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   Regarder Luther avec des yeux neufs pour faire avancer le dialogue œcuménique, Mgr Robert Barron – 17 juin 2017

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Regarder Luther avec des yeux neufs pour faire avancer
le dialogue œcuménique, Mgr Robert Barron – 17 juin 2017

Note de la rédaction de La Porte Latine :
il est bien entendu que les commentaires repris dans la presse extérieure à la FSSPX
ne sont en aucun cas une quelconque adhésion à ce qui y est écrit par ailleurs.

Accès à notre dossier consacré à Martin Luther


Voici comment notre consoeur Jeanne Smits, dans Réinformation-TV, résume le texte de Mgr Robert Barron, dont nous vous proposons en intégralité la traduction ci-dessous :

"Mgr Robert Barron, jeune évêque auxiliaire de Los Angeles depuis 2015, nommé, donc, par le pape François, est arrivé à son poste avec une solide réputation de thomisme et d'érudition catholique. Mais c'est lui qui vient de commettre un petit panégyrique de Martin Luther, repris sur le site anglophone d'Aleteia comme signe d'un possible moyen pour de avancer le dialogue œcuménique. Regarder Luther avec des yeux neufs, pour Mgr Barron, c'est lui trouver des qualités éminentes de foi et de confiance en la miséricorde, et bien des excuses pour ses déclarations hérétiques.

Alors que l’Eglise catholique elle-même s’est jointe aux célébrations des 500 ans de la Réforme protestante, en souvenir des thèses publiées par Luther sur la porte de l’église du château de Wittenberg, Mgr Barron fait ainsi circuler un texte qui à la fois justifie et conteste des prises de position de celui qui a porté un coup aussi grave à l’unité de l’Eglise, mais en les justifiant sur le plan sentimental et psychologique, par le biais curieux qui consiste à mettre ses erreurs sur le compte de son mysticisme.
 
Luther grand mystique ? Il fallait oser. Le jeune évêque avoue une « certaine fascination » à l’égard de Luther ; il étudie depuis de longues années l’ensemble de ces textes, le trouve « acariâtre, pieux, très drôle, d’un incroyable antisémitisme, profondément perspicace, totalement exaspérant » – « l’une des personnalités les plus séduisantes de son temps ».

Mais Mgr Barron veut avant tout partager ce qu’il a lu dans une nouvelle étude de la réforme, sous le titre "Protestants : la foi qui a fait le monde moderne", d’Alec Ryrie. Voici la thèse : si Luther était bien un combattant qui a donné naissance à une lignée de combattants (contre l’Eglise…), le réduire à cela, c’est passer à côté de l’essentiel. « Au cœur de la vie et de la théologie de Luther se trouvait une expérience bouleversante de la grâce. Après des années passées à essayer en vain de plaire à Dieu à travers un effort moral et spirituel héroïque, Luther s’est rendu compte de ce que, malgré son indignité, il était aimé d’un Dieu qui était mort pour le sauver ». Voilà pourquoi il s’est senti « justifié par la seule grâce de Dieu » : alors que chez beaucoup d’autres avant lui il y avait eu une expérience de cette grâce surprenante, sa passion comportait une « extravagance sans limite » qui a fait de Luther un « extatique » et de son mouvement religieux une « histoire d’amour ».

En termes plus directs, il s’agit donc de dire que Luther est devenu hérétique et s’est coupé de la source de la grâce qu’est l’Eglise fondée par Notre Seigneur pour l’avoir « trop » aimé, pour avoir été « trop » conscient de sa miséricorde. Comme si la charité pouvait être excessive. Il y a pour le moins erreur sur le sens de l’amour.

Barron voit en Luther le « théologien de la parole par excellence ». Là encore, il faut oser. Mais il ajoute, et cela aggrave son cas, qu’au-delà de sa critique du sacerdoce et du « sacramentalisme » et des excès de la dévotion, Luther avait aussi un côté davantage lié à l’expérience subjective : « Au fond, Luther était un mystique de la grâce, quelqu’un qui était tombé totalement amoureux – ce qui aide énormément à expliquer ce qui rend ses idées théologiques à la fois fascinantes et frustrantes. Les gens amoureux font et disent des choses extravagantes. Ils sont à ce point bouleversés par l’expérience de l’être aimé qu’ils s’adonnent à des mots comme « seulement », « jamais » et « pour toujours ». Si vous ne me croyez pas, lisez n’importe lequel des grands poètes romantiques, ou, du reste, écoutez un adolescent parler de son premier béguin. Après une vie de scrupules et de luttes intérieures, Luther a fait l’expérience de l’irruption de la grâce divine à travers la médiation de la Bible. Devons-nous donc nous étonner de voir qu’il exprime son extase d’une manière exagérée, disproportionnée ? »La grâce seule ! La foi seule ! Les écritures seules ! »… À travers une expression plus catholique de la même expérience, le curé de campagne de Bernanos pouvait s’écrier : « Tout est grâce! » », écrit l’évêque.

