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28 avril 1716

La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 3

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En cliquant sur l’image concernée, vous pouvez entendre ou couper le récit en audio .

La famine survient en 1693. Même le prix de sa modeste pension au séminaire des pauvres est difficilement payé par la bienfaitrice de Louis-Marie. Les jeunes gens souffrent de la faim. Le Supérieur ne sait comment les nourrir. Une écuelle à la main, Louis-Marie s’en va se mettre des mendiants auxquels on fait, au coin des rues, des distributions de soupe.
Et il trouve souvent le moyen de partager encore sa maigre portion avec des malades cloués dans leurs lits…
Sa mère ayant deviné qu’il en a besoin, lui envoie, un jour, une soutane neuve. Il la donne aussitôt à un prêtre, pourtant la sienne est en lambeaux. Il demande à un confrère de lui en trouver une d’occasion et lui donne 30 sous pour ce faire
– « Voulez-vous rire ! » s’écrie l’autre, « il faut au moins deux pistoles ! »
– « Eh bien ! si le marchand refuse, donnez les 30 sous à un pauvre… »
C’est ce qui arriva. Mais quand il revint les mains vides vers Montfort, le confrère apprit que pendant ce temps, quelqu’un lui avait apporté 2 pistoles, juste de quoi s’acheter une soutane d’occasion.
La famine continuant, Louis-Marie accepte de veiller les morts pour gagner quelques sous. Sa pension, en effet n’est plus du tout payée et le Supérieur serait en droit de le renvoyer.
– « Que seriez-vous devenu, » lui dit-on plus tard, « si Monsieur de la Barmondière vous avait renvoyé ? »
– « Je n’y ai jamais songé, » répondit-il, « tout mon appui est sur Dieu. »
Le bon Dieu répondait à tant de filiale confiance par des grâces de plus en plus nombreuses.
Voilà donc notre séminariste s’en allant trois ou quatre fois par semaine, passer 8 heures, la nuit, à veiller les morts. Les quatre premières heures, il prie à genoux près du mort si profondément entré en oraison, qu’il ne bouge même pas.
Les deux heures suivantes, il fait une lecture spirituelle et les deux dernières heures, il étudie ses cours.
Puis, comme si de rien n’était, il rentre au séminaire pour commencer sa journée normale…
Il a heureusement une très bonne santé et beaucoup de vitalité. Il est même doué d’une grande force. Il soulève facilement des fardeaux très pesants, à l’admiration de ses camarades.
Car s’il est si dur pour lui-même, il est toute charité pour les autres. Comme son Supérieur lui demande de se mêler à la joie de tous à la récréation, il recueille les bons mots et les calembours qui font rire et s’efforce d’avoir une conversation gaie et amusante.
Son application héroïque et sa vie de mortification extrêmes eurent raison de sa santé.
Le voilà malade et transporté à l’hôpital. Pâle, n’ayant plus qu’un souffle de vie, il murmure sans arrêt des « Ave Maria ». Son épuisement est tel qu’on s’attend à le voir mourir.
Mais il annonce, tout à coup, lui-même, qu’il va guérir bientôt. En effet, quelques jours après, il rentre au séminaire où il reprend ses études et son genre de vie. Il ajoute même à son travail, une formation artistique qui, plus tard, lui servira beaucoup.
Déjà, à Rennes, il avait manifesté des dons réels pour le dessin, la peinture et même la sculpture. Avec le travail, ces dons se développeront. Et l’on conserve encore, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, certaines statues de Notre-Dame qui sortirent de ses mains.
Notre-Dame ! Elle est chaque jour plus sa mère, et l’objet de toute sa tendresse. Aussi, est-ce une grande joie pour lui, de prendre la route de Chartres, tout le séminaire l’ayant désigné pour accomplir, avec un confrère, le pèlerinage traditionnel.
Devançant Peguy, devançant les longues cohortes d’étudiants qui, à chaque Pentecôte, perpétuent le geste, Louis-Marie, routier de Notre-Dame, arpente les chemins qui, à travers la plate Beauce, mènent à « la flèche irréprochable ».
