Accueil    Sommaire    Ordo    Lieux de culte    Catéchisme    Vidéos    Nous aider    Dons en ligne    Liens des sites FSSPX    Contact    Rechercher    Privé 

Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé le Roux de novembre 2008

Retour aux Lettres de l'abbé Yves le Roux

"Enfance volée" : L’enfance est un temps de semailles

(1ère partie)

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

11 novembre 2008

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

L’enfance est un temps de semailles.

Élevé au sein d’une famille qui veille sur lui, l’enfant reçoit de ses parents ses structures intellectuelles, psychologiques et morales qui forgent l’homme qu’il sera demain. L’homme n’étant, au fond, que le fruit mûr de toutes ces semences jetées à profusion dans son âme lors de sa jeunesse. À l’abri des frimas du monde, son intelligence apprend à juger, son cœur à aimer et ses sens à discerner le beau. Ces années laissent une empreinte indélébile dans l’âme et sont sans égales. Qui n’en saisit toute l’importance ?

Or, ce temps précieux entre tous n’existe plus guère. Il s’est envolé ou, pour être parfaitement exact, il a été volé.

Pour nous permettre de le comprendre, il nous est nécessaire au préalable de souligner que la tradition n’est point une réalité exclusivement divine ou religieuse, mais qu’elle forme l’ossature indispensable de la société. Elle est ce lien ténu mais nécessaire qui relie les générations entre elles, forme les pays et tisse l’histoire de l’homme qui est l’héritier de toutes ces richesses humaines accumulées au cours des siècles. Et s’il est possible de parler d’équilibre au sujet de l’homme, cet équilibre qui lui permet de rester debout au sein des tempêtes de l’existence, lui le frêle « roseau pensant » cher à Pascal, nous devons en chercher la raison foncière dans ses trésors immémoriaux que les générations se transmettent avec un infini respect.

Malheureusement, au nom d’une égalité chimérique, l’ignoble mouvement déclenché par la Révolution a détruit cette chaîne sacrée qui constituait l’homme et lui permettait de vivre en homme, héritier des vertus des générations qui l’avaient précédé. Le sinistre cri de haine que Gide a cru intelligent de pousser au XXème siècle, son trop fameux : « Familles je vous hais ! », n’est au fond que l’expression la plus authentique de l’esprit révolutionnaire qui prône l’idée que l’homme doit s’émanciper dès sa naissance des liens sacrés de la famille qui, soi-disant, le maintiennent dans un esclavage indigne de sa condition d’être libre. La Révolution peut être fière de son œuvre et se targuer d’avoir créé un nouveau type d’être : un individualiste forcené dont l’arrogance de façade cache mal l’immense pauvreté qui est la sienne. Sans passé, sans avenir, il végète dans un présent morne, jeune sauvageon abandonné à ses instincts.

Mais la nature se moque des subtilités révolutionnaires et continue son oeuvre : aussi le jeune sauvageon se retrouve-t-il père un jour ! N’étant plus relié par toutes les fibres de son être à cette chaîne sacrée, que transmettra-t-il à ses enfants ? Peut-on imaginer désastre plus sinistre ? Ce désastre est, hélas, celui de notre époque…

Mesurons-nous l’étendue et les ravages de ce désastre auquel habituellement nous ne prêtons guère attention ? La chaîne brisée ne provoque point seulement une rupture irrémédiable entre les générations : c’est au sein même des familles que les conséquences les plus graves se font jour.

Le lien sacré qui doit relier l’enfant au père ne pourra, en effet, jamais s’établir puisque nul ne peut transmettre ce qu’il n’a point reçu. Aussi sommes-nous de plus en plus confrontés à une étrange et douloureuse situation : celle d’une paternité qui reste confinée dans les limites de l’ordre matériel et ne pourra jamais se développer dans l’ordre spirituel. L’enfant, bel et bien doté d’un père, n’est alors essentiellement qu’un orphelin ; et le restera toute sa vie !

Ce lien sacré de la paternité ne disparaît pas seul. Ce naufrage de la paternité provoque celui non moins douloureux de la maternité. L’épouse n’est mère dans toute l’acception et la beauté du terme que lorsqu’elle peut se reposer sur son mari car elle tire de l’exercice de la paternité celui non moins noble de la maternité. La maternité ne peut s’exercer, en effet, qu’en étroite union et soumission à la paternité. Car si au sein de la famille l’épouse est le cœur, le mari en est la tête ; or nul ne peut aimer s’il ne connaît au préalable. L’ordre du cœur dont parle Pascal est certainement plus beau et plus profond que celui de l’intelligence, il n’en est pas moins en étroite dépendance.

