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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : janvier-février 2010

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Extrait du Rocher

Rédacteur en chef : abbé Claude Pellouchoud

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE - Le Rocher n°64

1er janvier 2010

Après la messe célébrée à Uznach, il me faut me hâter un peu pour arriver avant la fin du concert donné dans la salle paroissiale de Bâle, par deux artistes talentueuses. C’est au milieu des envolées de la flûte de Mlle Maruta Staravoitava, flûtiste chevronnée, accompagnée de son amie viennoise, que j’assiste, ravi, aux derniers morceaux où l’habileté s’allie merveilleusement avec l’expression.

Lorsque la musique permet d’exprimer des sentiments aussi spirituels, ne se désigne-t-elle pas très aimablement pour lancer l’année sous les meilleurs auspices ? Même si cela fait un peu païen de le dire.

 

17 janvier 2010

Belle journée dominicale bien remplie qui débute par le chant des laudes avec les confrères à Rickenbach, mais tout de suite après, en voiture vers Delémont pour la Messe dans une église qui continue de s’étoffer en fidèles, c’est donc réjouissant. J’aime bien ce lieu, car il a vu mes débuts, mais pas seulement pour cela : il me semble qu’une bonne part de fidèles donne un peu d’eux-mêmes pour entretenir, garnir et fleurir, et aussi pour soutenir la liturgie. Une telle assemblée devient ainsi sensiblement plus coalisée et plus réunie devant l’autel du Seigneur. Sans cet élan communautaire serions-nous encore au Jura, je n’en suis pas sûr du tout, mais c’est un bon exemple.

L’après-midi, je me retrouve en réunion "oecuménique" avec l’abbé d’Einsiedeln et le vice-président de l’Alliance mondiale des réformés, pour une discussion tripartite. C’est intéressant, car on se comprend mieux avec le protestant qu’avec l’abbé, ce qui lui fait soupçonner que la Fraternité est de tendance protestante, se focalisant sur un passé apostolique idéalisé. Les discussions, courtoises, plaisantes, me convainquent plus encore du fossé qui nous sépare d’avec le modernisme : « Ce n’est point aux rameaux ou aux rejetons qu’ils ont mis la cognée, mais à la racine même. C’està- dire à la foi et à ses fibres les plus profondes. Puis, cette racine d’immortelle vie une fois tranchée, ils se donnent la tâche de faire circuler le virus par tout l’arbre : nulle partie de la foi catholique qui reste à l’abri de leur main », dit saint Pie X sans amertume, mais aussi sans crainte d’égratigner sévèrement ses tenants.

Surtout c’est avec une impressionnante clairvoyance que le bon pape Sarto affirme : « Trois choses, ils le sentent bien, leur barrent la route : la philosophie scolastique, l’autorité des Pères et la tradition, le magistère de l’Eglise. A ces trois choses ils font une guerre acharnée. » Pour la scolastique c’est une évidence, l’abbé Werlen trouve que c’est une bénédiction du concile Vatican I que d’avoir ouvert les portes au personnalisme. Pour les Pères, bien entendu que saint Benoît est vénéré et lu, mais toujours relu avec les lunettes de cette philosophie qui comprend bien différemment l’Evangile ou les autres textes.

Puis l’autorité, nous l’avons bien constaté cette dernière année, est rejetée du moment qu’elle s’appuie sur la Tradition catholique : exemple de la Messe, des cérémonies pénitentielles, des divorcés remariés, enfin toute la panoplie des erreurs qui poursuit la destruction de l’édifi ce multiséculaire de l’Eglise. Bien entendu, là non plus on ne sera pas d’accord sur un tel jugement. L’abbé Werlen désire tout autant que nous le bien de l’Eglise, il le cherche à sa manière, en toute bonne conscience. Subjectivement je crois qu’il veut le bien, mais objectivement les principes de l’Eglise nous montrent le contraire.

Concrètement cette bonne volonté va chercher le bien de l’homme avec la ferme espérance qu’au plus profond de chaque homme gît cet amour du véritable bien. « L’Abbé Werlen ne veut pas entendre parler de déchristianisation, tellement la faim spirituelle de l’homme est remarquable. »(1) On ne vit manifestement pas dans le même monde.