Devant Notre-Dame-Sous-Terre, il passe la journée comme ravi, en extase. Et il repart de Chartres plus fort, plus décidé à devenir, façonné par les mains de Marie, un vrai apôtre du Seigneur.
Car l’heure du sacerdoce sonnera bientôt pour lui.
A ce moment-là, Louis-Marie est enfin séminariste à Saint-Sulpice. Il en profite pour lire beaucoup. Le titre d’un livre l’attire spécialement. C’est « le saint esclavage de l’admirable Mère de Dieu ». Dans cette fin du XVIIe siècle, le terme d’esclavage n’avait pas l’aspect vieilli qu’il peut présenter de nos jours. Etre « esclave de Marie » c’est la forte expression qui traduit, pour Montfort, l’hommage spécial qu’il veut rendre à la « Reine des cœurs ». Il en parle à plusieurs camarades, avec qui il forme une petite association dont les membres se vouent spécialement à Notre-Dame afin de mieux aller, par elle, à Jésus.
De plus en plus, il s’instruit. Cela lui est d’autant plus facile qu’il a été nommé bibliothécaire du séminaire.
Toujours accueillant et souriant, il remplit ce rôle à la satisfaction générale. Et il prend pour son compte de nombreuses notes qui faciliteront, plus tard, son travail de missionnaire et d’écrivain spirituel.
Il n’oublie pas pour autant sa famille qui se débat toujours dans les soucis d’argent. Trois de ses sœurs peuvent entrer à l’abbaye de Fontevrault par son intermédiaire.
Les enfants l’ont toujours attiré. Chargé du catéchisme à la paroisse Saint-Sulpice, il les captive par la manière vivante dont il les instruit. Plusieurs camarades séminaristes étant allés à ce catéchisme -dans la pensée malicieuse de pouvoir se moquer de lui ensuite- sont si “accrochés” par la façon dont il explique et surtout par la flamme qu’on sent en lui que bientôt, bouleversés, ils doivent sortir précipitamment, cerains les larmes aux yeux.
Toute sa vie, aux petits comme aux grands, Montfort fera le catéchisme.
Il se prépare au sacerdoce par des efforts toujours plus grands. Avide de charité et de pénitence, il reçoit avec un sourire, les moqueries de ceux que sa sainteté rend envieux et méchants. Toujours, il cherche à réconcilier.
C’est ainsi qu’on le voit, sans souci de sa propre sécurité, se jeter un jour entre deux jeunes gens qui dégainent leur épée, prêts à se battre en duel dans la rue. Il est si éloquent que les deux adversaires renonçant à leur discorde, se pardonnent mutuellement.
C’est le 5 juin 1700 qu’il est ordonné prêtre.
Il a 27 ans.
Il dit sa première messe à l’hôtel de la sainte Vierge dans l’église Saint-Sulpice, hôtel qu’il avait la charge d’entretenir et de décorer depuis quelques temps déjà.
Sa manière de célébrer le saint Sacrifice fit une grande impression. Un des assistants prononcera déjà le mot qui sera répété bien des fois plus tard : Louis-Marie de Montfort avait l’air d’un ange à l’hôtel.
Le voilà donc enfin prêtre, brûlant de faire connaître Dieu et le faire aimer de tous ceux qui L’ignorent encore. Il pense aux missions lointaines, et spécialement à cette grande terre du Canada qui a tant besoin de dévouement. Il demanda à ses supérieurs de Saint-Sulpice de l’envoyer là-bas, mais des difficultés ne le permettent pas.
Que fera-t-il donc ?
Il fait la connaissance d’un prêtre qui a groupé, pour le diocèse de Nantes, quelques missionnaires dont le travail consiste à prêcher de village en village.
Voilà donc Louis-Marie parti avec son évêque. Il s’arrête au monastère de Fontevrault pour revoir ses sœurs ravies de sa visite. Arrivé dans la maison Saint-Clément de Nantes, il trouve une situation bien embrouillée et un grand désordre. Il voit bien ce qu’il faudrait faire, mais son humilité ne lui permet pas de se poser en réformateur. Déjà, il demande à Dieu « une pauvre et petite compagnie de bons prêtres pour aller, d’une manière simple, faire le catéchisme aux pauvres de la campagne et inciter les pécheurs à la dévotion à la sainte Vierge.
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