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28 avril 1716

La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 10

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Plusieurs hommes se précipitent et parviennent, non sans peine, à remonter le baudet tombé à l’eau.
La foule, dans l’ébahissement de dons si particuliers, faits par Dieu à Louis-Marie, n’en écoute que plus attentivement ses conseils. Beaucoup se convertissent. Tous le vénèrent comme un saint que Dieu aime et éclaire d’une manière vraiment visible, même sur des choses aussi secondaires que cette chute de l’âne dont Montfort, en chaire, avait eu soudain connaissance en son esprit.
Montfort, nous l’avons vu, aime faire planter des croix en souvenir des missions et des grâces reçues à cette occasion. Depuis longtemps, il rêve d’un calvaire monumental comme il en a vu un chez les ermites du Mont-Valérien, qui se verrait de très loin et attirerait les foules. Il a acheté à cette intention, un grand Christ très expressif.
A Pontchâteau, de grandes landes incultes semblent se prêter à la réalisation de son projet. C’est donc là qu’il le fera.
Il en parle avec tant d’éloquence que tous les habitants de la région s’enthousiasment. Comme aux temps lointains des cathédrales, ils offrent leurs bras et leurs biens. Car le Père voit grand. Après avoir choisi la lande de la Madeleine, d’où l’on découvre un très vaste horizon, on commence les terrassements. Il s’agit en effet, d’élever là, une véritable colline, sur laquelle seront plantées les trois croix. Les statues de Notre-Dame, de saint Jean, de sainte Marie-Madeleine, compléteront le tableau.
L’œuvre est de grande envergure ; on creuse même des douves pour protéger des bêtes la colline.
Les ouvriers bénévoles arrivent, non seulement des alentours, mais de loin… et même de l’étranger. Des pèlerins en route vers quelque sanctuaire s’arrêtent pour offrir une ou plusieurs journées de travail.
On devine quel courant de vaillance, d’entraide et de vraie charité provoque cette tâche commune à laquelle tous se donnent de si bon cœur.
On compte jusqu’à 500 personnes travaillant le même jour. On fait sauter les rochers gênants. On équarrit le châtaignier le plus beau qui doit fournir la croix de Jésus.
Tantôt travaillant sur le chantier, tantôt quêtant dans les fermes pour la nourriture des ouvriers, Montfort était tout à tous. Et voilà le jour de l’inauguration. Depuis la veille, les gens accourent de partout pour y assister. De 10 lieues, on voit les trois croix dominant la colline. Quelle belle fête cela va être !
Eh bien, non ! le calvaire de Pontchâteau ne sera pas bénit car un ordre arrive de l’évêché qui l’interdit par suite d’une décision du Roi.
Que s’est-il passé ? Toujours la même chose. Les envieux, les méchants -inspirés par Satan- sont allés raconter que cette colline artificielle pouvait en cas de débarquement ennemi, être transformée en une dangereuse forteresse ! et le roi Louis XIV a signé l’ordre de raser le Calvaire.
– « Le Seigneur a permis que je l’aie fait faire, il permet aujourd’hui qu’il soit détruit : que son saint Nom soit béni ! » murmure ce pauvre Père Montfort.
Il fut démoli en effet par une compagnie de soldats… mais reconstruit dans la suite.
Les successeurs de Louis-Marie en sont maintenant les gardiens, et l’on ne compte plus les conversions qui s’y opèrent. On peut bien en attribuer la grâce à ces quelque 20 000 ouvriers bénévoles, qui travaillèrent sans avoir la joie de voir leur œuvre couronnée de succès, et plus encore à Louis-Marie qui prenait, avec le même sourire les marques d’affections comme les plus dures humiliations.
Jamais son cœur ne se ferma. Le voici se dépensant sans compter dans la grande inondation de Nantes fin 1710.
On craint d’affronter la violence du courant et les malheureux sinistrés risquent de rester sans secours dans leurs maisons isolées par les eaux. Avec Montfort dans la barque, on se rassure.
