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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : novembre à décembre 2008

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Extrait du Rocher

Rédacteur en chef : abbé Claude Pellouchoud

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE - Le Rocher n°57

 

8 novembre 2008

Nous accompagnons notre confrère l'abbé David Köchli pour l'enterrement de son père. Magnanime, le curé du village a eu la gentillesse de nous ouvrir tout grand les portes de son église. Mais la dépouille mortelle doit rester dehors, car ainsi l'exige le règlement communal ! Il y a des étrangetés qu'il est difficile de saisir. Mais au moins la famille a la consolation de recevoir cet édifice sacré pour rendre les derniers devoirs envers son défunt.

Durant ces messes de requiem, si le chant est accompagné par la schola et qu'un petit carnet permet de suivre, il n'est pas rare d'entendre une bonne part de l'assemblée chanter ces airs d'un autre temps. Alors à la sortie, on entend des louanges sur cette liturgie qui rappelle un passé encore pas si lointain. Mais cet insolite qui a retrouvé sa place dans le sanctuaire et dans les âmes pour quelques heures est bien vite évacué des esprits préoccupés de retrouver le confortable quotidien.

 

9 novembre 2008

Une atmosphère de grande fête s'est répandue dans le prieuré d'Oberriet, cela circule un peu partout, des jeunes gens fredonnent des airs et de la cuisine sortent d'engageants fumets. Les derniers préparatifs vont bon train, c'est la bénédiction du splendide nouvel orgue dont les tuyaux rutilent sous les feux des lumières.

L'abbé Weber nous a trouvé un rituel gallican qui est très beau. Après la bénédiction proprement dite, s'ajoutent des interpellations du prêtre à l'orgue afin qu'il loue la Sainte Trinité, puis les divines Personnes, puis la Vierge Marie, les Anges. Et l'orgue de répondre par une improvisation sur le thème demandé. Il faut dire que notre bon confrère l'abbé Leonhard Amselgruber, organiste de grand talent, était la personne indiquée pour ce genre de tour de force.

Dans cette cérémonie, c'était un peu comme les premiers vagissements d'un nouveau-né qui laissait entendre sa voix, et ces premiers mots étaient tout à la louange de Dieu. Splendide et très parlant. Pour l'occasion aussi s'était réunie la chorale de la « Chorwoche ». C'est une chorale qui a débuté depuis plusieurs années déjà sous la houlette de feu l'abbé Isenmann, et qui se retrouve chaque année en août pour deux semaines de chant.

Depuis deux ans, c'est aussi l'abbé Leonhard Amselgruber qui a repris la baguette et, aidé de son frère l'abbé Tobias Amselgruber, il fait de la musique, mais il en profite aussi pour dispenser une formation spirituelle. Chaque année, les participants témoignent des richesses qu'ils ont pu déguster durant ces journées. Aussi ne faut-il pas s'étonner si la plupart étaient présents à Oberriet, répondant spontanément à l'appel du chef et venant quelquefois de très loin. Tout cela pour vous dire que la sainte Messe fut célébrée dans un magnifique écrin musical, et qu'évidemment l'orgue s'en donna à coeur joie pour exprimer de tous ses jeux son allégresse d'être au service d'un tel Maître.

 

10 novembre 2008

La réunion des prêtres qui nous assemble à Oberriet se termine par le récital d'orgue de l'abbé Amselgruber. Il est intéressant, même plus il est passionnant d'assister aux prouesses musicales de l'organiste, changements de jeux, utilisation des pédales et des différents registres. A en donner le tournis !

Il en profi ta pour nous enseigner un peu sur cet instrument et nous montrer les différentes tonalités qui vont parler à notre âme. Cela nous fi t mieux comprendre le mot de saint Augustin, qui était très sensible et qui comprenait si bien les besoins du coeur, et qui parlait d'expérience lorsqu'il disait : « J'ai pleuré à vos hymnes et vos cantiques, tant les accents suaves de votre Eglise m'ont ému. »

L'Eglise apprécie donc cet instru- ment pour sa liturgie, pour la louange divine évidemment, mais aussi com- me le remarque le cardinal Bona pour les âmes : « L'harmonie des orgues rend à la joie les âmes attristées, elle évoque le bonheur de la cité céleste; elle entraîne les indolents, elle ranime les diligents, elle provoque les justes à l'amour, les pé- cheurs à la componction. »

Or comme nous sommes tous un peu de cela, nous avons vraiment goûté !

 

11 novembre 2008

Visite à Kreuzlingen d'une belle propriété avec un splendide ombrage, très bien située, mais manquant de soleil. Nous cherchons toujours pour le projet de l'école interdistricts, jusqu'ici sans guère de succès. Qu'en sera-t-il cette fois ? La présence d'un grand Bouddha sous un pavillon dans le jardin n'est pas là pour nous laisser augurer une bonne chance et en effet, la lettre nous parvient bientôt pour nous dire que la recherche d'une entente avec un groupement religieux n'est pas désirée. Dommage, moi qui m'imaginais déjà le sort qu'allait recevoir la dodue idole !

