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Les insolites de LPL

   La lettre de l'abbé le Roux de décembre 2008

Retour aux Lettres de l'abbé Yves le Roux

"Enfance volée" :
La paternité et la maternité n’ont pas survécu aux coups de butoir de la Révolution

(2ème partie)

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux, Recteur du séminaire de Winona (USA)

8 décembre 2008

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs

La paternité et la maternité n’ont pas survécu aux coups de butoir de la Révolution ; nous en avons sonné le glas lors de notre précédente lettre. Le temps est désormais révolu où l’on pouvait contempler un père revêtu d’une autorité sacrée et une mère auréolée des dons de l’affection se penchant sur le berceau de l’enfant et veillant à son éducation. Nous pourrions désormais inscrire sur nombre de berceaux ces mots fort tristes : de père et de mère inconnus.

Ne nous méprenons pas sur les raisons qui expliquent cet abandon parental massif. Il n’est point dû au fait que des hommes légers et des femmes volages n’ont pas eu assez de cœur pour reconnaître le fruit de leurs passions éphémères et égoïstes. Cette explication, hélas classique, ne correspond plus à la réalité de notre monde post soixante-huitard. Elle ne prend pas en compte ce phénomène de société extrêmement nouveau qui paraît au prime abord impossible, mais que nous ne pouvons plus nier devant l’évidence criante des faits : celui d’enfants vivant sous le même toit que ceux qui les ont mis au monde, entretenant avec eux les rapports quotidiens étroits qu’impose la vie commune, mais qui sont pourtant essentiellement des orphelins.

Qui saura mesurer les séquelles profondes laissées dans l’âme de ces orphelins d’un nouveau genre ?

Le désastre le plus grave qu’il nous faut relever d’emblée, en raison de ses implications multiples qui s’étendent aux domaines intellectuel, psychologique, affectif et social, est la distorsion intérieure qui s’établit dans l’âme de cet orphelin spirituel.

Obéissant en effet à la loi naturelle gravée en son âme, il se repose avec confiance sur ses parents espérant inconsciemment y trouver une assise solide sur laquelle il pourra construire sa propre vie d’homme. Or, du fait de cette terrifiante absence de paternité et de maternité dont sont affligés ses parents, cette assise n’existe point. L’enfant, rapidement, en reçoit la blessure amère qui ne l’empêche pas cependant de retourner vers eux maintes autres fois ; tant il est vrai que cette absence est, par essence, contre nature. Elle est un défi à l’intelligence et au cœur que l’enfant ne pourra pas dépasser. Par nature, il est poussé fortement à chercher auprès de ses parents la certitude qui lui est nécessaire, mais les blessures intimes qu’il reçoit à chacune de ses vaines tentatives sont extrêmement pénibles et laissent des traces profondes en son âme. Tout son être est tourné vers eux par nature, alors même qu’il s’en détourne car il est meurtri aux tréfonds de son âme par une blessure qui ne se referme pas. Cette opposition interne ne cesse jamais. Son âme est un constant champ de bataille dans lequel se déroule un combat terrible qui l’épuise. Il avance dans la vie exsangue, à demi-mort…à demi homme !

La première conséquence pratique de cette blessure se traduit par une méfiance profonde vis-à-vis de l’autorité, quelle qu’en soit la nature. Il ne la confronte pas toujours ouvertement, mais ne lui accorde aucune confiance et cherche toujours à s’en émanciper. Incapable de s’ouvrir à ses parents et de s’appuyer sur eux, il s’est habitué à vivre dans un monde parallèle leur cachant ses joies et ses peines et ne leur offrant qu’un visage lisse derrière lequel se cachent des tempêtes violentes.

Son âme est double, car sa vie l’est depuis que, dans son enfance, il s’est réfugié derrière des façades protectrices qui sont devenues une manière d’être, une seconde nature. Devenu maître dans l’art de la dissimulation, il est habitué à cette dualité qui a développé en lui, sans qu’il s’en aperçoive, une inaptitude à vivre dans le vrai. N’allons point le considérer, cependant, comme un menteur qui échafaude sciemment une série de mensonges dans l’intention de tromper ; il est atteint d’un syndrome plus grave : celui de la sincérité à géométrie variable, véritable maladie de l’âme difficilement curable. Aussi, afin d’éviter toute source de conflits qui ravivent immédiatement les blessures de ses premières déceptions filiales, tel le caméléon, s’adapte-t-il parfaitement à toutes les situations même les plus contradictoires en présentant le profil de circonstance.

Sa méfiance de l’autorité fait de lui un être asocial d’un genre particulier. Nous pourrions le définir comme un individualiste congénital ! Il vit en société, la fréquente, y brille ou y tient des postes clefs, mais il ne se consacre jamais au bien commun. Il considère, en revanche, que la société est à son service et qu’elle doit lui fournir maints avantages. Il veille à ne lui verser que l’obole strictement nécessaire pour continuer à en jouir. Cet homme vit dans un monde à part où, coupé de ses semblables, il s’enferme en lui-même et devient spirituellement prostré, essentiellement intéressé par son ego. Au fond, il n’est qu’un monstre d’orgueil, incapable d’intégrer dans sa vie cette dimension sociale qui appartient pourtant en propre à sa nature. Le philosophe Marcel De Corte voulant décrire la gangrène individualiste qui ronge notre société jusqu’à la moelle a forgé, fort justement, le mot de dissociété. Cet homme sans racines en est l’un des plus beaux spécimens.

Peut-être eut-il été plus juste d’intituler cette lettre Les Enfants Sauvages en référence à ces pauvres enfants arrachés à leurs berceaux par quelques bêtes sauvages et vivant pendant une vingtaine d’années en compagnie de ces animaux au milieu de la jungle. Revenus quasi par miracle dans la société des hommes, ces pauvres êtres restent handicapés, incapables de s’insérer dans une vie normale et aimant à vivre dans leur monde, loin de cette société des hommes qui leur est si étrangère par ses manières, son langage et sa pensée ! Ainsi nous apparaissent les adultes dont l’enfance a été volée. Enfants, ils n’ont point reçu de leurs parents l’éducation qui leur aurait permis de sortir d’eux-mêmes, de s’élever au-dessus de la préoccupation mesquine de leur personne. Devenus hommes, ils gardent les traces de cette première carence et restent des êtres profondément asociaux.

Lors d’une prochaine lettre, nous soulignerons les dégâts que ce vol de l’enfance crée chez l’homme, dans le domaine de sa vie privée. Nous avons voulu ce mois-ci consacrer notre lettre aux malheureuses conséquences sociales qu’engendre ce vol de l’enfance car elles nous paraissent être les plus terribles. Elles affectent, en effet, non seulement l’homme en son particulier, mais toute la société dans son ensemble.

Nous vous assurons de nos prières pour que la fête de Noël soit pour vous l’occasion de vous tourner vers Notre Seigneur Jésus Christ et de Le remercier d’être venu nous sauver, nous avons tant besoin d’être arrachés à nous-même !

Venez Seigneur, ne tardez plus ! Venez, restez en nos âmes, nous avons tant besoin de Vous, de Votre Lumière ; la nuit est épaisse dans ce monde qui se détourne de Vous !

In Christo sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +


English version

The Rector's Letter (December, 2008)  

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
Le site du séminaire de Winona

 

Entretien avec Father Yves le Roux

Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

 

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