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   Grégoire 1er (540 - 604), Pape et Docteur de l'Eglise

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Grégoire 1er (540 - 604),
Pape et Docteur de l'Eglise

 

HOMELIES DE GREGOIRE 1er


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Livre 2

Homélie 24

Prononcée devant le peuple dans la basilique (hors-les-murs) du bienheureux Laurent, martyr, le mercredi de Pâques, le18 avril 591

La deuxième pêche miraculeuse

Dans l’évangile du jour, saint Jean relate l’apparition de Jésus ressuscité sur le rivage du lac de Tibériade en plusieurs tableaux, qui inspirent les développements successifs de cette Homélie. Saint Grégoire s’y emploie à dégager le sens allégorique des principaux éléments du récit, avant d’inviter ses auditeurs à vivre dans l’esprit du Christ et dans la perspective du Ciel.
Pierre retourne pêcher : l’orateur explique d’abord pourquoi il lui était permis de continuer à exercer ce métier. Puis il expose subtilement le sens caché de cette seconde pêche miraculeuse, et pourquoi c’est Pierre qui tire le filet à terre. Maîtrisant parfaitement la symbolique des nombres, le prédicateur énonce ensuite ce que figurent les cent cinquante-trois gros poissons. Puis il nous éclaire sur la signification du poisson grillé, du rayon de miel et du repas que Jésus prend avec sept disciples. Si les conclusions exégétiques que Grégoire parvient à tirer de réalités aussi prosaïques nous surprennent, elles n’en sont pas moins fort consolantes, puisque le saint nous assure que nos imperfections ne nous empêcheront pas de prendre part au banquet du Ciel. Il y met cependant une condition…
Le passage sur les cent cinquante-trois gros poissons nous permet d’évoquer la place du symbolisme des nombres dans la pensée de notre auteur. En plein accord avec l’usage biblique et la ligne suivie par les Pères précédents, il considère le nombre comme un moyen de parvenir à la connaissance de la vérité divine. Il dit ainsi dans notre Homélie : « L’évangéliste ne prendrait pas la peine de formuler le nombre total [de poissons] avec cette précision, s’il ne l’avait jugé plein de mystère (plenum sacramento). » Toutes les données du symbolisme qu’il met en œuvre, le pape les emprunte à la Sainte Ecriture (dix

1 Amor ipse notitia est. Pour l’âme, connaître Dieu n’est autre chose que l’aimer, parce qu’en ce cas c’est l’amour qui connaît. Per amorem agnoscimus, dit saint Grégoire dans les Morales (10, 13). Et Dom Gillet commente (Sources Chrétiennes 32 bis, Introduction, p. 36-38) : « [Dans l’acte de contemplation] l’intelligence est élevée au-dessus de ses modes habituels de connaître. […] Nous contemplons la beauté de commandements, sept dons du Saint-Esprit, trois personnes divines, etc.). C’est donc à l’intérieur d’un cadre fermement dessiné par la Parole divine qu’il construit son interprétation, d’ailleurs tout orientée à l’utilité de ses auditeurs. Rien en tout cela ne peut être qualifié de ridicule. Apprenons plutôt à y reconnaître un magnifique effort pour faire pénétrer les vérités de foi dans l’âme des fidèles, sous une forme qui leur soit facilement assimilable. Nos contemporains, si friands de jeux de chiffres et de lettres, y trouveront-ils à redire ?

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1 Amor ipse notitia est. Pour l’âme, connaître Dieu n’est autre chose que l’aimer, parce qu’en ce cas c’est l’amour qui connaît. Per amorem agnoscimus, dit saint Grégoire dans les Morales (10, 13). Et Dom Gillet commente (Sources Chrétiennes 32 bis, Introduction, p. 36-38) : « [Dans l’acte de contemplation] l’intelligence est élevée au-dessus de ses modes habituels de connaître. […] Nous contemplons la beauté de notre Créateur dans une connaissance d’amour. »
2 Jeu de mots facile à faire sentir en accentuant les mots latins : amicus  (ami) = á[ni]mi cús[tos] (dépositaire de ses volontés).
3 Saint Grégoire se réfère ici à Ex 17, 4 : « Moïse cria vers le Seigneur en disant : ‹Que ferai-je pour ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront.› » Nous n’y lisons toutefois pas que Moïse ait été effectivement lapidé.

