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Les insolites de LPL

   La persécution sourde, par l'abbé Yves Le Roux - Octobre 2011

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La persécution sourde

Par Monsieur l'abbé Yves le Roux,
Recteur du séminaire de Winona (USA)

Octobre 2011

 

Version française

Chers amis et bienfaiteurs,

Chers amis et bienfaiteurs, Nous recevrons, en début du mois d’octobre, une vingtaine de nouveaux élèves. Le nombre de nos étudiants dépassera alors le nombre symbolique de cent. Nous confions à vos prières cette jeunesse ardente qui veut encore s’engager sur des voies exigeantes. Sans cet assaut de prières adressées avec constance au ciel, notre pauvre travail ne saurait porter de fruits.

Demain, si la Providence le permet, ces âmes seront celles qui vous donneront le bon Dieu et vous aideront ainsi à parvenir au ciel. Leur sainteté si importante repose entre vos mains, tout particulièrement lors de vos chapelets et sacrifices quotidiens ; nous vous remercions vivement de les soutenir.

Désormais, ce nombre relativement conséquent de séminaristes justifie amplement de construire une maison aux dimensions adéquates ! Nous avons donc la joie de vous annoncer que nous donnerons ainsi, le 13 octobre prochain, le premier coup de pioche officiel en notre magnifique propriété de Virginie. A cet effet, lors de notre prochaine lettre, nous vous adresserons un courrier spécial relatant cette cérémonie, vous donnant également d’amples détails sur la construction elle-même grâce à des montages photographiques qui vous donneront une bonne idée de ce que nous espérons réaliser grâce à votre générosité.

En ces temps de rentrée scolaire, nous aimerions éclairer la grisaille ambiante dans laquelle nous nous trouvons depuis quelque temps - un ministre s’est même laissé aller à parler d’une éventuelle guerre - grâce à un texte magnifique et prophétique du Révérend Père de Clorivière écrit en France lors des toutes premières années de la Révolution française. Son actualité brulante et sa hauteur de vue nous dispensent de commentaires qui ne feraient qu’alourdir un texte qui se suffit à lui-même et qui est source d’espérance pour les âmes bien nées, tout particulièrement en notre temps, celle de la persécution sourde et usante.

In Christo Sacerdote et Maria.

Abbé le Roux +

 

Le Devoir au Jour de la Persécution Sourde, par le Révérend Père de Clorivière

Nous supposons qu’il y aura quelque interruption aux maux de la présente révolution (et cette supposition s’appuie sur l’étude des Saintes Lettres). Mais parce que le mal est monté à un tel point que, sans une intervention merveilleuse de Dieu, et telle qu’il n’y a point d’exemple, notre pays ne pourrait se relever ; parce que cette interruption ne semble pas prochaine et paraît devoir être accordée en vue de la conversion des Juifs et des peuples infidèles, nous n’en parlerons point comme d’une chose certaine. Avant de proposer aucune vue à ce sujet, nous allons exposer ce qui paraît convenir au cas où il ne viendrait point un ordre de choses favorables à la religion.

Dans les temps de persécution moins violente, alors que cependant la religion et ceux qui la professent demeurent dans un état d’oppression et de souffrance, plusieurs choses sont nécessaires entre toutes.

Pour maintenir dans le peuple chrétien l’ordre et la pureté de la foi, l’uniformité dans la conduite, et pour procurer aux fidèles secours et consolation, le maintien de l’ordre hiérarchique est chose capitale. C’est par-là que la religion se soutient et se propage dans un pays, et rien ne pourra contribuer davantage à restaurer parmi nous le règne de Dieu et à sauver la foi d’un grand nombre. Le zèle de nos Évêques leur fera, s’il le faut, mépriser le danger comme les incommodités d’une vie pauvre, telle que celle des premiers disciples de Jésus-Christ. Et de leur côté les fidèles se croiront obligés, par amour pour la religion, de pourvoir à leurs dépens, et même au risque de leur vie, à tout ce qui est nécessaire pour que puisse s’exercer le ministère pastoral.

