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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé Yves le Roux de mars-avril 2010

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Rencontrer le regard du Christ

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux,
Recteur du séminaire de Winona (USA)

1er mars 2010

 

Version française

Cette lettre écrite mi-mars sera l’unique lettre que vous recevrez de notre part durant le courant des mois de mars et d’avril. Elle devrait vous atteindre à la fin du mois de mars ou au tout début d’avril, alors même que nous serons plongés dans le mystère ineffable de cette Sainte Semaine où la liturgie nous invitera à pénétrer de nouveau dans ce mystère ineffable de l’Amour que le Christ porte à Son Père. Mystère que le Christ marque en réitérant clairement à Ses apôtres, quelques minutes seulement avant que les sbires payés par Judas ne l’arrêtent, Sa volonté de procurer la gloire du Père et le salut des âmes grâce à sa mort et sa résurrection. Mort et Résurrection qui, loin d’être opposées comme nous le faisons inconsciemment en raison de la débilité de notre intelligence, ne sont que la manifestation d’un seul mystère de Charité.

Nous éprouvons habituellement, en effet, bien des difficultés à ne pas opposer le Vendredi Saint au Dimanche de Pâques, la défaite apparente de la mort sur la Croix qu’expriment les ténèbres du Vendredi Saint à la victoire de la Résurrection soulignée de si belle façon par le soleil resplendissant du Dimanche de Pâques. Cette lenteur à comprendre – qui semble malheureusement caractériser les apôtres et qui était déjà le sujet de plaintes de Notre Seigneur lors de Sa vie terrestre – nous empêche de pénétrer dans le Cœur même de la Passion et de la Résurrection par défaut d’intelligence : nous manquons tant de cette perspective divine qui préside à l’économie de notre Rédemption. Nous ne saisissons pas, hélas, l’unité du mystère de Charité. Or, si nous coupons cet unique mystère en deux parties distinctes, nous nous exposons à tomber dans deux erreurs aussi dangereuses l’une que l’autre qui vont nous mener à notre perte certaine. Ainsi, lorsque nous isolons le mystère de la Croix de celui de la Résurrection risquons-nous de sombrer dans ce désespoir qu’ont connu les apôtres et qui, poussé à l’extrême, a mené Judas à sa ruine. Si, en revanche, nous nous détournons avec une horreur instinctive du spectacle insupportable des souffrances du Christ en Croix et que nous ne nous arrêtons que sur la beauté et la gloire qui émanent de la Résurrection, nous occultons le prix du Sacrifice divin et restons étrangers au mystère de la Croix du Christ qui reste cependant l’unique voie de salut. Il ne tardera guère, d’ailleurs, que, face à la Croix et à son mystère de vie, nous ne passions de l’état d’étrangers à celui d’ennemis farouches et irréductibles !

Gardons l’unité de ce mystère divin où Passion et Résurrection ne sont pour le Christ que l’occasion de « faire la volonté de Son Père » au détriment de la Sienne propre comme Il l’a exprimé avec force à l’heure de l’agonie au Jardin des Olives. Le Christ ne veut qu’une chose : agir en Fils et manifester la Gloire de Son Père. Son regard Lui permet de dominer les événements et de monter au Calvaire d’un pas assuré.

Quelques âmes privilégiées, saisies elles-mêmes en profondeur par ce regard divin au cours de leur existence, ont su rester fidèles à l’heure de la Passion et entourer le Christ, n’hésitant pas à braver la houle haineuse de Ses ennemis menaçants et vociférants. Elles furent hélas – et restent en fait – peu nombreuses. Au premier rang de ces âmes nobles, nous trouvons, bien entendu, Notre Sainte Mère. Qu’Elle nous donne la grâce de « faire tout ce que Son Fils nous dira ». Cette invitation brûlante tombée de Ses lèvres maternelles, n’est-elle point après tout une invitation à croiser le regard du Christ afin que nous mettions nos pas dans les siens ?

Hélas ! Nous sommes si lents à comprendre, si lents à pénétrer les mystères de l’Amour. Fascinés par notre propre excellence, nous ne savons pas capter la lumière et notre regard ressemble étrangement à celui d’un aveugle qui ne voit pas les beautés qui l’entourent et n’en soupçonne point même la valeur ! Catholiques, baptisés, choyés par les multiples grâces prévenantes et pacifiantes que le Christ ne cesse de faire descendre sur nos âmes, nous ne faisons hélas que vivoter dans le Royaume de la grâce ! Notre regard n’a pas encore été saisi par Celui du Christ, notre volonté reste jalousement la nôtre et n’est point encore suffisamment la sienne. Nous réduisons la grandeur du mystère de l’Amour divin à nos proportions lilliputiennes.

