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   Grégoire 1er (540 - 604), Pape et Docteur de l'Eglise

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Grégoire 1er (540 - 604),
Pape et Docteur de l'Eglise

 

HOMELIES DE GREGOIRE 1er


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Livre 1

Homélie 11

Prononcée devant le peuple dans la basilique de sainte Agnès, le jour de sa fête, le 21 janvier 591

Le trésor, la perle et le filet

La popularité de sainte Agnès était très grande à Rome. Par saint Ambroise, qui nous a donné la plus ancienne relation de sa mort dans le De virginibus (378), nous savons qu’elle a accompli son martyre à douze ans, qu’elle était alors vierge, qu’elle dut lutter beaucoup pour le rester, et qu’elle périt finalement par le glaive, en allant au-devant de la mort avec un courage admirable.
Pour la fête de cette héroïque enfant, l’Eglise a choisi la parabole du trésor caché dans un champ, que Grégoire explique dans cette Homélie : il montre pourquoi l’on doit cacher le trésor après l’avoir trouvé, puis il expose ce que signifie la perle de grand prix, dont parle la deuxième partie de l’évangile. C’est ici que notre prédicateur fait en quelques mots l’éloge de sainte Agnès, dont les Romains célébraient la fête avec solennité. Mais en pasteur avisé, le pape ne vante les mérites de leur sainte préférée que pour les engager sur la voie de la conversion, et il commente en ce sens le dernier passage de la parabole, concernant le filet et le tri des poissons.
L’orateur a ainsi mené son discours de manière à l’achever sur une perspective d’éternité, très propice à faire réfléchir les fidèles et à les amener à changer de vie. C’est là une habitude de saint Grégoire, qui aime terminer son propos par le rappel du jugement dernier. Nos contemporains s’en choquent facilement, et un peu vite ils en concluent, avec l’historien Pirenne, que par son évocation constante des fins dernières, l’œuvre grégorienne a « puissamment contribué à donner à la religiosité médiévale une tournure sombre et angoissée ». Ce n’était pourtant pas la manière de voir des hommes du moyen âge. Et tel moine du XIIe siècle, par exemple, affirmait que cette œuvre « versait en lui calme, sérénité, courage et joie ». Le P. de Lubac cite bien d’autres témoignages en ce sens (cf. Exégèse médiévale, Paris, Le Cerf, 1993, t. 2, p. 537-548).

