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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : juillet-août 2009

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Extrait du Rocher

Rédacteur en chef : abbé Claude Pellouchoud

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE - Le Rocher n°61

2 juillet 2009

Devant sermonner pour des jeunes filles qui viennent de terminer leurs études secondaires à Wil, il me semble important de rappeler à la suite de Benoît XV combien « il est merveilleux de voir ce que peut la femme pour le bonheur ou le malheur du genre humain »(1). Napoléon Ier que je cite n’est pas en tout un modèle, loin s’en faut, mais je vous laisse entrevoir ce qu’il prescrivait pour les écoles de filles en France : « Je désire qu’il en sorte, non des femmes très agréables, mais des femmes vertueuses ; que leurs agréments soient de moeurs et de coeur, non d’esprit et d’amusement ». Et cet homme qui n’était guère un exemple de piété, disait pourtant que le catéchisme devait être la partie la plus soignée de cette formation.

Car comme disait un homme d’Etat en Suisse : « Ce sont les hommes qui font les lois, mais ce sont les femmes qui font les moeurs. Et quid leges sine moribus ? – Et que sont les lois sans les moeurs ». Eh oui ! même le grand Napo montrait par là qu’il avait compris ce que presque plus personne aujourd’hui ne perçoit : l’importance politique de l’éducation féminine en tant qu’elle touche au bien commun de manière essentielle.

Et peut-il y avoir une bonne moralité sans la religion, sans les dix Commandements dont l’Eglise catholique est la dépositaire ? Nos écoles sont loin d’être parfaites, cependant elles ont, elles seules, la capacité de donner les bonnes moeurs, car elles donnent les sacrements qui rendent possible cette formation. Et s’il arrive de trouver encore des privilégiés restant préservés de la corruption hors de nos écoles et de nos familles, ils sont du domaine du miracle !

Oui, miracle, dans le sens qu’ils sortent littéralement de l’ordinaire, car pour forger des âmes chrétiennes, il faut des familles et des écoles catholiques. Léon XIII viendra confirmer le jugement du premier empereur de France en affirmant qu’en « formant de la sorte l’esprit et le coeur des jeunes générations, on aura travaillé de la manière la plus effi cace au véritable bonheur du pays »(2).

Nous espérons bien qu’un jour, aux regrets de quitter ce lieu qui a bercé quelques années de leur adolescence (et le mot n’est pas trop fort !), vien-dra s’ajouter pour nos jeunes fi lles l’intelligence du combat mené pour l’Eglise et la Patrie. Que Dieu leur vienne en aide !

 

11 juillet 2009

Notre pays a une nouvelle fois la grâce de vivre une première Messe, celle de l'abbé Thomas Suter, et c’est pourquoi l’église de Wil est bondée de soutanes, de soeurs et de fi dèles, il y a même Mgr Fellay qui a voulu faire le déplacement. Tous sont là… Non, à vrai dire, il manque quelqu’un d’important ! La chère maman du jeune ordonné n’a pu se déplacer, elle est sur son lit de douleur, offrant à Dieu son sacrifice en union avec celui que son fils offre. Le mystère est là, saisissant, impressionnant, et il écrase nos faibles tentatives de compréhension.

L’hostie que son fils tient dans ses mains, lui prépare son départ vers l’éternité qui se fera dans quelques jours, et la maman, hostie crucifiée par le terrible cancer, prépare l’apostolat des âmes pour son fils. La communion des saints devient à ce niveau pathétique, car elle transcende le déchirement que la nature appelle. Il est heureux pour le district de Suisse que nous puissions garder le nouveau ministre chez nous, car sous de tels auspices, la grâce ne saura qu’être abondante sur ses oeuvres. C’est notre religion : à la tristesse de la mort du Christ vient se joindre la joie de la Rédemption. Au sacrifice de la mère qui fait couler des larmes, vient se joindre la joie de la victoire, nous avons un nouveau prêtre prêt à sauver des âmes et à renverser le royaume de Satan.

 

12 au 25 juillet 2009

Cette année, pour le camp d’été et grâce au contact que nous avons depuis plusieurs années avec l’abbé Pirmin Suter, nous changeons de pays. Cet abbé était en poste à Innsbruck et il desservait la chapelle de Lienz. A cet endroit nous avons établi notre camp de base, car la Fraternité possède sur place une maison assez spacieuse pour accueillir une vingtaine de jeunes. Nous allons donc au Tyrol, mais on apprend assez vite qu’il faut faire quelques distinctions entre le Tyrol tout court avec Innsbruck comme capitale, le Tyrol du Sud qui est italien, et le Tyrol de l’Est, également autrichien mais un peu égaré dans ses massifs alpins. Il est en effet bon de le savoir, car m’étant procuré un guide d’itinéraire alpin du Tyrol, je n’ai pas pu m’en servir car notre destination était le Tyrol de l’Est.

