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Dialogue avec un religieux sur la « prélature personnelle », par Maubert – 12 juillet 2016

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L’acampado : Mon père, quelques rumeurs ont couru que Rome accorderait une Prélature personnelle (1) au Supérieur Général de la Fraternité Saint-Pie X. Le nouveau code de Droit canon en parle (2).

Père Jude : Oui en effet, c’est une innovation du Nouveau Code de Droit canon, mais qui ne lui donnerait juridiction que sur ses prêtres.

L’acampado : Mais qu’en serait-il de l’apostolat des prêtres ?

Père Jude : Pour ce qui est de l’apostolat, oui en effet le Canon 297 précise :

« les statuts déterminent également les rapports de la Prélature personnelle avec les ordinaires des lieux des Églises particulières où, avec le consentement préalable de l’Évêque diocésain, la prélature accomplit ou désire accomplir ses tâches pastorales ou missionnaires ».

L’acampado : Mais alors nos fidèles demeureraient donc sous la juridiction de l’évêque diocésain ?

Père Jude : En effet, le commentaire du nouveau code par le chanoine Paralieu (Bourges, Tardy 1985) le dit clairement « le prélat qui est la tête de la prélature n’a donc pas son propre peuple » (p. 113).

L’acampado : Mais alors que resterait-il de la liberté de nos prieurés ? La prélature serait donc un piège ? Il doit y avoir erreur ?

Père Jude :Eh bien non, il n’y a pas erreur, d’ailleurs il suffit de lire le commentaire de Caparros (Montréal, Wilson et Lafleur Itée, 1999) :

« Les tâches pastorales ou missionnaires auxquelles le code fait allusion constituent la finalité pour laquelle le Saint Siège érige les prélatures personnelles. Ces tâches (…) doivent s’insérer harmonieusement dans la pastorale commune de l’Église universelle tout comme dans la pastorale organique des Églises particulières » (p. 231).

L’acampado : Alors si cette prélature était accordée, la reconnaissance unilatérale nous mettrait finalement, prêtres et fidèles sous la dépendance du nouveau Code ?

Père Jude : Oui, c’est assez simple à comprendre.

L’acampado : Mais qu’en pensait Mgr Lefebvre ?

Père Jude : Je ne connais pas beaucoup Mgr Lefebvre, mais peut-être en savez-vous certainement plus que moi.

L’acampado : Oui, Mgr Lefebvre n’avait jamais envisagé de prélature personnelle, mais un « ordinariat », structure qui existait avant le Concile Vatican II, par exemple pour l’évêque aux armées, et qui exempte les fidèles de la juridiction de l’évêque local. Mgr Tissier de Mallerais, dans la biographie de Mgr Lefebvre (3) – que je vous recommande de lire, mon Père – à la page 580 en parle. Et Rome se garde bien de soulever cette possibilité aujourd’hui, n’est-ce pas ?

Père Jude : Ce me semble ainsi. Vous rentreriez en quelque sorte de fait dans l’Église conciliaire.

Sources : Acampado n° 117 de juillet-août 2016/La Porte Latine du 12 juillet 2016

Notes de La Porte Latine

(1) Lire aussi notre article du 3 juillet 2014 : Le Pape François, la prélature personnelle et la Fraternité Saint-Pie X, par Don Pio Pace
(2) Voir : Nouveau code de Droit canon, LIVRE II, LE PEUPLE DE DIEU. Première partie – Les fidèles du Christ. Titre IV – Les prélatures personnelles. Canons 294 à 297.
(3) Marcel Lefebvre, une vie : biographie de Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991), par Mgr Bernard Tissier de Mallerais. A commander aux Editions Clovis-Fideliter. 720 pages, 24 €.

fraternité sainte pie X