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Euthanasie et fin de vie (7) – Regard chrétien sur la mort et la souffrance

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Dans tout cela, il ne faut pas non plus oublier ce que l’Eglise catholique nous enseigne sur la souffrance et sa valeur rédemptrice. C’est un discours incompréhensible aux protestants, puisque pour eux, Jésus-Christ a souffert amplement pour nous et que ce serait blasphème que de voir dans nos souffrances, une valeur rédemptrice car elle insinuerait que le Christ n’a pas réellement offert un sacrifice suffisant pour réparer tous les péchés. Et c’est pourquoi le médecin protestant, tout autant que ceux qui se disent athées, s’insurge contre doctrine catholique qui rappelle les bienfaits de la souffrance pour le salut de l’âme.

Pour le chrétien, la mort apparaît aussi comme une libération : délivrance des souffrances d’abord, souffrances inhérentes à cette vie d’ici-bas ; libération du péché, ensuite et surtout. Il est de foi que le péché n’a pas droit de cité au Ciel. Peut-être cela pourrait paraître accidentel aux yeux de certains. Mais au contraire, pour celui qui s’évertue, avec la grâce de Dieu, de Lui plaire, savoir qu’on ne L’offensera plus est une grande source de joie, par opposition à la tristesse issue d’avoir offensé Dieu et qui faisait s’exclamer saint Paul : « je ne fais pas le bien que je veux et je commets le mal que je ne veux pas. […] Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? » (1).

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus raconte quatre mois avant sa mort, un court dialogue qu’elle a eu avec l’aumônier du carmel : là aussi transparaît bien cette conviction que la mort est une délivrance : « Mr Youf (l’aumônier du carmel de Lisieux à l’époque) m’a dit encore : êtes-vous résignée à mourir ? Je lui ai répondu : Ah ! Mon Père, je trouve qu’il n’y a besoin de résignation que pour vivre. Pour mourir, c’est de la joie que j’éprouve. »(2)

Il est évident que cette aspiration à être libéré du péché dont parle saint Paul ou saint Jean de la Croix, n’est pas soumise à la volonté du mourant ou d’un tiers, mais à celle uniquement de Dieu, qui seul est le maître de la vie et de la mort.

En conclusion nous laisserons la parole au Père Pierre-Thomas Dehau, o.p., qui illustre parfaitement la valeur de la souffrance dans notre vie ici-bas dans son livre Le contemplatif et la Croix :

« Dieu a vu cette merveille qui n’est possible qu’à, la nature humaine : souffrir et mourir par amour. La nature angélique ne peut pas mourir, et elle ne peut souffrir que par punition du péché. Les bons anges n’ont jamais souffert ; les mau­vais anges souffrent, mais c’est un châtiment. Les natures supérieures à l’homme, peuvent aimer mais ne peuvent ni souffrir, ni mourir par amour, et si les animaux, eux, souffrent et meu­rent ; ce ne peut être par amour. Il n’y a donc que la nature humaine qui puisse faire cela : saigner et pleurer par amour. Le ciel tout entier, et même le ciel tel qu’il est maintenant, avec Jésus dans tout l’éclat de sa résurrection et de son ascension glorieuse, avec la Vierge Marie, ne peut plus donner ni une larme, ni une goutte de sang. […] Il faut vous souvenir de ces motifs si vous voulez comprendre quelque chose de ce que le Seigneur demande à certaines âmes très généreuses, tout en les laissant entièrement libres. Il n’avait que trente-trois ans à passer en ce monde, c’est trop court pour quel­qu’un qui a une soif infinie de souffrances… N’oublions jamais que Notre-Sei­gneur ne peut plus souffrir, ne peut plus mériter que par nous. Ne lui refusons pas ce service. »

Abbé Thierry Legrand

(1) Romains 7,19 ;24
(2) Carnet Jaune, 6 juin 1897

Sources : La Porte Latine du 11 décembre 2019

Accédez à la conférence complète

(1) Introduction
(2) Historique rapide de la législation en France
(3) Les motifs invoqués pour autoriser l’euthanasie
(4) Questions de mots
(5) L’acharnement thérapeutique
(6) Réponse aux motifs pro-euthanasie
(7) Regard chrétien sur la mort et la souffrance

fraternité sainte pie X