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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé le Roux d'octobre 2008

Retour aux Lettres de l'abbé Yves le Roux

"A force de tout voir..."

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

Samedi 11 octobre 2008

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

« Comment va le monde Môssieu ? » « Il tourne, Môssieu ! »

Réflexion pleine de bon sens en réponse à une question quelque peu oiseuse et par trop générale. Car le monde, aussi loin que l’œil de l’homme peut le scruter, a toujours été en proie à de violents soubresauts ! Guerres, injustices, désastres naturels, famines et autres catastrophes naturelles ou provoquées tissent la triste histoire de l’humanité. Et cependant, le monde continue de tourner : les hommes se marient, élèvent leurs enfants, labourent leurs terres, embellissent leurs maisons. Il en est encore – même s’ils se font rares malheureusement ! – qui  tâchent d’accomplir leur beau métier d’homme en dépit de leur propre faiblesse et des embûches de l’existence.

Il serait malsain de tomber dans un romantisme erroné où le passé est vu à travers un prisme sentimental qui le défigurerait. Depuis sa chute initiale au jardin d’Eden, l’homme doit se battre contre ses mauvaises tendances, ses inclinations perverses et son appétit insatiable de jouissance. Au temps béni où la chrétienté fleurissait dans toute sa splendeur, l’avortement, les adultères, les meurtres et toutes les autres formes de péchés y sévissaient ; les interminables colonnes de pèlerins qui sillonnaient l’Europe en faisant pénitence en sont la preuve flagrante. La perversité de l’homme n’est point chose nouvelle et sera toujours présente tant qu’il y aura des hommes.

Il existe, cependant, une grande différence entre le passé et notre époque marquée du sceau de la Révolution. En chrétienté, l’homme qui se laissait aller à ses instincts savait parfaitement qu’il s’engageait dans un chemin tortueux qui l’éloignait de Dieu. Il le faisait par faiblesse ou sciemment, mais jamais il ne s’illusionnait sur son triste état et sur les dangers auxquels il s’exposait au regard de l’éternité. Il ne lui venait pas à l’esprit de baptiser son erreur vérité, comme nous, enfants de la Révolution, en avons la triste et inconsciente habitude.

La Révolution se caractérise essentiellement par l’inversion perverse de l’ordre, suivant la forte pensée de Mgr. Gaume à son sujet lorsqu’il l’a définie comme : « cette haine de tout ordre que l’homme n’a point instauré et dans lequel il n’est point Dieu et maître à la fois ». Elle opère une subtile inversion entre le bien et le mal, faisant outrageusement de ce dernier son critère ultime.

Nous en avons pour preuve les théories en vogue dans le domaine moral où la perversion la plus honteuse s’étale désormais au grand jour comme un titre de gloire au nom de la libération des tabous moraux ! Tandis que ceux qui, vaille que vaille, tentent de garder un peu de sens moral sont sujets à la raillerie universelle et décrits comme les ultimes tenants d’un monde poussiéreux, en attendant de les livrer demain à la vindicte populaire.

Le réel danger de la Révolution ne réside pas, comme nous le croyons trop souvent, dans cette étape transitoire où la chienlit populaire excitée par quelques meneurs se laisse aller à ses instincts les plus bas et jouit de pouvoir lui donner libre cours. Le véritable danger de la Révolution est d’institutionnaliser le désordre. Tel est le but ultime du révolutionnaire qui sait fort bien que l’homme est essentiellement un animal sociable influencé profondément par le monde dans lequel il vit. Ne serait-il pas ridicule, en effet, d’oser prétendre que les habitudes et les modes de nos contemporains ne nous influencent point grandement ? 

Or, nous vivons à l’époque où triomphe la Révolution. Les institutions, les familles, les modes de pensées et la mode tout court, la musique, les règles les plus élémentaires de politesse et jusqu’à la Sainte Église Romaine elle-même sont gangrenés par le désordre ambiant. Il n’est aucun domaine qui n’en soit indemne. Le malheur est que nous en sommes si fortement imprégnés que nous ne nous en rendons même plus compte !

La caractéristique de notre époque n’est point tant les erreurs qui y pullulent et qui sont aussi vieilles que le monde, que l’espèce de sida spirituel dans lequel nous végétons. Notre âme n’a plus aucune défense immunitaire : notre intelligence gobe sans discernement les derniers bobards que distillent les medias et ne s’intéresse guère à quelque sujet d’ordre intellectuel, tandis que dans le même temps notre volonté énervée par la multiplication des occasions de jouissance est l’esclave de nos passions.

Nous devons donner raison à saint Augustin qui remarquait finement que :

« à force de tout voir, on finit par tout supporter et à force de tout supporter, on finit par tout accepter. »

Il nous semble que le saint évêque d’Hippone décrit parfaitement notre pauvre époque où la Révolution règne en maître dans les cerveaux et les cœurs. Vivant dans ce désordre institutionnalisé, nous discernons avec peine le bien du mal ; aussi nous engluons-nous dans un relativisme pratique qui imperceptiblement mais radicalement nous fait perdre le sens du vrai et du réel.

Il n’est que temps de réagir afin de nous extraire de ce monde de mensonges. Nous ne le ferons que si nous prenons conscience que ce monde nous trompe en nous saturant d’images frelatées, en nous faisant courber l’échine devant l’idole du progrès technique qui nous rend esclaves des écrans de tout genre ou en nous imposant des modèles ignobles qui sont censés représenter l’idéal d’une nouvelle ère.

Revenons aux réalités simples mais vraies de la vie de famille, revenons surtout à Dieu par une vie de prières et de sacrifices où nous refusons de tout voir car nous aspirons à voir Dieu face à face un jour. Lui seul peut, en effet, rassasier notre désir insatiable d’amour.

In Christo sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (October, 2008)  

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
Le site du séminaire de Winona

 

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Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

 

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