Un soin non moins important sera de procurer à ce malheureux pays un nombre suffisant de prêtres, et il ne saurait y avoir oeuvre plus essentielle que de ménager aux aspirants du Sacerdoce les moyens de s’y préparer parfaitement. Il faudra encore que tout soit fait pour entretenir et accroître dans le clergé et aussi parmi les fidèles, le zèle du salut. Un chrétien, et surtout un prêtre, doit être prêt à se sacrifier pour le bien spirituel de ses frères, surtout quand les nécessités sont plus urgentes. S’ils n’ont pas le courage de le faire, ils se rendent responsable devant Dieu d’une suite de maux qu’avec un peu de zèle ils pourraient arrêter. Que ceux-là se hâtent qui s’y sentent plus fortement attirés de Dieu, car les premiers à montrer l’exemple méritent une plus glorieuse couronne. Mais qu’ils ne se proposent pour fin que la gloire de Dieu et s’attendent à la souffrance. Il faut que leur courage augmente à mesure que se multiplient les obstacles, et qu’ils se fortifient dans l’abandon total. Ceux qui se proposeraient des vues humaines et chercheraient le repos ne seraient pas propres à l’oeuvre de Dieu. Il y faut des ouvriers qui comptent uniquement sur Dieu et, sans souci des choses visibles, aient les yeux constamment tournés vers les éternelles. L’entreprise est grande encore et, quel qu’en soit le succès, il ne peut être que très heureux pour ceux qui s’y dévouent. Et ce n’est pas assez travailler pour la génération présente, il faut aussi songer aux générations futures pour leur préparer des moyens de salut.

On ne saurait trop recommander aux fidèles de veiller constamment à l’éducation de leurs enfants. C’est de ce soin que dépend la conservation du dépôt de la foi, et sans ce soin, tous les autres deviendraient inutiles. Ce soin doit s’étendre sur tous les enfants de l’un et l’autre sexe, depuis le plus bas âge jusqu’à ce qu’ils soient entièrement formés. Il faut les instruire à fond des vérités et des preuves de la Religion chrétienne, et ne pas se contenter d’une instruction superficielle et de routine, comme on ne l’a fait que trop ; il faut que les enfants, suivant la portée de leur âge et de leur esprit, puissent sentir quelque chose de la beauté, de la sublimité, de l’accord admirable et de l’excellence de toutes les vérités chrétiennes, et concevoir combien est déplorable le sort et l’aveuglement de ceux qui rejettent ces vérités, pour embrasser le mensonge. Tous ceux qui, parmi les fidèles, auront quelques talents, ne pourront les employer d’une manière plus utile à la Religion et plus agréable à Dieu, qu’en les faisant servir à instruire la jeunesse et à lui inspirer des sentiments chrétiens, qui puissent la préserver de la corruption et de l’incrédulité du siècle.

Ce serait chose de grande conséquence, et bien désirable, qu’il n’y eut parmi nous qu’une même façon de voir, de parler, d’agir. Cela se réaliserait si tous restaient constamment attachés aux vrais principes, qui ne varient point et qui sont les mêmes pour toutes sortes de personnes. Mais comment l’espérer puisque, dès la naissance de l’Église, saint Paul se plaignait que parmi même les ministres de l’Évangile, il y avait un grand nombre qui le molestaient, qui préféraient leurs propres intérêts à ceux de Jésus-Christ et qui adultéraient la parole de Dieu ?

La faiblesse, les sentiments humains, une fausse compassion, l’exemple, le poids de l’autorité de personnes ellesmêmes tombées dans l’erreur, détournent un grand nombre des vrais principes et les entraînent dans des écarts dont ils ont bien de la peine à revenir.

Ce que doivent faire alors ceux qui sont dans la pleine voie de la vérité, c’est de supporter patiemment ceux qui s’égarent, de ne point rompre l’unité tandis que l’Église ne les a point condamnés et que leur erreur n’est pas telle qu’elle conduise manifestement les âmes au précipice. Mais la condescendance des amis de la vérité ne peut pas aller jusqu’à conniver en une doctrine erronée et pernicieuse ; ils en doivent détourner le plus d’âmes possibles ; ils doivent répandre la véritable lumière, confondre le mensonge et l’illusion ; tout cela en esprit de douceur et de charité, avec soin d’excuser le prochain et d’user d’indulgence envers ceux qui témoignent le désir de revenir à la vérité.

