Accueil    Sommaire    Ordo    Lieux de culte    Catéchisme    Vidéos    Nous aider    Dons en ligne    Liens des sites FSSPX    Contact    Rechercher    Privé 

Les insolites de LPL

   Grégoire 1er (540 - 604), Pape et Docteur de l'Eglise

Accès à tous les documents de la bibliothèque de La Porte Latine
Accès aux pages consacrées aux Docteurs de l'Eglise
Accès à la page consacrées à Grégoire 1er
Accès à la page consacrées aux homélies

Grégoire 1er (540 - 604),
Pape et Docteur de l'Eglise

 

HOMELIES DE GREGOIRE 1er


Télécharger la page pour votre liseuse


Livre 1

Homélie 5

Prononcée devant le peuple dans la basilique du bienheureux André, apôtre, le jour de sa fête, le 30 novembre 590

La vocation des apôtres

La vocation de Pierre et André constitue le sujet de cette Homélie. Ils abandonnent leurs filets pour suivre Jésus dès le premier mot, sans avoir vu aucun miracle, ni entendu aucune promesse de récompense.
Une telle promptitude pour répondre à l’appel de Dieu devrait nous donner honte de notre tiédeur, remarque le prédicateur. Sans doute ces pêcheurs ne possédaient-ils presque rien, et ils n’ont donc pas pu abandonner grand-chose, mais l’affection avec laquelle on donne à Dieu compte plus que la chose même qu’on lui donne. Celui-là quitte beaucoup qui ne se réserve rien. Or Pierre et André ont renoncé à tout, même au désir de posséder quelque chose.
L’aspect matériel de nos dons est très secondaire. Dieu n’a besoin que de notre bonne volonté, c’est-à-dire d’une générosité prête à se défaire de tout par amour pour lui. Une telle disposition est bien sûr incompatible avec toute pensée d’envie ; elle exige donc de se détacher parfaitement de tous les biens terrestres. Avec un art consommé, le pape interprète en ce sens des images qu’il emprunte au prophète Isaïe. Et il termine son Homélie en invitant ses auditeurs à imiter les vertus mêmes qu’ils honorent en saint André. Mais comme on ne peut atteindre d’un seul coup à une telle perfection, notre prudent prédicateur conseille à ses ouailles de modérer d’abord leur convoitise du bien d’autrui par la crainte de Dieu, avant de donner leurs propres biens.
Courte, pleine de bonhomie et de discrétion, cette Homélie est bien caractéristique du style simple et familier de Grégoire. On y voit aussi transparaître son attachement pour le saint apôtre à qui il a voué son monastère du Cælius : André, que les Grecs appellent le « Protoclet » (premier appelé).

