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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : mai-juin 2010

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Extrait du Rocher

Rédacteur en chef : abbé Claude Pellouchoud

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE - Le Rocher n°66

11 mai 2010

A l’occasion de la réunion de prêtres à Montreux, nous avons invité un spécialiste des questions musulmanes, et particulièrement de la conception de la loi chez les islamistes. Il semblait qu’un tel thème pouvait nous donner quelques lumières pour réagir contre le fléau (nos anciens n’ont jamais parlé autrement) qui envahit tranquillement notre pays. Le problème fut que, si on était bien d’accord sur la fermeté qu’il fallait exercer à l’encontre de l’islam, on était absolument à l’opposé pour les principes. Les libéraux veulent que la loi ne doive provenir que de la raison de l’homme, or l’islam puise sa loi dans la « révélation » d’Allah à Mahomet. Donc pour le monde libéral c’est forcément mauvais.

Il est impressionnant que même pour un chrétien – le conférencier l’est –, le Décalogue soit une entité complètement étrangère à la juridiction civile. Pourtant ce sont vraiment les fondements de la loi naturelle, donc de la loi de notre raison, et aucune démocratie et aucune royauté ne peuvent s’abstenir de ces principes. Sinon l’arbitraire des lois actuelles, permettant entre autres le meurtre d’innocents, continuera de sévir, et l’islam verra la porte ouverte pour envahir. Le malheur pour l’orateur c’est qu’il connaît mieux l’islam que sa propre religion, or sans la religion catholique pas de chance de contrer l’essor des gens du croissant.

Mais le conférencier nous fut tout de même sympathique, car il nous parla de sa terre natale et de sa mère farouchement chrétienne. Cette femme au caractère trempé subissait avec peine la nouvelle théologie des prêtres modernes. Aussi un jour que le prêtre s’essayait à l’interprétation de la parabole du pasteur laissant les nonante-neuf brebis pour aller chercher celle perdue, elle ne put se contenir plus longtemps et se leva en disant tout haut : « Tais-toi, car pour toi, ce sont les nonante-neuf qui sont parties ! » Oui, ce n’est pas très gracieux, mais quelle efficacité !

 

20 mai 2010

Décision est prise en dernière minute de partir ce jour-là pour Turin : ce sont les dernières heures d’exposition du linceul du Christ. Avec les deux religieuses et l’abbé Dähler nous franchissons le Gothard et descendons le Tessin. Enfin un peu de beau temps et de soleil, on n’a pas vraiment eu de printemps cette année avec ce froid et cette brume qui nous accompagnent toute la journée. Traverser la riante Italie du Nord fait donc un grand bien.

A Turin, et c’est l’avantage de la voiture, nous nous faufilons tout près de l’église et comme nous ne nous sommes pas inscrits, nous n’allons pas faire la longue queue qui permet de rester trois minutes devant l’insigne relique. Plutôt une bonne paire de jumelles et vous pouvez contempler tout votre loisir les traces du supplice de notre vénéré Maître : ainsi on regarde et on prie.

Plus tard, la journée nous laissant du temps, nous faisons ce qui nous semble un petit détour sur la carte pour aller visiter le sanctuaire d’Oropa. Eh bien ! malgré la longueur du détour, celui-ci vaut la peine. A 1 100 m, nous découvrons une petite merveille : une chapelle des apparitions qui est enclose dans un gigantesque ensemble architectural où jadis des moniales vivaient par centaines leur vie religieuse. Le tout est surmonté d’une impressionnante basilique ornée de modernes et cependant magnifiques peintures relatant les différents épisodes de la vie de la Bienheureuse Vierge Marie.

Nous espérons passer le col du Grand Saint-Bernard au retour, mais ce n’est que le 1er juin qu’il est ouvert à la circulation : cela ne m’étonne pas, ils font de belles affaires avec les tarifs affichés !

 

22 mai 2010

Vu que cette année fin juin sera bien occupé, nous profitons de faire le déplacement vers Zaitzkofen pour le diaconat du petit dernier des Pfluger. La route serait toujours plus courte, vu les améliorations annuelles qui se font entre Bregenz et Münich, mais c’est sans compter les bouchons. Nous arrivons donc avec le tonton frère avec un peu de retard, mais le séminaire nous reçoit toujours avec sa gentillesse accoutumée. Je constate là encore une bizarrerie propre à la Fraternité : ici il y a trois ordinands pour le sacerdoce et le diaconat et on fait deux cérémonies ; à Ecône, ils sont trois fois plus et on ne fait qu’une cérémonie. C’est comme ça et voilà tout ! Je me demande si cela ferait beaucoup de rouspétances si la cérémonie à Ecône devait être raccourcie d’une bonne demi-heure ? C’est pratique cette petite chronique, on peut dire plein de choses !

A Zaitzkofen, comme à chaque passage, je suis admiratif devant les ornements de la sacristie. C’est parfait, tous sont très beaux et très neufs, rangés à la prussienne, rien ne dépasse. A faire pâlir de jalousie plus d’une cathédrale. Le secret est dans un frère dont les talents pour la couture et la confection de vêtements liturgiques ne sont guère disputés. Mais on ne mesure pas assez l’importance de cette formation au bon goût et au beau pour les séminaristes, c’est Dieu qu’ils vont servir. L’âme se doit d’abord d’être bellement ornée, et les habits doivent manifester cet intérieur.

