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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : janvier à février 2006 

 

Par monsieur l'abbé Wuilloud

Supérieur du District de Suisse

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE

 

8 janvier 2006

Fête de la Sainte-Famille au prieuré de Wil, fête patronale. L'assistance remplit la nef de l'église pour la sainte Messe dominicale. Après un repas pris en commun, toutes les familles se rendirent au lieu du spectacle, c'est-à-dire au théâtre-salle de gym de l'école de Wil.

Et là ! Et je veux le souligner avec complaisance ! Là on voit les effets, ou mieux dit, les fruits de l'école et de l'éducation de nos familles. Des enfants et des jeunes filles qui rayonnent la pureté et la simplicité. C'est ré-créant dans son sens le plus fort. Ces enfants chantant à tue-tête sous la direction de leur maître, sont vraiment délicieux ! Ces musiciennes, tout attentives, cultivant un bon goût et une musique artistique, maniaient gracieusement leur instrument. Mon Dieu, il semble qu'on puisse encore échapper à la profonde vulgarité de ce monde, on est déjà dans le domaine du miraculeux.

Enfin la pièce principale, qu'il vaudrait mieux nommer sommitale, vint couronner cette belle représentation : le théâtre des jeunes du KJB. Une pièce de Tolstoï très émouvante et très bien mise en jeu par nos jeunes acteurs. La tenue héroïque d'un prisonnier chrétien dénommé le « Heiliger », mettait bien en exergue le miracle de la grâce. Condamné injustement à vingt ans de bagne, il rayonne de bonté dans un camp de misère, au point que l'homme coupable de sa détention se voit contraint par tant de bonté d'avouer son crime. Le « Saint » mourra sous les pleurs de sa famille et de ses congénères et. des spectateurs.

Toutes mes plus chaleureuses félicitations à cette belle jeunesse, à cette « jeunesse ardente et généreuse » dirait un abbé, pour leurs magnifiques prestations. Et tous mes compliments les plus sincères à ceux qui les ont entourés, depuis les parents aux prêtres, en passant par les enseignants et les bons exemples de tous.

 

30 et 31 janvier 2006

Une session rassemble tous les prêtres de la Suisse orientale, et durant laquelle tous sont invités à traiter d'un sujet marial devant leurs confrères.

Vous comprenez, chers fidèles, prêcher devant une foule de fidèles, avec le temps on s'y fait, mais se retrouver devant des êtres ensoutanés qui ont de plus fait les mêmes études et qui bien souvent sont plus aptes aux maniements des subtilités théologiques, cela angoisse ! Mais tous ont pu le remarquer, l'ambiance était à la charité chrétienne, car toute conférence recevait son lot d'applaudissements.

Ainsi seize sujets de mariologie ont été développés allant de la plus haute intimité de Notre-Dame avec la Sainte-Trinité jusqu'à la concrète application de la dévotion à Marie dans les âmes.

Pour nos pauvres intelligences, Marie est déjà un océan gigantesque dont toute une vie d'étude ne suffirait qu'à effleurer la surface. Mais le peu que nous pouvons nous pencher sur ses sublimes mystères suffit déjà à nourrir nos esprits et nos âmes d'une forte et saine nourriture.

Le soir, un peu fatigués de ces rudes journées, les caves d'Oberriet s'ouvrirent, et ce fut quelques joyeuses parties de billard. On m'a fait découvrir un jeu nouveau pour moi : où le but du jeu est de bluffer le concurrent ! Intéressant et révélateur des caractères, l'un cherche plutôt à amuser, l'autre sera technique, celui-ci calculateur, celui-là original et le dernier riant au éclat de tout cela : Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum. (Ps 132)

Le lendemain repartaient de plus belle les entretiens et les questions qui se posaient à la suite de ceux-ci montraient un intérêt manifeste et une attention perdurante. Mais on ne saura sans doute jamais si c'est ce brûlant effort intellectuel ou un mets avarié qui provoqua un malaise chez au moins la moitié des participants. Les sains d'estomac penchèrent pour la première solution et les autres se penchèrent ailleurs.

