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pèlerinage à ND du Puy (2)

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Organisé par le prieuré de Saint-Etienne

Suite 1 : Les statue de la Bienheureuse Vierge du Puy.

’est sur le lieu des apparitions de la Sainte Vierge et des multiples miracles accomplis sur la « Pierre des Fièvres » qu’a été construite la cathédrale.
Le cœur de l’édifice en est la « chambre angélique » consacrée par les anges où se trouve le maître-autel surmonté de la statue de Notre-Dame du Puy.
L’actuelle représentation de celle qui est apparue deux fois en ce lieu et par l’intercession de laquelle tant de miracles et de guérisons ont été obtenus est une œuvre récente. Elle remplace deux statues plus anciennes aujourd’hui détruites.

I – La première statue : la Vierge primitive.

Les anciennes traditions du Puy sur cette première statue sont diverses : selon les unes, elle aurait été apportée par les anges le jour de la Dédicace de la cathédrale. Selon d’autres, elle serait venue avec saint Vosy lors du transfert du siège de l’évêque de Saint-Paulien au Mont-Anis. D’autres affirment qu’elle fut donnée au sanctuaire par Dagobert Ier, Clovis II ou Charlemagne.
Quoi qu’il en soit, il est très difficile de se faire une idée précise et de la provenance et de la représentation elle-même de la Vierge. Toutefois, il semble que la statue ait été conservée dans la Cathédrale jusqu’aux Guerres de religion au XVIème siècle. Il est probable que les enseignes des pèlerins telles qu’elles étaient frappées au XIIIème siècle la reproduisaient ou, du moins, s’en inspiraient. Ces enseignes, petites plaquettes d’étain ou de plomb de deux centimètres sur quatre que les pèlerins cousaient à leur chapeau ou leur vêtement étaient des souvenirs de pèlerinage. Toutes représentaient la même image :

Notre-Dame du Puy était assise, tenant l’enfant sur le genou gauche et une tige fleurdelisée à la main droite. Elle était entourée de la légende : SIGILLUM BEATE MARIE DE PODIO, c’est-à-dire : sceau de Notre-Dame du Puy.

En 1096, l’existence de la statue nous est révélée par le comte de Toulouse, Raymond de Saint-Gilles. Avant de partir pour la première Croisade, il donna plusieurs villages à l’Eglise du Puy, à charge pour elle de célébrer tous les ans la fête de saint Gilles et de « faire brûler, nuit et jour, un cierge devant la Sainte Vierge ». L’origine de cette première statue reste bien mystérieuse.

II – La deuxième statue : la Vierge Noire.

La plus célèbre des statues de la sainte Vierge vénérée dans la cathédrale du Puy fut sans conteste l’antique « Vierge noire ». Elle prit la place de l’ancienne statue, longtemps conservée par la suite « derrière l’autel », selon les anciennes chroniques. Nous possédons d’elle plusieurs représentations, dont une dans un Livre d’Heures du XVème siècle conservée à Vienne et une autre dans un ouvrage de Faujas de Saint-Fond intitulé « Recherches sur les volcans éteints du Vivarais et du Velay » publié à Grenoble en 1778. Désirant savoir comment on pouvait travailler le basalte, le savant géologue demanda à étudier la célèbre statue, car on lui avait affirmé qu’elle était taillée dans cette pierre. Ayant obtenu du Chapitre l’autorisation de la dévêtir et de l’examiner, il consacra quatre séances en octobre et novembre 1777 à l’étude de la statue. Il la fit reproduire avec la plus scrupuleuse exactitude par son dessinateur Veyrenc.