Les vrais principes se reconnaissent à ceci : ce sont ceux qui dans tous les temps ont été enseignés dans l’Église Catholique, ceux qui sont conformes à la doctrine du Souverain Pontife, Ceux qui sont appuyés sur des raisons solides et lumineuses.

Ceux qui ne se tiennent pas aux vrais principes prennent pour règle leur faiblesse, leurs craintes, des exemples ou des décisions favorables à la nature. Le mal qui en résulte est incalculable ; on a trompé par-là dans ce qui s’est fait de plus pernicieux, et, sans le prétendre, on a secondé les efforts des ennemis de la religion. Une conduite ferme et courageuse aurait, en partie, arrêté la contagion. La plupart ont erré par faiblesse plus que par malice. Puissent-ils reconnaître leur erreur. Nous aimons à les excuser autant que possible, et avec quelle joie nous les verrions revenir sur leurs pas, et les aiderions à réparer le tort qu’ils se sont fait à eux-mêmes, et qu’ils ont fait aux fidèles, en s’éloignant de la rectitude évangélique.

Que le passé serve à nous instruire ; l’ennemi ne cessera pas de nous tendre des pièges, de joindre la ruse à la force, afin de tromper par la séduction ceux qu’il désespère de vaincre par la crainte. Soyons très persuadés que l’unique moyen de nous préserver de ses embûches est de faire avec courage, selon les occasions, une profession ouverte de notre attachement à la religion, en acceptant d’avance et même regardant comme un grand bien, tout ce que cette profession peut nous attirer de pénible.

Vertus nécessaires dans les temps troublés

Dans un temps où l’Église n’est pas moins en butte à la fureur de ses ennemis que dans les premiers âges, il ne faut pas une moindre vertu dans ses enfants ; une vertu médiocre ne saurait leur suffire pour rester disciples de Jésus-Christ ; ils ont besoin de grâces plus grandes, de lumières plus vives, à mesure que se multiplient les ennemis visibles et invisibles dont ils doivent partout se garder. La fin que ceux-ci se proposent étant évidemment mauvaise, ils seraient trop faibles s’ils ne s’armaient de mensonge. Enfants de l’ancien serpent, ils en imitent les replis, ils s’enveloppent dans des termes qui ne présentent au premier aspect rien de bien mauvais et se servent d’équivoques comme de filets pour s’attacher les imprudents. Il faut encore un grand discernement pour reconnaître, parmi ceux qui jouissent de quelque réputation de science et de piété, ceux qu’il faut consulter, quel degré de confiance ils méritent et jusqu’où doit aller la déférence à leur avis. Faute de cela, plusieurs en suivant aveuglément des guides aveugles sont tombés avec eux. Pour les choses même qui portent assez ouvertement l’empreinte du mal ou du mensonge, l’autorité de quelques-uns uns qui les embrassent ou les défendent, l’exemple du grand nombre, la crainte de se singulariser, tout porte à se faire des illusions. On commence par douter, ce qui paraissait vérité certaine ne semble plus que problématique, et on finit par adopter ce qui d’abord faisait horreur.

La lumière divine et une grande lumière, un secours très puissant, peuvent seuls nous mettre à couvert de tels dangers. Que faire pour obtenir ces vives lumières, ces grâces fortes et abondantes ? Dans des temps où la Justice de Dieu est provoquée par une plus débordante mesure de crimes, il est selon les règles de l’équité que nous fassions de notre côté ce qui dépend de nous pour satisfaire cette divine Justice, et nous ne pouvons espérer que Dieu nous distingue par des effets particuliers de sa miséricorde, si nous-mêmes ne nous distinguons à son service par une fidélité plus généreuse. La gloire de Dieu, la charité pour le prochain nous y excitent. Si avec une vertu commune il est possible de nous sauver, nous ne sauverons pas les autres. Il faut que par une vie plus sainte nous acquérions un plus grand crédit auprès de Dieu, que ferveur et confiance donnent poids à nos prières, et que par un généreux mépris de la vie et de tout ce que le monde estime, nous attirions les miséricordes du Seigneur. Un acte de zèle de Phinée obtint le pardon du peuple; Aaron, l’encensoir à la main, arrêta la vengeance divine ; cinq justes auraient préservé Sodome.

