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Ils l’ont découronné – Partie II : Le catholicisme libéral

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Résumé : La position des libéraux dits catholiques. La trahison.

Réconcilier l’Église avec la Révolution, telle est l’entreprise des libéraux dits catholiques

A la doctrine catholique du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ et de l’union entre l’Église et l’État, les libéraux dits catholiques objectent qu’elle est sans doute vraie, mais inapplicable, même dans les pays catholiques
— Dans la théorie, on peut accepter la thèse proposée par les papes et les théologiens.
— Dans la pratique, il faut céder aux circonstances et se placer résolument dans l’hypothèse : promouvoir le pluralisme religieux et la liberté des cultes

« Les libéraux catholiques n’ont cessé de répondre qu’ils ont une volonté d’orthodoxie égale à celle des plus intransigeants et l’unique souci des intérêts de l’Église ; la conciliation qu’ils ont cherchée n’est pas théorique, abstraite, mais pratique »1.

C’est la fameuse distinction entre la thèse (la doctrine) et l’hypothèse (la pratique dans les circonstances données). Cette distinction, je vous prie de le remarquer, est susceptible d’une interprétation correcte : l’application des principes doit tenir compte des circonstances et ceci se fait par la circonspection, qui est une partie de la vertu de prudence. Ainsi, la présence dans une nation catholique, de fortes minorités musulmane, juive et protestante pourra suggérer une tolérance de ces cultes dans une cité par ailleurs catholique, par un Etat qui continue à reconnaître la vraie religion, parce qu’il croit au Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ !
Mais attention ! pour les catholiques libéraux il ne s’a pas de cela ! Selon eux, dans la pratique, les principes, qui sont pourtant par définition des règles d’action, ne doivent pas être appliqués, ni prêchés parce qu’ils sont inapplicable disent-ils. — C’est évidemment faux : faut-il renoncer à prêcher et à appliquer les commandements de Dieu « tu n’auras qu’un seul Dieu » , « tu ne tueras point » , « tu ne feras pas d’adultère » , parce que les gens n’en veulent plus ? parce que la mentalité tend à la libération de toute tutelle morale ? Faut-il renoncer au Règne social de Jésus-Christ dans le pays soi prétexte que Mahomet ou Bouddha y demandent une place ? En somme ils refusent de croire à l’efficacité pratique de vérité. Ils pensent pouvoir encore affirmer les principes catholiques en théorie, et agir toujours à rebours de ces principes : c’est l’incohérence intrinsèque des libéraux dits catholiques.

Voici ce qu’en dit le cardinal Billot, s.j. :

« Le libéralisme des » catholiques libéraux » échappe à tout classification et n’a qu’une seule note distinctive et caractéristique, celle de la parfaite et absolue incohérence »2.

Et le cardinal relève que le titre de « catholique libéral lui-même est une contradiction dans les termes, un incohérence, puisque « catholique » suppose sujétion à l’ordre des choses humain et divin, tandis que » libéral » signifie précisément émancipation de cet ordre, révolte contre Notre Seigneur Jésus-Christ.

Voici, pour finir, comment le cardinal Billot juge la fameuse distinction entre thèse et hypothèse des libéraux dits catholiques

vDe ce que l’ordre concret des choses diffère des conditions idéales de la théorie, il s’ensuit que les choses concrètes n’auront jamais la perfection de l’idéal, mais il ne s’ensuit rien de plus ».

Ainsi, du fait de l’existence de minorités dissidentes dans une nation catholique, il suit que l’unanimité religieuse ne sera jamais réalisée parfaitement, peut-être, que le règne social de Jésus-Christ n’aura jamais la perfection qu’exposent les principes ; mais il ne s’ensuit pas que ce Règne soit à écarter en pratique et que le pluralisme religieux doive devenir la règle !

Vous voyez donc qu’il y a dans le catholicisme libéral (terme que j’utilise avec répugnance, parce qu’il est un blasphème) une trahison des principes qui refuse de s’avouer, une apostasie pratique de la foi dans le Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est à juste titre que l’on peut dire : « le libéralisme est un péché »3, en parlant du libéralisme catholique.
Il y a aussi, j’y reviendrai dans l’entretien suivant, un confusionnisme intellectuel au fond de cette erreur, une manie des confusions entretenues, un refus de rien définir : telle cette confusion entre tolérance et tolérantisme : la tolérance est un principe catholique, elle est, dans certaines circonstances, un devoir de charité et de prudence politique envers les minorités ; le tolérantisme au contraire est une erreur libérale qui veut accorder à tous les dissidents indistinctement et en toutes circonstances, et en justice les mêmes droits que ceux dont jouissent ceux qui sont dans la vérité, morale ou religieuse. Or, comme on peut le remarquer dans d’autres domaines, c’est bouleverser l’ordre social que de faire de la charité une justice, c’est tuer la justice et la charité.

  1. DTC. T IX, col. 509, article libéralisme catholique.
  2. P. Le Floch, Le cardinal Billot, lumière de la théologie, p. 57.
  3. Dom Félix Sarda y Salvany.
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