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Découvrir le Centre Grégorien Saint-Pie X

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Entretien avec le Père Damien-Marie, de la Fraternité de la Transfiguration

Mon Père, pouvez-vous nous présenter le Centre grégorien Saint-Pie X, dont lequel vous apparaissez comme le principal organisateur ?

Père Damien-Marie : A vrai dire, dans cette institution je suis surtout le coordinateur et l’aumônier des sessions. Dans ce qui ne relève pas directement du ministère sacerdotal, le prêtre n’a pas forcément à être le P.D.G. ! Et dans notre Centre, il se trouve des professeurs et des administrateurs tout à fait compétents, qui collaborent en toute confiance et font de l’excellent travail.

Mais avant de parler de l’équipe actuelle, il convient d’évoquer la figure de celui qui est à l’origine de notre Centre : l’inoubliable chanoine Jean Robin (1920-2002), prêtre musicien comme il s’en trouvait dans les diocèses dans le courant du XXe siècle. Sa carrière de prêtre s’est déroulée à Beauvais, où il enseignait au Collège diocésain du Saint-Esprit, et où il forma à la musique plusieurs générations d’élèves après la guerre. Il s’était spécialement adonné au chant grégorien, dans le cadre de la Schola Saint-Grégoire du Mans où la méthode Ward l’avait enthousiasmé. Sa fréquentation de la jeunesse et son originalité ne l’empêchèrent pas, lors du grand chambardement des années 1960-1970, de rejoindre le bon combat de la fidélité doctrinale et liturgique. Mis un peu prématurément à la retraite, il ne resta pas inactif : il s’associa aux œuvres de la Fraternité Saint-Pie X, non loin de sa région natale, à Chemillé (Maine-et-Loire), où une chapelle florissante témoigne encore aujourd’hui de sa présence zélée.

Et comme, sur ses vieux jours, il estimait que la musique dans nos chapelles « de tradition » était souvent peu satisfaisante, il souhaita transmettre son expérience de façon un peu structurée ; quelques cours ponctuels lui démontrèrent qu’il y avait une demande dans les sphères qu’il pouvait toucher. Il chercha alors des locaux et des collaborateurs – car il était déjà largement septuagénaire. Il fit connaissance de notre Fraternité de la Transfiguration, sise à Mérigny (Indre, dans une région centrale donc) ; là, une hôtellerie ne demandait qu’à accueillir du public, et votre serviteur s’entendit avec lui pour le seconder à partir de 1997, date de la fondation du Centre grégorien Saint-Pie X, date aussi de notre première session. Depuis lors, deux ou trois sessions ont lieu chaque année sur ce site.

Le Chanoine Robin a donc été l’initiateur, mais il aura sans doute été rapidement relayé ?

En effet ! Si notre fondateur, pendant 4 ans a consacré le meilleur de lui-même, dans la mesure où sa santé le lui permettait, au Centre qu’il venait de fonder, il a pu, dès 1998, obtenir le concours d’un musicien professionnel : M. Bernard Gélineau (sans rapport avec le Père jésuite Joseph Gélineau (1920-2008), liturgiste et compositeur de cantiques en français qui ne sont guère dans notre répertoire). « Notre » M. Gélineau a une double casquette : à la fois musicien de formation classique (il a derrière lui une carrière de directeur d’école de musique), et grégorianiste confirmé, formé par la Schola Saint-Grégoire déjà citée (comme les autres piliers de notre corps professoral) ; il est maintenant le président de notre Centre. Une petite et solide équipe de professeurs a pu s’adjoindre à lui, ce qui nous permet d’assurer au mieux la tâche que la Providence semble nous avoir fixée. Il nous faut citer au moins M.M. Christian de La Forest Divonne (qui, entre autres, a dirigé une manécanterie) et Philippe Bévillard, qui consacrent beaucoup de temps à nos activités. Nous avons pu progressivement développer les cours : deux degrés de sessions pour choristes (débutants et confirmés), et deux degrés pour chefs de chœur, et aussi une formation pour accompagnement du chant grégorien à l’orgue (accompagnement qui n’est pas en soi souhaitable, mais qui en pratique est bien utile, pour soutenir le chant de la foule dans le cadre paroissial).

Pouvez-vous alors donner un peu l’esprit qui préside à ces activités ?