Jn 21, 1-14

En ce temps-là, Jésus apparut de nouveau à ses disciples au bord de la mer de Tibériade. Il apparut ainsi : Simon-Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, qui était de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples étaient ensemble. Simon-Pierre leur dit : « Je vais pêcher. » Ils lui dirent : « Nous allons nous aussi avec toi. » Ils sortirent donc et montèrent dans la barque ; mais ils ne prirent rien cette nuit-là.
Le matin venu, Jésus se trouva sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Or Jésus leur dit : « Enfants, n’avez-vous rien à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit alors  : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils le jetèrent donc, et voilà qu’ils ne pouvaient plus le tirer, à cause de la multitude de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre  : « C’est le Seigneur. » Simon-Pierre, ayant entendu que c’était le Seigneur, mit sa tunique — car il était nu — et se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque — ils étaient peu éloignés de la terre : environ deux cents coudées — et ils tirèrent le filet plein de poissons.
Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson mis dessus et du pain. Jésus leur dit : « Apportez des poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre monta dans la barque et tira à terre le filet rempli de cent cinquante-trois gros poissons. Et malgré leur nombre, le filet ne se rompit pas. Jésus leur dit : « Venez manger. » Et aucun de ceux qui s’étaient mis à table n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Car ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus vint, prit le pain et le leur donna, et il fit de même du poisson. C’était déjà la troisième apparition de Jésus à ses disciples depuis qu’il était ressuscité des morts.
Le passage du Saint Evangile que vos oreilles viennent d’entendre lire, mes frères, pousse notre âme à se poser une question, et l’invite par le fait même à faire preuve de discernement. On peut en effet se demander pourquoi Pierre, qui avait été pêcheur avant sa conversion, est retourné à la pêche après sa conversion, et pourquoi il est revenu à ce qu’il avait quitté, alors que la Vérité déclare : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas digne du Royaume de Dieu. » (Lc 9, 62). Mais si l’on a recours à la vertu de discernement, on voit vite que ce ne fut pas une faute [pour Pierre] de revenir, après sa conversion, à un métier qu’il exerçait sans péché avant sa conversion. Pierre, nous le savons, était pêcheur, et Matthieu percepteur d’impôts ; or si Pierre retourna à son métier de pêcheur après sa conversion, Matthieu, lui, ne reprit pas sa charge de percepteur. Car tirer sa subsistance de la pêche est une chose, accroître sa fortune par les gains de la perception des impôts en est une autre. Il y a en effet bon nombre de métiers qu’il est à peu près ou même tout à fait impossible d’exercer sans pécher. A ces métiers qui entraînent au péché, l’âme doit absolument s’interdire de retourner après sa conversion.
2. On peut aussi se demander pourquoi, après sa Résurrection, tandis que ses disciples peinaient en mer, le Seigneur s’est tenu sur le rivage, lui qui, avant sa Résurrection, avait marché sur les flots sous les yeux de ses disciples (cf. Mt 14, 25). On en saisit vite la raison en considérant la cause sous-jacente à cette différence. En effet, que symbolise la mer, sinon le monde présent, battu par les flots tumultueux des affaires et les remous de cette vie corruptible ? Et que représente la fermeté du rivage, sinon la pérennité du repos éternel ? Les disciples peinaient donc en mer, puisqu’ils étaient encore pris dans les flots de la vie mortelle. Mais notre Rédempteur, après sa Résurrection, se tenait sur le rivage, parce qu’il avait déjà échappé à la corruptibilité de la chair. C’est comme s’il avait voulu se servir de ces choses pour parler à ses disciples du mystère même de sa Résurrection, en leur disant : « Je ne vous apparais plus sur la mer, car je ne suis plus avec vous dans l’agitation des flots. » C’est dans le même sens qu’en un autre endroit, il a affirmé à ces mêmes disciples après sa Résurrection : « Je vous ai dit ces choses quand j’étais encore avec vous. » (Lc 24, 44). Ce n’est pas qu’il ne fût plus avec eux : son corps était présent et leur apparaissait ; il déclarait pourtant ne plus être avec eux, puisqu’il s’était éloigné de leur corps mortel par l’immortalité de sa chair. Le Seigneur, en ce passage, disait à ses disciples ne plus être avec eux, bien qu’il se trouvât au milieu d’eux ; ici [en notre évangile], c’est la même chose qu’il signale par la position de son corps, lorsqu’aux yeux des disciples qui naviguent encore, il se montre désormais établi sur le rivage.
