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Lettre du cardinal Ratzinger pour défendre la nouvelle messe (3) – 20 juillet 1983

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Adressée à Mgr Lefebvre en réponse à sa propre lettre du 5 avril 1983

Soint joints les commentaires de Mgr Lefebvre et du Comité de Rédaction de la revue Fideliter

Le pape Paul VI, promulgateur de la nouvelle messe, faisant cardinal Joseph Ratzinger le 27 juin 1977

Le Cardinal Ratzinger affirme que la nouvelle messe est critiquable, mais pas rejetable

Avec le consentement du Saint-Père, je puis vous dire encore une fois que toute critique des livres liturgiques n’est pas a priori exclue, que même l’expréssion du désir d’une nouvelle révision est possible, à la manière dont le mouvement liturgique antérieur au Concile a pu souhaiter et préparer la réforme. Mais ceci à condition que la critique n’empêche pas et ne détruise pas l’obéissance, et qu’elle ne mette pas en discussion la légitimité de la liturgie de l’Eglise.

Je vous demande donc avec insistance et au nom du Saint-Père d’examiner à nouveau vos affirmations en tout humilité devant le Seigneur et compte tenu de votre responsabilité d’Evêque, et de réviser celles qui sont inconciliables avec l’obéissance due au Successeur de saint Pierre.

Il n’est pas admissible que vous parliez d’« une messe équivoque, ambigüe, dont la doctrine catholique a été estompée », ni que vous déclariez votre intention de « détourner les prêtres et les fidèles de l’usage de ce nouvel « Ordo Missae ».

Commentaire n°4 : Au sujet de la nouvelle Messe, détruisons immédiatement cette idée absurde : si la messe nouvelle est valide, donc on peut y participer. L’Eglise a toujours défendu d’assister aux Messes des schismatiques et des hérétiques, même si elles sont valides.

Il est évident qu’on ne peut participer à des Messes sacrilèges, ni à des Messes qui mettent notre foi en danger.

Or il est aisé de démontrer que la Messe nouvelle telle qu’elle a été formulée par la Commission de Liturgie, avec toutes les autorisations données par le Concile d’une manière officielle, avec toutes les explications de Mgr Bunigni, manifeste un rapprochement inexplicable avec la théologie et le culte protestants.

N’apparaissent plus clairement et sont même contredits les dogmes fondamentaux de la Sainte Messe qui sont les suivants :

– le Prêtre est le seul ministre ;

– il y a un véritable sacrifice, une action sacrificale ;

– la Victime ou l’Hostie est Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même présent sous les espèces du pain et du vin, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité ;

– ce Sacrifice est propitiatoire ;

– le Sacrifice et le Sacrement se réalisent par les paroles de la Consécration et non par les paroles qui précèdent ou suivent.

Il suffit d’énumérer quelques-unes des nouveautés pour être convaincu du rapprochement avec le Protestantisme :

– l’autel transformé en table sans pierre d’autel ;

– la Messe face au peuple – concélébrée – en langue vernaculaire à voix haute ;

– la Messe a deux parties : la Liturgie de la Parole et celle de l’Eucharistie ;

– les ustensiles vulgarisés, le pain fermenté, la distribution de l’Eucharistie par des laïcs, dans les mains ;

– la Sainte réserve cachée dans les parois ;

– les lectures faites par des femmes ;

– la communion aux malades par des laïcs.

Il ne s’agit là que de nouveautés autorisées.

On peut donc, sans éxagération, aucune, dire que la plupart de ces Messes sont sacrilèges et qu’elles pervertissent toute la foi en la diminuant. La désacralisation est telle que cette Messe perd son caractère surnaturel, « son mystère de la foi » pour n’être plus qu’un acte de religion naturelle. Ces Messes nouvelles non seulement ne peuvent être l’objet d’une obligation pour le précepte dominical, mais on doit leur appliquer les règlement canoniques que l’Eglise a coutume d’appliquer à la « communio in sacris » avec les cultes orthodoxes schismatiques, et avec les cultes protestants.

Doit-on pour autant dire que toutes ces Messes sont invalides ? Dès lors que les conditions essentielles existent pour la validité, c’est-à-dire la matière, la forme, l’intention et le prêtre validement ordonné, on ne voit pas comment on pourrait l’affirmer. Les prières de l’Offertoire, du Canon, et de la Communion du Prêtre qui entourent la Consécration sont nécessaires à l’intégrité du Sacrifice et du Sacrement mais non à sa validité. Le Cardinal Mindzensty prononçant « à la sauvette » dans sa prison les paroles de la Consécration sur un peu de pain et de vin pour se nourrir du corps et du sang de Notre-Seigneur, sans être aperçu de ses gardiens, a certainement accompli le Sacrifice et le Sacrement. […]

Toutefois pour juger de la faute subjective de ceux qui célèbrent la nouvelle Messe et de ceux qui y assistent, nous devons appliquer les règles du discernment des esprits selon les directives de la théologie morale et pastorale. Nous devons toujours agir en médecins des âmes et non en justiciers et en bourreaux comme sont tentés de le faire ceux qui sont animés du zèle amer et non du vrai zèle. Que les jeunes prêtres s’inspirent des paroles de saint Pie X dans sa première encyclique ! (Mgr Lefebvre)

Suite de la lettre : le Cardinal accuse Mgr Lefebvre d’encourager la désobéissance

Lettre du cardinal Ratzinger (1) – Introduction
Lettre du cardinal Ratzinger (2) – Un exemple
Lettre du cardinal Ratzinger (4) – Mgr Lefebvre encourage-t-il vraiment la désobéissance ?

Source : Fideliter n°45