Ce n’est rien d’autre que l’esprit défendu par saint Pie X dans son célèbre motu proprio du 22 novembre 1903, et qui consiste à rendre à la musique d’Église toute sa dignité, en mettant ou en remettant le chant grégorien à la place primordiale qui lui revient dans le culte du rite latin. En tout état de cause, c’est un chant grégorien liturgique que nous enseignons (ce qui n’empêche pas nos professeurs d’être au courant des études musicologiques). S’il nous fallait mettre une citation en exergue, ce pourrait être celle-ci, tirée du motu proprio susdit : « La musique sacrée, partie intégrante de la liturgie solennelle, participe à sa fin générale : la gloire de Dieu, la sanctification et l’édification des fidèles. » Et les directives pontificales, jusqu’à Pie XII inclus, ont clairement affirmé que le chant grégorien doit être à l’honneur dans les églises et les écoles catholiques.

Deux grands moyens nous semblent indispensables pour que cette consigne ne reste pas lettre morte : sensibiliser les responsables (c’est-à-dire les prêtres, quand bien même ils n’auraient pas le temps ou les compétences requises pour cela), et former des chefs de chœur – indispensables pour que les chorales puissent progresser. Prêtres et chefs de chœur ont alors pour tâche, conjointement, de motiver les simples choristes – sachant que ces derniers doivent remplir deux conditions toutes deux nécessaires : être de bonne volonté (les gens qui savent tout et qui n’ont pas besoin de faire d’efforts sont une plaie, dans les chorales et ailleurs), mais aussi accepter de se former – par les répétitions régulières, mais aussi en suivant une formation un peu plus poussée.

Et c’est là que vos sessions interviennent… Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur leur déroulement ?

Bien volontiers. Après vingt ans et plus d’expérience, nous avons donc mis en place tout un cursus, qui reste assez souple grâce à notre équipe de professeurs qui savent s’adapter à leurs élèves. Sans prétendre enseigner « le grégorien sans peine » (ce qui serait illusoire), nous tâchons de faciliter le travail des élèves, en dosant les activités : technique vocale, théorie jointe à la pratique, répétitions (pour assurer le chant de la messe et des complies quotidiennement) ; nous donnons quelques notions historiques, et beaucoup de notions spirituelles afin que le chant grégorien n’apparaisse pas seulement comme une discipline purement artistique (l’art pout l’art) mais comme ce qu’il est en réalité : un support pour la prière, une prière même : la grande prière chantée de l’Église. Ce qui mérite bien quelques efforts ! Nous avons mis en place quelques supports écrits (aide-mémoire détaillé, ainsi que des devoirs consécutifs à la session, pour entretenir les acquis de celle-ci). Et pour caractériser un peu plus notre enseignement, disons que nous nous réclamons de l’école dite « de Solesmes », selon Dom Gajard – méthode qui a fait ses preuves pour la mise en place d’un chant liturgique digne et priant jusque dans les paroisses ; ajoutons que nous insistons beaucoup sur le rythme du mot et du discours latins, notions de base du chant grégorien (on peut citer à ce sujet l’un des pionniers de la restauration grégorienne engagée par Solesmes au XIXe s., l’abbé Gonthier, qui écrivait : « La règle qui domine toutes les règles est que, excepté dans la mélodie pure, le chant est une lecture intelligente, bien accentuée, bien prosodiée, bien phrasée »). 

Vos activités se limitent-elles à ces sessions à Mérigny ?

Non. Outre celles-ci, quelques-uns de nos professeurs, répondant à des demandes insistantes et bien motivées, donnent des sessions dans des maisons religieuses amies ; nous avons la satisfaction d’être pris au sérieux par ceux qui chantent la prière de l’Église par vocation. Je puis citer quelques communautés qui font ainsi appel à nos services, même si la liste n’est pas exhaustive : Dominicaines enseignantes de Saint-Pré et de Wanganui, Bénédictines de Perdechat, Carmélites (ces dernières, pour la formation à la psalmodie), Frères et séminaristes de la Fraternité Saint-Pie X à Flavigny, Capucins de Morgon, Dominicains et Dominicaines d’Avrillé… Nous souhaiterions que notre enseignement puisse toucher également des écoles, ce qui garantirait l’avenir ; pour l’instant, cela n’a pu se faire, mais cela reste dans nos projets.

On peut encore citer les camps chantants « Vox cantorum », organisés depuis quelques années par les abbés L.-M. Gélineau et Th. de Maillard, pour des garçons de 8 à 12 ans, qui relèvent de notre pédagogie et de notre enseignement et sont riches de promesses.

