resplendit jadis d'un nouvel éclat, lorsque notre prédécesseur d'immortelle mémoire, Pie IX, définit solennellement le dogme de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Ces deux privilèges sont, en effet, très étroitement liés. Par sa propre mort, le Christ a vaincu le péché et la mort, et celui qui est surnaturellement régénéré par le baptême triomphe, par le même Christ, du péché et de la mort. Toutefois, en vertu d'une loi générale, Dieu ne veut pas accorder aux justes le plein effet de la victoire sur la mort, sinon quand viendra la fin des temps. C'est pourquoi les corps mêmes des justes sont dissous après la mort, et ne seront réunis, chacun à sa propre âme glorieuse, qu'à la fin du monde. Cependant, Dieu a voulu exempter de cette loi universelle la bienheureuse Vierge Marie. Grâce à un privilège spécial, la Vierge Marie a vaincu le péché par son Immaculée Conception, et de ce fait, elle n'a pas été sujette à la loi de demeurer dans la corruption du tombeau, et elle ne dut pas, non plus attendre jusqu'à la fin du monde la rédemption de son corps. C'est pourquoi, lorsqu'il fut solennellement défini que la Vierge Marie, Mère de Dieu, a été préservée, dès sa conception, de la tache originelle, les fidèles furent remplis d'un plus grand espoir de voir définir le plus tôt possible, par le suprême magistère de l'Eglise, le dogme de l'Assomption corporelle de la Vierge Marie (31). »

Remarquez bien ce qui est la plus important : comment la Vierge Marie écrase la tête du serpent ? Par son Immaculée Conception et par son Assomption, c'est-à-dire par sa victoire totale sur le péché et par sa victoire totale sue la mort, exactement comme son divin Fils. C'est donc aussi, comme pour Jésus, une victoire personnelle. Ceci est très important pour la suite. Continuons avec Pie XII qui, plus loin, après de nombreux arguments de tradition, fait allusion au Protévangile :

« Tous ces arguments et considérations des saints Pères et des théologiens s'appuient sur les Saintes Lettres comme sur leur premier fondement. Celles-ci nous proposent, comme sous nos yeux, l'auguste Mère de Dieu dans l'union la plus étroite avec son divin Fils et partageant toujours son sort. [...] Il faut surtout se souvenir que, depuis le II° siècle, les saints Pères proposent la Vierge Marie comme une Eve nouvelle en face du nouvel Adam et, si elle lui est soumise, elle lui est étroitement unie dans cette lutte contre l'ennemi infernal, lutte qui devait, ainsi que l'annonçait le Protévangile, aboutir à une complète victoire sur le péché et la mort qui sont toujours liés l'un à l'autre dans les écrits de l'Apôtre des nations. C'est pourquoi, de même que la glorieuse Résurrection du Christ fut la partie essentielle de cette victoire et comme son suprême trophée, ainsi le combat commun de la bienheureuse Vierge et de son fils devait se terminer par la glorification de son corps virginal ; [...]. C'est pourquoi l'auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus-Christ, d'une manière mystérieuse, par un même et unique décret de prédestination, immaculée dans sa conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse Associée du divin Rédempteur qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d'être regardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils l'avait été après sa victoire sur la mort, elle aussi fut élevée, dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel ou, Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, le Roi immortel des siècles(32). »

A la suite de ces deux proclamations, un théologien anti-moderniste dont on ne peut plus taire le nom dans une histoire de l'exégèse dans la crise de l'Eglise, conclut ainsi :

« Personne ne peut douter que le Protévangile, interprété à la lumière de la Tradition catholique et de l'enseignement des souverains pontifes, ne parle de Marie quand il parle de semen Mulieris ... [sa descendance] et cela non seulement par une quelconque accommodation oratoire et poétique, mais dans un sens authentique et propre, entendu et exprimé par Dieu Lui-même(33). »

C'est pourquoi, nous sommes peinés de savoir que le Saint-Père, ait dit, dans sa catéchèse mariale du mercredi du 29 mai 1996 :

« La Tradition et le Magistère ont indiqué dans ce que l'on appelle le Protévangile, une source scripturaire de la vérité de l'Immaculée Conception de Marie. Ce texte a inspiré, à partir de son ancienne version latine : Elle t'écrasera la tête, de nombreuses représentations de l'Immaculée écrasant le serpent sous ses pieds ; Nous avons déjà eu l'occasion de rappeler précédemment que cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n'est pas le femme, mais plutôt sa descendance, son descendant, qui doit écraser la tête du serpent. Ce texte attribue donc, non pas à Marie, mais à son Fils la victoire sur Satan. Cependant, comme la conception biblique suppose une solidarité profonde entre parents et descendance, la représentation de L'Immaculée écrasant le serpent est cohérente avec le sens original du passage, non par son propre pouvoir, mais par la grâce du Fils (34). »

