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Editorial août 2003

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(Pacte / été 2003 / nº77)

Peut-on réformer l’islam ?

‘est “une péripétie due à la fatigue et à un certain ras le bol qui a failli faire tout chambouler “. Voilà en quels termes Maître Chaenes Eddine Hafiz proche de la Mosquée de Paris, commentait la démission donnée et reprise de Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, après qu’on ait annoncé les mauvais résultats de la liste conduite par lui, lors des élections régionales au Conseil français du culte musulman, que vient de créer Nicolas Sarkozy. Les 4000 délégués de toutes les mosquées de France ont voté assez massivement en faveur de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), organisation fondamentaliste, liée aux Frères musulmans et soutenue financièrement par l’Arabie saoudite.

Démission ou pas, la réaction de Dalil, dont on sait combien il a ouvré pour un islam qui soit vraiment aux couleurs de la France, est éloquente :

« Je suis profondément convaincu, déclarait le recteur de la Mosquée de Paris à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, que le courant fondamentaliste qui exercera un pouvoir sans partage au sein du Conseil causera non seulement un très grave préjudice aux musulmans de France, mais également à la République (…) Aucun rapprochement, même tactique, avec les dirigeants de 1 ‘UOIF n ‘est possible tant leur comportement hégémonique est fort. »

Il ajoutait :

« Je suis persuadé que la très grande majorité des musulmans de France rejette ce courant intégriste et rétrograde. »

Et on peut dire qu’il posait là la vraie question, même s’il ne la posait pas sous forme de question : est-il vrai qu’il existe un islam progressiste, tolérant bref assimilable par un pays comme la France ? Cette question est aujourd’hui interdite, censurée. On ne veut voir dans les débordements de certains fondamentalistes qu’une forme marginale d’intégrisme, qui serait appelée à disparaître tout naturellement… Rachid Kaci, le sympathique et fonceur fondateur de Democratia, écrivait dans Le Figaro qu’il suffirait de s’adresser à des musulmans de la deuxième ou de la troisième génération, qui ont effectivement rompu avec leur pays d’origine, pour découvrir des gens qui sont clairement républicains et français…

Mais l’affaire ne semble pas si simple : des personnes d’origine musulmane peuvent en effet avoir perdu le contact avec leur matrice religieuse, mais une réislamisation est toujours possible et elle s’effectue en général, il faut le reconnaître, sur le mode intégriste. Olivier Roy a bien montré en son temps que l’islam des banlieues correspondait presque toujours à ce schéma d’islamisation a posteriori d’une population qui avait perdu le contact avec la tradition familiale.
Ma conviction est qu’on ne fera pas l’économie d’une analyse profonde du Coran, qui devra en quelque sorte être confronté aux normes européennes, lui aussi. Plusieurs auteurs se sont employés à démythifier ce texte. Je pense à Alain Besançon, dont les Trois tentations dans l’Eglise, constituent vraiment une approche sérieuse et fondamentale des risques que le Coran fait courir à notre culture occidentale et chrétienne.

Je voudrais insister aussi sur un livre qui vient de paraître aux Editions Consep, le Guide pratique du Coran de Laurent Lagartempe. De manière purement descriptive, l’auteur marque combien ce texte sacré risque d’être difficile à intégrer dans notre culture… Il va immédiatement au point sensible : ce qu’il appelle les versets colériques. Il en dénombre 650 dans l’ensemble du Coran, soit un ratio de 10 %. Oui, 10 % des versets du Coran sont des appels au meurtre, à la vengeance ou simplement des insultes à ceux que Mahomet nomme ” les incroyants “, c’est-à-dire les non-musulmans. Quand on sait que pour un musulman, le Coran est la pure parole de Dieu, sans le moindre intermédiaire humain, on commence à mesurer peut-être le choc culturel que représente une éducation coranique dans un pays de tradition chrétienne.

Oh ! il y a certes dans la Bible des invitations à la violence. L’abbé Pierre, qui apparemment ne l’avait pas lu, vient de découvrir que le Livre de Josué en est rempli : 1’auteur sacré demande de passer tous les non-juifs au fil de l’épée en les offrant en sacrifice au Dieu tout puissant. Mais un chrétien qui lit de tels textes sait bien que la Bible est une longue histoire et que l’Evangile – à la lumière duquel il importe de lire l’Ancien Testament – ne contient rien de tel mais recommande le contraire :

« Vous avez appris qu’il a été dit : vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient (Matth. V, 43-44) »

Il serait temps qu’apparaisse la spécificité de l’enseignement chrétien, sa nouveauté absolue dans l’histoire de l’humanité et sa permanente actualité. Même si les francs-maçons qui tiennent le Machin européen n’en veulent rien savoir…