3. Grande fut pour les disciples la difficulté de la pêche, pour qu’à la venue du Maître, grande aussi soit la mesure de leur admiration. Jésus dit aussitôt : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Le Saint Evangile rapporte par deux fois que le Seigneur a commandé de jeter les filets pour pêcher : l’une avant sa Passion, l’autre après sa Résurrection. Mais tandis qu’avant la Passion et la Résurrection, notre Rédempteur a ordonné de jeter les filets pour pêcher sans préciser s’ils devaient l’être à droite ou à gauche, lors de son apparition aux disciples après la Résurrection, il commande de jeter le filet à droite. Dans la première pêche, on prend tant de poissons que les filets se rompent ; dans la seconde, on en prend beaucoup, mais les filets ne se rompent pas.
Qui ne sait que la droite signifie les bons, et la gauche les mauvais ? La première pêche, où l’on ne prescrit pas de jeter le filet d’un côté plutôt que de l’autre, symbolise donc l’Eglise présente : elle ramasse les bons avec les méchants, sans choisir ceux qu’elle entraîne, puisqu’aussi bien elle ignore ceux qu’elle peut choisir. Dans l’autre pêche, qui a lieu après la Résurrection du Seigneur, le filet est jeté à droite, et à droite seulement, car seule parvient à la vision de la splendeur de la gloire du Seigneur l’Eglise des élus, en qui l’on ne trouve rien des actions de la gauche1.
Si le filet est rompu dans la première pêche par le grand nombre des poissons, c’est que parmi les élus qui s’avancent aujourd’hui pour confesser la foi, se mêlent aussi beaucoup de réprouvés, qui déchirent l’Eglise par des hérésies. Mais si dans la seconde pêche, on prend des poissons à la fois nombreux et gros sans que pourtant le filet se rompe, c’est que les schismes ne peuvent plus déchirer la sainte Eglise des élus, celle qui repose à jamais dans la paix de son Fondateur.
4. Après la prise de tant de gros poissons, « Simon-Pierre monta dans la barque et tira à terre le filet ». Je suppose que votre charité saisit pourquoi ce fut Pierre qui tira le filet à terre. C’est à lui, en effet, que la sainte Eglise a été confiée, c’est à lui qu’il a été dit personnellement : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Pais mes brebis. » (Jn 21, 16). Ainsi, ce qui par la suite fut clairement énoncé en paroles est maintenant signifié par une action. C’est le prédicateur de l’Eglise qui nous sépare des flots de ce monde ; il est donc nécessaire que Pierre mène à terre le filet plein de poissons. Et il a tiré en personne les poissons sur la terre ferme du rivage, puisqu’il a fait connaître aux fidèles, par sa sainte prédication, l’immutabilité de la patrie éternelle. Il l’a fait par ses paroles comme par ses épîtres, il le fait encore chaque jour par ses miracles. Toutes les fois qu’il nous porte à l’amour du repos éternel, toutes les fois qu’il nous détache du tumulte des choses terrestres, ne sommes-nous pas des poissons pris dans les filets de la foi, qu’il tire au rivage ?
En affirmant que le filet est rempli de gros poissons, le texte en précise aussi la quantité, à savoir cent cinquante-trois. Ce nombre renferme un grand mystère, dont la profondeur même sollicite toute votre attention. En effet, l’évangéliste ne prendrait pas la peine de formuler le nombre total avec cette précision, s’il ne l’avait jugé plein de mystère. Vous savez que tout ce que nous devons faire nous est prescrit, dans l’Ancienne Alliance, par les dix commandements, tandis que dans la Nouvelle, un nombre croissant de fidèles reçoit la force d’accomplir les mêmes œuvres par la grâce septiforme de l’Esprit-Saint, telle que l’a annoncée le prophète : « Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété, et Esprit de crainte du Seigneur, qui le remplira. » (Is 11, 2). Mais on n’obtient d’agir par cet