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LAB de l’école Saint-benard de Courbevoie (92) – Novembre 2009

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Lettre aux parents, amis et bienfaiteurs


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Editorial de l’abbé Bernard de Lacoste

La bienveillance dans le jugement

La vie en société est naturelle à l’homme. Pourtant, elle est aussi l’occasion d’une multitude de péchés contre la justice et la charité. Rares sont les personnes qui jugent habituellement leur prochain avec bienveillance. Le péché de médisance est fort répandu, qui consiste à faire connaître sans nécessité les fautes ou les défauts du prochain. L’apôtre saint Jacques nous met en garde :

« Nous péchons tous en beaucoup de choses. Si quelqu’un ne pèche pas en parole, c’est un homme parfait, capable de tenir aussi tout le corps en bride. Si nous mettons aux chevaux un mors dans la bouche pour nous en faire obéir, nous gouvernons aussi leur corps tout entier. Voyez encore les vaisseaux tout grands qu’ils sont et quoique poussés par des vents impétueux, ils sont conduits par un très petit gouvernail au gré du pilote qui les dirige. Ainsi la langue est un tout petit membre ; mais de quelles grandes choses elle peut se vanter! Voyez, une étincelle peut embraser une grande forêt ! La langue aussi est un feu, un monde d’iniquité. N’étant qu’un de nos membres, la langue est capable d’infecter tout le corps ; elle enflamme le cours de notre vie, enflammée qu’elle est elle-même du feu de l’enfer. Toutes les espèces de quadrupèdes, d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins peuvent se dompter, et ont été domptés par l’homme. Mais la langue, aucun homme ne peut la dompter : c’est un fléau qu’on ne peut arrêter ; elle est remplie d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur et notre Père, et par elle nous maudissons les hommes qui ont été faits à l’image de Dieu. De la même bouche sortent la malédiction et la bénédiction ! Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi.»

Souvenons-nous des recommandations du divin Maître : « Ne jugez pas, si vous ne voulez pas être jugés… Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Et gardons-nous de penser que seul le médisant est coupable. Ecouter avec complaisance une médisance, c’est coopérer au péché et l’encourager. « Il n’est pas facile de décider qui est le plus coupable, entre le diffamateur et celui qui l’écoute » nous prévient saint Bernard.

En outre, le péché de médisance sincèrement regretté ne doit pas seulement être accusé en confession. Il doit être réparé. Celui qui vole cent euros doit les restituer à son propriétaire. Celui qui abîme la réputation de son prochain a le devoir de réparer les dommages causés. Il pourra par exemple mettre en valeur les qualités de la personne diffamée. Tout le monde se souvient de la singulière pénitence que saint Philippe Néri imposa à cette femme venue se confesser d’avoir l’habitude de dire du mal de son prochain. Le saint, pour lui faire comprendre les terribles conséquences de son péché, lui imposa de plumer une poule par les rues de Rome. La femme s’exécuta et, revenue auprès du saint, « Maintenant, lui dit-il, vous allez retourner dans les rues par lesquelles vous êtes passée et vous ramasserez une à une toutes les plumes de la poule, sans en laisser une seule par terre ». « Mais, mon Père, vous me demandez une chose impossible ! – s’exclama la pauvre pénitente désespérée – il y avait tellement de vent que je ne pourrai jamais retrouver toutes ces plumes ». « Je le sais – conclut le saint – mais je voulais vous faire comprendre par là que vos médisances ressemblent à ces plumes ».

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus a su mettre en pratique ce devoir de bienveillance dans le jugement. Sa soeur Céline s’en souvient et rapporte :

« Elle me disait fréquemment qu’on doit toujours juger les autres avec charité car, très souvent, ce qui paraît négligence à nos yeux est héroïsme aux yeux de Dieu. Une personne fatiguée, qui a la migraine ou qui souffre dans son âme, fait plus, en accomplissant la moitié de sa besogne, qu’une autre, saine de corps et d’esprit, qui la fait tout entière. Notre jugement doit donc être, en toute occasion, favorable au prochain. On doit toujours penser le bien, toujours excuser. Et si aucun motif ne semble valable, il y aurait encore la ressource de se dire : « Telle personne a tort apparemment, mais elle ne s’en rend pas compte et si je jouis d’un meilleur jugement, raison de plus pour avoir pitié d’elle et pour m’humilier d’être sévère à son égard ». Elle me faisait aussi remarquer qu’ordinairement, le bon Dieu permet que nous passions par les mêmes faiblesses qui nous ont déplu chez les autres : oublis, négligences involontaires, fatigues… alors, c’est tout naturellement que nous excusons les fautes dans lesquelles nous sommes tombés.»

Avec la grâce de Dieu, efforçons-nous donc de suivre cet exemple. C’est notre vertu et la réputation de notre prochain qui en bénéficierons.

Abbé Bernard de Lacoste, Directeur

fraternité sainte pie X