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   Sermon de Mgr Lefebvre - Soixante-dix ans de Monseigneur - 29 novembre 1975

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Sermon de Mgr Lefebvre
29 novembre 1975
Soixante-dix ans de Monseigneur

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29 novembre 1975
Soixante-dix ans de Monseigneur

 

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29 novembre 1975

 

Mes bien chers amis,
        Mes bien chers frères,

Je suis très touché par l’attention qu’ont eue mes confrères de me demander de célébrer une messe solennelle à l’occasion du soixante-dixième anniversaire de ma naissance. Et puisque, par le fait même, j’ai l’occasion de vous adresser quelques mots, à vous surtout mes chers amis, je ne voudrais pas retracer les étapes de ma vie, parler de moi, cela ne convient pas dans une chapelle, je préférerais plutôt vous encourager et vous donner quelques conseils en me servant de l’expérience de ces années que le Bon Dieu m’a données : années de sacerdoce, années d’épiscopat, années d’apostolat.

Il me semble que ce qui importe dans les années que le Bon Dieu nous donne à vivre, ce n’est pas d’en avoir quarante, cinquante, soixante, soixante-dix à vivre ici-bas, l’essentiel c’est de les bien vivre ; de les utiliser de telle manière que nos années chantent la gloire du Bon Dieu, réalisent la volonté de Dieu sur nous et nous permettent un jour de participer à la vie éternelle. C’est cela qui importe dans l’utilisation des années que le Bon Dieu nous donne.

On peut comparer en définitive ces années, à un morceau de musique, le tracé des portées, ce sont les lois, les lois générales qui nous indiquent le chemin à suivre : lois naturelles, lois de l’Église, lois surnaturelles que Notre Seigneur Jésus-Christ, par la Révélation est venu nous apporter. Nous avons donc un chemin tout tracé. Mais sur ce chemin, c’est Dieu Lui-même qui doit inscrire les notes. Et il s’agit d’être dans le ton. Il ne faut pas que nous fassions de fausses notes. Or c’est nous qui faisons les fausses notes. Si nous laissons Dieu agir en nous, alors les notes qui varient des plus agréables jusqu’aux plus graves et aux plus aiguës ; tout cela indique tout ce que notre vie comporte. Des épreuves, des joies, des difficultés, mais laissons Dieu agir et n’intervenons pas nous-mêmes pour détruire l’harmonie que le Bon Dieu veut mettre dans notre vie. C’est là tout le problème de notre existence.

Et pour cela, il est une voie à suivre – et je ne prétends pas l’avoir suivie moi-même – mais l’avoir prise au moins comme idéal de vie. C’est s’abandonner à la volonté du Bon Dieu, s’abandonner à la sainte Providence, en comptant sur Dieu, en comptant sur Notre Seigneur, en comptant sur la grâce de Notre Seigneur, en comptant particulièrement sur l’exercice de notre foi, sur la vie surnaturelle et non pas sur les moyens naturels et non pas sur nos propres possibilités, sur nos propres facultés, sur nos propres dons, mais sur la grâce du Bon Dieu.

Et pour cela, pour permettre au Bon Dieu d’agir par nous comme Il le veut, comme Il le désire, comme Il l’entend, il nous faut nous renoncer. Il nous faut nous abandonner dans les épreuves comme dans les joies. Il faut également nous rendre indifférents vis-à-vis des biens de ce monde, vis-à-vis de la richesse, de la pauvreté, dire comme saint Paul : « Il m’arrive de vivre dans l’abondance, il m’arrive de vivre dans la pauvreté, » dit saint Paul, « tout cela m’est indifférent. »

Il faut aller plus loin dans l’abandon ; il faut aller plus loin dans le détachement. Non seulement il faut abandonner les biens de ce monde, mais il faut aussi abandonner un bien naturel, qui, nous est très cher, même celui de notre réputation, et particulièrement en cette époque que nous vivons, en cette période que nous vivons, par tous ces moyens de communication sociale, par toute cette presse qui se plaît à formuler des jugements sur notre œuvre, comme ces gens peuvent le faire, avec une partialité évidente. Il faut par conséquent même, abandonner notre réputation. On nous dit que nous sommes dans la désobéissance. Et Dieu sait s’il est quelque chose qui nous est pourtant chère, c’est précisément de nous abandonner à la volonté du Bon Dieu et d’être entièrement soumis à ses désirs. Être dans la désobéissance, ce serait nous opposer non seulement aux autorités d’ici-bas, mais même à l’autorité de Dieu ; or cela est inconcevable.

Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas, nous prenons la ferme résolution de n’être jamais opposé à la sainte volonté de Dieu. Mais quand les forces du mal qui sont dans l’Église, d’une manière absolument évidente par l’autodestruction dont souffre l’Église ; quand ces forces du mal arrivent à convaincre les autorités les plus hautes de l’Église pour nous demander de les suivre, pour nous demander de nous conformer à leurs propres principes, à leurs propres idées qui sont destructrices de l’Église, alors nous préférons obéir à Dieu qu’aux hommes et nous refusons de nous soumettre à ces injonctions qui veulent nous conduire sur le chemin de la perte de la foi.