Il écrivit :

« …elle me parut si digne d’attention que je l’étudiai avec le plus grand soin au cours de quatre séances successives et la fis représenter telle qu’elle apparaissait sous le manteau dont on la recouvrait…
La statue a deux pieds trois pouces de hauteur (environ 72 centimètres), elle est dessinée d’une manière rude et raide, son attitude est celle d’une personne assise sur un siège tenant un enfant sur son giron. La statue, qui est en bois, paraît être d’une seule pièce et pesant environ 25 livres ; le fauteuil sur lequel elle repose est détaché (mobile). La statue est en cèdre et paraît très ancienne mais voici ce qu’il y a de remarquable : toute la statue est entièrement enveloppée de plusieurs bandes d’une toile assez fine très fortement collée sur le bois…
Sur ces toiles collées, on a d’abord jeté une couche de blanc à gouache sur laquelle on a peint à la détrempe les draperies accompagnées d’ornements, de différentes couleurs…
La face de la Mère et celle de l’enfant sont d’un noir foncé imitant l’ébène, mais les mains sont peintes en blanc…
La forme du visage présente un ovale extrêmement allongé. Les yeux sont constitués de deux portions demi-sphériques d’un verre très commun, ce qui donne à la statue une allure étonnante…
Le nez est d’une grosseur et d’une longueur démesurée. La couronne de cuivre qui a la forme d’un casque à oreillettes mobiles est ornée de plusieurs camées antiques. »

Après un examen minutieux, Faujas de Saint-Fond conclut que, fort de la tradition, et compte tenu de la façon dont la statue est marouflée et peinte, compte tenu également de la présence de croix grecques semblables à celles des représentations égyptiennes, il pourrait bien s’agir d’une statue très antique en provenance d’Egypte. Mais, en raison de la forme du visage de la Vierge, peut-être la statue pourrait-elle provenir du Liban où l’auraient sculptée les premiers chrétiens à partir d’un modèle égyptien. L’examen de caractères probablement hébreux qui se trouvaient sur le revers de la manche gauche de la Vierge n’a rien révélé, l’inscription trop déformée et rendue illisible n’ayant pu être déchiffrée.
Il ne faut pas s’en étonner car il est certain que la statue a bien souvent été repeinte au cours des siècles. Une personne présente, un des portiers de la Cathédrale, avait d’ailleurs expliqué à Faujas de Saint-Fond qu’à force de faire toucher des chapelets et d’autres objets à la statue, les frottements l’avaient détériorée et que, récemment, un peintre avait repeint les visages. Un des auteurs du XVIIème siècle, Odo de Gissey, écrivait que, à l’occasion de la Semaine Sainte, il était d’usage de laver la statue « avec une éponge baignée dans le vin ».
Quelles que soient les hésitations de Faujas de Saint-Fond sur l’exacte provenance de la statue, ses conclusions soulignaient de façon accusée le caractère oriental de la statue. Au moment de sa destruction en 1794, on constata à nouveau, après avoir coupé d’un coup de sabre le nez de la Vierge, que la statue était en bois de cèdre. Elle fut alors jetée au feu.
Lorsqu’elle fut brûlée d’un côté, un soldat la retourna avec une barre. Les toiles dont elle était couverte ayant flambé, une petite porte s’ouvrit alors dans le dos de la Vierge et il sortit de la cavité qu’elle fermait un petit parchemin roulé que personne n’osa retirer. Ainsi partit en fumée l’ultime moyen de percer le mystère de l’origine et de la provenance de la statue.
La tradition relatée au XVIème siècle par plusieurs auteurs et reprise au siècle suivant affirme qu’elle était l’œuvre du prophète Jérémie, l’un des grands prophètes de Juda qui avait annoncé la venue de la Bienheureuse Vierge Marie et l’Incarnation du Verbe.
Ces historiens relatent avec plus ou moins de détails les vicissitudes de cette statue sculptée par le prophète : soit celui-ci la remit aux prêtres de Moïse qui l’auraient gardée dans leur trésor de Babylone avant qu’elle n’arrive en possession d’un sultan qui l’aurait donnée à un roi de France ; soit elle fut sculptée par Jérémie lors de sa captivité d’Egypte. D’abord conservée par les Juifs, elle serait entrée par la suite dans les collections des princes d’Egypte. C’est ainsi qu’elle aurait appartenu aux chefs païens, puis aux princes chrétiens avant d’entrer en possession des monarques musulmans qui vénéraient à leur façon Jésus et sa Mère. En 1250, le soudan d’Egypte la remit à saint Louis qui la déposa au Puy en 1254.
Que saint Louis ait fait don de cette statue au Puy est l’opinion la plus commune sur l’arrivée de la statue dans le sanctuaire. Etait-elle déjà vénérée en ce lieu avant 1254 ? Rien ne permet de l’affirmer avec certitude.
Il faut relever que, Vierge noire, elle n’a pas de similitude artistique avec les Vierges noires romanes si répandues en Auvergne et en Velay ; il nous faut admettre une origine orientale à la Vierge vénérée au Puy pendant plus de cinq siècles et qui attira tant de fidèles.
Louis XI, étant venu en pèlerinage au Puy en 1475, donna 1200 écus d’argents et 100 marcs d’or pour faire une niche digne d’abriter la Vierge pour laquelle il avait une dévotion particulière. Ce travail fut confié à un orfèvre de la ville, originaire du Limousin, qui fondit et cisela une sorte d’édicule en vermeil qu’on appela la « chadaraïta » : l’aspect de ce monument est conservé par des tableaux et des gravures anciennes.