Certaines vertus sont plus particulièrement nécessaires dans les temps de persécution, pour les traverser sans faiblir. Et d’abord cette pauvreté d’esprit qui est si fort recommandée dans le Saint Évangile. Bien que le renoncement de coeur aux choses de la terre soit seul exigé de tous les Chrétiens, il est des circonstances où le renoncement effectif devient nécessaire. La chose était très fréquente dans les premiers âges de l’Église, où les fidèles se voyaient menacés de perdre leurs biens et d’être réduits à la dernière indulgence, s’ils n’adoraient les idoles. Nous voici dans un âge où l’esprit de pauvreté sera plus nécessaire qu’il ne l’a été depuis bien des siècles. La raison en est évidente, nous avons déjà sous les yeux les prémices des sacrifices nécessaires. D’un autre côté, combien qui se disaient Chrétiens se sont rangés sous l’étendard de l’impiété, par crainte de pertes temporelles, l’amour de leurs biens dominant leurs coeurs. Il est donc très nécessaire d’entretenir un sincère mépris de ces biens qui ne rendent pas l’homme plus grand ; de le posséder sans attache, ce qui demande qu’on sache s’exercer à la privation ; d’en user avec sobriété et sans se rendre esclave de ses aises ; de savoir, quand il le faut, s’en occuper sans sollicitude inquiète, et d’être prêt à s’en séparer sans regret. Ces biens sont comme la toison des brebis, dont il est bon qu’elles soient déchargées quand elle devient trop forte. Pour le chrétien qui comprend et embrasse le trésor de la Pauvreté évangélique, le monde n’a plus les mêmes dangers et il remportera dans la tentation de glorieuses victoires.

Il ne faudra pas moins de mépris du monde et de ses honneurs, s’il veut rester libre et fort en face de la séduction ou de l’épreuve. Il est vrai cependant qu’élévation, honneurs, dignités, sont, par rapport à plusieurs, tout à fait dans l’ordre de Dieu. C’est une chose nécessaire au maintien de toute société soit civile, soit spirituelle, et par cette raison, nous ne pouvons douter que la divine Providence n’en ait destiné plusieurs parmi les hommes pour les placer au-dessus des autres, et qu’elle ne leur ait préparé les grâces dont ils ont besoin dans cette élévation. On peut donc accepter honneurs et dignités, quand c’est la Providence qui les présente, comme un moyen de procurer sa gloire et de servir les autres hommes. Mais afin de n’être pas trompé par un orgueil secret et de ne pas prétendre à des honneurs qui seraient cause de notre perte, il ne faut ni les chercher, ni les désirer, il faut les craindre.

Ce que nous venons de dire, doit s’étendre spécialement de ces temps et de ces pays où règne la religion chrétienne ; le même ordre de Providence n’a pas lieu, du moins pour ce qui regarde le salut et par rapport aux emplois du siècle, dans ces temps et ces pays où règnent l’impiété, le schisme, l’hérésie. Le Seigneur abandonne à leur sort les pays qui l’ont tout à fait abandonné, et l’on comme forcé de les laisser à eux-mêmes et de retirer d’eux les soins d’une Providence spéciale. Jamais il ne s’éloigne entièrement d’eux ; il veille, mais comme cause première, comme moteur universel, et dans l’ordre de la nature. Parce qu’ils ont fui la lumière, il permet que, tombés dans les ténèbres, ils ne s’en aperçoivent même pas. On ne doit donc plus croire qu’il y aura des grâces spéciales et d’un ordre surnaturel, pour les empois et les dignités, dans ces pays où le Christianisme sera persécuté, et qui seront livrés à l’erreur ou à l’oubli de toute religion. Les puissances des ténèbres, par un châtiment de la Justice divine, présideront à la forme de gouvernement qu’on y adoptera ; en conséquence toute la machine n’aura pour but que d’introduire et de faire régner la corruption et l’incrédulité. Les emplois n’y seront donnés qu’à ceux qui porteront « le caractère de la Bête » ; pour y être admis, il faudra faire profession d’impiété et coopérer à toutes sortes d’injustices. C’est ce que nous avons déjà vu, c’est ce qui se verra encore.