Mt 4, 18-22

En ce temps-là, comme il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère ; ils étaient en train de jeter leurs filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs. Et il leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Eux, laissant aussitôt leurs filets, le suivirent. S’avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, dans une barque avec Zébédée, leur père, en train de réparer leurs filets ; et il les appela. Eux, laissant aussitôt leurs filets et leur père, le suivirent.
Vous avez entendu, frères très chers, qu’au premier appel, Pierre et André ont abandonné leurs filets pour suivre le Rédempteur. Ils ne l’avaient pas encore vu faire de miracles ; ils ne l’avaient rien entendu dire de la récompense éternelle. Et pourtant, au premier commandement du Seigneur, ils ont oublié tout ce qu’on leur voyait posséder.
Et nous, combien de miracles du Seigneur n’avons-nous pas sous les yeux ? De combien de fléaux ne nous afflige-t-il pas ? Combien d’âpres menaces ne viennent-elles pas nous frapper de terreur ? Et cependant, nous négligeons de suivre celui qui nous appelle.
Il siège déjà au Ciel, celui qui nous exhorte à la conversion ; déjà il a courbé les nations sous le joug de la foi ; déjà il a renversé la gloire de ce monde, et par l’accumulation de ses ruines, il annonce l’approche du jour où il nous jugera avec rigueur. Et pourtant, notre esprit orgueilleux ne consent pas à abandonner de plein gré ce qu’il perd tous les jours malgré lui. Que dirons-nous donc, mes très chers, que dirons-nous le jour où le Seigneur nous jugera, puisque ni les préceptes ne peuvent nous détacher de l’amour du siècle présent, ni les châtiments nous en corriger ?
2. Quelqu’un se dit peut-être, dans le secret de ses pensées : qu’ont-ils abandonné de si précieux à la voix du Seigneur, ces deux pêcheurs qui n’avaient presque rien ? Mais en telle matière, frères très chers, c’est l’affection qu’il faut peser, non la richesse. Ils ont beaucoup quitté, puisqu’ils ne se sont rien réservé. Ils ont beaucoup quitté, puisqu’ils ont renoncé à tout, si peu que fût ce tout. Nous, au contraire, l’amour nous attache à ce que nous avons, et le désir nous fait courir après ce que nous n’avons pas. Pierre et André, eux, ont beaucoup abandonné, parce que tous deux se sont défaits même du désir de posséder. Ils ont beaucoup abandonné, car en même temps qu’à leurs biens, ils ont également renoncé à leurs convoitises. En suivant le Seigneur, ils ont donc abandonné tout ce qu’ils auraient pu désirer en ne le suivant pas.
Ainsi, en verrait-on certains abandonner beaucoup de choses, qu’on ne devrait pas se dire à part soi : « Je veux bien les imiter dans leur mépris du monde, mais qu’abandonnerai-je ? Je ne possède rien. » Vous abandonnez beaucoup, mes frères, si vous renoncez aux désirs terrestres. En effet, nos biens extérieurs, si petits qu’ils soient, suffisent au Seigneur : c’est le cœur et non la valeur marchande qu’il considère ; il ne regarde pas combien nous lui sacrifions, mais de combien [d’amour] procède notre sacrifice. Car à ne considérer que la valeur marchande extérieure, voilà que nos saints commerçants ont payé de leurs filets et de leur barque la vie éternelle des anges. Il n’y a pas ici de prix fixé ; mais le Royaume de Dieu te coûte ni plus ni moins que ce que tu possèdes. Il coûta ainsi à Zachée la moitié de ses biens, puisqu’il se réserva l’autre moitié pour rembourser au quadruple ce qu’il avait pris injustement (cf. Lc 19, 8). Il coûta à Pierre et à André l’abandon de leurs filets et de leur barque. Il coûta deux piécettes à la veuve (cf. Lc 21, 2), et un verre d’eau fraîche à tel autre (cf. Mt 10, 42). Oui, comme nous l’avons dit, le Royaume de Dieu te coûte ni plus ni moins que ce que tu possèdes.
3. Jugez-en, mes frères, qu’y a-t-il de moins coûteux à acheter et de plus précieux à posséder ? Peut-être n’avons-nous pas même un verre d’eau fraîche à offrir à celui qui en a besoin, mais même en ce cas, une parole divine nous promet que nous ne serons pas inquiétés. Car à la naissance de notre Rédempteur, les habitants de la cité du Ciel se sont montrés et ont proclamé : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. » (Lc 2, 14). Aux yeux de Dieu, en effet, la main n’est jamais vide de présents, si l’écrin du cœur est rempli de bonne volonté. Ce qui fait dire au psalmiste : « Ils sont en moi, ô Dieu, les vœux que je dois vous offrir, et je vous rendrai des louanges. » (Ps 56, 13). C’est comme s’il disait clairement : « Même si je n’ai pas de présent à offrir au-dehors, je trouve cependant en moi-même quelque chose à déposer sur l’autel de vos louanges. Puisque nos sacrifices ne vous servent pas à vous nourrir, c’est l’offrande de notre cœur qui est la plus capable de vous fléchir. » Rien, en effet, ne peut être offert à Dieu de plus précieux que la bonne volonté.
