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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé Yves le Roux d'octobre 2006

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"Quo vadis Domine ?"

Les chatiments et la persécution, la confiance et la grâce

 

Par monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

Lundi 2 octobre 2006

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs,

L’état de l’Église, du monde et des intelligences n’est plus à décrire.

Les péchés publics et privés crient justice vers le Ciel et le bras du divin Fils de Notre Dame de la Salette se fait plus lourd. L’ignominie est devenue la règle, le vulgaire règne en maître, la perversion est enseignée officiellement, les intelligences sont rendues stériles, les volontés débiles, les chefs renégats, les familles sont disloquées et l’homme n’est plus qu’un produit de consommation avide de jouissances.

Mais de Dieu, on ne se moque pas. Sa justice se rit des pièges de ses ennemis et Il se sert de leurs propres intrigues pour les abattre. La Croix du Sauveur en est la preuve majestueuse : l’instrument du supplice est celui de la victoire et Satan perd son empire à l’instant même où son orgueil insensé lui avait assuré une victoire définitive.

L’histoire de l’Église est celle de l’Épouse fidèle qui suit son royal époux sur le chemin du Calvaire, les ténèbres envahissent la terre et les lamentations de Jérémie retentissent à nouveau dans la lente et pénible agonie de notre Mère la Sainte Église.

Il est aussi, comme au jour de Passion, un autre chœur qui s’élève pour prendre en pitié l’homme des douleurs n’ayant plus « ni forme, ni beauté pour attirer le regard », dépouillé de ses vêtements comme l’est actuellement l’Église flagellée par une doctrine moderniste odieuse et dépouillée de son culte. Il s’agit des femmes de Jérusalem qui s’apitoient. Aujourd’hui, comme au temps du Christ, ce chœur existe : il est constitué de ceux qui réagissent trop naturellement face au mystère grandiose de la Passion rédemptrice qui se renouvelle dans l’Église et qui exige la mort du Juste et sa descente au tombeau. L’Église suit les traces de son Seigneur et son chemin est identique. Nos âmes broyées par la douleur gardent l’Espérance de la foi; la charité vibrante en nos cœurs nous dit – contre toute vraisemblance – que la victoire est prochaine puisque les affres de l’agonie secouent l’Église et ses membres.

Il nous faut fuir, comme contraire à notre vie chrétienne, toute réaction naturelle. Nous n’avons pas comme vocation d’être des pleureuses assises au bord du chemin : nous sommes appelés à engager avec noblesse nos vies dans le mystère de la Croix. Toute réaction qui n’est pas surnaturelle est stérile et doit être fermement repoussée comme opposée à la foi. Ainsi en est-il de la surenchère présente au sujet des châtiments.

Quel beau terrain pour le démon qui s’y ingénie à singer le Bon Dieu ! Il en est – est-ce le lieu de rappeler que Notre Seigneur ne connaissait ni le jour ni l’heure ? – qui précisent l’année, le mois et la durée. Belle précision ! Trop belle d’ailleurs, car les années s’égrainent, les mois passent, les journées s’écoulent et rien ne vient. Qu’importe ! Impénitents, ils repoussent l’échéance, bousculent les années, malmènent les mois, redonnent d’autres jours, une fois…mille fois ! Cet esprit n’est pas de Dieu, il prend racine dans une peur bien compréhensible au vu du spectacle que donne le monde, mais qui n’est en rien surnaturelle. Le surnaturel ne détruit pas la nature et le bon sens garde ses droits. Il n’est qu’à comparer l’attitude de nos prophètes modernes et celle de saint Louis de Gonzague répondant à qui lui annonçait la fin éminente du monde qu’il se devait d’être fidèle à poursuivre son devoir d’état traduit alors par une récréation.

Bien plus, certains préconisent des moyens infaillibles permettant de traverser les temps de persécutions sans recevoir aucun mal. Comment peut-on prétendre être catholique et épouser la Croix du Christ en proférant de telles paroles ? L’essence du christianisme est la Croix. Le Christ Lui-même n’aspirait qu’à boire le calice de l’amertume et à sa suite tous les martyrs ont repris le cri de joie de saint André à la vue de la croix installée pour son supplice : « Je vous salue, croix vénérable,…longtemps désirée,… aimée avec ardeur…que j’ai recherchée sans relâche ».

Le christianisme est tout entier dans l’espérance de saint Ignace d’Antioche demandant au Ciel d’être broyé sous les dents des bêtes sauvages pour devenir « le froment du Christ », et non dans une recherche sans fruits de pratiques étranges dont le seul but est de nous protéger. Où serions-nous si les martyrs n’avaient pas versé leur sang ?