Il y a là une rupture avec la grande Tradition mariale. En fait, la solution de ce problème exégétique consiste en ceci : l'hébreu parle de la descendance qui écrasera la tête du démon. Cette descendance du texte hébreu inclut Jésus et Marie. Les traductions, par l'usage du masculin ou du féminin, feront ressortir l'aspect soit christologique, soit mariologique du mystère. La traduction grecque utilise le masculin pour faire ressortir l'aspect christologique du Protévangile. La traduction latine emploie le féminin pour faire ressortir l'aspect mariologique du Protévangile. Ce choix du traducteur est délibéré, car les deux grammaires prescrivent, dans le cas de cette traduction à partir de l'Hébreu, le neutre. Chaque traduction décrit le même mystère sous un aspect différent, aspects qui ne s'excluent pas, mais sont complémentaires. Il y a simplement que, pour arriver à ce résultat, il est nécessaire de faire une entorse aux règles de la grammaire. Il en est de même pour l'expression Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit : le mot Nom est au singulier, pourtant, grammaticalement, ce mot devrait être au pluriel puisqu'il y a trois personnes qui sont concernées. Forcer la grammaire dans ce cas ferait tomber dans une formule polythéiste. De même pour le Protévangile : forcer la grammaire c'est supprimer la dimension mariale du mystère. Il faut donc se rappeler que les études sacrées ne peuvent pas être abordée de manière profane, comme le rappelle saint Pie X dans sa Lettre encyclique Pascendi expliquant le modernisme. Il faut aborder les questions sacrées avec les yeux de la Foi et à la lumière de la Tradition. La théologie est tout à fait « scientifique » : elle a ses lois et sa discipline propres, mais il ne faut pas que le scientifique profane gouverne la théologie. La philologie seule ne suffit pas pour une exégèse catholique de Genèse, III, 15.

Suite 1 de la conférence de l'abbé Castelain
Suite 2 de la conférence de l'abbé Castelain

 

Notules

(1)Notre Dame de Joie, Correspondance de l'abbé V.-A. Berto, prêtre (1900-1968), NEL, Paris, 1974. Lettre du 12 mai 1936, p. 100. L'abbé Berto a été le théologien privé de Mgr Lefebvre au concile Vatican II, à partir de la 2° session, op. cit. p. 41-42.
(2)Traité de la Vraie Dévotion à la Saint Vierge [VD] de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, N°1.
(3)VD 32.
(4)VD 49.
(5)Adaptation de VD 62.
(6) Ultimo dit le texte latin (DzS 3900) : terme qui possède de multiples sens en français : le plus haut, le plus relevé, le premier, le dernier, l'extrême, le plus reculé, le plus ancien, etc.
(7)Les Enseignements Pontificaux, Notre-Dame, [ND] Desclée, 1958. N° 32, p. 43.
(8)ND 46, p. 53-54.
(9)ND 52, p. 58
(10)ND 64, p. 65.
(11)Affirmation du Courrier de Rome, Sisinono N° 181 (371) juillet-août 1996, p. 3. Toute cette première partie s'inspire de l'article intitulé « A Marie et à son Fils ! Jean-Paul II et le sens marial du protévangile », publié dans le même numéro de cette revue.
(12)Datée du 2 février 1904, pour le cinquantenaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée conception (1854).
(13)VD 51-54.
(14)Revue montfortaine Le Règne de Jésus par Marie, 15 janvier 1909, volume VIII, N° 1, p. 3 à 7.
(15)Le Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
(16)Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Georges Rigault, p. 195. Editions Les Traditions Françaises, Tourcoing, 1947. Bien entendu, il ne s'agit pas d'une définition extraordinaire. Il s'agit du Magistère ordinaire personnel du pape.
(17)Le corps mystique du Christ, du R.P. Mura. A. Blot, Paris, 1937. II, p. 132. Cité par La postulation générale montfortaine, Rome 22 avril 1942, in Traité de la vraie dévotion à la sainte Vierge, par le bienheureux Louis-Marie Grignion de Montfort, Reproduction photographique du manuscrit [RPVD]. Préface, p. XXVI et XXVII.
(18)Revue montfortaine Le Règne de Jésus par Marie, 15 mars 1909, volume VIII, N° 3, p. 69 à 71.
(19)Revue montfortaine Le Règne de Jésus par Marie, 15 janvier 1909, volume VIII, N° 1, p. 6.
(20)Les Pères de la Compagnie de Marie fondée par saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
(21)Texte de présentation de la réponse de Pie X à la Supplique du 27.XII.1908. Contient une reproduction de l'autographe de Pie X. Revue montfortaine Le Règne de Jésus par Marie, 15 mars 1909, volume VIII, N° 3, p. 69. Pour mémoire : « On a pu dire [que Pie X a] conféré aux pensées et aux paroles de Montfort la souveraine autorité de son magistère » affirme M. Rigault. Op. cit.
(22)Allocution à la canonisation du bienheureux Père de Montfort, Rome, le 21 juillet 1947, ND, N° 434-435.
(23)VD 51 à 54.
(24)Témoignage oral du professeur en question. J'ai passé personnellement plusieurs heures avec ce prêtre. Je tiens ces deux histoires de sa propre bouche. Je garde l'anonymat par discrétion.
(25) Epître catholique de Saint Jacques, chapitre 4, verset 4. Traduction de Glaire sur la Vulgate.
(26) Elu pape en 1978. Sa devise : Tuus totus, c'est-à-dire : Je suis tout à vous [ô Marie] ». VD 223.
(27)Le 19 septembre 1996, à l'occasion du 150ème anniversaire des apparitions de La Salette.
(28)Lettre du Pape aux familles montfortaines sur la doctrine mariale de leur saint Fondateur, du 8 décembre 2003. L'Osservatore romano [langue française] N°3, 20 janvier 2004.
(29)Prière publiée dans une lettre du 8 septembre 1903, au début de son pontificat. Livre bleu, Notre-Dame du Pointet, 1992. p. 217.
(30)Elu pape en 1978.
(31)ND 484 à 486, p. 298-299.
(32)ND 518 à 520, p. 314 à 316.
(33)Mgr Spadafora, in Marianum 13, 1953, pp. 1-21. Cité dans Sisinono de juillet août 1996, p. 3.
(34)Osservatore Romano du 30 mai 1996, p. 4.

 

 


Mardi 2 septembre 2014
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