Esprit que si l’on adhère à la foi trinitaire, croyant et confessant que le Père, le Fils et ce même Esprit-Saint sont d’une seule et même puissance, d’une seule et même substance. Et puisque sept [dons] — nous venons d’en parler — nous sont accordés à profusion par le Nouveau Testament, tandis que dix [commandements] nous sont imposés par l’Ancien, toutes nos vertus et toutes nos œuvres peuvent être comprises dans le dix et le sept. Multiplions dix et sept par trois, nous obtenons cinquante et un : nombre qui renferme assurément un grand mystère, car nous lisons dans l’Ancien Testament que la cinquantième année doit être appelée une année jubilaire, pendant laquelle le peuple entier se repose de tout travail (cf. Lv 25, 11). Mais le vrai repos est dans l’unité, qui ne peut être divisée ; en effet, là où il y a une fissure de division, il n’y a pas de vrai repos. Multiplions cinquante et un par trois, pour obtenir cent cinquante-trois. Puisque toutes nos œuvres, accomplies dans la foi en la Trinité, nous conduisent au repos, nous avons multiplié dix-sept par trois, de manière à obtenir cinquante et un. Et notre vrai repos étant atteint par la connaissance de la gloire de cette même Trinité, que nous croyons fermement exister au sein de l’unité divine, nous multiplions cinquante et un par trois et nous tenons la somme totale des élus dans la patrie céleste, que figure ce nombre de cent cinquante-trois poissons. Il convenait que le filet jeté après la Résurrection du Seigneur prît le nombre de poissons qu’il fallait pour désigner les élus qui habitent la patrie céleste.
5. Par ailleurs, les passages d’Evangile lus hier et aujourd’hui nous stimulent à chercher avec soin pourquoi on y lit que le Seigneur, notre Rédempteur, a mangé du poisson grillé après sa Résurrection. Ce qu’il a accompli par deux fois ne peut être sans mystère. On nous a lu aujourd’hui qu’il mangeait du pain et du poisson grillé, et dans la lecture d’hier, c’était du poisson grillé avec un rayon de miel (cf. Lc 24, 42-43). Que peut bien symboliser, à votre avis, le poisson grillé [piscem assum], sinon le Médiateur entre Dieu et les hommes, qui a souffert [passum]2 ? Car il a daigné se cacher dans les eaux du genre humain ; il a voulu se laisser prendre dans le filet de notre mort et être, pour ainsi dire, rôti par la souffrance au temps de sa Passion.
Mais celui qui a daigné se faire poisson grillé en sa Passion s’est montré pour nous rayon de miel en sa Résurrection. Et si dans le poisson grillé, il a voulu figurer la souffrance de sa Passion, n’a-t-il pas voulu exprimer, dans le rayon de miel, la double nature de sa personne ? Un rayon de miel, c’est du miel dans de la cire ; et le miel dans la cire, c’est la divinité dans l’humanité.
Cela n’est pas en désaccord avec la lecture d’aujourd’hui : le Seigneur mange du poisson et du pain. Celui qui a pu, en tant qu’homme, être grillé comme un poisson, nous restaure de pain en tant que Dieu. Il l’a affirmé : « Je suis le Pain vivant descendu du Ciel. » (Jn 6, 51). Il mange donc du poisson grillé et du pain pour nous montrer, par ses aliments mêmes, qu’il a accompli sa Passion en vertu de l’humanité qu’il partage avec nous, et qu’il nous a procuré notre nourriture en vertu de sa divinité.
Si nous regardons attentivement, nous voyons aussi comment il nous convient de l’imiter. Car le Rédempteur ne se révèle à nous, qui le suivons, que pour nous ouvrir la voie et nous permettre de l’imiter. Notre-Seigneur a voulu, dans son repas, joindre un rayon de miel au poisson grillé, parce qu’il reçoit dans son corps pour l’éternel repos ceux qui, malgré les tribulations qu’ils subissent ici-bas pour le Seigneur, ne perdent pas l’amour de la douceur intérieure. Avec le poisson grillé, il mange un rayon de miel, puisque ceux qui souffrent ici-bas pour la Vérité sont rassasiés là-haut de la véritable douceur.
