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   Explications et résumé des écrits de saint Ambroise de Milan

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Explications et résumé des écrits de saint Ambroise de Milan

Saint Ambroise de Milan (339 - 394), évêque

 

La tournure d’esprit d’Ambroise est toute romaine ; les questions morales et pratiques occupent de préférence l’évêque de Milan. Il traite souvent les questions dogmatiques, les devoirs de sa charge et les nécessités du temps l’exigeaient ; mais il ne s’élève pas aux spéculations ingénieuses ou sublimes auxquelles s’est plu saint Augustin ; il suffit d’ordinaire à Ambroise de développer l’argument scripturaire et traditionnel. De testimoniis plura contexam, a-t-il dit dans un de ses plus importants traités. De fide ad Gratianum Augustum, l. I, Prolog. 4, P. L., t. XVI, col. 529. Parmi les Pères, ses devanciers ou ses contemporains, il connaît surtout Clément d’Alexandrie, Origène, Didyme, saint Basile.

L’éloquence et le style d’Ambroise ont été appréciés par des maîtres. " Saint Ambroise, dit Fénelon, suit quelquefois la mode de son temps. Il donne à son discours les ornements qu’on estimait alors. Mais, après tout, ne voyons-nous pas saint Ambroise, nonobstant quelques jeux de mots, écrire à Théodose avec une force et une persuasion inimitables ? Quelle tendresse n’exprime-t-il pas quand il parle de son frère Satyre !Nous avons même dans le bréviaire romain un discours de lui sur la fête de saint Jean, qu’Hérode respecte et craint encore après sa mort : prenez-y garde, vous en trouverez la fin sublime… " Troisième dialogue sur l’éloquence.

" On sent en lui, dit Villemain, plus occupé de la langue et du style d’Ambroise, une belle tradition de l’antiquité. Les deux écrivains dont l’imitation est la plus sensible et souvent trop marquée dans le génie d’Ambroise sont Tite-Live et Virgile. J’y joindrais volontiers Cicéron et Sénèque. Sans doute, les souvenirs de leur langue sont étrangement mêlés ; mais il n’y a pas moins quelques beaux reflets de l’antiquité dans le style inégal de leur disciple chrétien, et ce qui manque dans la forme est couvert par l’excellence du fond. " Villemain, article Saint Ambroise dans la Biographie universelle de F. Didot, Paris, 1855. " On trouve… Jusque dans les passages les plus austères, des locutions qui semblent venir de Lucain, de Térence, et même de Martial et d’Ovide. Mais c’est surtout Virgile… Qui fut le poète aimé de saint Ambroise, s’il faut en juger par le nombre considérable d’emprunts plus ou moins déguisés qu’il lui fait. " R. Thamin, Saint Ambroise et la morale chrétienne au IVe siècle, c. VII.

 

Ecrits exégétiques.

Ces écrits, qui constituent une partie considérable de l’œuvre d’Ambroise, ont d’abord été des homélies. L’évêque de Milan n’a pas d’ordinaire pour but d’exposer le sens littéral de l’Ecriture, auquel il préfère les sens allégoriques et moraux. Il s’inspire d’Origène, il s’inspire volontiers aussi de Philon, à ce point que maintes fois on a rétabli le texte assez mal conservé du juif alexandrin à l’aide des endroits parallèles d’Ambroise. Mais tout en appliquant l’un et l’autre la méthode allégorique à l’interprétation des Ecritures, ils ne découvrent pas les mêmes doctrines sous l’écorce de la lettre.

L’évêque de Milan emploie aussi le procédé allégorique dans l’explication du Nouveau Testament, au risque de nous déconcerter quelquefois. Voir son commentaire de saint Luc, P. L., t. XV, col. 1649, 1793, 1794. Le commentaire est ingénieux et touchant ; mais on est loin du texte.