Dans ce siècle ténébreux, qui cependant se vantera d’être un siècle de lumière, il y aura beaucoup d’hommes charnels et sans aucune notion des choses divines. Ceux-là sont les adorateurs du monde. A nous de nous garder de cet esclavage, en restant purs de toute ambition, comme de toute attache aux biens du monde et de toute recherche de ses plaisirs.

Luttes de l’Église et erreurs modernes

De la méditation des prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament, il résulte plusieurs choses très propres à nous éclairer et à ranimer notre courage.

Loin de nous scandaliser, ce qui se passe sous nos yeux dans ces temps ne doit nullement nous surprendre ; il n’arrive rien que ce qui a été annoncé par les Serviteurs de Dieu, ses prophètes.

L’Église de Jésus-Christ devait être abandonnée, opprimée et persécutée par ces mêmes nations qui, pendant des siècles se sont fait gloire de l’avoir pour Mère et pour Maîtresse.

Les maux que souffre l’Église seront vengés, en dépit de la folle prétention de ses ennemis de rendre vaines les promesses divines, et les gouvernements qui croiront détruire l’Église travailleront à sa gloire, et à leur propre ruine.

Enfin, malgré le pouvoir plus grand laissé aux puissances des ténèbres, Dieu mettra un frein à leur fureur et il y aura une interruption dans l’exécution de leurs desseins. Mais à en juger par ce que nous voyons, il semble bien que cette interruption n’ait lieu qu’après un assez long espace de temps, et après bien des ravages causés parmi plusieurs peuples.

Nous avons vu une première épreuve, dans laquelle nos premiers pasteurs ont repoussé presque à l’unanimité ce qu’on proposait de contraire à la fidélité due au Seigneur et à son Église.

Une seconde épreuve sera plus terrible encore, lorsque des chrétiens devenus infidèles ne se contenteront pas de renoncer à quelques points de la religion catholique, mais les attaqueront tous à la fois. Quelque désirable qu’il soit que ceux qui garderont le dépôt de la foi aient tous une égale constance, une parfaite unanimité, on ne peut l’espérer tout à fait. Le nombre de ceux qui résisteront sera néanmoins considérable.

Devoirs envers la Vérité

Il se trouve toujours, même au sein de l’Église, des hommes qui se rapprochent du monde et de la manière de penser du monde, des hommes qui font consister leur force d’esprit à contester les vérités les plus plausibles quand elles ne sont pas selon le goût du monde ; il y aura donc des fidèles qui, sans examen, se conformeront au jugement des sceptiques et des propagateurs d’incrédulité. Plusieurs même de ceux qui d’abord se sont montrés défenseurs de la vérité, et dont l’opinion entraîne celle du grand nombre, deviendront partisans du mensonge.

Les fidèles doivent toujours se souvenir de la haine que Dieu a pour l’erreur, et se tenir en garde contre les sentiments des incrédules, sachant bien qu’ils sont guidés par l’esprit des ténèbres. Quand surtout des systèmes impies dominent, combien de fois ne se croit-on pas forcé, par une lâche et molle condescendance, de trahir les intérêts de la foi ? Le remède à ce mal est une foi sincère, une humilité véritable et le mépris du monde.

Un autre danger est d’abandonner une vérité après l’avoir reconnue, par crainte du mal auquel on s’expose en la défendant. Qu’on réfléchisse bien que défendre une vérité, surtout quand elle touche à la foi, c’est défendre la cause de Dieu ; l’abandonner, c’est s’éloigner de Dieu pour se ranger du côté du Père du mensonge. C’est toujours quelque chose de grave et dont les conséquences sont funestes : une première faute en attire une seconde, et tel croyait n’avoir à se reprocher qu’un faux pas qui se voit en peu de temps entraîné dans un abîme. Il faut donc être dans la ferme détermination de ne jamais reculer dans tout ce qui concerne la vérité, et de compter pour rien son repos, ses intérêts, sa vie même, quand il s’agit de la défendre.