Que vienne alors la Passion ! Car l’heure de la Passion est celle où nos regards trop humains ont la grâce de croiser Celui du Christ et d’en être purifiés à jamais si nous acceptons de nous laisser saisir par Sa force et Sa beauté divines.

Nous en avons la preuve flagrante dans ces deux épisodes si douloureux, et si différents dans leur conclusion, qui se déroulent lors de la Passion ; à savoir la trahison de Judas et le reniement de Pierre. Episodes douloureux s’il en est car nous ne pouvons nier que ces deux abandons si regrettables sont les figures de tous les nôtres. A notre époque où se renouvelle la Passion du Christ dans les réalités temporelles et dans la Sainte Ēglise Elle-même, les âmes en grand nombre renient, bafouent ou abandonnent le Sauveur. Il serait vain de le cacher, nous appartenons hélas à ce nombre d’âmes veules. Le nier serait pure illusion, tant il est vrai qu’il existe peu d’âmes qui ne soient pas happées par le monde et qui restent aux côtés du Christ. Il n'y en eut qu’une poignée au jour du Vendredi Saint, réunies autour de Notre Dame, cette poignée se fait rare comme toujours lorsque la tempête se lève ; or elle fait rage en ce moment et ébranle les arbres les plus solides.

Les chutes des apôtres sont une leçon de vie pour nous, elles nous avertissent tout d’abord que les nôtres sont toujours possibles : « Fratres : vigilate ! » comme nous le rappelle chaque soir la Sainte Ēglise en une invitation pressante. Demeurons vigilants, restons dans l’humble réalité de notre misère ; la vie est-elle autre chose qu’une marche sur une ligne de crête fort ténue ? En nous, des tréfonds de notre nature blessée, retentissent en effet des appels malsains qui nous troublent et exercent une attraction puissante. Aussi, envoûtées par des tentations multiples, nos âmes oscillent-elles entre deux trahisons cruelles. Serons-nous Judas ou Pierre ?

Cette question ne porte pas sur la nature des péchés de Judas ou de Pierre ni sur celle des nôtres. Cette question serait oiseuse : dans tout péché il y a miettes de satisfactions (les pauvres trente deniers que nous recherchons avidement !) et reniement de notre vocation baptismale. La question n’est donc point celle du péché mais celle de la Rédemption ! Les deux apôtres se sont détournés de leur Maître, les deux l’ont trahi. Nous l’avons trahi nous-mêmes et plus qu’une ou trois fois malheureusement ! La question qui est d’importance et qui, seule, nous intéresse en définitive est celle du rachat. Accepterons-nous de revenir au Christ pour nous faire pardonner en luttant contre les retours et détours de notre nature orgueilleuse qui ne veut ni s’avouer, ni avouer tout simplement, sa misère profonde ? Accepterons-nous, enfin, de rencontrer le regard du Christ ? Serons-nous Judas qui pense à l’instar de Caïn, que « son péché est trop grand pour être pardonné » et qui, dans sa lâcheté orgueilleuse, se dérobe aux invitations de l’Amour, son regard fuyant ne permettant pas au Christ de pénétrer le sien et de le toucher au cœur ? L’imiterons-nous toujours ? Ou serons-nous un nouveau Pierre qui accepte humblement d’être purifié par la grâce du regard miséricordieux du Christ et qui, modifiant radicalement l’ancienne prière qu’il Lui adressait sous l’effet de sa fougue trop naturelle, Le prie désormais de « rester auprès de lui car il n’est qu’un pécheur » ?

Ce regard miséricordieux du Christ n’est point seulement celui du Christ souffrant et sauvant les âmes de leur déchéance, mais également celui du Christ ressuscité élevant et confirmant en grâce son apôtre : « Paix mes agneaux. Paix mes brebis ».

Quant à nous, en ces temps bénis où se renouvelle ce mystère de la mort et de la résurrection du Christ, allons au confessionnal et imitons saint Pierre en plongeant notre regard dans Celui du Christ. Nous en sortirons non seulement réconciliés mais vivifiés. Le regard du Christ purifie l’âme en effet et y dépose des forces vives, celles de Son amour pour Son Père.

Bonnes et Saintes Fêtes de Pâques dans la lumière de ce regard divin, lumière et force de nos pauvres vies terrestres.

In Christo Sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (March, 2010)

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

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