Dans l’énumération des œuvres exégétiques d’Ambroise, au lieu de l’ordre chronologique difficile à déterminer avec certitude, nous suivrons, comme les éditeurs bénédictins, l’ordre des livres de l’Ecriture. Nommons d’abord les six livres de l’Hexaemeron, P. L., t. XIC, col. 123-124. Neuf sermons prêchés en six jours du carême, entre les années 386 et 389, forment la base d’un ouvrage où saint Ambroise, imitateur de saint Basile, mais imitateur libre, met aussi à profit, au témoignage de saint Jérôme, des ouvrages aujourd’hui perdus d’Origène et de saint Hippolyte. Ambroise y décrit avec une grâce poétique les divers aspects du monde visible ; il y est surtout moraliste ; aussi se sert-il, dans un but éthique, de traits fabuleux que lui avait transmis l’histoire naturelle des anciens.

Le De Paradiso, P. L., t. XIV, col. 275-314, les deux livres De Caïn et Abel, P. L., t. XIV, col. 315-360, le De Noe et arca, P. L., t. XIV, col. 361 416, furent probablement écrits vers 380 ; d’après Kellner, le De Noe et arca serait de la fin de 386. Le De Paradiso, où Ambroise réfute les manichéens et donne des faits de l’histoire primitive une explication allégorique et mystique, a, moins que les autres ouvrages, le caractère homilétique. L’élément parénétique domine dans les livres De Caïn et Abel. C’est probablement au cours des années 388 et 390 qu’Ambroise a écrit De Abraham, en deux livres, P. L., t. XIV, col. 419-500 ; De Isaac et anima col. 501-535 ; De bono mortis, P. L., t. XIV, col. 539-568 ; De fuga sæculi, P. L., t. XIV, col. 569-596 ; De Jacob et vita beata, en deux livres, P. L., t. XIV, col. 597-638 ; De Joseph patriarcha, P. L., t. XIV, col. 641-672 ; De benedictionibus patriarcharum, P. L., t. XIV, col. 573-694. Aux yeux d’Ambroise comme aux yeux de Philon, les patriarches sont les lois vivantes et raisonnables, ??????? ??? ??????? ????? ; l’?vêque les admire et il les propose à l’imitation des catéchumènes et des baptisés. La préoccupation allégorique et mystique l’a rendu quelquefois bien indulgent. Sed non ita illam defendimus, ut istum accusemus : imo utrumque excusemus : non autem nos, sed mysterium quod copulæ illius fructus expressit, a-t-il dit de Juda et de Thamar, dans son commentaire sur saint Luc. P. L., t. XV, col. 1596. Le sens mystique prévaut dans le De Isaac et anima : Isaac, époux de Rébecca, est la figure du Christ s’unissant à l’âme humaine. Le De bono mortis n’est qu’une suite du livre sur Isaac ; Ambroise y enseigne à faire par la mortification l’apprentissage de la mort, laquelle est pour l’âme une heureuse délivrance. Unde et nos dum in corpore sumus, usum mortis imitantes ablevemus animam nostram ex istius carnis cubili, et tanquam de isto exsurgamus sepulchro. De bono mortis, c. V, P. L., t. XIV, col. 548. C’est à propos de la fuite de Jacob en Mésopotamie qu’Ambroise a écrit son De fuga sæculi, cité par saint Augustin, l. II Contra Julianum, c. VIII, P. L., t. XLIV, col. 689, et l. IV Contra duas epistolas Pelagii, c. II, P. L., ibid, col. 633. Le De benedictionibus patriarcharum est l’explication mystique des bénédictions prononcées par Jacob mourant sur ses douze fils.

Le livre De Elia et jejunio, plein de fines ou énergiques peintures qui mettent à nu les mœurs d’alors, P. L., t. XIV, col. 697-728, fut prononcé ou composé à l’approche du carême (c. I, col. 697) ; il préconise le jeûne. Le De Nabuthe Jezraelita, P. L., t. XIV, col. 731-756, rappelle aux riches avides les menaces divines ; le De Tobia, P. L., t. XIV, col. 759-794, décrit et flétrit l’effroyable crime de l’usure. Les deux premiers écrits sont postérieurs à 386.

Dans les quatre livres De interpellatione Job et David, P. L., t. XIV, col. 797-850, lesquels d’après les bénédictins ont été composés vers 383, Ambroise répète les plaintes de ces personnages bibliques sur la faiblesse et la misère de l’homme ; il répond avec les propres paroles de Job et de l’auteur du psaume LXX aux doutes qui visent le gouvernement de la providence. Dans l’Apologia prophetæ David, P. L., t. XIV, col. 851-884, Ambroise prémunit ses lecteurs contre le scandale qui résulte du double crime de David. Cette apologie est des années 383-385. Saint Augustin la cite, l. IV Contra duas epistolas Juliani, c. II et l. II Contra Julian., C. VII, P. L., t. XLIV, col. 632, 687. L’Apologia altera prophetæ David, P. L., t. XIV, col. 887-916, est très probablement d’une autre main et dune autre époque.

