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Les accords entre Rome et Pékin : une trahison et une reddition sans condition – 28 septembre 2018

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L’accord entre le Vatican et la Chine tant redouté par le cardinal chinois Joseph Zen [Photo ci-dessus] a donc été bel et bien conclu.

La signature l’officialisant devant cameras et médias mondiaux aura lieu à la fin du mois. L’annonce de cette nouvelle a fait réagir Mgr Zen, évêque émérite de Hong Kong. Il a déclaré à l’agence Reuters : « Ils jettent le troupeau dans la gueule des loups. C’est une trahison incroyable » et d’ajouter « les conséquences seront tragiques et durables, non seulement pour l’église en Chine, mais pour toute l’église car cela nuit à la crédibilité. »

Nos confrères du Journal d’André Noël titrent à propos de cette trahison « Evêque, c’est par toi que je meurs ! ».

« Capitulation » du pape François , « trahison » des catholiques chinois. Cest ainsi que s’exprime le cardinal Zen , ancien archevêque de Hong- kong, après l’accord signé entre Pékin et le Vatican. Il a ajouté que le cardinal Parolin, secrétaire d’Et at, numéro deux du Saint Siège, principal artisan de cet accord, a « vendu l’Eglise catholique au gouvernement communiste

Rappelons qu’en 1957, la dictature communiste a créé de toutes pièces une « association catholique patriotique » constituée d’agents du régime qui nomme des évêques et ne reconnaît pas l’autorité de Rome .

Depuis 2010, l’Eglise officielle a désigné sept évêques non reconnus par le Vatican qui sont enn fait membres du PC chinois. Il y a trente évêques de l’Eglise clandestine et persécutée par Pékin.

Certes, le Vatican étant aussi un Etat, il a sa diplomatie mais la finalité de celle-là est ultimement ordonnée au bien de l’Eglise et au salut des âmes, même si l’on n’en perçoit par immédiatement tous les tours et détours. Mais, là, il ne s’agit plus d’un simple geste de courtoisie diplomatique mais d’ un abandon pur et simple des catholiques qui furent héroïquement fidèles à Rome en les mettant sous l’autorité d’évêques qui ont collaboré à leur persécution, jusqu’à les dénoncer. Imagine-t-on saint Pierre signant un accord avec Néron ?

Pour ce qui est de l’avenir, le pape assure que c’est toujours lui qui nommera les évêques. Certes, mais sur une liste de plusieurs noms proposés par Pékin ! Ce seront évidemment tous des prêtres dans la main du gouvernement. Et cela intervient dans une période où les persécutions contre les chrétiens ont redoublé d’intensité !

Ciomme le souligne le site Life Site News ce scandaleux accord intervient dans un contexte de persécution des catholiques :

« Le président Xi Jinping s’attaque impitoyablement à la liberté de religion. Pékin a publié le 1er février des règlements interdisant les activités religieuses non autorisées, interdisant aux enfants et aux membres du parti d’entrer dans les églises, aux prêtres non inscrits sur les registres de célébrer des offices et exigeant que «tous les sites religieux soient enregistrés.»

La campagne de « sinisation » des religions relancée en 2016 a abouti à la destruction de lieux de culte catholiques et protestants, à la destruction de milliers de croix et de bibles et à l’incarcération d’ecclésiastiques et de fidèles.

Récemment plus de 2.000 croix ont été arrachées des églises dans le Zhejiang, sous prétexte qu’elles n’ étaient pas conformes aux normes de construction. A Wenzhou, cinquante croix ont été arrachées pas plus tard qu’en mars dernier.

Au mois d’avril 2018, cinq prêtres de l’Eglise clandestine ont été arrêtés et déportés dans un camp de travail après avoir été torturés. L’un d’eux a été retrouvé mort, officiellement « suicidé ». En fait, il a péri sous la torture. Les catholiques fidèles devront obéir à ces évêques, émanation du pouvoir communiste.

De façon cynique le pape François l’a reconnu :« Ils souffriront », en ajoutant « Il y a toujours de la souffrance dans un accord. » « Toujours » ?

Non, seulement quand le berger abandonne le troupeau aux loups ravisseurs. Ces catholiques chinois, après avoir souffert pour l’Eglise, vont maintenant souffrir par l’Eglise.

Sainte Jeanne d’Arc, sur le bûcher, lança à Cauchon :« Evêque, c’est par toi que je meurs !» Et aujourd’hui, lorsqu’on entend Mgr Joseph Zen déclarer « C’est un abandon total (de notre foi), je n’ai pas d’autres mots », on peut dire sans forcer le trait que les catholiques chinois sont en droit de crier la même chose que Jeanne, mais, hélas, trois fois hélas, il ne s’agit plus d’un cri à de l’évêque de Rouen mais à celui de Rome qui est aussi le pape.

Sources : Journal d’André Noël / La Croix / Life Site News / Vatican news / La Porte Latine du 28 septembre 2018

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