 

14 au 16 novembre 2008

Court séjour à Littau, pour visiter le prieuré et les confrères, et donc également la petite école. Les frimousses juvéniles suivent le cours de musique lorsque je pénètre dans la classe et se prêtent à des exercices de reconnaissance de notes pour « se faire l'oreille ». Chacun tient une flûte pour faire ses exercices, et même si quelques notes sont quelquefois ardues à aller chercher, cependant j'apprécie beaucoup de tels efforts qui forment l'oreille.

Il faut que notre petite chrétienté chante et j'aimerais ajouter ici pour ceux qui lisent courageusement ces lignes : « Chantez chez vous et vous transmettrez naturellement un bagage immense et nécessaire pour la vie de vos enfants ! »

Pour ces visites, je me fais accompagner de notre nouvel archiviste de District, M. l'abbé Dähler, qui d'un oeil avisé et avec une mémoire quasi infaillible découvre les défaillances de nos documents canoniques et pourvoit à les mettre en ordre. Cela demande beaucoup de patience, car malgré la jeunesse de notre district, bien des petites erreurs se sont glissées provenant des premières heures d'organisation. A l'époque, les baptêmes se faisaient de-ci de-là et les registres se constituaient alors, d'où ces défaillances à rattraper.

Le dimanche, les familles de la Suisse alémanique se sont rassemblées à l'appel de leur aumônier, M. l'abbé Grün. Ce n'est certes pas la foule, mais une belle cohorte de parents désireux de recevoir un aliment spirituel et de se retrouver de manière conviviale. Il est très désirable et à encourager que ce genre de rencontre devienne simplement habituel dans nos milieux, car cela permet d'échafauder des amitiés basées sur l'échange spirituel et charitable.

Peu de nos familles ont compris que ce n'était pas simplement pour elles-mêmes qu'il était important d'aller mais d'abord pour les autres, pour le bien commun des paroisses. Si par grâce de Dieu, ma famille va bien, eh bien ! il est bon et souhaitable que nous partagions ces richesses avec celles qui ont passablement de difficultés. J'y vois une manière moderne de faire l'aumône.

 

23 novembre 2008

Passage dans notre chapelle de Zürich, précisément im Struppen à Altstätten, au rez-de-chaussée d'un immeuble locatif. Oui, nos fidèles de la grande ville suisse qui sont parmi les plus généreux, sont encore dans une salle basse. Aussi je voulais leur communiquer l'appel suivant :

« Nous avons pu grâce à Dieu construire bien des églises dans notre pays et la plupart des communautés de Tradition sont dans des lieux dignes du Bon Dieu. Seul Zürich, la grande Zürich, cette puissante ville de la Suisse, est encore en décalage. Vous avez montré beaucoup de courage et de zèle durant toutes ces années, vous rendant dans cette salle pour la prière et la Messe. Vous avez révélé sans discontinuer que votre charité était abondante et désintéressée. Il me semble que l'heure sonne où il faut songer sérieusement à trouver un lieu plus adapté pour le culte dans cette métropole. Je le sais bien, Zürich est cher, les constructions dispendieuses, le terrain rare. surtout s'il est bien situé. Or il nous faut un édifice avec une bonne situation, adapté au culte, si possible indépendant, avec des places de parc, avec accès aux transports publics, et qui de plus ne soit pas trop cher !
En France, un mot dit ceci : « Impossible n'est pas français ! », nous, nous dirons plus modestement : « pour celui qui croit, Dieu peut tout ! » Comme nous savons que notre foi est faible, je voulais vous annoncer cette volonté de réaliser quelque chose ici afin d'unir notre foi et d'unir nos supplications envers notre bon saint Joseph et aussi nos puissants protecteurs saint Urs et saint Victor. Ouvrez les yeux, tendez l'oreille, intéressez-vous à ce qui est achetable, et surtout priez la divine Providence qu'elle daigne vous procurer une jolie petite église pour le culte catholique de toujours. »

 

30 novembre 2008

Le desservant de Delémont est absent pour cause de conférence au colloque marial de Lyon, mais le programme n'est pas pour autant allégé, car le 1er dimanche de l'Avent est jour de récollection. Aussi une bonne partie des fi dèles reviennent l'après-midi pour assister aux deux conférences et au salut du Saint-Sacrement.

Ayant accumulé une intéressante quantité de documents sur le passé de notre pays, il était tentant pour moi de faire un coup d'essai en terre jurassienne sur un tel sujet. L'Histoire n'a pas toujours le vent en poupe, on se souvient de ces années sur les bancs d'école à tenter d'assimiler quelques dates, aussi ces retours sur le passé semblent ennuyeux et passablement lourds pour les paupières.