 

5 juin 2010

Journée chargée puisqu’il faut cumuler un déplacement à Menzingen et un autre à Fribourg. Pour celui de la Maison généralice, il est très agréable car c’est afin de présenter un prêtre à Monseigneur Fellay. Ce n’est effectivement pas le cas tous les jours et c’est même la première fois en six ans. Echanges paternels de l’évêque de la Tradition qui reçoit les confidences sur les déviances de l’Eglise conciliaire. Mgr Fellay nous dira plus tard qu’il est à chaque fois surpris de l’amplitude du désastre, et Dieu sait s’il en a entendu. La Porte Latine a envoyé deux cameramen pour prendre des images, aussi tout s’organise pour une sympathique grillade.

Malgré le tentant fumet, Fribourg appelle. C’est en effet, la manifestation « Oui à l’enfant » qui a lieu dans le grand boulevard de Pérolles. Par les haut-parleurs qui frappent les édifices environnants, nous dérangeons certains qui prennent un bain de soleil sur le gazon de la place, mais à vrai dire on s’en fiche, car des enfants meurent chaque jour. Oui l’écho dérange, il s’insinue partout et pendant quelques instants la grâce passe. C’est pourquoi nous croyons à de telles manifestations qui mettent Dieu au centre de la cité, et même si l’action peut sembler minime, la résonance l’agrandit et on ne sait pas jusqu’où l’Esprit souffle.

Je veux profiter comme chaque fois de féliciter et remercier ceux qui viennent de loin pour chanter ces quelques Ave. Peut-on penser qu’il y aura une place spéciale dans le Ciel pour ceux qui auront défendu ces tout-petits ? S’il y a une pierre pour ceux qui les scandalisent, il ne peut y avoir qu’un trône pour ceux qui luttent pour eux.

 

6 juin 2010

La Fête-Dieu en terre protestante se célèbre en général le dimanche et c’est sur un parcours remanié que le Dieu d’amour est adoré par nos fidèles. Un enfant qui était dans la rue, accompagné de sa mère, regarde avec attention ces drôles de gens qui se mettent à genoux dans la rue et s’étonne devant les soutanelles, les parements et les ors des ministres : « Maman, que font-ils ? – Mais ils prient, mon petit ! » Le garçon reste encore quelques instants songeur : « Maman, cela veut dire quoi, prier ? » Un plus long silence et la mère de répondre : « Je n’en sais rien, mon petit.»

Ces mots qui nous ont été rapportés à la fin de la cérémonie sont bouleversants. Dieu est passé si près, si accessible ! On comprend mieux avec de tels faits, que la crise est une crise de la tradition ; les parents ne transmettent plus, ils n’avaient euxmêmes rien reçu. Nous, nous savons prier, et même s’il nous manque parfois l’amour de faire silence ou le goût de s’abîmer devant l’Infini, quelle gratitude devons-nous avoir pour ceux qui nous ont transmis cette capacité d’élever notre âme !

 

14 et 15 juin 2010

La quasi-totalité des prêtres du district ainsi que les frères ont rendez-vous à la nouvelle école de Wangs. Notre sortie annuelle conjugue la visite du nouveau bâtiment avec la découverte de la région. Au niveau du temps, ce mois de juin est maussade, aussi nous abandonnons l’idée de crapahuter sur les sommets et nous allons visiter la cathédrale de Coire ainsi que l’ermitage de saint Lucius qui a évangélisé la région dans les premiers siècles du christianisme. Un voyage organisé avec des personnes âgées semble ravi de voir une telle curiosité au XXIe siècle : près de quarante soutanes déambulant dans l’antique cité des Rhètes. Nous retournons alors à Wangs, et après le repas ce sont les différentes spiritualités qui se dessinent : qui aux cartes, qui à la salle de gym, qui à refaire le monde, et affreux, certains en profitent même pour suivre un match du Mondial.

Le lendemain, nous partons en direction de l’ouest, à Näfels en terre glaronaise. Ce village n’est-il pas un haut-lieu de la résistance et un beau symbole pour le petit qui doit se défendre devant le grand, et donc pour la petite Tradition un bel encouragement ? En ce mois de février de 1388, l’Autriche a décidé de punir les velléités d’indépendance de Glaris. 5 à 6 000 hommes sont parés pour l’attaque, mais en face, les cols étant encore trop enneigés, seuls deux cents hommes aidés de trente Schwytzois. Le résultat est connu de tous : 2 500 morts Autrichiens contre 55 pour les Confédérés. Incroyable à un contre trente, et pourtant c’est bien arrivé. Une belle discipline, une volonté invincible de défendre leur liberté, un esprit de corps, et la déroute de l’ennemi est annoncée. Que ces braves nous inspirent pour la défense de notre foi !

