Accueil    Sommaire    Ordo    Lieux de culte    Catéchisme    Vidéos    Nous aider    Dons en ligne    Liens des sites FSSPX    Contact    Rechercher    Privé 

Les insolites de LPL

   Enterrement en l'absence d'un prêtre (2)

Retour aux lectures archivées

Enterrement en l'absence d'un prêtre (2)

Par l'abbé Ludovic Girod - Juin 2007

 

Nous avons ouvert le mois dernier un débat sur un sujet crucial : la multiplication dans les paroisses des cérémonies d'enterrement en l'absence de prêtre.

Les échos rencontrés par cet article montrent qu'il s'agit d'une pratique qui choque les populations catholiques, même si certains n'en tirent pas toutes les conclusions. Plutôt que de trouver des prêtres ayant gardé la foi, ils continuent, la mort dans l'âme, de recourir à des curés qui n'en ont cure. Après la protestantisation de la messe par la réforme de Paul VI, c'est toute la structure ecclésiale qui se rapproche du modèle luthérien d'une église de laïcs, sans prêtres et sans sacrifice, où il ne reste plus que la Parole qui n'est plus bien souvent qu'une pauvre bouillie bien trop humaine.

Et tout cela sous la houlette des évêques.

Mais voyons maintenant en quoi une telle pratique s'oppose à la théologie catholique concernant les fins dernières, notamment l'existence du purgatoire, et l'efficacité du sacrifice de la messe offert pour les défunts.

Remarquons tout d'abord à quel point le dogme de l'existence du purgatoire est passé sous silence. Comme d'habitude, il ne s'agit pas d'une négation claire et abrupte, il s'agit d'un silence complet qui relègue de fait le purgatoire parmi les curiosités d'une théologie hâtivement qualifiée de médiévale.

Or il s'agit d'un dogme de notre foi, contenu dans l' Ecriture Sainte, exposé par les Pères de l'Eglise et ayant fait l'objet de définitions dogmatiques. Nous avons ainsi dans le deuxième livre des Machabées (XII, 43 à 46), l'exemple de Judas qui après une bataille fit une collecte pour offrir un sacrifice expiatoire pour les soldats tombés au combat, « afin qu'ils fussent délivrés de leurs péchés ».

Une âme en état de grâce doit donc solder au purgatoire les peines temporelles dues à ses péchés qu'elle n'a pas expiées sur la terre. Elle ne pourra être admise dans la béatitude que lorsqu'elle aura pleinement satisfait à la justice divine. Elle souffre au purgatoire d'une peine du dam provisoire, c'est-à-dire une privation temporaire de la vision béatifique et de la peine du sens, c'est-à-dire d'autres peines douloureuses.

Selon la doctrine commune des théologiens, cette peine du sens consiste dans les tourments qu'un feu réel et non seulement métaphorique inflige aux âmes elle-mêmes, mais ce point précis n'a pas fait l'objet d'une définition dogmatique. Il est de foi que les peines subies par les âmes du purgatoire peuvent être allégées et adoucies par les prières offertes pour elles par les membres de l'Eglise militante. Nous pouvons citer comme texte dogmatique ce qu'enseigne le second concile de Lyon (1274) :

« Si des hommes vraiment repentants meurent dans la charité avant d'avoir satisfait par de dignes fruits de pénitence pour leurs fautes d'action ou d'omission, leurs âmes sont purifiées après la mort par les peines du purgatoire, c'est-à-dire purifiantes [.] Et pour la délivrance de ces peines ils profitent des suffrages des fidèles vivants, c'est-à-dire des messes, prières, aumônes et autres oeuvres pies que les fidèles ont coutume d'accomplir pour les autres fidèles ».

Le paradis n'est donc pas la destination unique et obligatoire de tous les défunts, comme les prédications modernistes le laissent trop souvent croire. Ne sont sauvées que les âmes qui sont en état de grâce au moment de leur mort - prions bien Notre Dame pour ce moment qui décide de l'éternité - et parmi les âmes ainsi sauvées, beaucoup doivent expier durant un temps plus ou moins long les peines temporelles de leurs péchés non encore satisfaites.

Les cérémonies d'enterrement n'ont donc pas pour but de rappeler le souvenir du défunt à travers son poème préféré, mais d'honorer une dernière fois cette dépouille mortelle qui fut le temple de la Sainte Trinité et de présenter à Dieu nos suffrages pour la prompte délivrance de cette âme.

Autre vérité soigneusement occultée par les néo-modernistes protestantimorphes : l'efficacité du sacrifice de la messe offert en faveur des fidèles défunts. Il faut rappeler d'abord cet enseignement du catéchisme du concile de Trente :

« Jésus-Christ a institué l'Eucharistie pour deux raisons : la première afin qu'elle servît à notre âme de nourriture spirituelle pour soutenir et conserver en elle la vie de la grâce ; la seconde, afin que l'Eglise possédât un sacrifice perpétuel, capable d'expier nos péchés, et au moyen duquel notre Père céleste, trop souvent offensé d'une manière grave par nos iniquités, pût être ramené de la colère à la miséricorde » (chapitre 15, § 7).