L’important c’est que c’est une belle région, de plus catholique, où on trouve de nombreux sanctuaires et monastères à visiter. On y découvre également de splendides montagnes, pas si hautes que les Alpes suisses, mais certainement aussi escarpées. De belles falaises se découvrent dans chaque vallée, et les Autrichiens se sont spécialisés dans l’ouverture de via ferrata (plus de 400 recensées) qui sont des voies très bien équipées avec câble, échelons, au point que les Italiens les ont nommées voies ferrées. Le sommet culminant de l’Autriche qui pointe à 3 798 m d’altitude, le Grossglockner, fut gravi par un prêtre le 28 juillet 1800. Voyez, là aussi, on est dans la tradition !

Il y aurait tant à raconter dans ces milliers de mètres de dénivelé, tant de péripéties non dramatiques mais comiques ou étranges, comme cette vipère aspic qu’un de nos jeunes téméraires apporta tout innocemment pensant avoir recueilli une vulgaire petite couleuvre… il fallait voir les sauts effrayés des copains ! Dans les Lienzer Dolomites, nous avons découvert un petit paradis de calcaire se mirant dans les eaux limpides d’un petit lac et répercutant à l’infini l’écho de nos jodels. Et alors que la Suisse recevait quotidiennement sa ration de pluie, nous baignions dans un magnifique soleil qui faisait jouer ses couleurs sur le beau gris de la roche. Le calcaire est très beau à grimper car il permet une excellente adhésion, mais il use par le fait même les doigts, aussi une nouvelle peau apparaît à nos extrémités. Alors nous changeons nos quartiers pour la glace et la neige, et de bon matin nous nous sommes élancés pour gravir le Grossglockner. La plupart le font en deux jours, et comme les jambes sont bien entraînées nous faisons les 4 000 mètres de dénivelé (montée et descente) en moins de dix heures. L’arête sommitale qui voit des cordées tenir un cirque de corde et d’assurage, s’enchante devant l’aisance de cette jeunesse qui sans prendre de risque, avance si rapidement.

Les cartes postales arrivent peu après le camp, de ces jeunes ravis de l’expérience et qui promettent vouloir y revenir. Mais on se fait vieux !

 

1er août 2009

Programme habituel sur les routes fribourgeoises en ce jour de fête nationale, la Tradition cachée dans la forêt de Treyvaux célèbre la Messe pour la Patrie chérie puis part en priant et chantant en direction de Bourguillon. C’est vers cette Vierge Gardienne de la foi que nos pas nous entraînent, car son importance est évidente pour notre époque et pour notre Tradition en particulier. Je ne citerai pas ce que la plupart connaissent, je veux parler des débuts de la Fraternité et la dévotion des premiers membres à ce sanctuaire.

Permettez-moi un petit rappel au sujet de saint Pierre Canisius, ce marteau des hérétiques comme on disait alors oecuméniquement ! Cet « étranger » plein de foi et de vie intérieure, résolu coûte que coûte à ranimer le catholicisme alors défaillant dans notre pays, commença par se réfugier auprès de sa Mère du Ciel et donc devint dévot de Bourguillon. Puis, et c’est cela qui nous intéresse en ce jour du Pacte du Grütli, il rassembla des documents pour écrire une histoire des saints de notre pays. Il avait bien compris les méfaits du protestantisme qui avait interrompu tout cet enseignement et cette tradition, et il chercha de toutes ses forces à montrer les racines profondes que la religion catholique avait toujours eues dans notre pays. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes, c’est bon à savoir pour nous prêtres !

 

12 août 2009

Episode un peu mouvementé en terre neuchâteloise, où une personne âgée demande s’il y a la possibilité de recevoir la sainte communion. Avec Dieu sur la poitrine, et profitant des kilomètres pour multiplier les chapelets de la Croisade, j’arrive devant une porte. Je sonne et j’attends… rien. Une deuxième fois, je laisse retentir la sonnerie avec un peu plus d’insistance, et j’entends un bruit. Alors je colle mon oreille à la porte et je perçois une voix qui dit qu’elle arrive.

J’attends donc ! 5, puis 10, puis 15 minutes passent, toujours rien. La voix est faible, il me semble qu’elle tente de se traîner vers la porte afin de l’ouvrir. Pendant ce temps, je frappe aux portes voisines, au concierge, mais personne n’a la clef. Aussi après 3/4 d’heure d’essais infructueux, j’appelle la police. Celle-ci arrive rapidement, ce sont deux hommes très efficaces. Un coup de pied bien placé nous permet d’entrer rapidement dans l’appartement, où notre personne gît par terre. Un appareil va pouvoir donner un premier diagnostic en moins de trois minutes sur le coeur, la tension ; vraiment impressionnant d’efficacité, tous les gestes sont appris pour sauver les corps. Bienfait de la technique, tout de même ! Si notre époque était aussi forte et efficiente dans le soin des âmes, combien d’élus arriveraient chaque jour au Ciel ! Je repars donc avec ces lourdes pensées, et mon Dieu qui est resté sur ma poitrine !

