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Exceptionnel, par l’abbé François-Xavier Camper – La lettre sur les mariages dans la FSSPX : la règle n’est pas l’exception ! – 1er juillet 2017

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Souvent, la loi en donnant une règle générale d’action, prévoit aussi l’exception qui ne manquera pas d’arriver, tant il est probable que certaines circonstances en empêchent l’application. Mais comme l’adage le dit : l’exception confirme la règle. C’est-à-dire que loin d’anéantir la règle, l’exception montre que pour déroger à la loi, il faut des conditions particulières, inaccoutumées. Aussi la loi est promulguée pour ce qui arrive normalement et a pour but de cadrer une situation dans son exercice habituel.

Or il semble que l’on puisse facilement prendre l’exception pour la règle, comme ses désirs pour la réalité. On serait tenté de le voir en lisant quelques commentaires sur les dispositions romaines à notre égard, concernant les mariages. Le document romain prévoit que la règle normale, consiste en ce que ce ne soit pas un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X qui reçoive les consentements des époux de la Tradition, mais un prêtre conciliaire. La règle édictée par ce document législatif est donc de priver habituellement les prêtres de la Fraternité Saint Pie X de la possibilité de recevoir les consentements de mariages de leurs fidèles. Il semble difficile de considérer cela comme une règle avantageuse et périlleux d’avancer que Rome reconnait nos mariages, puisqu’elle le ferait dans la mesure où nous ne serions pas partie prenante, si l’on peut dire.

Bien entendu, le document prévoit aussi l’exception, qui est bien formulée comme telle : « en cas d’impossibilité. » La faculté pour un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X de recevoir un consentement de mariage est réellement prévue, mais à titre marginal et après avoir abandonné le cas à l’évêque diocésain. C’est dire la situation très gênante qui va être créée tant pour les familles que pour les prêtres de la Fraternité, si l’on devait appliquer de telles dispositions. Évidemment il sera facile de porter aux nues quelques évêques [NDLR de LPL : voir notes [1] et [2]] qui appliqueront la loi dans le sens de l’exception, mais il faut rappeler qu’une exception prévue par la loi reste une exception.

Que la loi générale s’applique et que s’appuyer sur l’exception restera toujours quelque chose de fragile, d’incertain et de marginal. Sans compter que le législateur – tous en conviennent – légifère pour une application zélée de Vatican II et ne tolère qu’avec réticence la Tradition, comme c’est d’ailleurs marqué dans ce document romain. Par comparaison on doit noter que la Commission « Ecclesia Dei » a déjà repris la Fraternité Saint-Pierre, l’IBP sur leur usage exclusif de la Messe traditionnelle, chose pourtant inscrite dans leurs statuts et validé par la Rome actuelle. Si cette autorité peut revenir sur ce qu’elle a accepté de ratifier dans les statuts mêmes d’un Institut, comment ne pas penser qu’elle pourra revenir sur une interprétation fondée sur l’exception ?

Le canon 1098 que nous utilisons pour le mariage dans la forme extraordinaire est lié à la situation d’état de nécessité. Or tous reconnaissent que cet état demeure, voire s’aggrave. Il est donc normal d’utiliser ce canon tant que persiste cette crise.

La durée de cette affreuse crise de la foi et de la morale ne dépend pas de nous, mais donne le droit d’user de la forme extraordinaire habituellement, sans qu’il soit nécessaire d’obliger à la confrontation avec tel évêque ou curé. L’état de nécessité n’est pas une exception, mais la réalité à laquelle nous sommes confrontés. Agir comme si tout allait bien en état de crise, entrainerait la négation pratique de l’état de nécessité, puis l’abandon du combat de la foi comme on le voit trop souvent dans les mouvements « Ecclesia Dei ». Il y va de la cohérence à conserver entre les principes et la pratique traditionnels.

De même avant l’entrée du nouveau code de droit canonique Mgr Lefebvre pouvait recommander le recours au curé local pour recevoir les consentements, après non. Car faire dépendre les mariages du nouveau code du Droit canonique (directement ou indirectement) serait avaliser ce code dangereux, issu des principes erronés de Vatican II. Sauf à titre d’exception.

C’est toujours la même chose : la règle n’est pas l’exception ! On ne les inverse pas sans grave détriment.

Abbé François-Xavier Camper, in L’Aigle de Lyon n° 326 de juillet-août 2017

Sources : Prieuré Saint-Irénée de Lyon / La Porte Latine du 1er juillet 2017

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