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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé le Roux de septembre 2008

Retour aux Lettres de l'abbé Yves le Roux

"Monsieur l'abbé, vous exagérez !"

 

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

Lundi 8 septembre 2008

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

Sainte Thérèse d'Avila avait coutume de comparer, fort justement, le démon à une lime sourde qui insensiblement émousse l'âme. Vivant habituellement dans un monde d'impressions et d'images, nous avons en effet bien du mal à prêter l'attention requise à cette action pernicieuse de notre ennemi le plus redoutable. Aussi, celui-ci peut, en toute impunité, s'attaquer à nous sans risque d'échouer car nous ne nous tenons pas prêts à parer ses redoutables assauts. La meilleure arme du démon reste son silence et il se plaît à demeurer confiné dans l'ombre et à y travailler sournoisement puisqu'il n'est pas de piège plus redoutable pour l'homme que cette apparente absence de satan. Le danger le plus grave qui nous guette n'est-il pas de ne recevoir aujourd'hui guère de nouvelles du démon ? Tout le monde, ou peu s'en faut, se déclare croyant ! Mais la simple évocation de l'existence du diable, et de son action dans le domaine des réalités humaines,  amène un sourire de condescendance et de pitié sur les lèvres de nos interlocuteurs lorsque nous osons braver le respect humain et que nous nous hasardons, timidement, à évoquer la possibilité d'une intervention habituelle de l'ordre supranaturel en notre monde.

Il faut dire que, souvent, nous réduisons les ingérences démoniaques aux faits les plus spectaculaires qui nécessitent le recours aux exorcismes solennels. Le démon est un fin renard et se plaît à entretenir nos réactions démesurées face à ces situations exceptionnelles car il peut alors agir en toute impunité en un tout autre domaine. Il ne faudrait pas tomber dans ce piège grossier et savoir garder la tête froide : l'action du démon est une réalité présente et ordinaire dans nos vies, mais cette action est mal connue. Nous la restreignons à quelques manifestations impressionnantes qui frappent notre imagination et aveuglent notre intelligence. Celle-ci, ainsi rendue incapable de discerner les causes cachées, quoique réelles, qui provoquent le mal, ne sait plus découvrir où réside le véritable danger. Nous aimerions que les âmes catholiques se réveillent et secouent la dramatique torpeur dans laquelle elles sombrent.

L'action ordinaire du démon se déploie en premier lieu dans le domaine politique et religieux et ensuite, mais seulement ensuite, à l'échelon personnel. Le démon sait qu'une attaque d'envergure requiert une stratégie minutieuse où rien n'est laissé au hasard. Il sait surtout que le succès des armes est assuré au capitaine qui lance avec ordre et sang-froid ses bataillons sur le champ de bataille. Aussi, prend-il tout son soin pour pervertir les institutions politiques et les gangrener de son esprit révolutionnaire. Les mœurs s'en trouveront irrémédiablement blessées car le désordre institutionnalisé deviendra la coutume et aura force de loi ; imprégnant profondément les hommes de ce temps qui ne peuvent se défendre d'être des enfants de leur siècle.

Peu à peu, les hommes acquièrent des réflexes erronés et, soumis à tous les discours spécieux, ils perdent les vrais principes qui leur servaient d'assises. Le venin satanique les empoisonne, ils errent désormais sans vigueur et raison et se donnent au plus offrant, se délectant des discours les plus vaporeux. L'esprit de critique se meurt supplanté par un conformisme effrayant où règne sans vergogne un prêt à penser indigent. Les slogans fleurissent, la pensée s'étiole, l'intelligence agonise et satan, en enfer, engrange des âmes par l'ambiance dans laquelle elles sont plongées.