Un autre danger encore, qui regarde ceux qui se seraient préservés des deux premiers, ce serait de suivre aveuglément les autorités particulières qui, dans des temps de troubles et de persécution, penchent la plupart, pour l’ordinaire, du côté qui favorise la nature quoique opposé à la vérité. Qu’on s’en souvienne bien, la vérité demeure toujours la même, elle ne varie pas avec les circonstances ; ce que dans un temps on a vu être vrai n’a pas cessé de l’être, quoique tels ou tels aient changé de sentiment ; il faut s’en rapporter à ce qu’on pensait lorsque rien n’offusquait le jugement, et non aux doutes survenus depuis que des motifs terrestres et des craintes humaines ont ôté à l’entendement une partie de sa force et de sa liberté. Qu’on pèse les raisons de ceux dont l’opinion tient les esprits en balance, plutôt que leur nombre, et ces raisons se trouveront bien faibles. D’ailleurs leur autorité s’éclipse et disparaît devant celle de l’Église et du Souverain Pontife.

Motifs d’espérance

Pour relever le courage de ceux qui demeurent fidèles, il faut leur rappeler les promesses divines dont l’accomplissement sera entremêlé aux calamités des derniers siècles.

L’alliance de Jésus-Christ et de son Église est éternelle, il sera toujours avec elle comme Dieu de vérité et de sainteté, il l’a établie sur Pierre et ses successeurs comme sur un roc inébranlable. Les marques distinctives de la véritable épouse de Jésus-Christ subsisteront toujours en elle. Le sacrifice de l’autel s’offrira toujours et les aigles, les vrais fidèles, se rassembleront autour du Corps de l’Homme-Dieu. La Chaire de Pierre restera toujours leur point de ralliement, et quelque grande que devienne la perversion, elle ne sera pas telle que Dieu ne conserve encore en chaque pays des fidèles, des prêtres et des pontifes. Quand des nations se séparent d’elle, l’Église pleure cette défection, mais elle ne cesse pas d’être la mère d’un grand nombre d’enfants.

J’ajoute que l’extinction des sectes hérétiques et schismatiques d’une part et de l’autre la confusion et les absurdités où tomberont les nations qui auront apostasié la religion chrétienne ne serviront pas peu à distinguer glorieusement la sainteté de l’Église de Jésus-Christ.

Cette ignorance profonde, ces ténèbres en quelque sorte palpables et sensibles à tous ceux qui veulent faire usage de la simple lumière de la raison, et joints à cela, les moeurs cyniques, l’impudence et le désordre qui caractériseront ces peuples à mesure qu’ils s’éloigneront davantage du Soleil de Justice, toutes ces choses seront un antidote contre les scandales de ce temps.

Lorsque l’Église fait quelques pertes, Dieu daigne les réparer souvent d’une manière éclatante. C’est ce qui doit arriver au temps de la Révolution générale. Jamais les pertes de l’Église n’auront été plus grandes, elle en sera en quelque sorte réduite à l’état où elle était à l’heure de la Passion du Sauveur, mais ce sera pour reparaître avec un nouvel éclat et propager plus loin qu’auparavant l’empire de Jésus-Christ. Sa jeunesse sera renouvelée, et l’Esprit-Saint répandra sur elle une plus grande abondance de dons. Les Juifs ouvriront enfin les yeux à la lumière, ils adoreront celui qu’ils ont si longtemps méconnu, et devenus apôtres de la divinité de Jésus-Christ, ils la publieront chez les nations infidèles, de sorte que jamais l’Église n’aura été si étendue. Un grand nombre de ses enfants sera éminent en sainteté et leur courage paraîtra surtout quand viendra le jour où il faudra qu’ils souffrent une cruelle persécution.

Révérend Père de Clorivière (1735-1820), S.J.

 


English version

The Rector's Letter (October,2011)

 

 

Localisation

 
U.S.A (Etats-Unis)
  St. Thomas Aquinas Seminary
21077 Quarry Hill Rd.
Winona. Minnesota 55987
USA
 
   

00 1 507 454 80 00
00 1 507 454 80 44
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Entretiens avec Father Yves le Roux et nouvelles du séminaire de Winona

Juin 2011 - Reportage des ordinations sacerdotales à Winona par Mgr Fellay
Mai 2011 - Quelques nouvelles du séminaire de Winona : entretien vidéo avec l'abbé Yves Le Roux [12' 40'']
Entretien avec Father Yves le Roux (décembre 2004)

 

 

 

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