Saint Pierre, à Rome, subit cette tentation et résolut lui aussi de fuir la persécution. Ne se devait-il pas d’être prudent, lui, le chef visible de l’Église naissante ? Qu’adviendrait-il s’il venait à perdre la vie ? Marchant sur la voie Appienne, laissant derrière lui la Ville Éternelle embrasée par l’incendie de Néron et empourprée par le sang des chrétiens, il allait, silencieux dans ses pensées, se mettre à l’abri. Soudain, il croise le Christ. Stupéfait, il s’arrête et l’interpelle : « Quo vadis Domine ? Où allez-vous, Seigneur ? » La réponse du Sauveur retentit encore aujourd’hui comme une belle leçon de vie surnaturelle : « Je vais à Rome pour y être crucifié de nouveau. » Saint Pierre sans un mot s’en retourna à Rome et témoigna par le don de sa vie de l’amour de son Maître : son sang féconde encore l’Église.

En notre temps d’apostasie ne donnons pas à Notre Seigneur l’occasion de répéter cette grave sentence. Restons à notre place, là où la volonté du Christ nous a mis, confiants en sa grâce.

Oh ! certes, nos cœurs humains frémissent et nous ne pouvons retenir l’effroi qui naît en nous à la pensée des souffrances qui pourraient nous frapper ; mais nous voulons faire à Notre Seigneur l’hommage de notre confiance et nous reposer sur sa grâce. Nous ne comptons pas sur nous – le néant n’est pas sujet à être pris en compte – mais sur Sa parole : « Ne craignez pas petit troupeau. »

Fasse le Ciel que vous compreniez le sens profond de nos paroles ! Nous ne sommes pas de cette génération impie qui accablait Noé de ses sarcasmes : nous aussi, nous plus que tout autre, nous croyons aux châtiments. Mais nous refusons de les aborder avec un esprit naturaliste qui jette le désarroi dans les âmes et fait le lit de Satan.

Nous y croyons tellement que nous prétendons que les châtiments ne sont pas à venir mais présents. Qu’est-ce, sinon un châtiment et des plus terribles, que cette apostasie massive des hommes d’Église, que cet aveuglement des fidèles, que cette course effrénée aux jouissances dont la fin est l’abîme de l’enfer ? Comment notre cœur de prêtre ne serait-il pas bouleversé lorsque les chrétiens fidèles eux-mêmes pactisent avec le monde et inhalent lentement le poison mortel de son esprit perfide ? Et l’on nous ferait croire que les châtiments sont à venir ! Ils sont présents et d’autant plus rudes qu’ils sont imperceptibles.

Nous, nous serions contre les voies de Dieu parce que nous nous élevons contre le courant actuel qui provient d’une peur naturelle et qui jette un vain désarroi dans les âmes ! Alors que nous aussi nous soutenons, avec Notre Dame de la Salette et Fatima, que des évènements graves vont survenir. Mais nous n’en connaissons ni le jour ni l’heure et loin de les redouter nous les appelons de toute notre foi parce que, aussi durs soient-ils, ils seront les trompettes qui annoncent le triomphe de Dieu. De ce Dieu qui ne change pas et règne par la Croix, et appelle ses enfants à partager ses souffrances dans la paix : « Quand ces choses-là commenceront, relevez la tête, votre délivrance est proche. »

Le vieil homme en nous tremble; mais que Sa volonté et non la nôtre se fasse ! Pour nous, écoutons Fatima et préparons-nous, à l’école de Notre Dame, dans la prière et la pénitence, à vivre des heures crucifiantes et rédemptrices.

In Christo sacerdote et Maria.

Abbé Yves le Roux †

 

Apostille :

«Voici la pénitence que le Bon Dieu demande aujourd’hui : que chacun s’impose le sacrifice de mener une vie de justice dans l’observance de Sa loi.Et il désire que l’on fasse connaître clairement cette voie aux âmes, car beaucoup donnent au mot « pénitence » le sens de grandes austérités, et comme elles ne se sentent ni forces ni générosité pour cela, elles se découragent et se laissent aller à une vie de tiédeur et de péché.
Du jeudi au vendredi, me trouvant à la chapelle avec la permission de mes supérieurs, à minuit, Notre Seigneur me dit : « La pénitence que je demande et que j’exige maintenant est le sacrifice qu’engendre la fidélité à son devoir d’état et l’observation de ma loi. » -

Sœur Lucie, lettre au père A. M. Martins, 28 février 1943

 

 

English version

The Rector's Letter (October 2, 2006)  

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
Le site du séminaire de Winona

 

Entretien avec Father Yves le Roux

Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

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