Evêque qui a peut-être oublié que le mariage, c’est « seulement » un époux et une épouse, qui promettent de n’aller « jamais » voir ailleurs et qui s’engagent, rationnellement et pour exprimer leur amour véritable, à rester ensemble « pour toujours »…

Mais pour Barron, l’idée est simple : elle est de montrer que ces expressions « belles, poétiquement expressives, spirituellement évocatrices » ne peuvent survivre à un « examen rationnel strict ». Mgr Barron dit comprendre maintenant comment les grandes « Solas » de la Réforme peuvent être à la fois « célébrées et légitimement critiquées ». Le blanc peut être noir et de noir peut-être blanc, en somme. C’est pourquoi le jeune évêque auxiliaire justifie à la fois la correction théologique pointue apportée par le Concile de Trente aux formulations de Luther sur la foi et les œuvres, sur la Bible et la raison, et le fait que Luther a eu raison d’exprimer son expérience extatique de l’amour divin de cette manière aussi particulière.

Thèse, antithèse, synthèse en quelque sorte, ou l’art de concilier ce qui est contradictoire. Il faut bien cela pour faire accepter l’idée que les luthériens sont finalement des catholiques comme les autres, avec quelques petites différences mais surtout une conscience mystique de l’amour de Dieu qui dépasse les rigidités doctrinales. Tout cela semble bien à la mode.

Et tout cela passe totalement à côté de l’histoire du vrai Luther, l’un des pères de la modernité et de l’individualisme, de l’exaltation du moi, de la liberté subjective interdite de pouvoir participer à l’œuvre du salut. Luther est parti à la dérive à force d’avoir besoin de se « sentir » sauvé comme l’a exprimé Jacques Maritain dans T"rois réformateurs". Beau texte où le philosophe (première manière) explique que chez Luther, la foi est contre la raison, l’homme étant soumis définitivement au péché originel qui l’empêche même de parvenir à la vérité sur cette terre.

« Saint manqué », écrivait de lui Maritain. Luther était si persuadé de l’impossibilité de la coopération au salut qu’il n’a pas hésité à embrasser une vie dissolue. Son histoire est très actuelle, sa pensée imprègne une fausse vue de la miséricorde qui privilégie les sentiments subjectifs."

 

Texte de Mgr Barron, publié sur Aleteia anglophone, traduit par Mary C-M. pour La Porte Latine

Un nouveau regard sur Luther

"C’est avec grand profit et grand plaisir que je lis actuellement le nouveau livre d’Alec Ryrie, Protestants : The Faith that Made the Modern World (Les Protestants : La foi qui a façonné le monde moderne). Parmi les nombreux textes qui sont sortis cette année pour le cinquième centenaire de la Réforme, celui de Ryrie est remarquable pour sa verve, sa clarté et son étendue historique. C’est en quelque sorte une réponse à The Unintended Reformation (La Réforme involontaire) de Brad Gregory, même si elle n’a pas la profondeur intellectuelle ni la précision de l’étude magistrale de Gregory.

Jusque-là ce qui m’intrigue le plus dans le livre de Ryrie est son portrait du père incontesté de la Réforme, Martin Luther. Je dois avouer une certaine fascination pour Luther. Je lis ses livres, ses discours et ses sermons depuis des années, et pendant une dizaine d’années lorsque j’étais professeur de théologie au Séminaire de Mundelein, j’ai donné un cours sur la théologie chrétienne au XVIème siècle, qui traitait naturellement en grande partie de Luther. Irascible, pieux, très drôle, violemment antisémite, profondément clairvoyant et tout-à-fait exaspérant, Luther fut une des personnalités les plus envoûtantes de son époque. Et quoi qu’on puisse dire de ses écrits (je ne suis pas d’accord avec beaucoup de ses idées), ils pétillent de vie et d’intensité, même en latin ! Mais quoique je connaisse le fondateur du Protestantisme depuis longtemps, Ryrie me l’a fait voir avec un regard neuf.