Puis, en 1729, un nouveau maître-autel remplaça l’ancien et fut spécialement aménagé pour recevoir la célèbre statue dans une niche située au-dessus du tabernacle. La « chadaraïta » disparut alors et fut envoyée à la fonte. L’autel dédié à l’Annonciation et la niche du XVIIIème siècle sont toujours là.

De 1255 à 1723, la statue sera, par quinze fois, portée en procession dans les rues de la ville. Un imposant tableau, qui orne le bas-côté nord de la nef de la Cathédrale, rappelle la treizième procession, celle de 1630, en action de grâce de la délivrance de la peste de 1629. Le 2 mai 1723, après que la grande peste de Marseille eut étendu ses ravages dans tout le midi et jusqu’aux portes du Puy en épargnant la ville, Mgr de Conflans, pour remercier Notre-Dame d’une protection si sensible, fit porter, pour la quinzième fois, la statue miraculeuse en procession.

Ce fut le dernier triomphe de la Vierge noire. Elle ne sortit plus de la cathédrale que pour être ignominieusement détruite et brûlée. Le 19 janvier 1794, elle fut dépouillée de ses vêtements et arrachée du maître-autel pour faire place à la déesse Raison. Le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte, elle fut mise dans la charrette de l’éboueur et brûlée sur la place du Martouret, face à l’Hôtel de Ville. Après cela, les cendres furent dispersées. Ainsi disparut celle qui était peut-être la plus antique statue de Notre-Dame de toute la chrétienté.

III – L’actuelle statue de Notre-Dame du Puy.

Une conférence ecclésiastique tenue au Puy en 1844 fit remarquer que la « dévotion à Notre-Dame du Puy était attachée au lieu et non à une statue dont on s’était passé depuis si longtemps ». Toutefois, continuait la Conférence, « si par un crime irréparable, on ne possédait plus la Vierge Noire qui avait été l’objet de la vénération publique pendant plusieurs siècles, il ne fallait pas pour cela laisser inoccupée la place qui lui avait été réservée dans la construction de l’autel au siècle précédent ». Aussi fut-il décidé d’installer à nouveau une statue à l’emplacement et en remplacement de l’ancienne. On alla la chercher dans la chapelle voisine Saint-Maurice, proche de la Visitation Sainte-Marie où une statue de la Vierge était en grande vénération et on la porta à la Cathédrale.