Les Enarrationes in duodecim paslmos davidicos, P. L., t. XIV, col. 921-1180, composés en divers temps, et l’Expositio in psalm. CXVIII, laquelle est probablement des années 386-388, présentent un caractère vraiment exégétique.

L’Expositio Isaiæ prophetæ est perdue. Avec divers passages d’Ambroise, le cistercien Guillaume de Saint-Thierry († 1148) a composé un commentaire sur le Cantique des cantiques.

L’Expositio Evangelii secundum Lucam, œuvre considérable en dix livres, P. L., t. XV, col. 1527-1860, date des années 385-387.

Les Commentaria in tredecim Epistolas B. Pauli, P. L., t. XVII, col. 45-508, ont été attribués à l’évêque de Milan dont ils sont dignes ; à partir d’Erasme, qui contesta cette attribution, l’auteur en est désigné sous le nom d’Ambrosiaster ou de faux Ambroise. D’après Mommsen, il est impossible d’attribuer à saint Ambroise la Lex Dei sive Mosaicarum et Romanorum legum collatio, qu’on ne trouve point d’ailleurs dans les éditions imprimées.

 

Ecrits moraux et ascétiques.

Ambroise composa après 386 son célèbre traité De officiis ministrorum, P. L., t. XVI, col. 23-184. C’est pour les clercs qu’Ambroise a écrit ces livres : " il ne se borne pas néanmoins dans cet ouvrage à régler les mœurs des ecclésiastiques ; il y enseigne à tous les chrétiens les préceptes et les maximes de la morale la plus pure. " Dom Remi et Ceillier, Histoire générale des auteurs ecclésiastiques, 2e édit., Paris, 1860, t. V, p. 378 sq., saint Ambroise. Le De officiis de saint Ambroise est divisé en trois livres comme celui de Cicéron, mais ce parallélisme même ne fait que mieux ressortir l’antithèse des deux morales. " Ce qui sépare profondément la morale du Père de l’Eglise de celle de son devancier, c’est la notion juste de la fin dernière, et la certitude d’une vie future où la vertu est couronnée et le vice puni. De là, comme conséquence immédiate, le mépris des biens terrestres, mais un mépris raisonnable, accompagné d’ineffables espérances, et qui ne brise pas, comme l’apathie stoïcienne, les ressorts de l’âme… " R. P. Charles Daniel, S. J., La morale philosophique avant et après l’Evangile, Etudes religieuses, 1857.

Ambroise s’est plu à célébrer la virginité. Au début presque de son épiscopat, en 377, il adressait à sa sœur Marcelline ses trois livres De virginibus, P. L., t. XVI, col. 187-232. Hæc ego vobis, sanctæ virgines, disait-il, nondum triennalis sacerdos munuscula paravi, licet usu indoctus, sed vestris edoctus moribus, l. II, c. VI, P. L., t. XVI, col. 218. Au même ordre d’idées appartiennent les ouvrages De viduis de 377 ou 378, P. L., t. XVI, col. 233-262 ; De virginitate, qui semble aussi de 378, P. L., t. XVI, col. 265-302 ; De institutione virginis et S. Mariæ virginitate perpetua ad Eusebium, de 391 ou de 392, P. L., t. XVI, col. 305-334 ; Exhortatio virginitatis, de 394 ou 395, P. L., t. XVI, col. 335-364. Le De lapsu virginis consecratæ, P. L., t. XVI, col. 367-384, est probablement de Nicétas de Romatiana, dont la personnalité et le siège sont assez difficiles à déterminer.

 

Ecrits dogmatiques.