Nous visitons rapidement l’église de Näfels, puis un intéressant musée nous retient plus de deux heures : histoire de la région, industrie du tissu imprimé. Nous allons pique-niquer sur les bords du lac du Klöntal, encore une belle région intéressante avec ce grand lac qui domine la vallée de Glaris, et c’est depuis là que les voitures reviennent à leurs prieurés respectifs.

 

27 juin 2010

Sur les hauts de la plaine, à Salvan précisément, nous avons la joie d’entourer un confrère qui fête ses trente années de sacerdoce. Quelques membres de sa famille et des fidèles ont voulu se joindre à cette messe d’action de grâces. Vous l’avez en mille, il s’agit de l’abbé Herrbach, et il est bien ému aujourd’hui, entouré qu’il est de sa famille religieuse. Il narre les anecdotes savoureuses des débuts : au séminaire, où il nous fait revivre le chanoine Berthod ; le Québec qui a gardé une portion de son coeur ; et évidemment Salvan où il subit les doux supplices de nos soeurs oblates.

On croit bien à tout ce qu’il nous dit : la formule et la mimique sont si convaincantes. Nous voulons ici encore le remercier pour sa généreuse activité auprès des âmes et surtout pour son zèle fidèle auprès de nos tertiaires. Eh oui, l’air de la montagne ne rend pas anémique, mais volontaire et généreux.

 

28 juin 2010

Beaucoup sont arrivés la veille, envahissant petit à petit les bas d’Ecône. Les tentes sont dressées et on peut voir circuler des enfants suivant docilement (enfin plus ou moins) une religieuse. C’est le pèlerinage pour le centenaire du décret Quam singulari de saint Pie X qui permet aux enfants de recevoir le Bon Dieu dès qu’ils sont arrivés à l’âge de raison, c’est-à-dire capables de discerner le bien du mal et de différencier le Pain de vie du pain ordinaire. On reconnaît bien le style conquérant de ce grand pape, qui avec une vue surnaturelle, prépare pour l’Eglise des chrétiens forts car se nourrissant dès leur plus jeune âge de Jésus-Hostie.

Saint Pie X avait bien en vue la défense de la civilisation chrétienne contre le modernisme destructeur qui menaçait déjà si vivement le bastion de l’Eglise ; il disait en effet dans une lettre à Mgr Grellier, évêque de Laval : « En outre, pendant que les fils de perdition crient : "Nous ne voulons pas qu’Il règne sur nous", Dieu lui-même se constitue un empire plus digne sur les âmes de ceux auxquels appartient le royaume des cieux. » Un empire plus digne que Dieu réalise dans les âmes, et le début de cet événement capital pour l’Eglise ne devait-il pas être commémoré et fêté à Ecône ? Bien des parents l’ont compris et ont envoyé ou accompagné leurs enfants dans ce haut-lieu de la Tradition. Mgr Fellay célébra la sainte messe et il leur expliqua durant l’homélie combien grande était la grâce, la chance de recevoir Dieu si tôt dans l’enfance alors qu’autrefois on devait attendre l’âge de 10, 12 27 ou même 14 ans avant d’approcher de la table de communion. Il s’est également tourné vers les servants de messe afin de leur faire comprendre la grandeur et le sublime de leur mission : normalement ce service devrait être réservé aux clercs ayant accédé à certains grades, et en raison du manque de séminaristes, l’Eglise tolérait que de jeunes garçons remplissent ces fonctions réservées.

La journée ainsi bien commencée devait se poursuivre par des actes concrets de générosité prouvant la reconnaissance. Et voilà que la grande troupe de plus de quatre cents enfants, une cinquantaine de voiles et quelques soutanes prit le chemin de Saint-Maurice d’Agaune. C’est sur le champ du martyre qu’ils entendirent le récit du témoignage courageux et viril de saint Maurice et de tous ses compagnons, qui périrent sur cette terre valaisanne en voulant obéir à Dieu plutôt qu’à l’empereur.

Il ne restait plus qu’à aller se recueillir sur les reliques sacrées de ces héros de la foi qui restèrent fermes et forts malgré la persécution. Les religieux de la basilique de Saint-Maurice eurent la bonté de nous faire une ostension des précieux reliquaires, il restait à l’abbé Lovey de montrer une dernière fois le rapport entre le martyre et la communion, et l’exemple de la communion du petit Joseph Sarto qui désirait tellement la céleste nourriture.

Le retour se fait en train spécial vers Ecône, où il y aura encore une veillée. Car il y avait encore un point important qui n’avait pas été abordé : que la communion est contagieuse ! Et c’est ainsi que l’abbé Couture, grand missionnaire devant l’Eternel, plein de vie et de bonhomie, vient parler aux enfants de ses expériences et de l’action du Seigneur Jésus dans les âmes très loin là-bas dans les îles du Pacifique. Un peu d’accordéon et quelques sketches animèrent encore un peu la soirée, mais les petites têtes blondes, et aussi les généreuses têtes voilées, montraient d’évidents signes de fatigue. Un beau Salve Regina vient terminer la belle journée de grâces.

Abbé Henry Wuillod

 

 

Chronique extraite du Rocher numéro 66 - Bulletin du District de Suisse

 

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