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Le courage du « mauvais élève », par l’abbé Guillaume d’Orsanne – Juin 2014

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Après avoir labouré, travaillé la terre, semé, arrosé, désherbé, sarclé, espéré, attendu, nous voici enfin arrivés au temps la récolte.

Tous les paysans le savent : celui qui n’a rien fait ne peut rien récolter.

Mais l’inverse n’est pas toujours vrai : il arrive que celui qui a beaucoup travaillé récolte peu !

En agriculture, il y a des circonstances qui compliquent tout : telle terre n’est pas très bonne, telle semence non plus ; le temps n’a pas été favorable ; la maladie s’y est mise ; les sangliers sont passés par là ; la grêle a tout abîmé ; le gel tardif a brûlé les jeunes pousses ; etc. Dans ce cas, le paysan se lamente mais il a conscience nette : « J’ai fait ce que je devais faire ! » La Providence ne l’abandonnera pas.

Il en est de même à la fin d’une année scolaire. Certaines moissons intellectuelles sont mauvaises, mais l’élève qui a réellement fait son devoir ne doit pas se décourager. Plus que cela : ni ses parents ni ses professeurs ne peuvent l’accabler. Plus encore, il est très opportun de le féliciter !

Car en effet, peu importe devant Dieu le nombre absolu de talents présentés : si celui qui en a reçu cinq doit en gagner cinq autres et non pas un, celui qui en a reçu un seul doit en gagner un seul autre et non pas cinq.

C’est ce rapport que l’on devrait considérer à chaque fin d’année, de sorte que certains élèves réputés bons auraient à rougir de leur paresse, et certains autres réputés mauvais à rougir fièrement de leur courage.

Abbé Guillaume d’Orsanne