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Les Psaumes : une prière efficace en ce temps d’épidémie (3)

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La justice divine et la miséricorde (1)
Les étapes d’une vraie conversion (2)

Les secrets de la sérénité en temps d’épidémie

Un climat pesant traverse le monde actuellement. Un vent de panique touche une partie de nos contemporains devant l’extension du virus et l’incapacité actuelle de l’endiguer rapidement. Afin de ne pas sombrer dans la déprime ou la perte de sang-froid, réfugions-nous près du bon Dieu et faisons preuve dans le combat à mener d’une foi sans faille, d’une espérance ferme et d’une force invincible en attendant l’heure de la délivrance.

Une foi sans faille et une espérance ferme

Souvent au moment de l’épreuve, le bon Dieu semble se cacher. Pourtant, il reste bien présent en nous, même si nous ne le sentons pas. C’est ainsi que Dieu dans un oracle dit : « Je suis avec lui [le juste] dans la tribulation, je le délivrerai et le glorifierai. » Ps 90, 15. Dieu nous délivrera de tout mal à l’heure de la mort et nous glorifiera au Ciel si nous sommes fidèles. En attendant, il est avec nous dans l’épreuve. Soyons-en persuadés !

Le Psalmiste sentant le trouble envahir son âme recourt à une prière ardente. « Pourquoi es-tu triste, mon âme ? Et pourquoi me troubles-tu ? Espère en Dieu, car je le louerai encore, lui, le salut de mon visage, et mon Dieu. » Ps 41, 6 Saint Augustin commente ainsi ce passage : « Je suis troublé en moi, je suis apaisé en Dieu. » L’espérance est une vertu théologale qui nous aide à sortir de nous-mêmes et à nous réfugier en Dieu qui est notre Maître et notre doux Sauveur. À l’imitation du Psalmiste, ne laissons pas le trouble envahir notre âme, à moins qu’il ne s’agisse d’un trouble salutaire qui nous permette de nous réveiller de notre assoupissement spirituel et de revenir de tout notre cœur vers Dieu notre Père.

Une force invincible

La pratique de la force suppose la capacité de surmonter la crainte [1]. Au sens général, la crainte est une émotion qui nous porte à fuir devant un mal. La crainte démobilise et nous fait perdre notre énergie. Un des remèdes à la crainte consiste à bien vivre l’instant présent. Aussi, n’amplifions pas les difficultés présentes en anticipant démesurément sur celles qui pourraient nous arriver plus tard que ce soit au plan de la santé ou au point de vue financier. Pour dominer la crainte, le Psalmiste recourt à Dieu. Le psaume 45 est un exemple frappant de la sérénité qu’il conserve pour faire face aux épreuves dont il est menacé : « Dieu est notre refuge et notre force, notre secours dans les tribulations qui nous ont trop saisis. C’est pourquoi nous ne craindrons point quand la terre sera ébranlée et que les montagnes seront transportées au cœur de la mer. » Ps 45, 2-3 La détermination du Psalmiste à demeurer ferme au milieu des attaques à venir, promettant de n’espérer qu’en Dieu, ne peut être qu’agréable à Dieu.

Suivons donc à notre tour l’exhortation virile de David : « Agissez avec courage, et que votre cœur s’affermisse, vous tous qui espérez dans le Seigneur. » Ps 30, 25

Une prière ardente

David demande constamment à Dieu de le soutenir. Au début du psaume 69, il s’écrie : « Ô Dieu, venez à mon aide ; Seigneur, hâtez-vous de me secourir ! » Ps 69, 2 Voilà une belle oraison jaculatoire que l’on peut réciter tout au long de nos journées ! On peut la dire pour nous-mêmes mais aussi pour tous les malades atteints du COVID-19 et si nous-mêmes, nous sommes personnellement atteints, demandons la grâce de pratiquer la sainte résignation dans l’esprit de saint Ignace de Loyola et de saint François de Sales.

La délivrance et l’action de grâces

Le fruit de l’espérance est la délivrance du mal à l’heure choisie par Dieu. David s’exclame : « Le Seigneur a exaucé ma supplication, le Seigneur a exaucé ma supplication, le Seigneur a agréé ma prière. » Ps 6, 10

Une fois délivrés des maux qui nous touchent et de ceux qui nous menacent, n’oublions pas à notre tour de remercier le bon Dieu en suivant l’exemple du Psalmiste : « Que rendrai-je au Seigneur pour tous les biens qu’il m’a faits ? Je prendrai le calice du salut, et j’invoquerai le nom du Seigneur. » Ps 115, 12-13 Ce verset a été choisi par l’Église pour être récité par le prêtre juste après qu’il a consommé la sainte hostie. Le célébrant remercie Dieu en promettant de prendre le calice du salut qui contient le précieux sang de Notre-Seigneur. Ce calice du salut implique l’acceptation des épreuves nouvelles que le bon Dieu nous enverra pour faire notre salut.

Ainsi, une lecture attentive du Psautier aide à mieux saisir le plan de Dieu. Elle fait prendre conscience de la justice divine qui ne laisse pas le péché impuni, de sa miséricorde qui permet les fléaux pour amener l’homme à se repentir de ses désordres et lui permettre de retrouver dans sa vie le sens des priorités. Elle fait voir la nécessité d’une vraie conversion pour toucher le cœur de Dieu et fait connaître les dispositions à cultiver pour garder la sérénité au milieu de l’adversité en attendant l’heure si attendue de la délivrance.

Abbé Patrick Troadec, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (prieuré de Brest)

Sources :La Porte Latine du 8 avril 2020

Notes de bas de page

  1. Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, II II, q 125, a 1.[]
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