La messe est un véritable sacrifice propitiatoire, offert pour le rachat de nos offenses. Nous savons que c'est là un des points théologiques qui nous obligent à refuser de célébrer la messe de Paul VI, car celle-ci justement ne mentionne à aucun moment cette fin du sacrifice, à l'instar de la cène protestante. Et c'est justement parce que la sainte messe est un sacrifice expiatoire qu'elle procure un grand soulagement aux âmes du purgatoire. Celles-ci ne peuvent plus satisfaire pour leurs péchés et comptent sur nos suffrages. Mais Dieu dans sa bonté permet que les propres satisfactions du Christ puissent leur être appliquées par l'offrande de la messe à leurs intentions.

Le catéchisme de concile de Trente nous expose cette vérité de manière lumineuse :

« telle est la vertu de ce sacrifice [.] qu'il profite non seulement à celui qui l'immole et à celui qui y participe, mais encore à tous les fidèles, soit à ceux qui vivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Car c'est une tradition très certaine des Apôtres que le saint sacrifice de la Messe s'offre avec autant d'avantage pour les morts, que pour les péchés, les peines, les satisfactions et tous les genres de calamités et d'afflictions des vivants » (chap. 15, § 8).

Cet enseignement n'est pas une invention baroque mais la pure doctrine de l'Eglise exposée déjà par saint Cyrille de Jérusalem dans ses Catéchèses :

« Supposons qu'un roi exile des sujets qui l'ont offensé et qu'ensuite les proches des condamnés tressent une couronne et l'offrent au roi en faveur de ceux qui ont ainsi encouru son châtiment ; est-ce qu'il ne leur accordera pas la grâce de ces peines ? C'est ainsi que nous offrons à Dieu nos prières pour les défunts, ceux-ci fussent-ils coupables. Et nous ne tressons pas une couronne, mais nous offrons le Christ mis à mort pour nos péchés afin d'obtenir pour eux comme pour nous la faveur du Dieu clément » (P.G. 33, 1116).

Les défunts ont donc grand besoin de leur messe d'enterrement et de prières nombreuses offertes pour la délivrance de leur âme des flammes du purgatoire.

Mon Dieu, veuillez convertir ces hommes d'Eglise qui travaillent à sa destruction, donnez leur l'amour de la sainte messe et la foi catholique, car pour l'instant, c'est grande pitié dans l'Eglise de France.

Abbé Ludovic Girod

Extrait de La Sainte Ampoule n° 153 de juin 2007

 

 

  Recevez par email nos mises à jour


Nouvelles parutions
Spes Unica n° 32 de l'automne 2018 - Un saint ? Mais sur quel autel ?, abbé L. Ramé
Monsieur Vincent
n° 97 - Quelle(s)
fin(s) ultime(s)
pour l'homme ?

La Bonne Nouvelle n° 01 d'oct. - Le secret de notre sainteté se trouve dans notre poche, abbé de Clausonne
Saint-Nicolas - Le Chardonnet - Lumières dans la tempête, abbé Pierpaolo Petrucci
Unieux - Le Pelican Les catholiques de plus en plus perplexes,
abbé Pierre Barrère

Marseille - L'Acampado n° 141 - Deux encycliques à lire et à relire pour la conduite des chefs, abbé X. Beauvais
Lettre de "Missions" d'oct. 2018 : Russie, Liban, Chine, Sri Lanka


Messes dans l'Océan Indien Oct.-Nov.
La Réunion
L'Île Maurice


Le mois du rosaire
Prier le rosaire avec les saints et les peintres gothiques italiens,
abbé P. Toulza


Catéchisme n° 104
Le 8ème commandement

Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...
La Porte Latine a fait la recension de plus de 1 400 textes concernant la crise de l'Eglise et ses conséquences sur les rapports entre Rome et la FSSPX.On peut prendre connaissance de l'ensemble ICI


Carte de France des écoles catholiques de Tradition
La Porte Latine vous propose la carte de France des écoles de Tradition sur laquelle figurent les écoles de garçons, de filles et les écoles mixtes. Sont mentionnées les écoles de la FSSPX et des communautés amiesVoir ICI


Intentions de la Croisade Eucharistique pour 2017
La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X se propose de reconstituer en son sein une Croisade Eucharistique des Enfants, restaurant ainsi ce qui fût autrefois une oeuvre impressionnante tant par sa mobilisation que par son rayonnement spirituel.Tous les renseignements sur la Croisade ICI



Mardi 23 octobre 2018
08:25 18:45

  Suivez notre fil RSS