C’est là le problème qui apparaît aujourd’hui pour notre œuvre et pour le monde qui ne comprend pas la situation de l’Église, nous faire apparaître comme étant dans la désobéissance.

Pourquoi avons-nous choisi cette voie difficile, cette voie pénible même de perdre notre réputation vis-à-vis du monde, plutôt que de perdre notre réputation vis-à-vis de Dieu. Car c’est cela seul qui compte. Tout le reste ne compte pas.

Et nous devons aussi nous abandonner dans les difficultés spirituelles, dans les difficultés qui atteignent ce que nous avons de plus cher, notre union à Dieu, notre union à Notre Seigneur dans notre prière, dans notre oraison, dans l’amour que nous avons pour Notre Seigneur. Que d’entraves, que de difficultés, que d’épreuves tout au long d’une vie. Le Bon Dieu se plaît à nous envoyer des difficultés, des épreuves, des sécheresses.

Tout cela nous devons être prêts à l’offrir à Dieu, nous abandonner à Dieu dans ces difficultés, mais pour être attachés à Lui toujours davantage. C’est Lui qui nous donne cette croix ; c’est Lui qui nous fait porter la Croix ; c’est Lui qui nous met sur la Croix, pour que nous soyons plus unis à Lui ; pour que nous L’aimions davantage, pour que nous Le suivions davantage.

Alors, n’hésitons pas à accepter ces épreuves que le Bon Dieu nous donne. N’hésitons pas à accepter d’être ainsi détachés de toutes choses, afin d’être abandonnés pleinement à sa Sainte Volonté. C’est cela qui compte et c’est cela qui portera des fruits en nous et dans les autres.

Fruits en nous par la paix, par la sérénité. Parce que, étant dans les mains de Dieu, pouvons-nous être dans l’inquiétude, pouvons-nous hésiter sur la confiance que nous devons avoir en Lui ? Lui qui nous aime saura nous protéger dans notre vie, dans notre vie spirituelle, dans notre vie apostolique. Nous aurons donc une paix intérieure, si nécessaire, si indispensable pour nous maintenir dans la Vérité, pour nous maintenir dans la charité et dans l’espérance.

Ce sera aussi la meilleure manière de pratiquer notre apostolat, par cet abandon le Bon Dieu permettra que les fruits de notre apostolat soient abondants. Que nous les apercevions, que nous ne les apercevions pas, peu importe. Ce qui importe c’est que par cet abandon que nous faisons de nous-même dans les mains du Bon Dieu, nous soyons persuadé que le Bon Dieu distribue ses grâces par notre intermédiaire, par nos prières et particulièrement par le Saint Sacrifice de la messe, par les sacrements, que le Bon Dieu distribue ses grâces et que les âmes se transforment sous son action et que les âmes s’unissent davantage à Lui. Nous ne cherchons pas autre chose.

C’est pourquoi dans les difficultés que nous avons à subir au cours des années, difficultés auxquelles jamais nous n’aurions pensé être affronté, jamais ! Eh bien, c’est en gardant cette volonté ferme d’être totalement abandonné à la volonté du Bon Dieu, que le Bon Dieu nous montrera le chemin à suivre, même si pendant quelque temps, il nous semble que nous marchons dans l’obscurité, nous marchons sans bien voir le but vers lequel le Bon Dieu nous entraîne. Eh bien, nous devons savoir que c’est souvent comme cela que le Bon Dieu nous mène, dans l’obscurité, dans les difficultés.

Le Bon Dieu n’est pas obligé de nous dire à l’avance le but vers lequel Il nous conduit. Bien au contraire. Ce n’est pas l’habitude de la Providence d’agir ainsi. Le Bon Dieu nous montre le chemin à suivre, au jour le jour. À chaque jour suffit sa peine, dit Notre Seigneur. Et par conséquent nous n’avons pas tellement à nous inquiéter du lendemain.

Si vraiment nous sommes avec Dieu ; si vraiment nous sommes avec le Bon Dieu ; si vraiment nous sommes abandonné à Lui, eh bien le Bon Dieu, au jour le jour, nous montrera la voie à suivre, la voie s’éclairera. Peut-être seulement vingt-quatre heures avant ; peut-être quarante-huit heures avant ; peut-être deux heures avant ; nous ne savons pas. Laissons-nous dans les mains du Bon Dieu et ainsi nous serons certains d’être ses enfants soumis et entièrement unis à Lui.

Aujourd’hui, par une grâce particulière de la Providence, nous chantons une messe en l’honneur de la très Sainte Vierge Marie. Demandons à la très Sainte Vierge Marie, d’être toujours comme elle, abandonné dans les mains de Jésus. Que nous n’ayons d’amour que pour son divin Fils ; que nous n’ayons de volonté que de faire la volonté de son divin Fils et ainsi nous serons certains d’obtenir à la fin de nos jours, la récompense éternelle.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

 

19 octobre 1975       7 décembre 1975

 

 

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