Cependant c'est tout le contraire qui est vrai. Mêlons l'histoire du pays avec la géographie, ajoutons-y des personnages qui sont nos aïeux dans la chair ou dans la foi. Cela prend des couleurs insoupçonnables, nous n'admirons plus simplement un pays merveilleux mais un pays aux innombrables facettes et surtout un vrai petit miracle qu'il subsiste encore. Comme le dit un vieux proverbe du XVIe siècle : « La Suisse est gouvernée par la grâce de Dieu et par la confusion des hommes ». ce n'est pas notre époque qui le fait mentir !

« Le passé est notre présent » disait Alexandre Vinet, mais notre passé doit devenir notre force et notre courage, il doit nous faire voir l'avenir, il doit surtout nous faire découvrir le bien commun qui sera le don le plus grand et le plus riche pour les générations futures. Alors puisons. à votre bon coeur, Messieurs Dames !

 

6 décembre 2008

C'est à Bulle, au pied du monument dédié au bon et célèbre chanoine Bovet, apôtre du chant grégorien et du chant populaire en Suisse romande, que le « Oui à l'enfant » se retrouve pour la neuvième fois consécutive pour son rosaire en faveur des victimes de l'avortement. Il fait froid, et sous le brouillard il neigeote doucement, c'est bien l'ambiance des salles d'opérations où se déroulent ces crimes insoutenables.

Si on ose reparler d'histoire ! eh bien ! notre époque sera jugée sévèrement pour sa guerre aux tous petits, aux innocents, et sa manière veule de garder ses crimes « propre en ordre ».

Depuis la législation à la salle d'holocauste (en 30 ans, il y a eu 1 milliard de victimes), nous ne voyons pas de trace de sang : c'est l'univers du caustique. Les consciences sont bien là, évidemment, mais cela ne suffit pas. Il faut une conscience publique, un Caton qui clame jusqu'à l'agacement son « Carthago delenda est » pour sauvegarder Rome, et cet appel devant Dieu et devant la société c'est à nous de le faire, de le crier.

Certaines âmes l'ont bien compris, n'hésitant pas à accomplir de longs déplacements pour venir participer à ce témoignage. Nous continuerons cette oeuvre certainement très agréable et très puissante devant le trône de Dieu ces prochaines années. Car vu la présence d'une belle jeunesse à ces rendez-vous, je crois bien que nous possédons l'intemporalité. Vive la Vierge de Guadalupe !

 

26 au 31 décembre 2008

Prédication à Enney des Exercices spirituels, et je précise pour ceux qui l'ignorent : de saint Ignace de Loyola. Le terrible jésuite dont la réputation n'est pas à séparer de ces mêmes Exercices. C'est tellement radical, comme sa sainteté d'ailleurs, que les gentils chrétiens estiment ces moyens comme exagérés, trop volontaristes et donc inadaptés à leur conscience éclairée.

Et pourtant, et pourtant. ils devraient pouvoir observer du dedans les âmes qui se laissent conduire dans ce sentier difficile. Oui c'est radical, oui c'est du droit au but, mais c'est tellement réaliste, cela mène rapidement au sommet. C'est tellement vrai que la plupart du temps les retraitants, arrivé le dernier jour, comprennent qu'ils vont redescendre dans la basse plaine : c'est le vertige des profondeurs après celui contemplé de la sainteté.

 

31 décembre 2008

Dernières heures de l'année passées près du Saint-Sacrement et à minuit Sainte Messe. C'est, je le concède volontiers, pas très liturgique, mais mettre la nouvelle année sous cette protection n'est pas sans fondement.

La soirée était bien enneigée, aussi guère de fidèles n'avaient pu ou osé faire le déplacement, mais peu importe, après ce qui s'est passé, je sais que nous continuerons l'année prochaine pareillement. Un de nos bons fidèles après l'échange des bons voeux, rentre chez lui accompagné de son épouse. Il s'assied au salon et la femme ne l'entendant pas venir se coucher va le chercher. Mais il s'est endormi de son dernier sommeil pour aller contempler celui qu'il vient d'adorer durant plusieurs heures. Il avait dit à notre soeur avant de nous quitter : « Qui sait si nous serons là l'année prochaine, on peut mourir demain ! » Prémonition ou sagesse ? Le Seigneur avait bien dit qu'Il viendrait comme un voleur.

Vous comprenez donc pourquoi nous recommencerons à la prochaine saint Sylvestre : Dieu a parlé ! Et bonne et sainte année à tous les lecteurs du Rocher, et à l'année prochaine. si Dieu veut.!

Abbé Henry Wuillod

 

Chronique extraite du Rocher numéro 57 - Bulletin du District de Suisse

 

Supérieur : Abbé Henry WUILLOUD
Prieuré Saint-Nicolas-de-Flüe
Solothurnerstrasse
4613 Rickenbach. SO
SUISSE
 
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  Lire la totalité du bulletin "Le Rocher" n° 57 : dossier sur les fameuses "excommunications"

 

 

 

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