Enfin, pour être complets, signalons que quelques-uns de nos professeurs, essentiellement les abbés Gélineau et leur père, travaillent discrètement et assidûment – en lien avec quelques confrères Capucins de Morgon – pour approfondir connaissances et principes, sur des points techniques mais non sans incidences pratiques : la modalité, les liens entre musique populaire et musique grégorienne, la notion de musique religieuse ou de musique sacrée… Notre site (https://www.centre-gregorien-saint-pie-x.fr) présente d’ailleurs quelques articles illustrant ces travaux. Voyez aussi les vidéos de la chaîne YouTube du Centre grégorien ici : https://bit.ly/30ygaGn

Bref, ce n’est pas le travail qui manque. L’enthousiasme propre à ceux qui travaillent avant tout pro Deo nous anime, et nous espérons bien continuer à tracer notre sillon et à faire avancer la cause d’un chant liturgique aussi soigné que possible.

Merci donc, mon Père, pour ces propos riches de perspectives. Nous ne pouvons que souhaiter le succès de vos entreprises.

En savoir plus :

Publics visés

  • Vous aimez le chant grégorien dans la liturgie.
  • Vous êtes intéressés par l’apprentissage, le perfectionnement, l’interprétation du chant grégorien,
  • Vous êtes choriste et souhaitez améliorer votre participation à la chorale,
  • Vous êtes chef de chœur et souhaitez savoir faire donner par votre chorale tout ce qu’elle peut,
  • Vous êtes organiste et vous voulez savoir dans quelles conditions et jusqu’à quel point l’orgue peut soutenir la chorale grégorienne et la liturgie.

Le corps professoral

L’équipe des professeurs du Centre grégorien Saint-Pie X se compose d’une dizaine de personnes âgées de 20 à 65 ans environ.

Une moitié d’entre eux a suivi la formation de la Schola Saint-Grégoire du Mans (Académie Internationale de musique sacrée) et la plupart ont reçu l’enseignement d’un conservatoire en diverses disciplines (technique vocale, direction de chœur, direction d’orchestre, écriture musicale, orgue, …).

Tous pratiquent le chant grégorien régulièrement au sein de chœurs paroissiaux en tant que chefs de chœur ou choristes avertis.

Ils viennent d’horizons différents et couvrent toutes les problématiques liées au chant grégorien.

Parmi ces enseignants on trouve : trois prêtres, un directeur de Conservatoire classé par le Ministère de la Culture, un musicologue, un professeur de chant et des amateurs tous passionnés de pédagogie. Tous sont ou ont été évidemment chefs de chœur.

Formation « choriste » et « direction »

Un cycle de sessions pour choristes (qu’il est indispensable de prolonger pendant l’année par une pratique assidue sous la direction d’un chef compétent) est organisé, ainsi qu’un cycle de formation pour chefs de chœur :

  • Les sessions 1er degré sont accessibles aux débutants (seule condition indispensable : chanter juste d’avance) ; elles ont pour but l’acquisition des notions de base (lecture et chant des notes et des mots latins – initiation au rythme grégorien – bases liturgiques et spirituelles sous-tendant le chant grégorien).
  • En session 2e degré, on approfondit et on s’approprie les notions abordées en 1er degré, pour acquérir le savoir-faire correspondant. Pour accéder à ce degré, il faut avoir acquis – au Centre ou ailleurs – le niveau 1er degré. Ce 2e degré, où l’accent est mis sur la pratique, peut sans inconvénient être renouvelé plusieurs fois, les professeurs cherchant à s’adapter aux besoins de chacun.
  • Enfin, les sessions de direction (en 3 degrés successifs) s’adressent aux chantres confirmés, qui ont parfaitement assimilé théoriquement et pratiquement l’enseignement dispensé dans les sessions précédentes, et qui se destinent à la direction. On y approfondit les questions délicates d’interprétation des pièces et de direction de chœur.

Initiation d’accompagnement à l’orgue

La session pour organistes s’adresse aux musiciens pratiquant déjà un instrument à clavier (sauf orgue de variété ou synthétiseur), possédant des notions d’harmonie et connaissant d’avance le chant grégorien (conditions impératives : en cas de doute, nous contacter) ; elle donne les conditions nécessaires pour accompagner celui-ci avec tout l’art voulu, en tenant compte notamment de la modalité grégorienne.

Conditions financières

Les prix sont modérés. Le prix de la session complète (logement et repas compris) : 280 € Le prix pour étudiants ou religieux est de 200 €. Un fonds d’entraide est ouvert pour que le prix ne soit un obstacle pour personne.

fraternité sainte pie X

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