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Sermon du 24 avril 2005

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le passage du « Rubicon » local
Difficile même pour les …clercs
Arrivée au Puy
Installation

Oui, la vie de Notre-Seigneur n’est belle et fulgurante que par cette mission unique de salut qu’Il est venu accomplir et à laquelle Il consacre tous les instants de son existence, au service de laquelle tout est soumis.

Nous avons perçu que toutes les circonstances s’inclinent, que les dates elles-mêmes se son infléchies et se retrouvent confondues parce que la mission unique s’est accomplie et que les âmes scrutatrices des mystères divins en sont toutes transportées d’amour et d’admiration.

En ce Vendredi Saint, où Notre-Seigneur accomplit sa mission attaché aux bras de la Croix, il y opère l’œuvre essentielle, bien plus haute que la Création, l’œuvre qui révèle quelque chose de la profondeur insondable, de la justice, de la pureté et de la miséricorde de Dieu, l’œuvre de Rédemption. Il y obtient une fécondité à la mesure du sacrifice auquel il consent. Voici l’arrachement d’une multitude innombrable, arrachement aux geôles du pêché qui préludaient à celles de l’Enfer. Voilà cette race nouvelle, illuminée de la grâce de Dieu qui vient changer la face de la terre. Et voilà encore cette colonne des grands imitateurs de Dieu, saints et saintes de l’Eglise qui donne la plus éblouissante démonstration de la bienfaisance du Sacrifice de la Croix.

ais je n’aurais rien dit si je n’exprimais ce chef-d’œuvre de la Rédemption qu’est l’Immaculée Conception, celle dont la beauté constitue le fleuron de Dieu et l’honneur inégalable de la race humaine. Or, chers confrères dans le Sacerdoce, et vous, chers futurs prêtres, notre vocation nous place au cœur de la perpétuation du sacerdoce de Notre-Seigneur et de son Sacrifice vivant ; nous sommes donc, comme Notre-Seigneur, les hommes d’une seule date.

Les prêtres, ce sont les hommes du 25 mars où commence notre mission avec l’appel d’un ange qui pour nous est notre vocation et où elle s’achève avec l’immolation de notre existence sur l’autel pour la gloire de Dieu et le salut des âmes de nos frères.
Il n’est de grandeur d’existence ici bas que par le principe d’unité qui la domine. L’homme de plusieurs missions n’est qu’une illusion. Nous autres prêtres, nous avons reçu de Dieu comme le plus somptueux des héritages, notre vocation sacerdotale. Ne nous abaissons pas à en chercher une autre, humaine, américaniste. Il s’agit de la plus belle mission, celle que le Père a choisi pour son Fils Bien-Aimé. Y a-t-il plus bel idéal que l’on puisse concevoir et dont un cœur humain puisse rêver ? Le prêtre, élu de la droite de Dieu, autre Christ vivant sur la terre, destiné à offrir à Dieu le sacrifice de l’Aautel pour donner Notre-Seigneur en nourriture à ses frères.

« Marche pas ce satané portable
Fausses jumelles, vraies catholiques….

Voilà 2000 ans que depuis les Apôtres, les prêtres se succèdent sur la terre pour y renouveler encore et toujours le sacrifice de l’Agneau et irriguer les âmes du Sang Rédempteur. Telle est la mission Sacerdotale, telle qu’elle demeure intacte, parfaitement inchangée après 2000 ans d’autant plus nécessaire au monde qu’il s’est davantage corrompu et avili. Que ceux qui sont appelés à une telle destinée de gloire divine sachent cependant qu’ils ne peuvent prétendre à devenir les compagnons et les amis de Jésus-Christ que parce qu’ils le seront vraiment dans ses abaissements et ses humiliations.

L’organiste est prêt
Les scouts marins aussi !

Telle qu’elle est, parfaitement belle et terriblement exigeante, nous pensons la mission sacerdotale tellement attirante et séduisante qu’elle laisse à côté d’elle, un peu falot, un peu fadasse les meilleurs métiers d’hommes. C’est pourquoi dans une société catholique digne de ce nom, il est bon que la vocation sacerdotale, même si elle est d’abord don de Dieu, soit également l’objet des saintes convoitises et du plus haut désir des hommes. Ce n’est qu’après l’avoir admiré que les hommes qui n’y sont pas appelés peuvent ensuite songer à d’autres devoirs.

