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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé Yves le Roux d'octobre 2009

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Retour sur le concile Vatican II

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

Octobre 2009

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

Le titre de notre lettre peut provoquer chez certains d’entre vous une réaction de lassitude bien compréhensible. Avec un brin d’agacement, vous vous demandez pourquoi est-il si important de s’attarder sur ce concile ? N’y a-t-il pas là un risque de sombrer dans une systématique critique négative qui n’aurait rien de catholique et nous enliserait dans ce piège subtil qui consiste à se laisser fasciner par l’ennemi et à se déterminer en fonction de lui ?

Levons immédiatement toute ambiguïté possible : il ne s’agit absolument pas de nous définir contre le concile Vatican II. Nous n’avons nul besoin de nous définir en fonction de quelque chose. Il nous suffit d’être catholiques et, à ce titre, de nous battre comme soldats du Christ pour contribuer à l’avènement de Son règne et tout particulièrement de Son règne social. Mais le bon sens ne nous indique-t-il pas qu’un soldat ne peut se battre efficacement que s’il est armé, entraîné au combat grâce à une formation adéquate et que s’il connaît l’ennemi contre lequel il doit lutter ? Voilà pourquoi il est important de nous arrêter sur le dernier concile.

Nous n’avons certes pas l’ambition de nous lancer dans une étude approfondie du concile Vatican II. Notre propos est plus modeste : nous voulons simplement mettre en garde contre le danger qu’il y aurait de nous habituer à la situation présente dans la Sainte Église et esquisser quel doit être l’esprit de notre réaction face à ce désastre que Monseigneur Lefebvre a appelé fort justement : « la troisième guerre mondiale. »

Ne craignons pas de le dire : la situation présente est d’ordre révolutionnaire. Dès la première séance du concile et au mépris de tout respect élémentaire des règles de bienséance, un commando a pris d’assaut les postes de commande du concile grâce à une infiltration préparée et réalisée de longue date et lui a donné une marque libérale indélébile. Puis, fort de son influence acquise dans l’enceinte conciliaire et à sa technique d’infiltration si efficace, il s’est introduit au cœur de l’Église pour y travailler à sa destruction. Jusqu’au jour mémorable de cette attaque inique, l’Église avait dû lutter contre des vagues d’assauts venant de l’extérieur, sans que les assaillants ne puissent s’enorgueillir d’un succès définitif. Aussi, comprenant l’inanité de ses efforts, Satan a-t-il alors changé sa technique et a-t-il décidé d’attaquer notre Sainte Mère de l’intérieur en y infiltrant ses hommes et en distillant particulièrement l’erreur dans les séminaires afin que le jeune clergé soit imbu de ces erreurs sans même en avoir conscience.

Le danger serait d’oublier cet état de fait et de considérer que la situation actuelle n’est qu’une simple crise. Ne nous leurrons pas, les ennemis de l’Église ont juré sa perte – et celles de nos âmes – ils mèneront leur combat jusqu’au bout. Ils pourront se montrer prêts à quelques concessions et accorder quelques indults. Ils lâcheront du lest en espérant que nous mordrons à l’hameçon, mais ils ne consentiront jamais à abandonner leur but : la totale destruction de la Sainte Église.

Sûrs de leur fait, ils crient déjà victoire. Ils ont tort. Leur combat est perdu d’avance et leur triomphe momentané ressemble étrangement à celui des ennemis du Christ au soir du Vendredi Saint. Ne nous trompons pas, l’erreur ne sera pas victorieuse. Le Christ permet ces succès comme un châtiment afin de purifier Son Église en La plaçant à Ses côtés sur la Croix. Au-delà des apparences, nous devons garder dans nos âmes cette certitude paisible : Dieu qui permet l’humiliation présente de Son Église pour L’assimiler plus complètement à Son Fils, Lui donnera de partager le triomphe de Sa résurrection. Nous devons rester vigilants en attendant cette heure car la tentation est grande de chercher une paix de compromis.

Nous devons aussi faire attention que l’erreur ambiante du libéralisme ne pénètre pas subrepticement en nos âmes car nous en respirons les miasmes partout. Souvenons-nous de ce qu’affirmait fort justement saint Augustin à propos de notre attitude face à l’erreur : « À force de tout voir, on finit par tout supporter et, à force de tout supporter, par tout accepter. » Ainsi ce qui nous scandalisait fort justement il y a peu, devient-il si banal que nous en prenons notre parti et, par ce biais, inconsciemment, nous inoculons le poison. Si nous ne faisons pas attention, nous finirons par être tellement imprégnés de cette mortelle erreur du libéralisme que nous tomberons à notre tour et contribuerons à la destruction de l’Église.

L’heure est à la vigilance. Nous devons prier et nous former à la source de la saine doctrine afin que l’erreur ne puisse nous contaminer.