 

25 août 2009

Le décès d’une de nos fidèles du Tessin nous fait traverser le long tunnel du Gotthard où, Dieu soit loué, il n’y a pas de bouchon. La présence de l’abbé Niklaus Pfluger, très attaché à cette belle région et à nos fidèles du Tessin, permet de donner un certain éclat à cette messe d’enterrement dans la chapelle du cimetière de Lugano. La Tradition ne s’est jamais vraiment implantée ici, car un certain clergé est resté plus conservateur qu’ailleurs, et en second lieu ce sont plutôt des personnes qui s’y sont établies qui ont appelé la Fraternité. Avec l’absence d’un terreau local, il est quasi impossible d’y fonder de manière stable. Mais Dieu le sait, le Tessin malgré sa nonchalance est une terre de foi.

 

28 août 2009

Nous avons promis depuis plusieurs mois à notre communauté de Zürich, de faire notre possible pour lui donner un lieu de culte plus grand et lui appartenant. Nous avons déjà visité quelques projets, mais le mètre carré vaut son pesant de pépites dans la région. Aussi en cette veille du pèlerinage du Flüeli, en compagnie de l’économe de district l’abbé Köchli, nous allons visiter deux bâtisses de l’agglomération zurichoise. La deuxième sert à une communauté protestante libre, mais nous nous sentons à l’étroit dans ces murs, aussi notre choix revient sur la première. Un grand bâtiment appartenant à Swisscom et dans lequel on pourrait aménager une belle chapelle. Mais est-ce la volonté de Dieu, ou bien veut-Il que l’on cherche encore, ailleurs, mieux situé, plus pratique, moins cher, etc., voilà les éternelles interrogations que nous nous posons avant d’acquérir une propriété. Donc affaire à suivre…

 

29 et 30 août 2009

Le Flüeli prend de l’envergure : plus de monde à la marche du samedi, bien plus de personnes qui sont restées pour la prière de la nuit, et ce qui m’a fortement réjoui c’est la présence d’une forte cohorte de prêtres ; cela faisait longtemps qu’on n’avait plus vu cela ! Les capucins de Morgon avaient bien gentiment répondu à l’invitation et, vêtus de leur bonhomie et de leur bure, ils ont prêché en paroles et en actes que la pauvreté, comme coneil évangélique, est encore possible aujourd’hui. Rien ne vaut un témoignage vécu, c’est tellement plus parlant. Comme la famille nombreuse interpelle ceux qui ont dit non à la famille, la bure et le visage émacié meuvent pareillement les coeurs de ceux qui sont attachés aux biens périssables de ce monde.

L’après-midi du dimanche a vu cette année une extension de son programme… Depuis longtemps, l’idée trottait dans notre tête de proposer à notre petite famille de la Tradition en Suisse de se réunir pour une sorte de petite yodler-fête, ce afin de donner le goût de notre culture à notre jeunesse, et pour permettre également une transmission de ces richesses folkloriques de notre pays.

Pourquoi ce désir ? N’est-ce pas suffisant que de réunir nos fidèles pour des cérémonies religieuses ou pour des conférences de formation ? Plus nous allons de l’avant, plus nous constatons ce besoin de vivre ensemble sur des richesses qui concernent tout l’homme. On ne peut restreindre nos besoins à la prière ou à la formation intellectuelle ; l’aspect artistique, mais j’ajouterai encore les réunions sportives, les oeuvres d’entraide, etc. sont véritablement nécessaires à la famille de la Tradition. Tous ne peuvent pas compter sur leur village, sur leur paroisse, sur leurs clubs, car bien souvent, malheureusement, l’esprit y est déjà plus ou moins corrompu.

Lors de notre dernier pèlerinage au Flüeli du mois d’août de l’année dernière, nous avons d’ailleurs constaté, suite aux cérémonies du matin, que bien des personnes étaient comme dans l’attente d’une quelconque activité pour pouvoir rester ensemble, pour partager. Aussi nous sommes venus sur l’idée de prolonger le week-end du Flüeli par une petite yodler-fête. Et nous ne sommes pas du tout déçu d’avoir osé ce pari. Un petit cortège de cloches (qu’on appelle "trächle" en suisse allemand) entama la fête d’une musique bruyante mais tellement sympathique. Puis la youtze et l’accordéon schwytzois pour le plus grand bonheur de tous, nous firent entendre les mélodies que nos Alpes aiment tant faire résonner.

Encore un merci à notre saint Patron, le Frère Nicolas pour le temps idéal qu’il a daigné nous prodiguer.

Abbé Henry Wuillod

(1) Le 27 décembre 1917.
(2) Le 19 avril 1888.

 

Chronique extraite du Rocher numéro 61 - Bulletin du District de Suisse

 

Supérieur : Abbé Henry WUILLOUD
Prieuré Saint-Nicolas-de-Flüe
Solothurnerstrasse
4613 Rickenbach. SO
SUISSE
 
00 41 62 216 18 18
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Jeudi 18 juillet 2019
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