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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé Yves le Roux de janvier 2009

Retour aux Lettres de l'abbé Yves le Roux

"Enfance volée" : La nature humaine en péril

(3ème partie)

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

10 janvier 2009

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

La patiente transmission des savoirs ancestraux, cette sagesse sans prix accumulée au fil des ans, s’est brisée ou plus précisément a été volontairement brisée, comme nous l’avons expliqué précédemment. L’autorité sacrée des parents qui aurait dû naturellement servir de modèle à l’enfant a fait cruellement défaut. Aussi ce dernier est-il porté aisément à critiquer toute forme d’autorité et, involontairement, développe-t-il une inclination marquée à s’isoler en se repliant sur lui-même ; se reniant ainsi puisque l’homme est, par nature, un être social.

Cet homme replié sur lui-même n’est point seulement un être diminué, une espèce emblématique du sous-homme, cet homme est réellement un monstre. Ne vivant plus, en effet, en conformité avec sa nature profonde qui lui impose d’être un être éminemment social, mais se vautrant dans un individualisme effronté, cet homme vrillé sur ce qu’il croit être sa propre excellence et ne connaissant plus qu’elle, fait de son univers mesquin le critère unique de ses jugements péremptoires et s’érige en juge impitoyable. Qu’est-il d’autre qu’un triste sire ? Coupé de la réalité, il prétend cependant la juger !

Après avoir esquissé en nos lettres précédentes les conséquences sociales de cette absence de transmission de la sagesse ancestrale qui prémunit l’homme contre lui-même, il nous faut nous arrêter sur les conséquences personnelles qui frappent l’homme à mort. L’homme n’est point seulement exposé à perdre sa nature sociale : sa nature d’homme elle-même est en péril.

Elle est en péril car à l’âge où l’enfant aurait dû recevoir de ses parents une éducation sévère lui donnant un cadre strict et des structures internes solides, il n’a pas trouvé l’appui qui lui était nécessaire auprès de ses parents, eux-mêmes démunis car n’ayant point reçu. Lors de son éducation, plus qu’à toute autre époque de son existence, l’homme a besoin d’une structure qu’il ne peut recevoir que dans le cadre de sa famille. Pourrons-nous jamais mesurer l’amplitude du drame de ces hommes qui ont grandi, jeunes tiges lourdes de promesses, sans tuteur sur lequel reposer ?

Le cadre que la famille offre à l’enfant ne saurait être réduit à son aspect matériel, il est avant tout d’ordre spirituel. L’enfant doit apprendre au sein de sa famille le sens des limites. Créature, et donc essentiellement dépendant, l’homme s’inscrit dans un certain nombre de limites qu’il doit connaître et respecter. Or, à sa naissance, le nouveau-né ne possède pas la connaissance de toutes ces limites ; à l’opposé du petit animal qui est conduit immédiatement par son instinct.

Découvrant le monde du haut de ses deux ans tout frais, l’enfant s’étonne de tout et, au grand dam de ses parents, tente de saisir tous les objets qui se trouvent à sa portée. Combien de fois, alors qu’il trône sur sa chaise haute attendant de recevoir son repas, va-t-il laisser tomber à terre sa cuillère s’émerveillant de découvrir les lois de la pesanteur ? Les parents doivent être bien conscients cependant que l’enfant ne mesure pas alors simplement la différence qui existe entre la résistance de la table et celle de l’air ; il saisit, en effet, très vite cette différence évidente. Il étudie une réalité plus complexe : la résistance de ses parents à ses caprices. Son lâcher de cuillère tourne rapidement en un test fort utile pour sa gouverne. Il mesure, sous un air délicieusement coquin, jusqu’où s’étend son pouvoir sur ses parents. Ce test de la cuillère, il le renouvellera souvent tout au long de sa jeunesse. En grandissant d’autres objets remplaceront la trop fameuse cuillère puis l’enfant s’essayera sur des sujets plus complexes. Si au fil des ans ces tentatives revêtent un caractère de défi lancé à  l’autorité de ses parents, reconnaissons que, dans un premier temps, l’enfant a été conduit essentiellement par cette saine curiosité de savoir dont parle Aristote dans son livre des Métaphysiques.

Si ses parents ne le comprennent pas, ou s’ils ne se donnent pas la peine de fixer les limites indispensables à l’épanouissement harmonieux de l’enfant, celui-ci souffrira toute sa vie de carences profondes aux niveaux psychologique, intellectuel et volontaire. N’ayant pas pu grandir et s’épanouir dans un cadre bien défini, l’enfant parvenu à l’âge d’homme sera affligé d’instabilité chronique et en fera souffrir tous ceux qui l’entourent. Il restera pour toujours un handicapé de la vie.

Lors de notre prochaine lettre nous nous attarderons sur ces carences dramatiques en les détaillant afin de pénétrer plus avant dans le mystère de la décadence présente et d’être à même, ultérieurement et ultimement, d’apporter quelques pistes nous permettant de remédier à cet effroyable désastre qui touche notre génération et celle qui, déjà, se lève. Qu’il nous suffise de préciser ce mois-ci que, si la nature de l’homme ne saurait disparaître en tant que telle, nous pouvons parler de péril à son sujet car elle est fortement altérée par ces carences qui la stérilisent. Cette absence de limites ne permet plus, en effet, de former l’intelligence et la volonté de l’homme qui est alors bien en peine d’agir conformément à sa nature humaine, attendu que seules ces facultés font qu’un homme est homme !

In Christo sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (January, 2009)  

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
Le site du séminaire de Winona

 

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Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

 

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