 

1er au 5 février 2006

Visite canonique du prieuré-école de Wil. Dans ces nouveaux murs, la vie s'est organisée petit à petit, surtout que le « fondateur » l'abbé Frey s'en est allé, laissant un grand vide, que nos confrères tâchent de combler. Personne n'est indispensable, mais certaine perte sonne douloureusement dans les âmes. Le Seigneur l'a fait avec ses amis pour un plus grand bien, nous devons nous également le faire en vue du bien-commun !

Un travail admirable se fait quotidiennement à travers les prêtres, les soeurs, les instituteurs, les familles et toutes les aides. On respire presque la grâce surnaturelle. Le canton de Saint-Gall est un des lieux les plus gâtés par la divine Providence dans le monde catholique. Même le Valais en est jaloux, pensez donc : bientôt deux églises, trois chapelles, deux écoles primaires et deux écoles secondaires, alors évidemment aussi le record de dette ! D'ailleurs même l'évêché est inquiet, puisqu'il ne se retrouve plus qu'avec septante prêtres actifs, alors que nous en avons 7 dans ce diocèse. Ce qui fait le 10 %, oui, mais beaucoup plus jeunes ! Ces chiffres sentent le triomphalisme : oui, mais le triomphe de Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous restons petits, bien fragiles, car nous ne sommes pas encore parvenus au niveau de sainteté que requiert notre état. Miserere Domine !

La communauté de Wil doit bien se rendre compte de l'instrument que Dieu lui a remis. C'est beau depuis l'église aux salles de classe, du prieuré au garage, tout est parfait. Ce que Dieu a permis d'ériger extérieurement doit également se faire intérieurement. Comme Bruder Anton veille à tous les détails pour entretenir ces bâtiments, ainsi chacun doit veiller à la cohésion de l'ensemble de la communauté. Car lorsqu'on est gâté, il y a le risque de devenir toujours plus exigeant : on se chipotera pour des queues de cerises, alors que l'essentiel nous appartient : nous avons reçu la foi, nous voulons la garder et nous en avons les moyens puisque nous avons le très saint Sacrifice de la Messe. Il reste bien normal que le Seigneur nous gratifie de petits sacrifices, au reste très avantageux pour notre vie intérieure, mais à nous d'en profiter avec sagesse.

 

6 et 7 février 2006

Cette fois, c'est les "Welches" qui dégustent l'enseignement théologique sur la Vierge Mère, et s'il est un peu pénible de rester immobile sur sa chaise durant plusieurs heures, cependant l'intelligence se récrée de recevoir une nourriture si fortifiante. Le Moyen-Age a énormément chanté les Gloires de Marie, par des écrits litaniques usant de l'hyperbole et des superlatifs avec un goût consommé qui n'a malheureusement plus guère de prise sur nos esprits modernes.

Cependant il reste une richesse doctrinale qu'il faut tenter de rendre accessible à nos fidèles désireux de vivre de cet esprit ; car c'est le fruit des méditations et de la vie silencieuse et dépouillée de générations de moines, qui nous laissèrent ces écrits enluminés et qui ne sont guère consultés hormis par quelques érudits.

Nous sommes traditionalistes, et donc notre connaissance de Marie doit avant tout provenir de la Tradition de l'Eglise. Les lieux de pèlerinage seront alors beaucoup plus propices aux âmes.

C'est dans ces vues que nous avons voulu cette petite session afin de baser notre dévotion envers la Vierge Sainte sur le solide fondement de l'Ecriture, des écrits des Pères et des Saints et de l'enseignement de l'Eglise. Il est ensuite bien plus aisé de recueillir les fruits des apparitions mariales.

Ce fut pour moi, une bonne surprise que d'entendre les confrères satisfaits et désireux de relancer l'expérience pour une année prochaine. O mais bien volontiers !

 

11 février 2006

Littau accueille la bonne Mère pour une semaine de grâce. J'ai la joie de pouvoir accompagner l'introduction de la semaine mariale, qui consiste à aller chercher la Vierge et à l'emmener escortée des cantiques et des prières du saint Rosaire. Il fait très froid, on referme soigneusement sa veste et on remonte le col, mais la ferveur zélée des paroissiens ne semble pas du tout atteinte.