Depuis que l'ordre politique est tout entier entre les mains du maître des ténèbres éternelles par la faute des soubresauts révolutionnaires, les attaques de l'enfer se concentrent contre la Sainte Église Catholique. Au nom des principes erronés du libéralisme corrupteur, l'Église est sommée d'épouser la révolution et de s'en faire la propagandiste active. Des ordres sortis du tréfonds de l'enfer ont amené des âmes viles à revêtir la noble livrée sacerdotale et à s'engager dans la milice des âmes consacrées pour répandre habilement, sous couvert d'un retour aux temps apostoliques, une doctrine funeste qui s'est imposée au concile Vatican II aux applaudissements frénétiques des pires ennemis de l'Épouse immaculée du Christ. Depuis ce moment funeste, l'Église Sainte a revêtu des habits de deuil, mais ne sombre pas dans le désespoir car elle porte, désormais d'une manière visible, les marques des stigmates de son Époux et le démon aveuglé par sa haine crucifie l'Épouse après l'Époux et l'unit plus étroitement à Lui.

Il n'en demeure pas moins que la Passion de l'Église est la source de la ruine de beaucoup d'âmes. Il ne peut en être autrement : la chaire de Rome est maîtresse de vérité et il ne sort plus actuellement d'elle qu'un discours aux accents étranges qui trouble les âmes et les trompe. Satan s'est revêtu des ornements de l'Église et les âmes écoutent la voix de ceux qui leur semblent être des pasteurs soucieux du bien des âmes – et certains peuvent l'être en leur particulier – alors qu'ils sont les loups ravisseurs dont parle Notre Seigneur Jésus Christ. Le mal est immense. Qui pourra en mesurer les conséquences ? Elles sont de tout ordre : social, familial, personnel. Les âmes errent, bateaux ivres sur une mer en furie, et s'échouent emportées par tout vent soi-disant doctrinaire. Les intelligences sont perverties, les volontés affaiblies, le bon sens va à vau-l'eau : nous vivons sur les décombres des splendeurs de l'Église. Et les hommes se damnent en grand nombre.

Il faudrait aussi dresser un portrait des mœurs contemporaines – du moins de ce qu'il en reste ! – pour stigmatiser la turpitude ambiante. Mais nous y sommes si habitués que nous n'en avons plus même conscience. Nous aussi, nous avons une intelligence, une volonté, un bon sens dénaturés par la force de l'habitude. Nous ne nous apercevons pas que nous côtoyons de trop près le mal pour ne pas en être contaminés. La comparaison d'une simple photographie d'une sortie de messe datant d'une vingtaine d'années et d'une autre prise ces derniers temps suffirait à nous convaincre que la décadence nous a rejoints. Nous pourrions également nous étendre sur le contenu de nos discussions, sur cette facilité avec laquelle aujourd'hui nous parlons de sujets comme l'avortement, l'euthanasie ou le péché abominable contre nature, pour constater qu'en effet nous portons les traces de la morsure de cette terrifiante déliquescence.

Nous devons avoir la lucidité et le courage de stigmatiser ce monde délétère dans lequel nous vivons, non pour nous perdre en une critique stérile qui ne serait qu'un pauvre exutoire à une rancœur pathologique, mais pour nous permettre de prendre une certaine distance avec ce monde dégradant  puis de rebâtir une société digne de ce nom.

Bien évidemment, cette critique engendre souvent un certain scepticisme et nous nous trouvons rapidement dépeints sous les traits d’un pessimiste désabusé ou taxé d’appartenir à cette race en voie d’extinction, celle des fanatiques bornés. Il nous revient alors ces paroles de saint Paul : « Viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais les oreilles les démangeant, ils se donneront des maîtres à foison. » « Pour toi, prêche à temps et à contretemps. Reprends, menace, exhorte, toujours avec douceur et souci d'enseigner. » Et nous aimerions rajouter : même lorsqu’on nous oppose la remarque habituelle du « Monsieur l’abbé, vous exagérez ! » qui permet à celui qui la professe de rester douillettement installé dans une médiocrité avantageuse.
        
         « Monsieur l'abbé, vous exagérez ! » Vraiment ! Il nous semble que dans ce combat pour l'honneur du Christ et pour le salut des âmes, nos cris d'alarme ne seront jamais assez puissants. Les âmes vivent en état de perdition et il nous faudrait nous taire ! L'indignation dérange ; n'est-elle pas un rappel que la vérité demeure et qu'il ne saurait être question de prendre en compte une évolution des mœurs qui justifierait nous ne savons quel avilissement ? L'époque n'est pas une raison pour nous empêcher de nous élever contre toute forme de déliquescence, la vérité est d'ordre éternel et ne saurait composer avec le mal.

