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Les insolites de LPL

   Chronique du District de Suisse : janvier et février 2011

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Extrait du Rocher

Rédacteur en chef : abbé Claude Pellouchoud

FEUILLES DE ROUTE DU DISTRICT DE SUISSE - Le Rocher n° 70

7 - 8 janvier 2011

Deux Valaisans déambulent dans la gigacité qu’est Paris, ils regardent sans cesse autour d’eux de crainte d’omettre la lecture d’un tableau indicateur, des provinciaux, quoi ! Oui, et tellement contents de pouvoir le rester. Tout est virevoltant, même les fleurs devant les devantures semblent s’être mises au rythme endiablé, mais de fait c’est qu’elles se font déplacer pour happer le regard des passants. La rumeur couvre les beaux sons naturels, si bien qu’il faut beaucoup d’attention ou de chance pour percevoir le chant d’un oiseau. Pardon, mais on n’est pas venu ici pour critiquer, et il y a par ailleurs tant et tant de merveilles à découvrir dans la ville de sainte Geneviève.

C’est surtout le congrès du Courrier de Rome qui nous a stimulés pour ce déplacement, et à mon étonnement, une ville de six millions d’habitants n’arrive pas à remplir une petite salle – et ce n’était pas Bobino ! – pour entendre des conférenciers d’une telle qualité. La Tradition possède quelques éminences intellectuelles qui nous ravissent par la profondeur de leur réflexion, l’immensité de leur recherche et j’ajouterai la finesse de l’analyse. Cette recherche objective de la vérité est impressionnante et bien digne de louanges. Le thème du congrès était : la Tradition comme solution à la crise dont j’enlève, suite aux conférences, le point d’interrogation qui l’accompagnait poliment.

La première partie traitait de la manière dont l’Eglise a réagi face aux erreurs. Que ce soit aux temps de l’arianisme, du Concile de Trente ou encore à la Révolution française, il est étonnant en interrogeant l’histoire de voir combien l’Eglise s’est montrée capable d’accepter des choses à la limite du tolérable afin de gagner les coeurs et les âmes. Je préfère ne pas citer d’exemples de peur que, sortis de leur contexte, ils puissent être mal compris.

Vint ensuite la partie plus dogmatique que les lecteurs de la revue SiSi- NoNo sont plus coutumiers de lire, car ils ont pu entendre développer sur l’ecclésiologie les réflexions pleines de sens et de bon sens qui mettent le concile Vatican II sens dessus dessous. Vraiment je me réjouis de pouvoir relire ces études dans les actes du congrès qui seront édités, car elles sont des armes précieuses dans la lutte que nous tenons pour la belle Tradition catholique.

Après cela, Lutèce me sembla moins blafarde : même ici dans ce monde de ferraille et de béton, pouvait jaillir une lumière vivifiante qui éclaire les hommes vivant dans les montagnes, les déserts ou les forêts. Qu’Il est grand, le Bon Dieu !

 

10 janvier 2011

Il vient de débarquer la veille au soir de Paris, où il clôturait le congrès cité plus haut, et il avait encore accepté de venir présider la réunion des prêtres de tout le district à Oensingen : Mgr Fellay n’hésite guère à se donner pour cette grande famille de la Tradition. Comme de coutume la sainte messe est célébrée, puis on partage le repas où le barrage de la langue permet de reconnaître les différents groupes.

Il y a certaines constantes à relever : les "welches" ne sont pas les meilleurs pour l’allemand – les anciens de la Fraternité suisses allemands connaissent bien le français – la nouvelle vague provenant de Zaitzkofen beaucoup moins. Et pourtant quel gain pour tous de posséder ces deux langues nationales : pour les Allemands de lire ou d’écouter Mgr Lefebvre est déjà une belle récompense ; pour nous de langue française, cela permet de développer l’apostolat ; enfin pour tous, cela permet de partager lors des rencontres, ce qui développe la vie de famille, qui doit évidemment être recherchée dans une Fraternité.

Mgr Fellay n’a pas, lui, le problème des langues, puisqu’il manie avec excellence plusieurs langues, passant de l’une à l’autre sans difficulté… un peu comme un Karol Wojtyla ou un Joseph Ratzinger.