Après quarante ans d’applications des décrets du concile, nous sommes en mesure de suivre le conseil de Notre Seigneur qui nous invite à juger l’arbre à ses fruits. Relevons cependant, afin de dissiper toute ambiguïté, que certains partisans du concile tentent de dissocier le concile de l’après concile et récusent ce jugement évangélique. Hâtons-nous de dire que cette défense est, pour le moins, spécieuse ! Les réformes de ces dernières années sont bien, en effet, les filles naturelles du concile. Nous en voulons pour preuve que, sans le concile, ces réformes désastreuses n’auraient pu voir le jour.

La conséquence la plus néfaste du concile a été de supprimer le sens du sacré. Ainsi que nous pouvons le constater très clairement dans l’œuvre de destruction systématique des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité qui s’est opérée alors.

Par la foi, nous adhérons à Dieu directement et entrons dans Son intimité par la connaissance que nous avons de Lui.

Par l’espérance, nous élevons notre cœur au-dessus de tout le créé pour nous élancer vers Dieu afin de l’adorer comme notre créateur et rédempteur et attendre avec une sainte impatience de Le posséder dans l’éternité.

Par la charité, enfin, nous aimons Dieu par Notre Seigneur Jésus-Christ, comme Il S’aime Lui-même.

Foi, espérance et charité nous placent en Dieu et nous vivons, par elles, en Sa présence sacrée. Ces vertus trouvent leur plus belle expression dans la liturgie lorsque le prêtre offre la sainte messe et que nous nous unissons à lui pour rendre à Dieu l’hommage qui Lui est dû.

Aujourd’hui la nouvelle liturgie souligne malheureusement, et avec une clarté évidente, que les vertus de foi, d’espérance et de charité ne sont plus cet escalier sacré qui mène à Dieu. La transcendance n’existe plus et il n’est pas rare d’entendre, d’une manière ou d’une autre, cette étrange profession de foi sortie de la bouche du pape Paul VI : « Nous, plus que tout autre, nous avons le culte de l’homme. » Faut-il penser que la foi, l’espérance et la charité sont désormais l’expression d’une foi dans l’homme, d’un espoir placé en lui et d’une charité réduite à n’être qu’une vague philanthropie ? Hélas, comment pourrions-nous penser autrement lorsque nous voyons que la nouvelle théologie enseigne le salut universel et appelle de ses vœux un âge d’or sur la terre où nous pourrions tous nous retrouver, au-delà de nos différences dans une fraternité universelle ? Ne voyons-nous pas qu’il s’agit en fait d’une profanation des vertus théologales ?

Foi en l’homme qui se sauvera en tant qu’homme, parce qu’il est mystérieusement uni au Christ dans sa nature d’homme. Espérance d’une paix universelle lorsque les hommes prendront enfin conscience de l’inestimable valeur de leur humanité qui les fera vivre dans un respect mutuel de leur différence qu’ils baptisent du nom de charité, osant commettre cette forfaiture sans sourciller !

En un mot : foi en l’homme, espérance en l’homme, amour de l’homme. L’homme omniprésent, centre et fin d’un culte nouveau ! Nous assistons à une profanation de l’incarnation elle-même qui n’est plus la révélation de l’Amour de Dieu aux hommes mais la révélation de la valeur intrinsèque de l’homme à lui-même.

Il n’y a plus de sacré que l’homme !

Que pouvons-nous ajouter à ce délire ? Que Dieu ait pitié de nous car les enfants de Dieu demandaient le pain de la doctrine et ils n’ont reçu que des pierres en nourriture !

Quelle sera notre réaction face à ce « démantèlement de la chapelle sacrée » pour reprendre le mot du pape Pie XII ? Nous devons éviter, par-dessus tout, de réagir de manière humaine, agir ainsi nous exposerait à de grands dangers. Nous pourrions, en effet, abandonner le combat en raison d’une certaine lassitude, car humainement parlant aucune issue ne semble être possible. Les ennemis de l’Église ont investi la place et tiennent solidement les postes clefs dont ils ne comptent pas être dessaisis !

Cette naturelle lassitude peut nous conduire également à prendre des décisions excessives et dangereuses.

Notre réaction doit être une réaction de foi et strictement de foi. Nous ne saurions réduire le mystère de la crucifixion de l’Église à un problème intellectuel ou, pire, sentimental. Il ne nous est pas demandé de résoudre ce mystère de l’identification de l’Église au Christ crucifié, mais de savoir y reconnaître les desseins providentiels de Dieu et de L’y adorer.

Concrètement nous devons rester fidèles à cette adoration due à Dieu en suivant le conseil de saint Vincent de Lérins qui nous enseigne de tenir fermement ce que toujours et partout l’Église a enseigné. C’est dire que notre attachement à la tradition n’est pas une question d’habitude ou de préférence, mais une question de foi et de fidélité à cette foi. C’est pourquoi aussi, il n’est point question pour nous de signer quelque accord pratique avec la « Rome néo-moderniste » car nous serions entraînés dans la spirale des compromis et perdrions lentement, mais sûrement, la foi.

