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Les profondes déficiences doctrinales de la nouvelle messe (3)

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Le plus grand reproche fait au missel de Paul VI touche la profession de la foi catholique. Le rite lui-même, dans ses gestes et ses paroles, dans l’ensemble comme dans le détail, altère la foi catholique. Il ne la contredit pas frontalement, il l’escamote, il la tait, il la noie.

« La messe n’est pas un sacrifice… appelons-la bénédiction, eucharistie, cène du Seigneur… qu’on lui donne tout autre titre qu’on voudra, pourvu qu’on ne la souille pas du titre de sacrifice. Cette abomination […] qu’on appelle Offertoire. C’est de là qu’à peu près tout résonne et ressent le sacrifice ». (1)

Luther, Formulæ missæ et communionis, 1523

Malheureusement, le NOM s’infléchit dans le sens d’un repas et non d’un sacrifice. Cette évolution se traduit de quatre manières :

a) Par la suppression de l’offertoire

Dans la doctrine catholique, l’offertoire a pour finalité de préciser le but sacrificiel de la messe, à savoir l’offrande du Corps et du Sang en expiation de nos péchés. L’offertoire est ainsi l’offrande (1) anticipée du Corps et du Sang de Jésus-Christ (2) faite à Dieu le Père (3), présentée par le prêtre (4) en expiation de nos péchés (5). C’est pourquoi l’offertoire traditionnel développe ces 5 points sans aucune équivoque possible. Ce n’est plus le cas du nouvel offertoire qui n’est pas l’offrande anticipée du corps et du sang du Christ mais une prière conçue à partir d’un bénédicité juif (2).

b) Par la suppression de la mention de sacrifice propitiatoire

« Les prières qui exprimaient explicitement l’idée de propitiation comme celles de l’offertoire et celles prononcées par le prêtre avant la communion ont été supprimées (…) (3). Le terme de sacrifice est totalement absent du Canon n° 2, dit de saint Hippolyte (4).
La diminution de la notion du sacrifice est donc évidente dans le nouveau rite, car le terme lui-même de sacrifice est rarement employé, et quand il est employé, il l’est à la manière des protestants, parce que les protestants acceptent le terme de sacrifice pour la messe, mais uniquement comme sacrifice de louange ou eucharistique, mais surtout pas propitiatoire. »

c) Par le style narratif de la consécration faisant penser davantage à un récit commémoratif qu’à une action liturgique.

d) Par les gestes liturgiques eux-mêmes

« Par ailleurs, pour analyser le nouveau rite, je pense qu’il ne faut pas considérer seulement les textes, il faut prendre en compte également toutes les attitudes, les gestes nouveaux qui sont commandés : les génuflexions, les signes de la croix, les inclinations (…) et même le changement dans les objets » (5).

« Tout a été transformé ! Plus de génuflexions, plus de signe de croix ! C’est abominable ! Le signe de croix montrait bien qu’il s’agissait du sacrifice de la Croix. Ne disons pas que ce sont des détails. Ce ne sont pas des détails. Ce sont des gestes qui ont leur signification, qui ont leur valeur. » (6)

Abbé François-Marie Chautard

Source : Le Chardonnet / La Porte Latine du 26 juillet 2019

Notes

(2) C’est la fameuse prière : « Tu es béni, Dieu de l’univers pour le pain, fruit de la terre et du travail des hommes », etc.
(3) Mgr Marcel Lefebvre, Conférence spirituelle, Écône, 26 octobre 1979.
(4) Le NOM laisse le choix entre quatre Canons dont celui dit de saint Hyppolite. Mgr Marcel Lefebvre Lettre aux catholiques perplexes, p. 33.
(5) Mgr Marcel Lefebvre, Conférence spirituelle, Écône, 26 octobre 1979.
(6) Mgr Marcel Lefebvre, Conférence spirituelle, Écône, 25 juin 1981.
(7) Mgr Marcel Lefebvre, Retraite, Avrillé, 18 octobre 1989.