Le soir de cette journée nous fait encore retrouver nos fidèles à Oensingen pour le repas des bienfaiteurs. Et c’est donc par une action de grâces que nous terminons cette riche journée.

 

25 janvier 2010

Une huile nous rend visite, mais il n’est de loin pas un inconnu. C’est la réunion des prêtres de tout le district à Oensingen qui nous permet de recevoir l’abbé Pfluger, 1er assistant de Mgr Fellay. Cela fait cinq ans qu’il ne s’était plus retrouvé devant les prêtres suisses, mais ses multiples périples ne l’ont pas changé, semper idem. Pourtant malgré toutes ses occupations il a réussi à apprendre deux langues, l’espagnol et l’anglais, et il prêche ainsi des retraites dans quatre langues… N’est-ce pas que l’Esprit de la Pentecôte ne peut pas être loin !

Il nous parle tout d’abord du « prêtre » selon l’esprit de Mgr Lefebvre, il suit les statuts de notre Fraternité pour nous (re)mettre en lumière leurs belles vérités et profondes exigences. Remettre sans cesse au centre ce qui est essentiel, voilà un secret qui peut nous aider puissamment, et certainement un des rôles les plus importants pour ceux qui ont pour mission de gouverner.

Une question devait venir, c’était évidemment sur les discussions romaines. Sur les bribes qui nous arrivent imposées par la discrétion, il y a cette remarque que je trouve intéressante autant que surprenante : Rome ne nous connaît pas. Les théologiens découvrent tout un monde : les arguments théologiques, les faits historiques, la lecture du magistère, mais cette fois sous les couleurs de la Tradition catholique. Et dire que cela ne tient pas la route n’est de loin pas évident, il y a quand même deux mille ans d’histoire de l’Eglise qui disent la même chose. De belles espérances donc en perspective…

 

1er et 2 février 2010

La visite du Rafflay : cela faisait longtemps qu’on espérait pouvoir faire le détour de la Bretagne, mais il a fallu la petite missive d’une jeune novice pour lancer le voyage. Une compagnie à bas prix desservant Genève rend de tels vols à portée de toutes les bourses, et pour dire franchement, heureusement que le temps manque, sinon ce serait tous les mois qu’une nouvelle contrée s’offrirait à notre curiosité. Février a décidé de se montrer plus clément que janvier, le soleil se permet quelques sorties qui nous éblouissent mais nous ravissent car on vient de la Nebelzone.

Le Rafflay est constitué d’un groupement assez hétéroclite de bâtiments, les soeurs là-bas avec une aile de « château » et quelques dépendances s’y agrippant comme elles peuvent. Puis une chapelle par-ci par là, des locaux communs puis encore des chambres… J’imagine les soeurs commençant leur journée par du Jean Ferrat : « l’aventure commence à l’aurore ! » Pardon, je m’égare, mais un peu plus loin se trouve la grande construction qui permet l’accueil des personnes âgées et des prêtres atteints dans leur santé qui y reçoivent les dévouements de ces soeurs. Saint Jean Baptiste a été entendu dans le désert de Galilée, elles se dénomment ses Servantes, et leur foi leur montre l’Agneau de Dieu qui se cache sous toute cette misère humaine qu’elles tentent d’alléger de toutes leurs forces.

Une belle oeuvre de charité de toute évidence. Et c’est avec joie que nous assistons aux premiers voeux de notre deuxième Valaisanne de ces lieux, qui se lance de tout son coeur dans la vraie et belle aventure d’union à l’Epoux de l’Evangile. Apprendre combien Dieu nous aime à travers les tâches les plus simples, les plus humbles, les plus cachées, quelle belle réponse à ce monde. Le voyage du retour se remplit de telles réfl exions…