Organisation
Séminaristes de Flavigny
et séminaristes d’Ecône
Les prêtres s’avancent pour la messe solennelle

es bien chers frères, si le sens du jubilé du 25 mars et la présence de nos prêtres et séminaristes nous donnait comme une obligation de concentrer d’abord notre attention sur la mission sacerdotale inaugurée par Notre-Seigneur ; si nous étions également convaincus de l’importance que tous les catholiques aient une estime du sacerdoce catholique, nous voudrions maintenant nous tourner vers vous, vous tous qui vous êtes déplacés pour ce pèlerinage. Pour que ce jubilé auquel vous participez revête bien toute l’importance qu’il doit avoir et que l’ « Ite Missa est » qui conclura cette messe ne soit pas compris comme un contre-sens, comme un au revoir mais comme un ordre de mission bien net qui claque comme un drapeau, comme une vague de fond qui envahisse les âmes, les soulève et les entraîne, bien décidées dans une ferveur renouvelée.

Au premier jubilé de l’an 33, il s’en est fallu d’une parole du Christ pour que le dernier des gredins qui se trouvait attaché à la croix, à côté de lui, se trouve comme catapulté dans l’Eternité en quelques instants jusqu’au sommet de la sainteté, et jusqu’à la vision béatifique. La puissance de Dieu est toujours la même, qui fait encore à partir des stercora, des pierres précieuses.
La grâce de Dieu qui a converti Dismas, ne comprenez-vous pas comme elle est avide d’envahir vos cœurs aujourd’hui et de vous conduire à votre tour vers ces hauteurs où le Bon Dieu vous veut ? Parce que le jubilé n’est pas qu’un mot, il doit coïncider avec une victoire sur les âmes impatientes de rompre enfin avec la médiocrité pour se placer tout de bon au Service de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Les chères soeurs du Rafflay
La mmontée à la Basilique

Mes bien chers frères, nous n’avons pas le courage de rompre avec nos médiocrités, peut être parce que nous n’avons pas suffisamment conscience de ces paysages stupéfiants de beauté auxquels nous convie Notre-Seigneur Jésus-Christ, par la puissance de la grâce de Dieu, par son cœur débordant d’amour qui réchauffe les cœurs glacés, par l’absolution des prêtres qui vous entourent et qui défait les liens du péché, par la Sainte-Eucharistie reçue dans les âmes, par la jubilation catholique communiquée par ce jubilé, il faut, il est impératif que les âmes se redressent.

Les soeurs de Saint Pie X
Les soeurs de Saint Pie X

e lieu est évidement saint qui est la patrie de Notre-Dame de France, qui attire les pèlerins depuis le plus profond des âges et qui vit partir la Première Croisade en 1095. Ce lieu est profondément français qui palpite encore du sang de Bertrand Du Guesclin, mort pour la défendre en 1380. Mais ce lieu, mes bien chers frères, est peut-être surtout celui qui illumine mystérieusement la mission de l’incarnation de l’espérance de notre pays , j’ai dit sainte Jeanne d’Arc. Qu’il est admirable cet instant où Jeanne envoyée à sa mission par les saints n’hésite pas à envoyer à son tour sa mère elle-même, qui, en 1429 vient prier ici pour sa fille et pour la mission de sa fille. Mère et fille se trouvent inséparablement unies dans la rédemption de notre pays auquel elles se sont vouées. Est-il possible qu’il y ait un cœur catholique et français qui puisse demeurer morne et flasque devant ces souvenirs chargés d’une telle espérance ? Il doit y avoir parmi vous des Isabelle Romée pour que nous soient donnés les saints et les saintes dont nous avons besoin.

Vous constatez, mes bien chers frères, qu’en tout cela il n’y a aucune place pour les sentiments stériles, pour le découragement ou pour l’amertume. Nous n’avons pas de temps à perdre, et notre mission est trop belle et trop grande pour que nous ne nous y lancions pas enfin de tout notre cœur.