Mgr Fellay nous retrace quelques sinueux méandres de la politique vaticane, et on pourrait citer Bernanos : « Les plus hautes fleurs de la civilisation humaine ont poussé sur le fumier de la misère. » Quelles impostures, quelles dissimulations, quelle diplomatie pour sauver la face, et en même temps de belles âmes vouées à l’Eglise souffrent et se sacrifient dans ces mêmes murs. Comme toute l’histoire de l’Eglise est un sempiternel mélange de bon grain et d’ivraie, cela ne doit pas nous faire douter de la beauté, de la sainteté, de la divinité de notre sainte Mère l’Eglise. Et pour le reste, Deus scit.

 

22 janvier 2011

C’est très impressionné par le nombre des convives que je pénètre dans la salle du repas. Tous ceux qui collaborent avec le prieuré ou l’école de Wil sont invités, et cela fait une bonne centaine de personnes ! Oui, si on met ce chiffre en relation avec le nombre de fidèles, on constate que plus d’un quart s’est engagé pour une part de soutien. Et il y a de tous les âges qui sont mêlés de près ou de loin au fonctionnement de notre institution.

C’est aussi cela le miracle de la Tradition qui, en ce siècle de l’individualisme, voit la multiplication de générosité par de bonnes âmes mettant la main à la poche ou à la pâte ou les deux ! Que Dieu les bénisse tous.

 

23 janvier 2011

Il y avait déjà quelque temps que je guettais cette opportunité, qui était de me faire inviter dans cette famille. Un couvert de plus, lorsqu’il y en a déjà dix-huit, on peut légitimement se demander si on ne sera pas de trop. Mais la simplicité est de mise ici, car avec seize enfants, on ne peut s’encombrer de superflu.

Aussi après la messe à Saint-Gall, sur un balcon qui domine le lac de Constance, j’ai la joie de me retrouver dans une sympathique cohue. Comme la ferme n’est pas immense, toute la place est utilisée quasi scientifiquement, là les chaussures, là les vestes. Le luxe ici, ce sont les belles mines des enfants autour de la table. Chacun défile pour recevoir le plat préparé par la maman et s’en va à sa place, les plus grands au salon, les autres restent à la cuisine.

Comme j’aime bien citer cet exemple, je recueille souvent des moues désapprouvant un tel excès, comme si c’était possible de bien éduquer ou de lancer dans la vie sans grands moyens financiers. Pourtant en les voyant, je ne sais pas si quelqu’un pourrait dire : celui-là ou celle-ci sont de trop ! Voyez sur la photo, la génération suivante est déjà en train d’être façonnée. Que la famille retrouve la crainte de Dieu plutôt que la crainte de l’enfant. Seigneur, donnez-nous de saintes familles catholiques !

 

25 janvier 2011

Petite sortie de communauté dans l’Oberland bernois avec une marche sous un soleil avare de rayons, mais une très intéressante visite du château de Thoune qui vaut absolument le détour. De grandes salles servant de musée bernois, mais dans une atmosphère vraiment médiévale, donnent un aperçu de la puissance qui émanait d’un tel édifice et qui étendait son ombre menaçant e ou protectrice bien au loin dans ces vallées alpestres. Nous avons aussi rencontré quelques individus d’époque !

 

11 février 2011

Rickenbach reçoit la visite d’un éminent ancien de la Fraternité. Le frère Gabriel, accompagné de Monsieur Jean, peut maintenant profiter d’aller de-ci de-là, ayant enfin une aide à la cuisine d’Ecône. Pas loin de quarante années, le frère s’est dévoué pour les prêtres et les séminaristes, en restant dans l’ombre de la rive gauche valaisanne.

Ce qui m’a une nouvelle fois frappé, c’est son amour filial de Mgr Lefebvre. Il suffit qu’il enchaîne quelques considérations sur lui pour que pétille dans ses yeux une flamme de joie, de respect et de saine fierté. Il aime à montrer cet aspect touchant de notre fondateur tellement proche des siens, lorsqu’au retour de chaque voyage, il venait saluer et raconter un peu au frère quelques péripéties de sa tournée.

Lorsque le frère parle de Monseigneur, il n’a certes pas des larmes dans ses yeux, néanmoins une certaine buée s’en vient ternir sa cornée. C’est aussi cela Monseigneur Lefebvre… Vingt ans après son décès, son image est loin d’être ternie dans la mémoire de ceux qui l’ont connu.