– « Vous ne mourrez pas, » dit-il hardiment aux bateliers, « suivez-moi… »
Et le sauvetage se fait sans accident.
Trouvant un jour des ouvriers et des soldats qui se battent sauvagement à propos de jeu, il se jette entre eux, les sépare, et démolit d’un grand coup de pied la table de jeu. Les soldats lui en demandent le remboursement.
Evidemment, le prêtre est sans argent. Ils l’arrêtent donc et prétendent le conduire en prison. Radieux, Montfort prend la tête et mène bon train, récitant tout haut le chapelet.
Un de ses amis, rencontrant le cortège, le fit aussitôt délivrer à sa grande déception :
– « Mon contentement aurait été parfait si j’avais eu le bonheur d’être emprisonné pour Jésus-Christ, » dit-il joyeusement.
Invité à aller missionner dans le diocèse de La Rochelle, voilà Louis-Marie à La Garnache.
On l’attend à l’église où il y a foule.
Comme il ne paraît pas, on envoie l’enfant de chœur le chercher. Et le petit revient bientôt tout éberlué, disant :
– « Je l’ai appelé, il n’a pas répondu. Il est à parler avec une belle dame blanche qui est en l’air. »
Dieu permettait à nouveau qu’on puisse constater en quelles relations d’intimité il était avec « sa bonne Mère » du Ciel qui le visitait souvent. La mission fut magnifique : tous les vrais chrétiens s’y engagèrent à nourrir chacun un pauvre.
Village après village, toujours bâton en main, Louis-Marie, et ses compagnons, arrivent bientôt à La Rochelle. C’était un fief calviniste, et d’après la réputation du saint prêtre, on s’attendait à de brillantes discussions au cours desquelles serait réfutée la doctrine protestante.
Ce n’est pas la manière de Montfort. Il prêche le rosaire et encore le rosaire, encourageant les gens à prier davantage, car la prière vient plus facilement à bout de « l’hérésie » que toutes les savantes discussions.
Ne voulant pas laisser aux Protestants le monopole du respect à l’égard de la Bible, l’idée lui vient d’organiser une procession où, sous le dais, à la place de l’ostensoir, un prêtre porterait respectueusement le Livre saint que tous les fidèles pourraient ainsi vénérer.
Cette procession se déroula comme prévu et fit une forte impression sur tous ceux qui y participèrent ou la virent passer.
Bien des hésitants revinrent à la foi catholique.
Des hérétiques, furieux des conversions qui se multiplient, décident de supprimer le saint prédicateur. Ils s’arrangent pour verser du poison dans un bouillon qu’il doit prendre. S’en étant aperçu aussitôt, Montfort put y remédier, mais cela le laissa malade et hâta certainement sa mort.
Il n’a pas encore 40 ans. Quelle vie bien remplie ! Il ne s’appartient jamais, tout donné qu’il est au Seigneur et à sa tâche apostolique.
Mais aussi, quelle moisson d’âmes !
C’est encore à lui qu’on demande d’aller évangéliser l’île d’Yeu. Personne, en effet, ne veut y aller, car les pirates croisent sans cesse dans les parages.
Naturellement, il accepte aussitôt. On le prévient que les hérétiques ont soudoyé l’équipage d’un bateau corsaire. Et tous les matelots du port, ayant eu vent de la chose, refusent d’abord de prendre la mer pour le conduire à l’île.
Enfin, il trouve un patron qui accepte. Voilà nos gens embarqués. Tous, marins et missionnaires sont inquiets, hormis Louis-Marie.
A trois lieues en mer, on voit arriver à toutes voiles, deux vaisseaux corsaires.
– « Nous sommes pris, » s’écrièrent les occupants de la chaloupe, tandis que Montfort, qui chante sans arrêt, les encourage à faire comme lui. N’obtenant rien -ils ont trop peur pour pouvoir chanter- le Père commence la récitation du chapelet, tout en déclarant avec assurance :
– « Nous sommes hors de danger ! »
– « Mais l’ennemi fond sur nous ! Nous sommes perdus… »
– « Ayez la foi, les vents vont changer. »
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