6. Il faut encore remarquer que selon l’Evangile, le Seigneur a pris ce dernier repas avec sept de ses disciples ; il est en effet indiqué que Pierre, Thomas, Nathanaël, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples y étaient. Pourquoi le Seigneur célèbre-t-il le dernier festin avec sept disciples, sinon pour enseigner que seuls ceux qui sont remplis de la grâce septiforme du Saint-Esprit seront avec lui au banquet éternel ? Par ailleurs, c’est entre les sept jours que le temps présent déroule son cours, et le nombre sept symbolise souvent la perfection. Ceux-là donc, au dernier festin, se rassasient de la présence de la Vérité, qui dépassent maintenant les choses de la terre par leur zèle pour la perfection, sans se laisser entraver par l’amour de ce monde, ni décourager de mener à bien leurs désirs naissants, même si le monde les trouble de mille manières par ses sollicitations.
C’est à propos de ce dernier festin que Jean déclare en un autre passage : « Bienheureux ceux qui sont appelés au souper des noces de l’Agneau. » (Ap 19, 9). S’il ne dit pas qu’ils sont appelés au déjeuner, mais au souper, c’est que le festin de la fin du jour est le souper. Ceux qui, au terme de la vie présente, parviennent au banquet de la contemplation céleste, ne sont donc pas appelés au déjeuner de l’Agneau, mais à son souper. Celui-ci est signifié par ce dernier festin, auquel on nous indique que sept disciples étaient présents, car c’est alors que le Seigneur, comme nous l’avons dit, restaure intérieurement ceux qui, remplis ici-bas de la grâce septiforme, aspirent à l’amour que leur infuse l’Esprit.
Faites donc ainsi, mes frères. Désirez être comblés de la présence de cet Esprit. Jugez, par l’état où vous êtes maintenant, de ce qui peut vous arriver plus tard. Voyez si vous êtes remplis de cet Esprit, afin de savoir si vous méritez de parvenir à ce festin. Car assurément, quiconque n’est pas ici-bas régénéré par l’Esprit n’aura pas là-haut de part au festin du banquet éternel.
Souvenez-vous de ce que Paul déclare au sujet de cet Esprit : « Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il n’appartient pas au Christ. » (Rm 8, 9). Cet Esprit d’amour est, pour ainsi dire, un signe de notre appartenance à Dieu. Peut-il en effet avoir l’Esprit du Christ, celui dont l’âme se laisse tirailler par la haine, enfler par l’orgueil, emporter par la colère jusqu’à l’égarement de l’esprit, torturer par l’avarice, ou amollir par la luxure ? Réalisez bien ce qu’est l’Esprit du Christ. C’est assurément un Esprit qui nous fait aimer nos amis et nos ennemis, mépriser les biens de la terre, brûler de désir pour ceux du Ciel, châtier notre chair pour ses vices, empêcher notre âme de suivre ses concupiscences. Voulez-vous savoir si vous êtes vraiment à Dieu ? Examinez bien qui vous possède. Voici que Paul nous crie en toute vérité ce que nous vous avons dit : « Si quelqu’un n’a pas l’esprit du Christ, il n’appartient pas au Christ. » C’est comme s’il disait clairement : « Celui qui n’est pas dirigé ici-bas par le Dieu qui l’habite ne pourra jouir plus tard de la vision de la gloire divine. »
Mais, hélas ! nous sommes faibles pour accomplir ce qui vient de nous être dit, et loin encore du sommet de la perfection. Eh bien, avançons chaque jour dans la voie de Dieu au pas d’un saint désir. La Vérité nous console, puisqu’elle fait dire au psalmiste : « Tes yeux m’ont vu encore imparfait, mais sur ton livre, tous seront inscrits. » (Ps 139, 16). Notre imperfection ne nous causera donc pas de vrai dommage si, engagés dans le chemin de Dieu, nous ne regardons pas vers ce qui est passé, et si nous nous hâtons d’avancer vers ce qui nous reste [à accomplir]. Car celui qui a la bonté d’allumer des désirs en des âmes imparfaites les fortifiera un jour pour les amener à la perfection, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne avec lui dans l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

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1 Si saint Grégoire exclut ici les supérieurs, c’est, semble-t-il, parce qu’en plus de la nature humaine, il nous faut honorer en eux l’autorité dont ils sont revêtus. Nous ne devons donc pas seulement rendre honneur à leur nature faite à l’image de Dieu, mais aussi à l’autorité que Dieu leur a donnée sur nous.

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Soeurs de la FSPX - Camp Marie Reine du 23 juillet au 1er août pour filles de 7 à 17 ans à Châteauroux
Compagnons de l'Immaculée Conception - Camp filles du 17 au 31 juillet 2019 à Saint-Bonnet-le-Château (42)

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Vendredi 19 juillet 2019
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