 

14 au 17 février 2011

C’est sûr, on n’est pas tous pareils ! Certains arrivent à apprécier des choses que d’autres tentent de fuir. L’anniversaire de la naissance est une de ces réalités incontournables de notre époque : crime de lèse-majesté en cas d’oubli… notamment

si les chiffres sont ronds, on peut passer à travers de véritables catastrophes intérieures pour un quelconque manquement. Enfin voilà encore un principe qui découle de je ne sais pas où : on fêtera votre anniversaire de manière inversement proportionnelle à votre désir de le fêter ! Ainsi va la vie ! Donc cette semaine a été passablement difficile et je ne veux pas en rajouter sur ce thème.

 

19 février 2011

Lors du passage au Tessin pour faire la tournée de nos fidèles, l’une se trouve trop malade pour recevoir la communion. Aussi cela me permet de visiter un des lieux dont notre canton italien est fertile. Plusieurs fois il avait attiré mon regard, car il est juché sur une colline dominant fièrement la plaine tessinoise.

Au-dessus du grand village de Claro qui se trouve entre Biasca et Bellinzone, est édifié un splendide monastère dédié à Sainte Marie. On y parvient par une petite télécabine, ou mieux par un beau chemin rocailleux qui grimpe vivement dans ses débuts pour ensuite prendre un rythme plus paisible.

Là nous sommes arrivés chez des religieuses bénédictines qui vivent dans une oasis de paix et de solitude. La rumeur arrive bien de la plaine mais les hauts murs l’arrêtent. Je ne sais combien il se trouve encore de soeurs, mais j’ai préféré ne pas le savoir de peur d’être désolé des ravages de la crise et imaginé qu’elles étaient nombreuses à élever leur âme à Dieu. De tels murs vénérables semblent tellement inatteignables par les souillures du monde et de son esprit, mais…

 

21 et 22 février

Deux jours à Oberriet pour traiter d’un sujet immense : l’Eglise… mais en focalisant notre regard sur l’identité de l’Eglise du Christ avec l’Eglise catholique.

Depuis le Concile, on a dissocié ce que le magistère précédent avait uni de manière claire et formelle. C’est que l’enjeu s’était modifié, et que le pape Jean XXIII voulait donner une impulsion claire à l’oecuménisme. C’est passionnant de lire les débats liés aux schémas préparatoires ; ce sont de véritables joutes entre cardinaux de haut rang qui ne sont pas piquées des vers. On y voit un préfet du Saint-Office, le cardinal Ottaviani, attaqué de toute part par des cardinaux assoiffés de s’ouvrir au monde. La même « bande » qui a désarçonné le concile dès ses débuts est là – je pense aux cardinaux Liénart, Béa, Léger, König et Döpfner – cherchant rabaisser la portée de l’appartenance à l’Eglise catholique.

Ils ont bien réussi leur coup ; l’important maintenant n’est plus d’appartenir à l’Eglise catholique mais à l’Eglise du Christ. La prédication de l’Eglise qui devrait être missionnaire se liquéfie ainsi, et les âmes deviennent complètement et logiquement indifférentes, passant à côté des trésors de l’Eglise catholique qui est l’Eglise du Christ. Le lien avec le siège de Pierre devient superflu, l’adhésion aux dogmes proclamés par Rome suit nos envies et notre bonne volonté ; le résultat est que le peuple catholique croit ce qu’il veut et qu’il n’est plus uni formellement au pape.

Les faits et les sondages ont démontré à qui veut bien l’entendre combien les catholiques ne le sont plus ! C’est cela le grand drame de l’Eglise et la catastrophe de Vatican II, et on meurt en païen avec la conscience assurée par les pasteurs d’être au Christ. Nous aimons mieux le langage sans ambiguïtés de Mgr Lefebvre :

« Au Ciel, il n’y pas de protestants, il n’y a que des catholiques ! »(1)

Tant que les hautes instances développeront une diplomatie là où elles devraient clamer la vérité, on en restera à voir les âmes se perdre comme sur les images des vieux catéchismes : en dansant ils descendent la pente.

Abbé Henry Wuillod

 

 

Notes

(1) Ils l’ont découronné, p. 176.


 

Chronique extraite du Rocher numéro 70 - Bulletin du District de Suisse

 

Supérieur : Abbé Henry WUILLOUD
Prieuré Saint-Nicolas-de-Flüe
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