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Les profondes déficiences doctrinales de la nouvelle messe (2)

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Le plus grand reproche fait au missel de Paul VI touche la profession de la foi catholique. Le rite lui-même, dans ses gestes et ses paroles, dans l’ensemble comme dans le détail, altère la foi catholique. Il ne la contredit pas frontalement, il l’escamote, il la tait, il la noie.

Les rubriques mêmes du missel institutionnalisent cette perte du sens du sacré à travers la mutabilité permanente du rite et un relâchement liturgique général.

La mutabilité permanente du rite dénature son caractère sacré, ne serait-ce que par la diversité des messes : la première partie de la messe compte 3 formules, la deuxième 3, et le canon 4. On peut donc construire « sa » messe selon 3x3x4 possibilités. Cela en se limitant aux paroles, sans parler des gestes et autres cérémonies que l’on peut ajouter et inventer à sa guise au gré des conseils paroissiaux. Donner au prêtre et à son conseil paroissial une liberté de gestes quasi-totale et une très large part à l’initiative collective pour les textes de la messe engendre mécaniquement une perte du respect dû au rite lui-même. Il est rare que l’imagination ou la fantaisie aille de pair avec le sens du respect.

A l’inverse, l’utilisation d’un rite stabilisé depuis une quinzaine de siècles et codifié dans le détail de ses paroles et de ses gestes engendre un profond respect du prêtre et des fidèles. La moindre des règles pédagogiques pour enseigner le caractère sacré d’un objet, c’est de ne pas le mettre entre toutes les mains et d’interdire de le transformer à son gré.

Un relâchement liturgique général engendré par l’abandon et la suppression d’une grande partie des marques de respect, en particulier :

  • de l’obligation de la pierre d’autel, ainsi que du caractère précieux des vases sacrés, d’une des trois nappes d’autel ou encore de certains ornements (le manipule, l’amict, le cordon, le voile de calice et la bourse voire la chasuble elle-même) ;
  • des génuflexions dont le nombre passe de 12 à 2, des signes de croix qui passent de 47 à 7-8,
  • du nombre de prières qui réduisent le temps de la messe – en prenant au plus court – à 10/12 minutes.

Lucide, Mgr Lefebvre l’observait :

« La désacralisation a lieu d’abord :

Par la langue vernaculaire. La suppression de la langue sacrée qu’était le latin a en quelque sorte rendu profane la sainte messe et en a fait quelque chose qui n’est plus vraiment sacré.

Par la prononciation de cette traduction à haute voix pendant toute la sainte messe. Il n’y a plus de moment silencieux, il n’y a plus de paroles dites à voix basse par le prêtre (…) qui invitent à la méditation sur le grand mystère qui s’y réalise.

Par l’introduction de la table au lieu de l’autel. (…)

Par la position du prêtre. La messe face au peuple n’invite pas du tout au recueillement face au mystère qui se déroule. Le prêtre est lui-même distrait par les personnes qu’il a devant lui. Et les gens sont distraits par le prêtre, surtout si celui-ci agit d’une manière un peu vive, un peu désordonnée, ou d’une manière qui n’est pas très respectueuse. (…)

Par la distribution de l’Eucharistie par les fidèles » [1].

Mgr Lefebvre, le 1er octobre 1979.

Abbé François-Marie Chautard

Source : Le Chardonnet / La Porte Latine du 23 juillet 2019

Notes de bas de page

  1. []