L’actuelle statue, exposée dans la niche au-dessus du tabernacle du maître-autel, fut solennellement intronisée en 1844. Datant du XVIIème siècle et de même taille que l’ancienne (72 centimètres), il s’agit d’une copie assez fidèle de l’ancienne telle qu’on la voyait revêtue de son manteau d’apparat, ne laissant émerger que les deux têtes noires, celle de Notre-Dame et celle de l’Enfant-Jésus.

En présence de soixante mille personnes, elle fut couronnée au nom du pape Pie IX et par décision du Chapitre de Saint-Pierre de Rome le 8 juin 1856, soixante-deux ans après le sacrilège du 8 juin 1794. Ce couronnement avait été demandé par l’évêque du Puy, Mgr de Morlhon. A cette occasion, elle fut portée en procession dans les rues de la ville et reçut, place du Martouret où avait brûlé l’ancienne statue, l’hommage officiel de réparation du maire et des autorités civiles du Puy.

Elle a présidé les cinq derniers jubilés, ceux de 1853, 1864 et ceux de 1910, 1921 et 1932. Elle a également entendu les supplications et les appels angoissés de nombreuses mères et épouses lors des guerres en 1870, 1914 et 1940. Elle a accueilli de fervents pèlerinages comme celui de la Jeunesse Française du 15 août 1942 qui fut, à plus d’un titre, comparable au Jubilé de 1429. Venus de toute la France et des Colonies, plus de 10.000 membres de diverses associations de jeunesse vinrent prier Notre-Dame du Puy pour leur patrie. La veille de la fête, un imposant chemin de croix se déroula dans toute la ville et sur les pentes abruptes qui conduisent à la Cathédrale. Deux messes pontificales furent célébrées le 15 août, et l’après-midi, la grandiose procession de la Vierge du Puy parcourut les grandes artères de la ville. Au cours d’une station sur la place du Breuil, les Vierges de France furent successivement présentées : Notre-Dame de Boulogne, Notre-Dame de Strasbourg, Notre-Dame de Metz, etc. Comme l’écrivait un témoin :

« c’était la fille aînée de l’Eglise qui priait sa douce Reine. »

De grandes solennités, présidées par le cardinal Feltin, archevêque de Paris, eurent lieu en 1956, pour fêter le centenaire du couronnement de la Vierge du Puy.
Tous les ans, au 15 août, elle processionne dans les rues de la ville au milieu des manifestations de joie et des élans de prière.

En dehors de ces manifestations, elle trône au-dessus de l’autel majeur de la cathédrale. Tout autour d’elle et de son Fils dans le tabernacle, brûlent en permanence vingt-et-une lampes de cuivre, ornées de splendides émaux. Les plus grandes et les plus belles sont suspendues devant l’autel. Les plaques d’émail, serties sur leurs flancs, représentent des scènes de la vie de Notre-Dame ou des épisodes de la vie de son Fils : l’Annonciation, la Nativité de Jésus, la Présentation de Jésus au Temple, la fuite en Egypte, la Sainte Famille, la Crucifixion au Calvaire, la déposition de Croix, l’apparition de Jésus ressuscité à sa Mère, l’Assomption de Marie et son couronnement comme Reine du Ciel et de la terre. Les artistes ont également évoqué sur ces émaux les grandes dates de l’histoire de la ville mariale comme la suzeraineté du Puy sur Lourdes ou le don d’une épine de la Sainte Couronne du Christ par saint Louis. Sont évoqués également les saints spécialement liés au Puy.

La vie de Notre-Dame ici-bas s’achève par son Assomption au Ciel avec son corps et son âme, magnifiquement représentée à l’avant du chœur de la cathédrale, en surplomb, accrochée à l’arc triomphal. Elle se continue ici-bas au Puy, dans cette ville des apparitions de Notre-Dame, dans ce plus vénérable sanctuaire marial de France.

Abbé Claude Boivin †

Suite

Suite 2 : La Cathédrale du Puy : du paganisme au Christianisme

Prières à Notre-Dame du Puy

Les litanies de Notre-Dame du Puy

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