Notre Dame de France nous bénit et nous encourage et nous presse de nous donner à cette œuvre de restauration du règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. Si le bon sang de France coule encore un peu dans nos veines, si notre génération ne veut pas être au milieu de toutes les autres, celle que l’on désignera du doigt parce que c’est avec elle qu’aura cessé la transmission de la foi, il importe alors d’écouter l’appel du Puy.
Ce pèlerinage ne sera pas à ajouter à la collection de ceux que vous aurez déjà parcourus. Il est un pèlerinage unique, en vue de susciter un réveil unique de notre foi. Il est marqué au coin du sceau national, mouillé du sang de Du Guesclin, inaugurateur de la mission de Jeanne. C’est à notre tour maintenant de devoir y répondre sans plus tarder. A l’heure de l’agonie de la France, de notre pays comme blessé jusqu’à la mort, ne sommes-nous pas comme les derniers survivants pour qui le mot de patrie a encore un sens, à ne pas cesser d’aimer encore notre mère patrie humiliée, ravagée, ravalée au rang des nations décadentes ? Il pèse donc sur nous une mission écrasante, mais encore plus exaltante qu’écrasante.

La façade de la Basilique
Il a fallu cinq tours pour que tous les fidèles
puissent visiter Notre-Dame du Puy

Cette mission est de délivrer notre sol à l’instar de Jeanne, et de la rendre au Seigneur Jésus-Christ et à Notre Dame de France. Au moment où l’Eglise agonise, où ses enfants les plus fidèles sont jetés hors de la cathédrale ou hors de la maison, ils n’ont rien d’autre à demander que l’honneur de continuer à la servir, uniquement heureux de savoir que ces sacrifices contribueront modestement à la fin de la crise terrible qu’elle connaît. Telle est notre attitude à l’avènement du nouveau Pape à qui nous souhaitons la grâce de ne pas s’émouvoir de l’hostilité qu’il semble susciter et que, au contraire, cette hostilité lui soit salutaire pour qu’il comprenne l’impossibilité de la conciliation entre l’Eglise et le monde.

Mes bien chers frères, au service de l’Eglise comme au service de la France, il nous faut donc quelques hommes d’armes, quelques Isabelle Romée, quelques Jeanne d’Arc. Alors, à toutes les âmes ici présentes, redevables au Ciel de la grâce du Jubilé, éblouies par la grandeur de l’idéal catholique, nous demandons pour la Tradition, pour le triomphe de la Tradition, une nouvelle ferveur. Mais pour que mes mots ne demeurent pas désincarnés, pieux souhaits qui s’envoleront, pour que personne ne puisse protester qu’il ne sait pas comment servir, permettez-moi d’énumérer, pour terminer, quatre pistes que je propose à votre flamme, quatre brandons :

– la fidélité à la retraite ignatienne annuelle, meilleure antidote contre la tiédeur ;
– la pratique des premiers samedis du mois, conformément au désir de Notre Dame de Fatima ;
– l’engagement dans un Tiers-Ordre ou une confrérie pour enraciner et stabiliser vos habitudes de vertu et de piété ;
– le service de la France par le combat civique et politique catholique selon la croisade des pères de famille préconisée dès 1979 par Mgr Lefèbvre.

Notre vénéré Monseigneur est né, cette année, il y a un siècle. Qu’il nous accorde à nous tous son attachement indéfectible à la foi, à la Sainte Eglise Catholique et à Rome. Qu’il agrandisse nos cœurs pour que nous puissions entendre l’appel salvateur :

« « Va, fille de Dieu,va » , qui conduisit Jeanne à se mettre en route immédiatement « car, disait-elle, je ne durerai qu’un an. Il me faut l’employer. O mon Dieu ! Vous tardez trop à m’envoyer ; il faut besogner quand Dieu veut, travailler et Dieu travaillera ! ». »

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Ainsi soit-il.

Abbé Régis de Cacqueray †

Nota Bene

Merci à monsieur l’abbé Quilliard (Econome-adjoint du District de France) pour les photos.

fraternité sainte pie X