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Lettre du cardinal Ratzinger pour défendre la nouvelle messe (4) – 20 juillet 1983

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Adressée à Mgr Lefebvre en réponse à sa propre lettre du 5 avril 1983

Soint joints les commentaires de Mgr Lefebvre et du Comité de Rédaction de la revue Fideliter

Mgr Lefebvre : Lavabo inter innocentes manus meas et circumdabo altare tuum Domine, « Je laverai mes mains en signe d’innocence pour approcher de votre autel, Seigneur » (Psaume 25)

Le Cardinal Ratzinger accuse Mgr Lefebvre d’encourager la désobéissance,

est-ce vraiment le cas ?

Vous apporteriez une véritable contribution à la pureté de la foi dans l’Eglise si vous vous limitiez à rappeler aux prêtres et aux fidèles qu’on doit renoncer à l’arbitraire, qu’il faut s’en tenir avec soin aux livres liturgiques de l’Eglise, qu’il faut interpréter et réaliser la liturgie selon la tradition de la foi catholique en accord avec les intentions des Papes. En fait, pour l’instant, vous n’encouragez malheureusement que la désobéissance. […]

La suite de la lettre traite du Concile Vatican II.

Commentaire n°5 : Le Cardinal reproche à Mgr Lefebvre d’encourager la désobéissance. Son objection pourrait se formuler ainsi : au supérieur il revient de commander et au sujet d’obéir. Une fois que Paul VI a promulgué le nouvel Ordo et que les évêques nous l’ont imposé, est-ce qu’on ne pèche pas par désobéissance en le refusant ?

Rappelons tout d’abord l’enseignement de l’Eglise sur l’obéissance. Elle est une vertu surnaturelle morale qui incline notre volonté à se soumettre à la volonté de Dieu ou à celle d’un Supérieur en le considérant comme l’intermédiaire de la volonté divine. Comme toutes les vertus morales, l’obéissance pour être vertueuse, doit être gouvernée par la prudence. Tandis que les vertus théologales ne peuvent être transgressées que par défaut, les vertus morales peuvent être transgressés par défaut ou par excès. D’où le proverbe bien connu : la vertu est dans un juste milieu. Ce juste milieu est indiqué par la prudence (surnaturelle). Il faut un ordre. Mais un ordre qui vienne d’un supérieur légitime ordonnant dans le domaine où il peut exercer son autorité. Ce droit de commander vient de Dieu : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut ».

Dans ces conditions, si celui qui commande dépasse les limites de ses attributions, son pouvoir en ce point ne vient pas d’en-haut ; il n’existe pas d’ordre à proprement parler, mais un abus de pouvoir. Tout inférieur est tenu d’obéir à son supérieur en tout ce en quoi il lui est soumis ; c’est-à-dire en tout ce en quoi le supérieur a droit sur lui. L’obéissance inconditionnelle et en tout, on ne la doit qu’à Dieu seul.

L’obéissance aveugle n’enlève pas la responsabilité des sujets et ceux-ci auront à en rendre compte à Dieu.

En refusant le Nouvel Ordo Missae promulgué par le pape et imposé par les évêques nous ne désobéissons pas. Nous ne faisons que rappeler respectueusement les frontières que la Révélation impose aux autorités dans l’Eglise. (N.D.L.R.)

Lettre du cardinal Ratzinger (1) – Introduction
Lettre du cardinal Ratzinger (2) – Un exemple
Lettre du cardinal Ratzinger (3) – La nouvelle messe est critiquable, mais pas rejetable

Source : Fideliter n°45