Mais qu’est-ce que la bonne volonté ? C’est redouter le malheur du prochain autant que le nôtre, et se réjouir autant de son bonheur que de nos succès ; c’est considérer comme nôtres les dommages subis par les autres, et estimer de même leurs profits ; c’est aimer ses amis, non pour le monde, mais pour Dieu, et même supporter ses ennemis par amour ; c’est ne faire à personne ce qu’on ne veut pas subir, et ne refuser à personne ce qu’on est en droit de désirer pour soi ; c’est non seulement subvenir aux nécessités du prochain selon la mesure de ses forces, mais vouloir même le servir au-delà de ses forces. Y a-t-il donc sacrifice plus précieux que celui dans lequel l’âme, présentant son offrande à Dieu sur l’autel de son cœur, s’immole elle-même ?
4. Mais on ne s’acquitte pleinement de ce sacrifice de la bonne volonté qu’à la condition de renoncer entièrement à toute cupidité terrestre. Car tout ce que nous désirons en ce monde, nous l’envions sans aucun doute à notre prochain. Ce qu’un autre acquiert, en effet, paraît nous manquer. Et comme l’envie est toujours opposée à la bonne volonté, dès que l’envie s’est emparée de l’âme, la bonne volonté s’en éloigne. C’est pourquoi les saints prédicateurs, afin de pouvoir aimer parfaitement leur prochain, se sont appliqués à ne rien aimer en ce siècle, à n’y jamais rien désirer, et à n’y rien posséder, fût-ce sans s’y attacher.
C’est en voyant de tels hommes qu’Isaïe a dit fort à propos : « Qui sont ceux-ci qui volent comme des nuages, et qui sont comme des colombes à leurs fenêtres ? » (Is 60, 8). Il les a vus mépriser les choses de la terre, s’approcher en esprit de celles du Ciel, commander d’un mot à la pluie, briller par leurs miracles. Aussi, ceux qu’une sainte prédication et une vie sublime avaient élevés loin des contagions de la terre, il les a désignés à la fois comme des hommes qui volent et comme des nuages. Les fenêtres, ce sont nos yeux, car c’est par eux que l’âme voit ce qu’elle convoite au-dehors. Quant à la colombe, c’est un animal simple et dépourvu du fiel de la méchanceté. Ils sont donc comme des colombes à leurs fenêtres, ceux qui ne désirent rien en ce monde, qui regardent toutes choses avec simplicité, et qui ne se laissent pas emporter par le désir avide de ce qu’ils voient. Au contraire, ce n’est pas à des colombes à leurs fenêtres, mais à un faucon, que ressemble celui qui ne respire que convoitise pour tout ce qui lui tombe sous les yeux.
Puisque nous célébrons aujourd’hui la fête du bienheureux apôtre André, frères très chers, il nous faut imiter ce que nous honorons [en lui]. Que l’honneur rendu [au saint] par notre âme transformée témoigne du zèle de notre dévotion : méprisons ce qui est de la terre, et par l’abandon des biens transitoires, achetons les biens éternels. Si nous ne pouvons pas encore abandonner ce qui est nôtre, du moins ne convoitons pas ce qui est aux autres. Et si notre âme n’est pas encore embrasée du feu de la charité, qu’elle garde en son ambition le frein de la crainte, afin que fortifiée par un continuel progrès et réprimant son désir des biens d’autrui, elle arrive un jour à mépriser les siens propres, avec l’aide de Notre-Seigneur Jésus-Christ…

Homélie précédente       Homélie suivante

 

  Recevez par email nos mises à jour

   

Messes en direct
depuis Saint Nicolas du Chardonnet

Voir les horaires

Nouvelles parutions

Bulletins de la Tradition

Catéchisme n° 124

Le mariage

Rome et la FSSPX : sanctions, indults, Motu proprio, levée des excommunications, discussions doctrinales...
La Porte Latine a fait la recension de plus de 1 600 textes concernant la crise de l'Eglise et ses conséquences sur les rapports entre Rome et la FSSPX.On peut prendre connaissance de l'ensemble ICI


Carte de France des écoles catholiques de Tradition
La Porte Latine vous propose la carte de France des écoles de Tradition sur laquelle figurent les écoles de garçons, de filles et les écoles mixtes. Sont mentionnées les écoles de la FSSPX et des communautés amiesVoir ICI


Intentions de la Croisade Eucharistique pour 2019
La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X se propose de reconstituer en son sein une Croisade Eucharistique des Enfants, restaurant ainsi ce qui fût autrefois une oeuvre impressionnante tant par sa mobilisation que par son rayonnement spirituel.Tous les renseignements sur la Croisade ICI



Lundi 23 septembre 2019
07:40 19:46