Au premier rang apparaissent les cinq livres De fide ad Gratianum Augustum, œuvre moins personnelle sans doute que les traités d’Hilaire et d’Augustin sur la Trinité. P. L., t. XVI, col. 527-698. Gratien avait demandé à Ambroise une exposition et une défense du dogme de la divinité du Verbe, dont il pût s’armer contre les sophismes ariens de son oncle Valens qu’il allait secourir. " Au moment de partir pour la guerre, disait Ambroise, tu me demandes, ô pieux empereur, un traité de la foi chrétienne… J’aimerais mieux exhorter à la foi que de discuter sur la foi ; exhorter à la foi, c’est en faire une religieuse profession ; discuter, c’est faire acte de présomption imprudente. Mais tu n’as pas besoin d’être exhorté, et moi-même, en présence d’un devoir pieux à remplir, je ne m’excuserai pas ; puisque l’occasion s’en offre à moi, je vais entreprendre avec une modeste assurance une discussion où s’entremêleront quelques raisonnements et beaucoup de textes scripturaires. " L. I, Prolog., P. L., t. XVI, col. 529. En 381 parurent, comme une suite des cinq livres De fide, les trois livres De Spiritu Sancto ad Gratianum Augustum, qui ont été jugés par saint Jérôme avec une sévérité chagrine (præfatio ad Paulinianum, P. L., t. XXXIII, col. 104). Ambroise, en s’aidant de saint Basile et de Didyme d’Alexandrie, défend dans ces livres le dogme de la consubstantialité du Saint-Esprit. Le De incarnationis dominicæ sacramento, P. L., t. XVI, col. 817-846, est dirigé contre les hérésies arienne et apollinariste, et vise l’entourage de l’empereur. L’évêque de Cyr, Théodoret, a inséré dans un de ses dialogues un fragment d’une Expositio fidei, œuvre d’Ambroise (dans Eranistes ou Polymorphus, P. G., t. LXXXIII, col. 181-187 ; et P. L., t. XVI, col. 847-850.) Le De fide orthodoxa contra arianos, P. L., t. XVII, col. 549-568, a été a tort attribué à l’évêque de Milan.

Le De mysteriis, discours adressé aux nouveaux baptisés, P. L., t. XVI, col. 389-410, où la croyance catholique sur le baptême, sur la confirmation, et notamment sur l’eucharistie est si clairement attestée, n’a jamais été sérieusement contesté à saint Ambroise, encore qu’on ne puisse en fixer la date. Les six livres De sacramentis, P. L., t. XVI, col. 417-462, souvent attribués à saint Ambroise par des auteurs venus longtemps après lui, ne sont qu’une imitation du De mysteriis, et ne peuvent guère être antérieurs ni postérieurs au Ve ou au VIe siècle. Voir plus loin l’article AMBROSIEN (Rit), § 1. Dom Morin les attribue à Nicétas de Romatiana, dont l’identité, nous l’avons dit, est malaisée à fixer. P. L., t. XVI, col. 465-594. Les deux livres De pænitentia, écrits vers 384, d’après les bénédictins, et dirigés contre l’hérésie novatienne, renferment de précieux témoignages sur le pouvoir d’absoudre conféré à l’Eglise, sur la nécessité de la confession, sur le mérite des bonnes œuvres. Ambroise y fait sur lui-même d’humbles et touchants retours. L. II, c. VIII, P. L., t. XVI, col. 513-516. Cette note personnelle n’est pas absente des autres ouvrages de l’évêque de Milan. Voir par exemple le De fide ad Gratianum Augustum, l. V, Prolog., P. L., t. XVI, col. 649-652.

Nous n’avons pas le De sacramento regenerationis sive de philosophia, œuvre de saint Ambroise, nommé quelquefois par saint Augustin, Contra Julianum, l. II, c. V, P. L., t. XLIV, col. 683 ; Retract., l. II, c. IV, P. L., t. XXXII, col. 632 ; nous ne connaissons aussi que le nom de la dissertation Ad Pansophium puerum, des années 393-394. Le morceau sur l’origine de l’âme, édité en 1883 par Caspari, porte indûment le nom d’Ambroise, Altercatio d. Ambrosii contra eos qui animam non confitentur esse facturam aut ex traduce esse dicunt.

 

Discours.

