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La vie de saint Louis-Marie Grignion de Montfort en bande dessinée – Planche 4

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Il ne reste donc que peu de temps dans cette maison mal organisée de Nantes, d’autant que la bienfaitrice de ses sœurs l’invite à la prise d’habit de l’une d’elle, à Fontevrault.
Ayant beaucoup d’estime pour le jeune prêtre, cette dame veut lui procurer une situation intéressante de chanoine. Louis-Marie s’en défend avec vivacité : il veut rester pauvre.
Elle lui conseille alors d’aller se mettre à la disposition de l’évêque de Poitiers ; Montfort suit ce conseil, mais avant d’entrer à l’évêché, il va servir les pauvres à l’hôpital.
Là, pendant quatre heures, il reste en prière à la chapelle, au grand émerveillement des « pauvres » qui le regardent. (Les hôpitaux d’alors servaient autant de refuge aux malheureux sans logis qu’au soin des malades).
Voyant ce jeune prêtre misérablement vêtu, ils se cotisent pour lui remettre une petite offrande. Et l’idée leur vient de le demander comme aumônier. Ils sentent dans leur cœur qu’ils trouveraient en lui, un père.
Aussitôt dit, aussitôt fait. L’un d’eux, qui sait écrire, rédige une belle lettre pour Monseigneur.
Et c’est comme cela que Louis-Marie, qui venait demander à l’évêque de Poitiers un poste de missionnaire ambulant, se voit au contraire nommé « aumônier résident de l’hôpital ».
Habitué de dire toujours « Oui » à Dieu qui parle par les événements de tous les jours et par son évêque, il se donne de tout cœur à cette « mission » inattendue mais bien attachante aussi.
Il y a tant à faire dans les hôpitaux de ce temps-là, simplement pour que les malheureux le soient un peu moins ! On peut imaginer facilement ce que pouvaient être ces refuges surpeuplés de gueux qui couchaient, même malades, à plusieurs dans un même lit, où l’hygiène était inexistante et la nourriture bien souvent absente. C’était la période des famines régulières, et les pauvres de l’hôpital de Poitiers n’avaient pas tous les jours le croûton de pain qui constituait l’essentiel de leur nourriture. Là aussi, il y avait à mettre de l’ordre et c’est à quoi s’emploie tout de suite l’Aumônier. Payant de sa personne, n’hésitant jamais à panser lui-même les plaies ulcérées d’un malade, il essaye en même temps de réorganiser ce qui ne va pas.
Il insiste pour que les pauvres mangent assis à une table, tous ensemble et non séparément, n’importe où comme cela se faisait.
Et il leur fait donner une soupe chaude à chaque repas.
On devine la joie et l’attachement de ces malheureux pour leur dévoué aumônier.
Mais, comme toujours, la jalousie, l’envie, la méchanceté se dressent contre lui.
Les responsables du désordre précédent, unissent leurs efforts et n’hésitent pas à aller jusqu’à la calomnie pour se débarrasser de lui.
On se plaint à l’évêque. On crée tant et tant de difficultés à Louis-Marie que celui-ci doit bientôt se retirer. Même quelques-unes de ces pauvres auxquels il s’est dévoué -ceux à qui il reprochait leur ivrognerie et leur mauvaise conduite- se sont ligués avec les mécontents pour le faire partir.
Il s’en va donc faire une retraite de 8 jours chez les Jésuites, et il est « rempli d’une grande confiance en Dieu et en sa sainte Mère… »
Dieu a des manières à Lui de répondre : il a permis que deux de ses principaux détracteurs meurent coup sur coup.
La maladie s’est également abattue sur les pauvres de l’hôpital. Et puisqu’il y a par conséquent matière à soigner et à consoler, on sera bien heureux de voir revenir le dévoué Aumônier…
Le feu continuera cependant de couver sous la cendre et beaucoup lui chercheront encore des difficultés.
Seule, la grâce obtenue par la prière et une vie vraiment chrétienne lui apparaissent comme le remède à cette désolante situation.