Je voulais aussi vous entretenir de ce prêtre que peut-être certains d’entre vous ont connu à l’époque à Fribourg. L’abbé Bouvier est aussi pensionnaire, nonagénaire dont la santé est bien défaillante, cependant ses yeux ont brillé d’un bel éclat lorsque je lui ai parlé de la Suisse. Il est resté environ une dizaine d’année à la maison de district qui se trouvait alors à Villars-sur-Glâne, et desservait nos chapelles. Mais ses attaches avec notre pays étaient encore plus anciennes, puisqu’il a eu l’honneur et le privilège de faire son séminaire à Fribourg comme condisciple de Mgr Mamie. C’est comme certaines gouttes d’eau qui tombent tout à côté sur la crête des Alpes, l’une se retrouve en Mer du Nord, l’autre en pleine Méditerranée. Vous comprenez ainsi que je ne pouvais pas faire autrement que d’offrir un peu de l’aide de la quête de Carême à ces chères soeurs pour le bien qu’elles font dans ce coin de l’Hexagone, car les liens sont là, profonds, tissés par la vie de la Tradition.

 

26 février 2010

Le temps semblait propice et certains fi dèles l’attendaient, aussi on a décidé avec l’économe de district de faire une soirée « transparence » sur le grand complexe de Wil (KGZ : Kirch-Gemeinde-Zentrum), terminé voici bien cinq ans. Les suppositions allaient grand train sur le coût réel du plus grand chantier de la Fraternité (au moins à l’époque). La belle église ceinte par le prieuré ainsi que par l’école primaire et secondaire se révèle encore maintenant une oeuvre audacieuse, mais la Providence a manifestement montré que, lorsqu’elle veut, elle donne aussi les moyens… des fois avec quelques cheveux gris en prime.

Je n’étalerai pas ici les chiffres, cela ne regarde pas le monde extérieur qui nous lit, et même si cela nous flatte, cela nous incite à une certaine réserve. Ce que je puis dire ici, c’est qu’il n’y a plus de crédit hypothécaire et que le financement est tout à l’interne. Les banquiers ont de la peine à suivre le "système saint Joseph", et pourtant quelle garantie pour ceux qui s’y fient !

 

27 février 2010

Les samedis des Quatre-Temps ont les messes les plus longues de l’année liturgique, et lorsque s’y mêlent les ordinations, nous avons une belle cérémonie de trois heures pleines. Il n’y a pas seulement des séminaristes d’Ecône mais encore de jeunes dominicains et de frais capucins, et tout ce petit monde est un beau refl et de la diversité de l’Eglise. Non, cette diversité n’est pas à rechercher ailleurs que dans le sein de l’Eglise. Tonsurés, portiers, acolytes se retrouvent rayonnants au pied de saint Pie X.

A ce moment, on aime bien regarder ce que les visages de chacune des familles concernées expriment : émerveillement devant cette jeunesse, envie quand on a l’expérience du monde, nostalgie pour le petit qui ne l’est plus, fierté de participer à la reconstruction de l’Eglise et peut-être même de la civilisation catholique, incompréhension aussi que le Seigneur puisse tant demander, mais à la fi n peu importe. On les félicite tous d’être de la partie.

 

28 février 2010

Journée d’adoration à Goldau (SZ), puisque le jeune vicaire du lieu suit son apprentissage et est allé prêcher une récollection aux fidèles de Brigue (VS). J’en profite pour aller sur les traces de la généreuse épouse de Stauffacher à Steinen.

Devant une chapelle à la sortie du village, on peut découvrir la belle anecdote qui rappelle les tout débuts de notre pays. C’était quelques années avant le pacte de 1291, Gessler le bailli tyrannique passant dans la région vit la belle maison que l’ancien Landammann se construisait, et s’écria : « Je ne souffrirai pas que les paysans bâtissent de si belles maisons sans ma permission. » La femme de Werner Stauffacher ne put s’empêcher de réveiller les sentiments de justice de son mari : « Jusqu’à quand faudra-t-il supporter de telles insultes ? Elevons-nous nos enfants pour en faire des esclaves ? Va trouver nos amis d’Uri et d’Unterwald, concertez-vous et cherchez ensemble comment secouer le joug de cette tyrannie. Nous invoquerons le Seigneur et Il bénira cette entreprise. »

Que Dieu donne à notre patrie d’autres Barbara, car il y a plusieurs jougs à secouer !

Abbé Henry Wuillod

 

(1) Tagblatt, 8 février 2010.

 

Chronique extraite du Rocher numéro 64 - Bulletin du District de Suisse

 

Supérieur : Abbé Henry WUILLOUD
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