Il nous reste d’Ambroise les oraisons funèbres de Satyre, ce frère si tendrement aimé qu’une mort soudaine enleva en 379 ; du jeune Valentinien et de Théodose. Le De excessu fratris Satyri, P. L., t. XVI, col. 1289-1354, comprend deux livres, dont le premier est l’oraison funèbre prononcée devant les restes mortels du défunt ; le second, intitulé d’ordinaire De fide resurrectionis, est un discours de consolation qu’Ambroise prononça sept jours plus tard devant le tombeau de son frère. Saint Augustin cite ce second livre, De peccato originali, l. II, c. IV, P. L., t. XLIV, col. 409. L’oraison funèbre de Satyre est un cri de douleur dont Bossuet s’est souvenu et inspiré dans l’oraison funèbre d’Henriette d’Angleterre. Celle de Valentinien II, intitulée De obitu Valentiniani consolatio, P. L., t. XVI, col. 1357-1384, fut prononcée vers le mois d’août 392, aux funérailles du jeune prince tombé victime d’Arbogaste. L’éloge funèbre de Théodose, De obitu Theodosii oratio, P. L., t. XVI, col. 1385-1406, est postérieur de moins de trois ans à celui de Valentinien ; Ambroise le prononça à Milan, aux funérailles de l’empereur, le 26 février 393. Ce sont deux œuvres éloquentes, précieuses au point de vue de la doctrine et de l’histoire.

Plusieurs sermons d’Ambroise font partie de sa correspondance, et nous les nommerons tout à l’heure. mentionnons ici trois sermons, d’une authenticité douteuse, sur le texte de saint Luc, XII, 33, publié en 1834 par Corrieris ; et une prétendue Exhortatio S. Ambrosii ad neophytos de symbolo.

 

Lettres.

Les bénédictins (1690) en comptaient quatre-vingt-onze, et assignaient la date des soixante-trois premières. En 1890, le docteur Ihm en a rectifié sur plusieurs points la chronologie. Ambroise, dans une de ces lettres, avoue avec une grâce ingénieuse son goût pour la correspondance intime, Epist., XLIX, Sabino, P. L., t. XVI, col. 1153-1154 ; il fait à ce même Sabinus confidence de son activité littéraire, Epist., XLVII, XLVIII, P. L., t. XVI, col. 1150-1153 ; mais ce qu’il faut demander à cette correspondance, ce sont des détails sur sa vie d’évêque. Epist., XX, P. L., t. XVI, col. 994-1002, où il raconte à sa sœur le siège que les ariens lui avaient fait subir dans sa cathédrale ; Epist., XXI, P. L., t. XVI, adressée à Valentinien II, laquelle contient sa réponse aux prétentions usurpatrices d’un second Auxence, héritier de l’intrusion du premier Auxence ; Epist., XXII, P. L., t. XVI, col. 1019-1026, où Ambroise raconte à Marcelline la découverte des reliques des saints martyrs Gervais et Protais, et rapporte les deux discours prononcés par lui à cette occasion. Certaines lettres traitent des points d’exégèse, de théologie dogmatique, de morale : Epist., XXV, P. L., t. XVI, col. 1053-1061 ; éloge de la beauté divine et éloquente exhortation à l’aimer seule ; Epist., XXXI, P. L., t. XVI, col. 1065-1071 : Dieu aime-t-il d’un amour différent ceux qui ont cru dès l’enfance et ceux qui sont arrivés plus tard à la foi ? Epist., XLIII, P. L., t. XVI, col. 1129-1135 : pourquoi dieu a-t-il créé le monde en six jours ? Epist., XLIV, P. L., t. XVI, col. 1135-1141 : réponse aux inquiétudes d’un juge concernant l’application de la peine de mort ; Epist., XXV, P. L., t. XVI, col. 1040-1042 : tout en respectant les droits de la justice, Ambroise s’y révèle l’apôtre de la miséricorde. Plusieurs lettres offrent un intérêt historique de premier ordre. Ce sont les deux lettres à Théodose ; l’une, Epist., XL, P. L., t. XVI, col. 1101-1113, regarde l’affaire de la synagogue de Callinique, dont l’empereur avait ordonné la reconstruction aux chrétiens qui l’avaient détruite ; la seconde, Epist., LVI, P. L., t. XVI, col. 1160-1164, aussi éloquente que courageuse, reproche à l’empereur le massacre de Thessalonique et lui impose, comme condition du pardon, les sévérités de la pénitence publique. " Il a été commis dans la ville de Thessalonique un attentat sans exemple dans l’histoire : je n’ai pu le détourner ; mais j’ai dit d’avance combien il était horrible… Je n’ai contre toi aucune haine ; mais tu me fais éprouver une sorte de terreur. Je n’oserais, en ta présence, offrir le divin sacrifice ; le sang d’un seul homme injustement versé me le défendrait ; le sang de tant de victimes innocentes me le permet-il ? " (Trad. de Villemain.) Du plus haut intérêt aussi sont les deux lettres écrites à Valentinien II : Epist., XVII, P. L., t. XVI, col. 961-971 ; Epist., XVIII, col. 971-982. Dans la première, Ambroise s’élève contre le rétablissement de la statue de la victoire dans le Sénat et contre la restitution au sacerdoce païen des honneurs et des biens qui lui avaient été enlevés ; la seconde est une réfutation ardente, habile, solide, triomphante, de la relation du préfet Symmaque qui s’était constitué le défenseur du paganisme.