Aussi en cas de naufrage de la paternité, il ne reste plus à l’épouse que l’instinct maternel. Pour beau qu’il puisse être, cet instinct ne pourra pas être la source de l’affection maternelle indispensable à la formation de l’enfant. Il saura procurer à l’enfant les premiers soins que requiert son très jeune âge, mais ne saura jamais lui apporter le concours d’une véritable affection maternelle qui entoure, soutient, prévient et va bien au-delà des simples gestes matériels que l’on donne au tout petit. Cette absence cruelle d’affection nuira irrémédiablement à l’enfant en son jeune âge et pour sa vie entière.

Nous nous étendrons dans notre prochaine lettre sur les conséquences pratiques qu’engendre pour l’enfant cette absence de paternité et maternité spirituelles et sur les carences qu’elle provoque dans sa formation d’homme. Pour l’heure, nous aimerions souligner combien cette absence affecte la vie même des époux. Le mariage est, en effet, ordonné par nature à l’enfant ; non à sa procréation comme une fin en elle-même, mais surtout à son éducation. Si les parents ne peuvent atteindre cette fin, non par une volonté affirmée mais en raison de leurs propres carences d’éducation, leur mutuelle relation s’en trouvera elle-même biaisée et s’étiolera au cours des ans. En revanche, si les parents, fidèles à leur vocation de père et de mère, unissent harmonieusement leurs efforts dans l’œuvre de l’éducation, leur amour mutuel s’approfondira et les sanctifiera…et leurs enfants en recevront les fruits.

Nous ne prêtons pas suffisamment attention à la destruction corrosive de la tradition naturelle qui sape la cellule familiale et réduit à néant ces liens sacrés et vitaux qui doivent exister entre les parents et leurs enfants. La cruelle absence de ces liens empêchera l'enfant de se développer harmonieusement entre un père qu'il devrait admirer comme un modèle, et une mère à respecter dont l'affection indéfectible le pousserait à se renoncer pour répondre à cet amour par un amour généreux, pur et fort.

La révolution a volé à l’enfant son bien le plus précieux en lui dérobant son enfance. Il en gardera pour la vie une blessure profonde.

In Christo sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (November, 2008)  

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
Le site du séminaire de Winona

 

Entretien avec Father Yves le Roux

Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

 

  Recevez par email nos mises à jour


Catéchisme n° 102
Les 6ème et 9ème commandements


Nouvelles parutions
La Malle aux Mille Trésors n° 65
de sept.-oct. 2018

Bulletin des Foyers Adorateurs de septembre 2018
Fontpeyrine - Bulletin de sept. - « Joyeux anniversaire Maman » - Abbé
Sébastien Gabard

L'Acampado n° 140 - Si vous ne devenez pas comme des petits enfants,
abbé X. Beauvais

Foyers Ardents - Que le Christ règne !
Vannes - La Trompette de St-Vincent n° 7 - La vie du prieuré en images
Fabrègues - Apostol nº 123 - Padre Pio, abbé J-M. Mavel
Mulhouse - Couronne de Marie n° 67- La peine de mort est-elle immorale ?, par l'abbé L-M. Carlhian
Courrier de Rome 612 de juillet-août
Carillon n° 186 - Quel calvaire !, abbé Benoît Espinasse

Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...
La Porte Latine a fait la recension de plus de 1 400 textes concernant la crise de l'Eglise et ses conséquences sur les rapports entre Rome et la FSSPX.On peut prendre connaissance de l'ensemble ICI


Carte de France des écoles catholiques de Tradition
La Porte Latine vous propose la carte de France des écoles de Tradition sur laquelle figurent les écoles de garçons, de filles et les écoles mixtes. Sont mentionnées les écoles de la FSSPX et des communautés amiesVoir ICI


Intentions de la Croisade Eucharistique pour 2017
La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X se propose de reconstituer en son sein une Croisade Eucharistique des Enfants, restaurant ainsi ce qui fût autrefois une oeuvre impressionnante tant par sa mobilisation que par son rayonnement spirituel.Tous les renseignements sur la Croisade ICI



Vendredi 21 septembre 2018
07:37 19:50

  Suivez notre fil RSS