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Vatican II et l’évangile

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ABBE GUILLAUME DE TANOUÄRN, éd. Servir, coll. Objections, mai 2003

n reproche souvent aux  » traditionalistes  » de refuser Vatican II. Ce livre va permettre à tous de comprendre pourquoi. Le point de vue est nouveau : cette confrontation entre les grands thèmes généreux chers au Concile – la nouveauté, l’ouverture au monde, la paix, le progrès, le dialogue entre les religions, la marche des églises vers l’unique Royaume, la liberté, la dignité de l’homme, la célébration active et communautaire .- et l’évangile, produit par simple juxtaposition une détonante contradiction.
Cet ouvrage diffère de la production habituelle sur le sujet. Les lecteur de Mascaret qui ne connaissent l’abbé de Tanouärn que par sa Palombière seront surpris. Ici, le ton change. Ni diatribe, ni polémique, ni thèse de doctorat : à partir de sermons retranscrits, l’auteur, serein, livre en première partie ses réflexions, non point du haut de la chaire mais plutôt au coin du feu – le feu brûlant allumé par Jésus-Christ. En seconde partie, c’est le professeur, le pédagogue qui parle, et rend accessible, sans la simplifier, l’analyse savante, théologique ou philosophique, des sources du concile. Il en ressort une clarté et une cohérence nouvelle.
En pleine possession du sujet qu’il explore de longue date dans la revue Certitudes, par cette approche globale et thématique, successivement évangélique et philosophique, il dégage l’esprit du concile à travers sa lettre, et livre des vues profondes sur ce qu’il nomme  » la religion du Concile « . Pour confirmer la pertinence de cette approche, je ne citerai que le titre donné par la Documentation Catholique (2 janvier 1966, col. 59-66) au  » Discours de clôture  » de Paul VI du 7 décembre 1965, si lourd de conséquences :  » Valeur religieuse d’un concile qui s’est occupé principalement de l’homme. « 
Que faire du Concile ? Quelle est l’interprétation  » authentique  » qui permettrait partout sa  » pleine réception  » ? L’abbé de Tanouärn pose le problème :  » Si l’on adopte le point de vue de Sirius, les interprètes du Concile se partagent en deux camps. Il y a ceux qui pensent que Vatican II a dit quelque chose d’original, [.] Et il y a ceux qui estiment que Vatican II se trouve dans la continuité de la Tradition : ceux-là confinent les textes conciliaires dans une sorte d’insignifiance [.] « (p. 140). Les évêques en appellent au Concile comme au ressort de la  » communion ecclésiale « , mais chacun l’interprète à sa guise. Jean-Paul II, dans son Motu proprio Ecclesia Dei (1er juillet 1988), reconnaissait l’obstacle, lorsqu’il invitait les théologiens à travailler  » pour mettre en lumière la continuité du Concile avec la Tradition « . Continuité cachée, par conséquent, qui met à part Vatican II et en fait une sorte d’exception conciliaire.
Parce qu’il rend évidente l’apparition d’une telle nouveauté religieuse à Vatican II, qu’elle rompt avec l’essence du message évangélique, l’abbé de Tanouärn ouvre magistralement pour mettre en lumière la discontinuité du Concile avec la Tradition. Dans ce jeu de contraste, on redécouvre avec bonheur l’éternelle nouveauté de l’évangile.

Abbé Christophe Héry

Vatican II et l’évangile
Abbé Guillaume de Tanouärn
Ed. Servir, coll ; Objections, 2003

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