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Au sujet des discussions doctrinales avec Rome, par l’abbé Paul Morgan – Octobre 2009

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Comme les discussions avec Rome doivent bientôt commencer, il est tout à fait possible que, faisant abstraction des problèmes doctrinaux cruciaux, le Vatican offre à la Fraternité Saint-Pie X une solution pratique. Cela est déjà arrivé juste après la levée des prétendues excommunications en janvier de cette année, solution que, heureusement, Mgr Fellay a rejetée.

Dans ce cas, nous aurions pu maintenir une certaine « diversité dans l’unité » [1], gardant la liturgie et les sacrements, dans le contexte d’une sorte de diocèse personnel (et non territorial) pour le bénéfice de nos fidèles autour du monde. Un tel scénario pourrait sembler attractif pour ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, scénario apportant avec lui reconnaissance canonique et pignon sur rue.

Mais si nous regardons les choses dans leur véritable contexte, un tel scénario nous donnerait simplement l’usage d’une chapelle latérale dans la grande basilique de l’Église conciliaire, un peu comme une des chapelles disparates du Saint-Sépulcre. La location ou le prix à payer pour ce « privilège » serait, je suppose, une acceptation tacite des erreurs modernistes de Vatican II qui ont créé le statu quo concernant le faux œcuménisme, la liberté religieuse et la collégialité.

Un faux accord avec Rome signifierait que nous aurions à prendre une place dans l’Église conciliaire avec toute sa diversité, contrairement aux habitants du Saint-Sépulcre, qui, tout en partageant le même bâtiment, ne prétendent pas embrasser les divergences des autres.

D’où, en ce mois d’octobre, l’importance de notre croisade du rosaire en cours, pour la conversion de la Russie et de la Rome moderne.

Nous ferions bien également de prier avec ferveur pour être préservés d’un faux accord avec les autorités conciliaires aux dépens de la foi catholique.

Abbé Paul Morgan, Supérieur du District de la FSSPX du Royaume-Uni

Extrait de la Lettre du Supérieur de District d’octobre 2009

Notes de bas de page

  1. Cf. Benoît XVI : mise au point sur le concile Vatican II, abbé François Knittel – Octobre 2006. « On avait eu en 1999 le « consensus différencié » pour essayer de faire coïncider deux doctrines inconciliables en matière de justification (la catholique et la protestante). On avait eu les considérations sur « l’unité dans la diversité » sous la plume du cardinal Walter Kasper pour justifier l’œcuménisme actuel. S’y ajoutera désormais « la nouveauté dans la continuité » de Benoît XVI comme principe explicatif de l’herméneutique de la réforme. Sans grand risque de nous tromper, nous pouvons affirmer tant qu’on continuera à jongler avec les mots au lieu d’examiner objectivement la situation, la crise de l’Eglise ne fera que s’aggraver. Consensus différencié, unité dans la diversité, nouveauté dans la continuité : autant de (jeux de) mots qui ne veulent rien dire et qui servent à cacher l’inexplicable,c’est-à-dire l’oubli du principe d’identité. »[]