« Monsieur l'abbé, vous exagérez ! » Cette apostrophe nous est adressée par tous ceux aussi qui pensent qu'il ne faut pas peindre le diable sur la muraille et que nous ne vivons pas un temps si terrible. Ces hommes-là ne sont que de pauvres victimes de la dégénérescence orchestrée du politique et du religieux. Élevés dans un monde dont les principes sont révolutionnaires, ils les ont épousés sans en avoir conscience. Le désordre, institutionnalisé et baptisé, se pare des oripeaux de l'ordre et en abuse plusieurs. Ces derniers, aveuglés, n'en peuvent mais ; leur réflexion, cependant, porte la marque de leur infirmité. Nous devons y revenir et y insister car le mal est ancré profondément dans l'âme des hommes quand il nourrit la politique et la religion, qui sont comme les deux mamelles auxquelles l'homme vient continuellement se nourrir. Le lait dont il se sustente est avarié, il s'empoisonne en s'y alimentant. Il faut l'en prémunir.

« Monsieur l'abbé, vous exagérez ! L'évolution des mœurs est si avancée, la putréfaction si profonde, qu'il est impensable de revenir en arrière. Le combat que vous voulez nous faire mener est une bataille d'arrière-garde qui est parfaitement inutile. » Erreur. L'histoire nous apprend, en effet, que les changements peuvent s'opérer rapidement et qu'il faut alors pouvoir compter sur des intelligences formées et des volontés solides pour reconstruire sur les décombres qui jonchent le sol. De plus, il ne s'agit nullement de revenir en arrière, mais de garder comme principes de réflexion et d'action les règles qui ont toujours présidé à l'établissement des sociétés. Elles reposent sur des principes immuables qui seuls peuvent leur donner de vivre et de prospérer. Et si nous ne nous méprenons pas sur l'ampleur de la tâche – il est difficile de convertir une intelligence – nous savons que la grâce reste toute puissante et que la vérité garde sa force intrinsèque. Notre combat, hérissé d'embûches, mène à la victoire ; similaire à la voie douloureuse du calvaire, il n'en demeure pas moins un chemin royal.

« Monsieur l'abbé, vous exagérez ! Le combat que vous exigez requiert une trop grande attention à une multitude de détails pour que nous puissions rester ainsi toujours sur le qui-vive. » Ceux qui s'expriment ainsi, ne savent ce qu'ils disent. L'attention au détail est, en effet, la marque de ceux qui aiment, attentifs dans l'élan de leur amour à ces mille délicatesses qui révèlent l'âme. Les âmes qui vivent de la charité propagent le feu apostolique de leur consécration.

« Monsieur l'abbé, vous exagérez car vous demandez trop ! » L'aveu est enfin lâché ! Il s'agit bien de cela au fond. Nous sommes trop pleutres pour le dire crûment et nous préférons, pour sauver la face, couvrir les autres de nos sarcasmes. Notre vaine dérobade ne peut durer. En ces heures graves que nous traversons, sachons étouffer ces accents fâcheux qui stérilisent nos élans les plus nobles, conformes à notre honneur de baptisés et de confirmés. Adoubés par le Sang du Christ, nous sommes tenus par nos serments et nos âmes connaîtront dans les combats que nous entreprendrons une joie grave qui a nom bonheur. Nous saurons, en effet, que l'oubli de nous-mêmes et notre entière consécration à l'établissement du Règne du Christ sont les clefs du bonheur éternel. Soldats du Christ par son Sang versé, appelés à nous engager dans une bataille dont l'enjeu est éternel, nous répondrons comme Samuel : « Parlez, Seigneur, parce que votre serviteur écoute », et nous comprendrons, alors, qu'il n'y a rien d'exagéré pour une âme qui aime et se sait aimée.

« Sursum corda. »

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (September, 2008)  

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
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