C’est une évidence pour tout le monde, nous dit Ryrie, que Luther était un polémiste, qui s’en prenait non seulement à des intellectuels mais aussi à la Curie romaine, au Pape et à l’Empereur lui-même. Il est également clair qu’il a légué cette agressivité à ses disciples de ces cinq derniers siècles : Zwingli, Calvin, Wilberforce, Lloyd Garrison, Billy Sunday, Karl Barth, etc. Il y a toujours de la protestation dans le Protestantisme. Mais ne voir que cette dimension serait manquer le fond de la question. Au cœur de la vie et de la théologie de Luther se trouve une extraordinaire expérience de la grâce. Après avoir essayé en vain de plaire à Dieu au travers d’efforts moraux et spirituels héroïques, Luther comprit que, malgré sa misère, il était aimé par un Dieu qui était mort pour le sauver. Dans la célèbre Turmerlebnis (Expérience de la Tour) au monastère augustinien de Wittenberg, Luther a trouvé sa justification dans la pure miséricorde de Dieu. Quoique bien d’autres avant lui avaient ressenti cette grâce extraordinaire, le ressenti de Luther, pour reprendre les mots de Ryrie, « eut une extravagance sans frein qui la rendit hors du commun et résonna fortement dans l’histoire du Protestantisme. » Il est assez facile de retrouver cet élément d’exaltation chez bon nombre des grandes figures Protestantes, de John Wesley à Friedrich Schleiermacher ou John Newton. Luther était un exalté et le mouvement religieux qu’il lança fut « une histoire d’amour ».

C’est pour cela que j’ai dit que Ryrie m’a donné sur Luther un éclairage nouveau. Un des principes de base pour comprendre la religion est la distinction entre le mystique et le prophétique, ou entre ce qui relève de l’expérience et ce qui est de l’ordre du raisonnement. Selon le point de vue classique, Luther relèverait clairement de la deuxième partie de cette distinction. Il semblerait bien être le théologien par excellence de la lettre. Et de fait, on trouve dans ses écrits beaucoup de critiques contre le sacerdoce, contre les sacrements et contre ce qu’il appelait Schwarmerei ou enthousiasme pieux. Cependant, si Ryrie a raison, ceci est à n’attribuer qu’à une partie – et une petite partie – de l’histoire. À l’origine, Luther était un mystique de la grâce, quelqu’un qui était tombé complètement amoureux – ce qui aide énormément à expliquer pourquoi ses idées théologiques sont à la fois si fascinantes et si repoussantes. Les amoureux font et disent des choses extravagantes. Ils sont tellement submergés par leur expérience de l’être aimé qu’ils prennent le pli d’utiliser des mots comme « seulement » et « jamais » ou encore « pour toujours ». Si vous doutez de cela, lisez n’importe lequel des grands poètes romantiques, ou bien en ce domaine, écoutez un adolescent parler de son premier amour. Après toute une vie de scrupules et de luttes intérieures, Luther sentit l’apparition de la grâce divine par la médiation de la Bible. De là, pouvons-nous être surpris qu’il exprime son extase avec exagération, avec les mots les plus forts : « Par la Grâce seule ! Par la Foi seule ! Par les Ecritures seules ! »

Je pense ici à un descendant spirituel éloigné de Martin Luther, le lauréat du prix Nobel, Bob Dylan. Après sa conversion au Christianisme évangélique, Dylan a écrit une très belle chanson intitulée Saving Grace (Grâce de salut) dans laquelle on entend ces lignes : « Je regarde ce vieux monde / et tout ce que je trouve / C’est cette grâce de salut qui est au-dessus de moi. » Et voyez, c’est le même Dylan qui, seulement quelques années auparavant, avait chanté à propos des « armes à feu et des épées acérées dans les mains de jeunes enfants » et qui avait arraché le masque des « maîtres de guerre » et qui s’était plaint de la « Rue de la Misère. » Mais maintenant – et c’est là la marque de l’exaltation – tout ce qu’il voit est la grâce du salut. Dans une expression plus catholique de la même expérience, le Curé de campagne de George Bernanos pouvait s’exclamer : « Tout est grâce ! »

Beauté ? Expression poétique ? Evocation spirituelle ? Oui ! Mais ceci relève-t-il d’un examen strictement rationnel ? Bien sûr que non. Ce que le portrait de Luther que fait Ryrie m’a fait comprendre, c’est comment les grands Sola de la Réforme peuvent être tout à la fois célébrés et légitimement critiqués. Luther a-t-il eu raison d’exprimer son expérience extatique de l’amour divin de cette façon-là ? Et le Concile de Trente, dirons-nous, a-t-il eu raison d’apporter une correction théologique très nette à la manière de Luther de formuler la relation entre la Foi et le travail, et entre la Bible et la raison ? Je me rends compte que le problème de cette façon, mais répondre « oui » à ces deux questions pourrait peut-être faire avancer le dialogue œcuménique ?

Sources : Aleteia anglophone / Réinformation-TV / La Porte Latine du 5 juillet 2017

 

 

 

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