Le chant s'intensifie en entrant dans la nef de l'église dédiée à saint Joseph, et la Reine du Ciel voit son trône fait pour l'occasion d'un splendide retable (bien gothique pour respecter le style de l'église) entouré d'un magnifique parterre floral.

La semaine sera très suivie : certains fidèles parcourront plus de cent kilomètres quotidiennement et cela après une journée de labeur. Pour moi, c'est déjà un miracle, et des plus beaux qui soient, que dans ce monde de froideur, des enfants se rassemblent avec joie autour de La Maman. L'un d'eux qui avait déjà suivi la semaine mariale d'Oensingen ne pouvait pas s'empêcher de faire le chemin jusqu'à Lucerne, il m'avoua en effet que : « J'ai tant reçu d'Elle ! C'est incompréhensible ! Je ne sais le dire ! » Voir ainsi des visages rayonnants et véritablement amoureux de la plus belle qui soit, cela comble l'âme des prêtres. « A quelque part, on a déjà gagné ! » cela c'est moi, qui ne puis m'empêcher de le penser !

 

25 février 2006

Il neige sur la Suisse, le brouillard est bas et épais. Le but de la journée est pourtant un monastère accroché aux flancs d'une de nos vallées du centre de notre pays. Pas de route praticable sinon des sentiers forestiers que l'hiver a obstrués, il ne reste que la voie des airs. Peu doué pour la lévitation, j'opte pour le téléphérique. Là à environ mille mètres d'altitude, un joli couvent de moniales servant Dieu loin du monde et de ses attraits surplombe la paisible vallée. Mais le modernisme ayant partout fait ses ravages n'a pu s'empêcher d'enlaidir selon son art la chapelle du lieu. Vide, nu, et moche, aurait dit Jules César !

Bref, ce n'est pas du tourisme critique qui m'a fait rejoindre ce lieu, mais une petite soeur que j'ai rencontrée une fois par hasard, et chez laquelle il m'avait semblé trouver un intérêt pour la Tradition. Je ne sais pas trop comment celle-ci va m'accueillir en son couvent. La soeur portière me dévisage méfiante, on voit qu'elle a du métier, il faut montrer patte blanche. Elle me laisse rentrer, m'introduit dans un parloir, tout en me disant qu'elles étaient en pleine partie de jass. Tout est parfait dans les couvents de soeurs, les murs parfaitement blancs, la nappe bien repassée, pas un grain de poussière, cela respire l'ordre et la paix. C'est dans ces réflexions, que je vois une petite soeur qui tout de suite me reconnaît et me sourit. Ouf ! Elle me raconte un peu son itinéraire et son dégoût de la nouvelle liturgie. Je lui parle à mon tour de notre oeuvre, de la Tradition, de la foi de toujours.

On se quittera deux heures plus tard, après bien des palabres (comme dirait le P. Marziac). Aussi vous comprenez bien, que pour cette soeur qui a passé des décennies là-haut sur la montagne, il n'est pas évident du tout de changer de vie. Je vous ai donc écrit cet épisode, pour solliciter vos prières pour cette humble servante du Bon Dieu, pour que tout se fasse pour sa plus grande gloire.

 

27 février 2006

Ô comme je comprends la petite soeur de la montagne. Aujourd'hui, j'assiste à l'enterrement d'une de mes tantes, je subis le nouveau rit, tout en récitant mon chapelet. Pour l'étude du vide, les physiciens devraient y trouver leur compte ! On parle aux coeurs, et les âmes gisent inanimées ! Alléluia, on semble content qu'elle soit partie ! Rendez-vous est donné à la maison du père pour tous, pas d'inquiétudes à avoir, c'est large et facile, alléluia Dieu est amour ! Aussi rien de mieux que de mettre une chanson de Céline Dion qui exprime tellement mieux les sentiments dont les coeurs sont remplis, bien plus que cette pâle liturgie.

Mais pour moi, c'en est assez, je ne tiens plus, il me faut sortir. Difficile de refuser ensuite l'étiquette d'intolérant !

Henri Wuilloud †

 

Chronique extraite du Rocher numéro 40 - Bulletin du District de Suisse

Supérieur : Abbé Henri WUILLOUD
Prieuré Saint-Nicolas-de-Flüe
Solothurnerstrasse
4613 Rickenbach. SO
SUISSE
 
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