logos-lpl-separator-blc

Aletheia n° 77

Partager sur print
Partager sur email
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur whatsapp

Extrait de Aletheia numéro 77, du 22 juin 2005.

e P. Jehan de Belleville, de l’Abbaye Sainte-Madeleine (84330 Le Barroux), a présenté à Rome, en 2004, devant l’Université pontificale de la Sainte-Croix, une thèse de licence en droit canonique intitulée : Le droit objectif dans Dignitatis humanæ. La liberté religieuse à la lumière de la doctrine juridique d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin.

Cette  » tesina « , encore inédite, de 177 pages, fait l’objet d’une  » version substantiellement remaniée « , disponible pour les lecteurs que le sujet intéresse. Elle est articulée en cinq chapitres :

« Chapitre I : Droit objectif et droit subjectif. »
« Chapitre II : Liberté de conscience et des cultes au XIXe siècle. »
« Chapitre III : Maritain et la liberté religieuse. »
« Chapitre IV : Le décret Dignitatis humanæ : son parcours. »
« Chapitre V : La liberté religieuse dans D.H. : définition, fondement, limites. Interprétations diverses. »

Le P. Jehan de Belleville entend montrer que « la condamnation de la liberté de conscience et des cultes par le Magistère au XIXe siècle » ne s’oppose pas à l’affirmation de la liberté religieuse définie au Concile [Vatican II]  » (p. 3). Il n’y a pas opposition, explique-t-il, parce qu’il y a eu un « changement de perspective juridique ».Dans la philosophie aristotélo-thomiste, le droit a son fondement dans la chose : le droit est une réalité concrète, objective, due en justice à autrui. Ce réalisme juridique permet un droit objectif.

Avec le décret Dignitatis humanæ, selon l’auteur, on est passé à un droit subjectif, fortement inspiré du personnalisme. Comme le disait le philosophe Michel Villey, qui voyait le nominalisme de Guillaume d’Occam (XIVe s.) à la source de ce droit subjectif : « La jus n’évoque plus le devoir que vous impose la loi morale, mais le contraire, une permission que vous laisse la loi morale – une licentia – ou une liberté – libertas. La science abstraite des modernes isole dans le droit l’avantage qu’il constituera pour l’individu » (cité p. 1).

La déclaration conciliaire, selon le P. Jehan de Belleville, a tenté de ne pas se limiter à un droit subjectif à la liberté religieuse en réaffirmant « le droit naturel comme une mesure rationnelle ou morale de l’agir humain » (p. 149). La déclaration conciliaire affirme que tous les hommes « sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion » (D.H., 2). Selon le P. Jehan de Belleville, D.H. a défini la liberté religieuse « comme un droit référé à la conscience, laquelle dépend dans son jugement de la connaissance objective des normes générales de la conduite morale » (id.).

Le P. Jehan de Belleville, qui passe aussi en revue les principales interprétations ou contestations de la déclaration conciliaire, ne méconnaît pas les interprétations déformantes que le texte conciliaire a subies et les erreurs auxquelles il peut conduire :
Mettre la liberté religieuse dans la seule volonté délibérée de l’homme, en dehors des fins que Dieu a établies à travers la Création et précisées par la révélation, conduirait non seulement à une autodestruction de la société chrétienne, ou de ce qu’il en reste, mais pousserait les hommes encore plus loin dans les voies contraires de la liberté.

Yves Chiron

Yves Chiron
16 rue du Berry
36250 NIHERNE
France