Voilà notre donc Aumônier qui rêve à un groupe de femmes pieuses, capable de remonter le courant de l’égoïsme et du désordre.
Mais où les prendre ?
Parmi les pauvres pensionnaires elles-mêmes, et c’est ainsi qu’il réunit quelques malheureuses, infirmes, malades, pauvres par le corps et les forces, mais riches d’une belle âme.
A leur tête, comme Supérieure, il met une aveugle…
Il leur fait donner une petite salle de réunion, et cloue sur la porte un écriteau : « Sagesse ».
Depuis longtemps, en effet, les études et les méditations de Louis-Marie l’ont amené à approfondir cette vérité que Jésus, Fils de Dieu, c’est la sagesse éternelle qui s’est incarnée.
Il honore de plus en plus Notre-Dame, et il le fera de plus en plus désormais comme « Mère de la Sagesse ».
Voici donc cette première association de la « Sagesse », association de ce que l’on pourrait appeler le « rebut de la société » si on la regardait avec des yeux non chrétiens. Autour de lui, on ne se prive pas de sourire, narquoisement, ou même de se gausser ouvertement : « Où veut-il en venir avec ces quelques malheureuses conduites par une aveugle ? »
Lui, ne se démonte pas : il a l’habitude, et il sait que Dieu a toujours choisi les plus humbles, pour accomplir de grandes choses -et que le sacrifice de Jésus est une « folie » aux yeux du monde…
La chapelle de l’hôpital servait d’Eglise aux habitants du quartier. Et l’on se répétait bientôt, au coin des rues, que l’Aumônier faisait de magnifiques sermons.
Un certain jour, Elisabeth Trichet, fille du Procureur de Poitiers revient enthousiasmée chez elle, et déclare à sa sœur Marie-Louise :
– « Quel beau sermon je viens d’entendre ! Ce prédicateur est un saint. »
– Marie-Louise dresse l’oreille : appelée par Dieu depuis longtemps, il rencontre des difficultés pour répondre à cet appel. Et si elle allait trouver ce prêtre ?
La voilà à genoux, dans l’ombre du confessionnal, un peu tremblante, qui commence sa confession.
Mais Montfort l’interrompt :
– « Ma fille, qui vous a adressée à moi ?
– « Mon père, c’est ma sœur… »
– « Non, ce n’est pas votre sœur, c’est la sainte Vierge. »
Et Marie-Louise se sent à l’instant même, en pleine confiance avec ce prêtre qui trouvera en cette jeune fille une âme bien trempée dont il fera la fondatrice des « Filles de la Sagesse ».
Depuis longtemps, elle veut rentrer au couvent : quelle vienne donc d’abord, servir les pauvres à l’hôpital !
Elle y vient, s’y installe bientôt, et le prêtre la mène fermement dans les voix de la sainteté. Travail répugnant, humiliation, privation, souffrances de toutes sortes, rien ne manquera à Marie-Louise pour être formée comme l’entend Monsieur de Montfort.
Il l’associera d’abord, elle, de famille bourgeoise, au groupe de pauvres infirmes qu’il a réuni et qu’elle servira en toute humilité.
Bientôt, il lui donnera un habit religieux, ce costume gris des Filles de la Sagesse, qu’elle sera seule à porter, sous la risée de tout le monde. Car, tandis que M. de Montfort quittera Poitiers, Marie-Louise restera fidèlement au poste qui lui a assigné, attendant l’heure de Dieu pour la congrégation souhaitée…
Toujours patiente et dévouée, sans jamais renoncer, elle restera dans un douloureux isolement au milieu de tous. Et cela durera 10 ans !
Une telle force de caractère -une telle sainteté, a-t-on envie de dire- force l’admiration, et sont une explication sans doute, du merveilleux développement des « Filles de la Sagesse » qui sont aujourd’hui au nombre de 3 500 répandues aux quatre coins de la Terre et continuent de se dévouer aux pauvres, aux malades, et aux enfants, dans l’esprit de celle qui, la première, reçut et porta fièrement, seule, pendant 10 ans, cette « habit de couleur cendre » que Louis-Marie de Montfort lui imposa.
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