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Euthanasie et fin de vie (1) – Introduction

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Le terme « euthanasie » vient du grec, eu, bon et thanatos, mort. Il semble que le mot ait été créé par le philosophe anglais Francis Bacon (16e siècle) qui estimait que le rôle du médecin était non seulement de guérir, mais d’atténuer les souffrances liées à la maladie et, lorsque la guérison était impossible, de procurer au malade une « mort douce et paisible » (Novum Organum)

L’un des principes essentiels du jugement que l’on doit porter sur l’euthanasie, et aussi de façon plus large sur la mort, est celui mis en lumière par Pie XII, dans de multiples interventions auprès des professionnels de santé, après-guerre. Ainsi lors d’un congrès de médecins et chirurgiens, il fit une allocution, le 24 février 1957, où il rappela ce principe : « Dieu seul est maître de la vie et de l’existence. L’homme n’est donc pas maître ni possesseur mais seulement usufruitier de son corps et de son existence. » Et neuf mois plus tard, conscient des errements de plus en plus fréquents sur le sujet, Pie XII se vit dans l’obligation de rappeler de façon claire une conséquence à ce principe, conséquence qui apparait pourtant évidente aux catholiques : « toute forme d’euthanasie directe est illicite parce qu’on prétend alors disposer directement de la vie. »

La majorité des états ne reconnaissent pas officiellement l’euthanasie active (notion expliquée plus bas). Cependant, les Pays-Bas ont été le premier pays au monde à en légaliser la pratique, en 2001. La Belgique lui emboîta le pas en 2002 et, en 2008, alla même plus loin par son extension aux personnes présentant des troubles psychiatriques. En 2014, toujours en Belgique, la suppression de toute limite d’âge a légalisé l’euthanasie des mineurs. En Suisse, l’euthanasie est interdite mais le suicide assisté autorisé [1]. En France, l’euthanasie et le suicide assisté sont officiellement interdits mais la plupart des recours judiciaires ont donnés lieu à des non-lieux ou des peines symboliques. La Cours européennes des droits de l’homme (CEDH) se montre réticente à l’égard de l’euthanasie depuis qu’un recours porté devant elle en 2002 sur un cas anglais l’a amené à légiférer en refusant de reconnaître à quiconque « le droit à mourir ».

Abbé Thierry Legrand

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(1) Introduction
(2) Historique rapide de la législation en France
(3) Les motifs invoqués pour autoriser l’euthanasie
(4) Questions de mots
(5) L’acharnement thérapeutique
(6) Réponse aux motifs pro-euthanasie
(7) Regard chrétien sur la mort et la souffrance

Notes de bas de page

  1. La principale distinction tient à l’association du patient dans le processus de fin de vie. Dans le cas de l’euthanasie, la décision d’abréger les souffrances d’un patient atteint d’une maladie incurable est non seulement prise par le corps médical mais également exécutée par lui. Lors d’un suicide médicalement assisté, c’est le patient lui-même qui effectue l’acte provoquant la mort.[]
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