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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé Yves le Roux de février 2010

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Revenir au Christ

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux,
Recteur du séminaire de Winona (USA)

1er février 2010

 

Version française

Ames catholiques, mesurons-nous bien notre bonheur ? N’en doutons-nous pas de temps en temps ? Ne sommes-nous pas trop négligents en face de l’amour que Dieu nous porte, en face de cet océan d’amour divin ?

Ne serait-il pas judicieux de prendre le temps de considérer paisiblement l’immense amour que Dieu nous porte pour nous aider à remédier à nos pauvres doutes et négligences ? Nous constaterons rapidement alors que nous sommes bien en peine de trouver les mots justes pour traduire adéquatement notre joie profonde tant cet amour dépasse notre pauvre entendement humain.

Nos âmes enrichies de la vie divine par la grâce sont réellement choyées de Dieu. Nous recevons de Sa miséricorde toute puissante et toute gratuite les grâces nécessaires pour nous permettre de ne pas marcher à l’aveugle en tâtonnant et titubant à chaque pas. Au contraire : éclairés et fortifiés par la saine doctrine catholique, nous pouvons marcher d’un pas assuré en étant certains du chemin que nous devons suivre. Contre cette certitude viennent s’écraser les puissances du monde et de l’enfer car elle nous vient de Dieu Lui-même. A l’instar de saint Paul, nous pouvons affirmer haut et fort que nous savons en Qui nous croyons, en Qui repose notre espérance et s’enracine notre charité.

Cependant, force est de constater que cette certitude de foi, d’espérance et de charité n’est point toujours la nôtre et que nous vivons dans la Maison de notre Père des Cieux comme des étrangers et des voyageurs. Comment cela peut-il se faire alors même que nous recevons tant de la libéralité de Dieu, « et grâces sur grâces » ? D’où nous vient cette ingratitude que nous ne pourrons jamais flétrir comme nous le devrions ?

Au fond, la raison en est très simple : nous vivons comme des étrangers dans la Maison de notre Père, car nous traitons son Fils Notre Seigneur Jésus-Christ comme un vulgaire étranger avec qui nous ne frayons pas en ne le mêlant pas à nos activités ou si peu. Il devrait être le centre de référence et d’attraction de nos vies et Il ne l’est point ; loin s’en faut ! Certes, Il n’est point totalement absent de nos vies, mais nous sommes indifférents à Sa présence et passons outre. Nous ne Lui réservons qu’une infime partie de nos vies en récitant quelques patenôtres hâtives et distraites plus pour nous donner bonne conscience que pour Lui rendre l’hommage de notre dilection. Nous nous astreignons de mauvaise grâce au minimum légal, mais dans cet exercice légaliste notre esprit et notre cœur ne s’y trouvent pas engagés.

Il n’y a pas que dans le domaine de la prière que nous mégotons avec Dieu, nous avons vis-à-vis de Lui la même attitude inqualifiable lorsqu’il s’agit d’approfondir la doctrine catholique, de l’incarner dans notre vie morale ou de vivre pleinement notre vie chrétienne dans l’esprit de sacrifice et de dépendance.

Nous nous contentons trop souvent, en effet, des reliquats du catéchisme appris vaille que vaille dans notre enfance, sans prendre la peine d’approfondir le trésor de la doctrine et d’en pénétrer toutes ses ramifications. Aussi notre intelligence n’a-t-elle qu’une vague et confuse idée de la majesté et de la beauté de Dieu. Notre âme reste en friche faute de nourriture solide et s’expose ainsi à se laisser entraîner par le torrent de boue des fausses doctrines qui foisonnent en notre temps de « désorientation diabolique » pour reprendre la forte et juste expression de sœur Lucie de Fatima. Nous ne voyons pas la doctrine comme le moyen privilégié et sûr au milieu d’une confusion sans précédent, de mieux connaître le Christ pour nous unir indéfectiblement à Lui et L’adorer en esprit et vérité.

Le connaissant peu et mal, nous L’aimons sans ardeur et ne savons pas découvrir Sa présence dans le visage de nos frères ou dans les simples événements qui émaillent nos pauvres vies. Aussi passons-nous notre chemin et engageons-nous dans les sentiers tortueux du naturalisme pratique où tout surnaturel est banni. Nous ne prêtons guère de valeur aux paroles pourtant fort claires du Christ qui nous a solennellement avertis qu’Il nous introduirait dans Son royaume éternel, ou nous en fermerait la porte pour toujours, pour un verre d’eau offert ou refusé à un simple quidam.

Ce naturalisme ambiant détruit également en nous l’intelligence de la nécessité de vivre dans l’esprit de sacrifice afin de ne pas être englués dans l’esprit de ce monde qui nous invite à jouir et à oublier notre destinée éternelle. Sommes-nous avilis à ce point que seuls nos instincts les plus bas nous conduisent à l’instar des animaux dénués de raison ? Cette méconnaissance de la nécessité du sacrifice pour nous maintenir sur la crête étroite de notre équilibre humain nous conduit à méconnaître le Christ Lui-même ; seule l’intelligence du sacrifice nous porte en effet au Calvaire, là où le Christ se révèle et se donne sans partage. Sans elle, nous ne pouvons prétendre connaître le Christ puisque seule la participation concrète aux douleurs du Christ crucifié vaut : « Ne rien connaître d’autre que Jésus et Jésus crucifié » nous révèle saint Paul qui précise : « Le connaître Lui et la ressemblance à Sa mort ».

Le Christ reste toujours le Grand Méconnu, malgré ce que nous savons de Lui et sur Lui. Nous vivons hors de la sphère de Son influence vivifiante. Nous voyons, jugeons, aimons en fonction de notre intérêt propre et nous ne Lui laissons, au mieux, qu’une part congrue. Nous récitons le Credo par cœur, mais sans pour autant y engager notre cœur que nous réservons pour nos satisfactions d’amour propre. Nous manquons tant de foi, de cette foi vive qui est l’esprit de foi, d’une foi qui nous arrache au prurit humain dans lequel nous aimons, hélas, à nous ébattre avec délice.

Revenir au Christ ; découvrir enfin Sa beauté et Sa bonté, comprendre que sans Lui nous nous mourrons mais qu’en Lui est la Vie.

Revenir au Christ ; pour qu’Il nous arrache de nous-mêmes et nous introduise dans les secrets de Son Amour filial.

Revenir au Christ ; telle est la raison profonde pour laquelle la Sainte Eglise notre Mère a instauré le carême.

Répondons avec générosité et esprit filial à cette invitation maternelle et miséricordieuse de la Sainte Eglise en nous nourrissant des textes de la Liturgie, en assistant avec respect et amour aux mystères de l’autel, en recevant plus souvent et avec une foi renouvelée les sacrements de communion et de confession ; sachons, enfin, retrancher de nos vies quelques satisfactions sensuelles pour nous libérer de nos attaches charnelles qui nous clouent au sol et empêchent le Christ de nous saisir de nos âmes et de réaliser en elles Sa Rédemption.

Que ce carême soit pour nous tous synonyme de grâces de conversion afin qu’au matin de Pâques, lorsque la nature printanière s’éveillera après un long hiver, nous nous éveillions nous aussi et que, sortant des ombres de la mort dans laquelle nous vivotons, nous laissions place nette au Christ.

Revenir au Christ pour devenir un Christ en miniature.

In Christo Sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +

[1] "Convertissez-nous, O Dieu, notre salut.
Et détournez de nous votre colère ".


English version

The Rector's Letter (February, 2010)

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
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