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Le sacerdoce des baptisés, par M. l’abbé François-Régis de Bonnafos

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Selon Mgr Bugnini, la réforme liturgique s’est faite au nom du « sacerdoce des baptisés ». Une notion traditionnelle ?

Certes Pie XII enseigne que « par le caractère qui est en quelque sorte gravé en leur âme, les simples fidèles baptisés sont délégués au culte divin et prennent donc part, selon leur condition, au sacerdoce du Christ Lui-même » (Pie XII, encyclique Mediator Dei, Enseignements Pontificaux aux Éditions de Solesmes : La Liturgie, n° 567).

En effet, les baptisés sont appelés à professer leur Foi à travers le culte auquel ils assistent ; à plus forte raison les confirmés le sont aussi puisqu’ils ont reçu un caractère tout spécial leur permettant de participer activement aux sacrements en tant qu’ils sont une profession publique de foi. Mais ces deux caractères seraient-ils une participation au caractère sacerdotal donné par le sacrement de l’Ordre, permettant d’être le ministre des sacrements et du culte de façon active ?

Par la suite, Pie XII a bien précisé que si l’on peut parler d’un certain « sacerdoce » des fidèles, cette expression équivaut à un titre simplement honorifique, et qu’il existe une différence essentielle entre, d’une part, la réalité de ce sacerdoce intime et secret (« spirituel ») et d’autre part, le sacerdoce vraiment et proprement dit (Pie XII, discours du 2 novembre 1954, dans les Acta Apostolicae Sedis1954, p. 669).

Notons au passage que cette dernière précision a disparu dans le texte du n° 10 de Lumen gentium (constitution du concile Vatican II sur l’Église) : le sacerdoce commun y est présenté comme essentiellement différent du sacerdoce ministériel certes, mais cette différence n’est plus désignée comme celle qui existe entre un sacerdoce spirituel et un sacerdoce à proprement parler, c’est-à-dire fondé sur le caractère du sacrement de l’Ordre, en vue d’offrir le sacrifice au sens propre, qui est celui de la Messe. (Cf. Pie XII, discours du 2 novembre 1954, dans les Acta Apostolicae Sedis 1954, p. 667)

Cette omission nous amène finalement à confondre ces deux réalités distinctes en soi (selon l’intention de celui qui est à l’origine de tout sacrement : Jésus-Christ).

Alors que Pie XII, conscient de l’importance d’une véritable participation des fidèles à la messe, avait bien précisé que « si le peuple offre en même temps que le prêtre, ce n’est pas que les membres de l’Église accomplissent le rite liturgique visible de la même manière que le prêtre lui-même, ce qui revient au seul ministre délégué par Dieu pour cela, mais parce qu’il unit ses vœux de louange, d’impétration, d’expiation et d’action de grâces aux voeux ou intentions mentales du prêtre, et même du souverain pontife, afin de les présenter à Dieu le Père dans le rite extérieur même du prêtre offrant la Victime » (Pie XII, encyclique Mediator Dei, Enseignements Pontificaux Solesmes, La Liturgie, n° 570).

(à suivre)

Abbé François-Régis de Bonnafos, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Source : La Porte Latine, rubrique « Histoire de l’Eglise »

Abbé François-Régis de Bonnafos