Mt 13, 44-52

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Le Royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a trouvé le cache, et dans sa joie, il s’en va, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ.
« Le Royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche des perles fines. En ayant trouvé une de grand prix, il s’en alla, vendit tout ce qu’il possédait et l’acheta.
« Le Royaume des cieux est encore semblable à un filet qu’on a lancé dans la mer et qui ramasse des poissons de toutes espèces. Lorsqu’il est plein, les pêcheurs le ramènent, et s’asseyant sur le rivage, ils recueillent les bons dans des paniers, mais ils rejettent les mauvais. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront, et ils sépareront les mauvais d’avec les justes et les jetteront dans la fournaise ardente. Là seront les pleurs et les grincements de dents.
« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui dirent : « Oui, Seigneur. » Il leur dit : « C’est pourquoi tout scribe instruit du Royaume des cieux est semblable à un père de famille qui tire de son trésor du nouveau et de l’ancien. »
Le Royaume des cieux, frères très chers, est déclaré semblable à des réalités terrestres, pour que l’âme s’élève de ce qu’elle connaît à ce qu’elle ne connaît pas, en sorte qu’elle soit portée aux choses invisibles par l’exemple des choses visibles, et comme échauffée par le contact de ce que lui a appris l’expérience ; ainsi, l’amour qu’elle éprouve pour ce qu’elle connaît lui apprend à aimer également ce qu’elle ne connaît pas.
Voici que le Royaume des cieux est comparé à un trésor caché dans un champ : « L’homme qui l’a trouvé le cache, et dans sa joie, il s’en va, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ. » Il faut ici remarquer que cet homme cache le trésor qu’il a trouvé, afin de le conserver. C’est qu’un ardent désir du Ciel ne suffit pas à préserver des esprits malins celui qui ne met pas ce désir à couvert des louanges humaines. Car nous sommes en cette vie comme dans un chemin par lequel nous nous dirigeons vers la Patrie. Et les esprits malins sont comme des voleurs en embuscade sur cette route. C’est donc vouloir être dépouillé que de porter son trésor à découvert sur le chemin. Je ne dis pas que nos proches ne doivent pas voir nos bonnes œuvres, puisqu’il est écrit : « Qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 16), mais qu’il ne nous faut pas rechercher de louanges au-dehors pour ce que nous faisons. Que l’œuvre soit publique, mais que l’intention demeure secrète, en sorte que nous donnions à nos proches l’exemple d’une bonne action sans jamais cesser de désirer le secret par notre intention de plaire à Dieu seul.
Le trésor, c’est le Ciel auquel nous aspirons, et le champ dans lequel le trésor est caché, c’est notre application soutenue à obtenir le Ciel. C’est bien vendre tout pour acheter ce champ que de renoncer aux voluptés de la chair et de fouler aux pieds tous nos désirs terrestres en gardant une conduite céleste, de sorte que plus rien de ce qui flatte la chair ne lui plaise, et que l’esprit ne redoute rien de ce qui détruit la vie charnelle.
2. Le Royaume des cieux est encore déclaré semblable à un marchand qui cherche des perles fines. Voilà qu’il en trouve une de grand prix ; aussi vend-il tout pour acheter cette perle qu’il a trouvée. Car celui qui connaît la douceur de la vie céleste, aussi parfaitement qu’il est possible, abandonne volontiers tout ce qu’il aimait sur la terre. Tout lui paraît sans valeur en comparaison de cette vie bienheureuse : il quitte ce qu’il possède et distribue ce qu’il avait amassé ; son âme s’enflamme pour les choses du Ciel ; plus rien de celles de la terre ne lui plaît ; tout ce dont la beauté le charmait en ce monde lui paraît difforme, parce que seul l’éclat de la perle précieuse étincelle dans son esprit. C’est d’un tel amour que Salomon affirme avec raison : « L’amour est fort comme la mort. » (Ct 8, 6). En effet, de même que la mort fait périr le corps, l’amour de la vie éternelle détruit la passion pour les choses corporelles, et celui qu’il possède tout entier, il le rend comme insensible au-dehors aux désirs de la terre.
3. Cette sainte dont nous célébrons aujourd’hui la fête n’aurait pu mourir en son corps pour Dieu, si elle n’était morte d’abord en son esprit aux désirs de la terre. Son âme, élevée au sommet de la vertu, a méprisé les tourments et foulé aux pieds les récompenses. Conduite en présence de rois et de gouverneurs entourés de soldats, elle est demeurée ferme, plus résistante que celui qui la frappait, supérieure même à celui qui la jugeait. Et nous, adultes pleins de faiblesse, qui voyons des jeunes filles marcher vers le Royaume du Ciel à travers le glaive, que trouverons-nous à dire en face de tels exemples, nous qui nous laissons dominer par la colère, enfler par l’orgueil, troubler par l’ambition et souiller par la luxure ? Si nous ne pouvons conquérir le Royaume des cieux à travers la guerre des persécutions, ayons du moins honte de ne pas vouloir suivre Dieu à travers la paix. Dieu ne dit maintenant à aucun de nous : « Meurs pour moi », mais seulement : « Fais mourir en toi les désirs défendus. » Si dans la paix nous ne voulons pas dominer les désirs de la chair, comment donc dans la guerre donnerions-nous cette chair elle-même pour le Seigneur ?
4. Le Royaume des cieux est encore déclaré semblable à un filet qu’on a lancé dans la mer et qui ramasse des poissons de toutes espèces. Lorsqu’il est plein, on le ramène au rivage, et l’on recueille les bons dans des paniers, tandis qu’on rejette les mauvais.
La sainte Eglise est comparée à un filet, puisque le soin en a été confié aussi à des pêcheurs, et que c’est elle qui, pour éviter aux hommes de s’engloutir dans les profondeurs de la mort éternelle, les retire des flots du monde présent et les fait passer au Royaume éternel. Elle ramasse des poissons de toutes espèces, parce qu’elle appelle à la rémission des péchés les sages et les insensés, les hommes libres et les esclaves, les riches et les pauvres, les forts et les faibles. Aussi le psalmiste dit-il à Dieu : « A toi viendra toute chair. » (Ps 65, 3)