Si notre réaction est vraiment une réaction de foi nous désirerons réparer. La réparation est, en effet, un devoir important pour un chrétien. En montant au ciel, Notre Seigneur nous a laissé le devoir de réparer les insultes perpétrées contre Lui ou Sa Sainte Mère. Or la destruction de la foi au sein même de la sainte Église n’est-elle pas une insulte faite au Christ qui nous a laissé en héritage le dépôt de la foi pour que nous la transmettions inchangée ? Cette perte de la foi est d’autant plus insultante vis-à-vis du Christ qu’elle est la source de la perte éternelle d’innombrables âmes.

Notre devoir est clair : nous ne pouvons laisser passer l’insulte sans désirer la réparer. Notre réparation consiste à vivre en rendant hommage à Dieu et non en jouissant des délices que la vie propose. Nous le ferons en accomplissant notre devoir d’état fidèlement. Cette fidélité au devoir d’état repose sur les deux piliers de la prière et de la mortification. Une âme qui veut réparer est essentiellement une âme de prières et de sacrifices. La mortification élève notre vie au-dessus des vaines préoccupations terrestres et soutient notre prière de l’aliment divin du sacrifice.

Notre prière est avant tout l’offrande du Sang Très Précieux du Christ à Son Père, pendant la messe bien entendu, mais aussi au cours de la journée en nous unissant spirituellement aux messes qui sont célébrées de par le monde et en récitant notre chapelet par lequel nous nous unissons à Notre Dame et à sa prière d’intercession.

Notre prière s’élève devant le trône de Dieu pour implorer la grâce d’obtenir de nombreuses vocations sacerdotales et religieuses afin que la gloire de Dieu soit manifestée et que les âmes ne soient pas laissées totalement à l’abandon mais puissent recevoir les grâces qui leur sont nécessaires.

Nous prions pour demander pardon pour tous ceux qui sont les artisans des nouveautés introduites dans l’Église en répétant pour eux les paroles de Notre Seigneur crucifié : « Père pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Nous n’oublions pas dans cette prière ardente ceux qui suivent ces mercenaires et qui se perdent.

L’heure est grave. L’Épouse Immaculée du Christ, notre Mère la Sainte Église, agonise insultée et ridiculisée de toute part. Ses enfants ne savent plus ce qu’est d’être chrétiens ou n’osent plus l’affirmer haut et fort. Les vocations se tarissent et nous laissent penser que demain les hommes en l’absence de pasteurs adoreront les bêtes comme un grand nombre le fait déjà hélas ! Le concile Vatican II qui nous avait promis un nouveau printemps pour l’Église n’a laissé derrière lui que décombres qui s’amoncellent.

L’heure est grave. Elle n’est point cependant celle du désespoir. Elle est celle de la Croix. Elle est, mystérieusement il va sans dire, l’heure de la victoire. Elle est l’heure où il nous faut aller à Marie qui se tient debout, forte de sa foi inébranlable, priant et unissant Ses douleurs aux douleurs de Son Fils. Elle est notre Mère et nous protégera afin que nous gardions la foi grâce à la prière et la mortification.

Notre Dame a vaincu toutes les hérésies, Elle sera victorieuse du modernisme, elle nous l’a promis à Fatima en affirmant qu’à la fin Son Cœur Immaculé triomphera. C’est pourquoi, plus que jamais, nous devons nous servir de notre chapelet comme d’une arme puissante et nous enrôler comme catholiques, comme soldats, dans l’armée de Notre Mère et inlassablement réciter nos rosaires. Notre Dame est notre Espérance : viendra le jour – Dieu fasse qu’il ne tarde plus guère ! – où Elle recevra l’hommage filial du Saint Père qui lui consacrera la Russie. Fidèle à Sa promesse, Elle terrassera alors le matérialisme et l’athéisme répandus non seulement partout dans le monde mais jusque sur les marches du sanctuaire !

Grâce à l’intervention de Notre Dame, fruit de notre dévotion au chapelet, la victoire nous appartient. Nous en avons la paisible certitude. Soyons donc de Ses enfants, mettons-nous joyeusement à son école en priant et en faisant pénitence comme Elle l’a si souvent répété. Ne doutons pas de la valeur de la prière unie à la mortification car comme Notre Dame l’a spécifié à Pontmain : « Priez mes enfants, mon Fils se laisse toucher. ».

Et si Notre Seigneur se laisse toucher qui sera contre nous ? Prions. Nous sommes la jeunesse de Dieu et de notre Mère la Sainte Église. Nous appartenons à cette jeunesse pleine de foi qui vainc le monde, déterminée à vivre et mourir pour défendre l’honneur de Dieu et réparer ainsi l’outrage qui lui est fait.

In Christo sacerdote et Maria

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (October, 2009)

 

 

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Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

 

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