 

Hymnes.

Ambroise a été le véritable introducteur de la poésie lyrique dans l’Occident chrétien. Les ariens, fidèles à l’exemple d’Arius, traduisaient leurs erreurs dans des chants populaires ; Ambroise, de son côté, accoutuma les orthodoxes à redire des hymnes dont il était l’auteur. Voir sur ce sujet saint Augustin, Confession, l. IX, c. VII, P. L., t. XXXII, col. 770 ; et l’histoire de saint Ambroise, Paulin, Vita sancti Ambrosii, 13, P. L., t. XIV, col. 31 ; voir surtout saint Ambroise lui-même : " Ils disent que je trompe le peuple par l’enchantement de mes hymnes. Je ne le nie pas. C’est un grand enchantement, et il n’en est pas de plus puissant. Quoi de plus puissant, en effet, que la confession de la Trinité, répétée chaque jour par la bouche de tout un peuple ? " Sermo contra Auxentium de basilicis tradendis, P. L., t. XVI, col. 1017-1018. Parmi les hymnes qu’on a nommées ambrosiennes, Hymni ex ejus nomine Ambrosiani vocantur, a dit saint Isidore de Séville, De eccl. officiis, I, 6, P. L., t. XXXIII, col. 743, quatre sont incontestablement d’Ambroise : 1. Deus creator omnium, S. Augustin, Confession., l. IX, c. XII, P. L., t. XXXII, col. 777 ; –2. Æterne rerum conditor, S. Augustin, Retract., l. I, c. XXI, ibid., col. 619 ; S. Ambroise, Hexæmeron, l. V, c. XXIV, P. L., t. XIV, col. 240 ; –3. Iam surgit hora tertia, S. Augustin, De natura et gratia, c. LXIII, P. L., t. XLIV, col. 284 ; – 4. Veni redemptor gentium, dont l’origine ambrosienne est attestée peut-être par saint Augustin (si le sermon CCCLXXII est de lui), et certainement par le pape saint Célestin et par Fauste. Ces hymnes sont en vers iambiques dimètres et en strophes de quatre vers. Ozanam les juge " pleines d’élégance et de beauté, d’un caractère encore tout romain par leur gravité, avec je ne sais quoi de mâle au milieu des tendres effusions de la piété chrétienne ". La civilisation au VIe siècle, 18e leçon. Les bénédictins éditeurs de saint Ambroise tenaient douze hymnes pour authentiques ; Biraghi (1862) et Dreves (1893) en ont compté jusqu’à dix-huit. Voir Dictionnaire d’archéologie chrétienne, t. I, col. 1347-1352.

Une légende, plus belle mais moins vraie que l’histoire, attribue la composition du Te Deum à Ambroise et à Augustin, saisis d’une inspiration soudaine lors du baptême de celui-ci. Le Te Deum ne ressemble en rien aux hymnes d’Ambroise, et d’ailleurs, est-il vraisemblable qu’Ambroise ni Augustin n’en eussent jamais rien dit ? Ce cantique est néanmoins fort ancien puisqu’il en est parlé dans la règle de saint Benoît. Dom Morin en attribue la composition à Nicétas de Romatiana.

 

 

 

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