C’est à la fin, quand le nombre des humains est complet, que le filet est entièrement rempli. On le ramène, et l’on s’assied sur le rivage ; car si la mer représente le monde, le rivage de la mer signifie la fin du monde. Lors de cette fin du monde, les bons poissons sont recueillis dans des paniers, mais les mauvais sont rejetés ; en effet, tandis que les élus sont reçus dans les demeures éternelles, les réprouvés, ayant perdu la lumière du royaume intérieur, sont conduits vers les ténèbres extérieures. Maintenant, le filet de la foi nous contient tous, bons et mauvais ensemble, comme une masse de poissons non triés. Mais le rivage révèle ce que le filet, c’est-à-dire la sainte Eglise, a tiré. A la différence des poissons, qui, une fois pris, ne peuvent plus changer, nous sommes pris mauvais, mais nous sommes rendus bons. Par conséquent, réfléchissons pendant que nous sommes pris [dans le filet], pour n’être pas rejetés en arrivant au rivage.
Voyez combien vous est chère la solennité de cette fête : celui d’entre vous qui se trouverait empêché de prendre part à cette assemblée, n’en serait-il pas tout attristé ?1 Que feront donc en ce jour-là ceux qui seront entraînés hors de la vue du Juge, séparés de la société des élus, et qui, se trouvant plongés dans les ténèbres, loin de la lumière, seront torturés d’une brûlure éternelle ? C’est pourquoi le Seigneur explique brièvement cette même comparaison quand il ajoute : « Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront, et ils sépareront les mauvais d’avec les justes et les jetteront dans la fournaise ardente. Là seront les pleurs et les grincements de dents. » Voilà des paroles, frères très chers, qu’il nous faut plutôt redouter qu’expliquer. Les tourments des pécheurs sont clairement énoncés, afin que nul ne prenne prétexte de son ignorance, comme si l’on avait parlé des supplices éternels avec quelque obscurité. D’où la suite du texte : « ‹Avez-vous compris tout cela ?› Ils lui dirent : ‹Oui, Seigneur.› »
5. Et il est ajouté en conclusion : « C’est pourquoi tout scribe instruit du Royaume des cieux est semblable à un père de famille qui tire de son trésor du nouveau et de l’ancien. »
Si par ces mots « nouveau » et « ancien », nous comprenons l’un et l’autre Testament, nous nions qu’Abraham ait été instruit, puisque même s’il a connu les faits du Nouveau et de l’Ancien Testaments, il n’en a pas annoncé les paroles. Nous ne pouvons pas non plus comparer Moïse à un père de famille instruit, car même s’il a enseigné l’Ancien Testament, il n’a pas prononcé les paroles du Nouveau. Cette interprétation étant donc exclue, nous sommes amenés à une autre. Dans la parole de la Vérité : « Tout scribe instruit du Royaume des cieux est semblable à un père de famille », on peut comprendre que le Seigneur parlait, non pas de ceux qui avaient précédé son Eglise, mais de ceux qui pourraient dans la suite en faire partie. Ces derniers tirent du nouveau et de l’ancien lorsqu’ils proclament les vérités de l’un et l’autre Testament par leurs paroles et leurs bonnes mœurs.
On peut pourtant comprendre cela encore d’une autre façon. L’ancien, pour le genre humain, c’était de descendre dans les prisons infernales et d’y subir les supplices éternels pour ses péchés. Et quelque chose de nouveau l’atteignit par la venue du Médiateur : désormais, en effet, celui qui s’applique à bien vivre ici-bas peut entrer dans le Royaume des cieux, et dans la mesure où l’homme, né sur terre, meurt à cette vie corruptible, il est destiné à trouver place au Ciel. Que le genre humain périsse dans les peines éternelles pour ses péchés, voilà l’ancien. Que, converti, il vive dans le Royaume, voilà le nouveau.
Ainsi, le Seigneur a terminé son discours précisément par où il l’avait commencé. Il avait d’abord affirmé que le Royaume était semblable à un trésor caché et à une perle fine, puis décrit les peines de l’enfer à propos de la brûlure qu’y subissent les méchants ; et il ajoute pour finir : « C’est pourquoi tout scribe instruit du Royaume des cieux est semblable à un père de famille qui tire de son trésor du nouveau et de l’ancien. » C’est comme s’il disait clairement : « Dans la sainte Eglise, le prédicateur instruit est celui qui sait à la fois exprimer des choses nouvelles en parlant de la douceur du Royaume et dire des choses anciennes en parlant de la crainte du châtiment, pour qu’au moins les tourments donnent de la crainte à ceux que les récompenses n’attirent pas. » Ecoutons ce qui nous est dit du Royaume pour l’aimer ; écoutons ce qui nous est dit du supplice pour le redouter, afin que si l’amour ne suffit pas à entraîner au Royaume une âme endormie et fortement attachée à la terre, la crainte du moins l’y conduise.
Voici comment le Seigneur parle de la géhenne : « Là seront les pleurs et les grincements de dents. » D’éternelles lamentations suivent les plaisirs d’à présent. Aussi, frères très chers, si vous craignez de pleurer en ce jour-là, fuyez maintenant la vaine joie. Impossible, en effet, de se réjouir maintenant avec le monde et de régner en ce jour-là avec le Seigneur. Endiguez donc les flots de la joie qui passe, domptez entièrement les plaisirs de la chair. Que la pensée du feu éternel vous rende amer tout ce que votre esprit trouve agréable dans le monde présent. Réprimez, par la sévère règle de vie qui convient à des hommes faits, les amusements puérils auxquels vous vous livrez, en sorte que fuyant de vous-mêmes les choses qui passent, vous puissiez parvenir sans peine aux joies éternelles, avec l’aide de Notre-Seigneur Jésus-Christ…

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1 Que s’est-il donc passé entre le 14 janvier 591 et le 14 janvier 592, pour que tant des assistants de la première fête soient morts avant la seconde ? Suite des épidémies ? Famines ? Massacres par les Lombards ?

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Lundi 27 mai 2019
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